Le Stade Nyonnais doit arrêter de se chercher des excuses

Le Stade Nyonnais doit arrêter de se chercher des excuses

L’année du Stade Nyonnais a été longue, c’est un fait. Elle a commencé par le départ de Bernardo Hernandez, les problèmes avec le comité, le sauvetage en Promotion League, puis le très pénible feuilleton de l’été. L’ancien comité est parti et le nouveau travaille comme il peut pour rétablir la situation en coulisses. En plus, l’année sportive a été prolongée, la « faute » à Bâle M21, qui compte énormément d’internationaux juniors et ne pouvait ainsi pas jouer pendant la trêve réservée aux équipes nationales. Alors, oui, ce match tombait tard et tout le monde est fatigué, d’accord. Le fait que le Stade Nyonnais ait encore une équipe compétitive est déjà, quelque part, une victoire en soi, car bien des clubs auraient lâché et tiré la prise. Mais le Stade est toujours là, debout, riche de son histoire et de la compétence des hommes qui le mènent. C’est déjà beau, mais, malheureusement, ce n’est pas encore suffisant.

Il y avait du lourd en face, c’est vrai

Samedi, sur la pelouse du stade d’athlétisme de Saint-Jacques (quel complexe magnifique, soit dit en passant, que ces terrains de sport bâlois), le Stade Nyonnais n’a pas été ridicule, loin de là. Ce FC Bâle M21 est une belle équipe, emmenée par un joueur flamboyant, Samuele Campo. A 20 ans, ce numéro 10 a un bel avenir devant lui, mais le FC Bâle le laisse progresser tranquillement, ce qui est sans doute la meilleure chose à faire. Le meneur de jeu bâlois a mené le siens à la victoire, en ouvrant la marque à la demi-heure. C’est vrai, il y avait du lourd en face pour le dernier match de l’année, finalement perdu 5-2 avec deux buts anecdotiques dans les arrêts de jeu alors que Nyon poussait maladroitement pour revenir à 3-3.

Rester en Promotion League, c’est primordial

Mais quand même, on ressort avec une certaine frustration de cette partie. Avec l’impression, en fait, que le Stade Nyonnais n’a pas tout donné, que ses joueurs n’étaient pas prêts à mourir sur cette pelouse. Alors oui, ils sont jeunes. Oui, ils sortent d’une année éprouvante. Oui, c’était Bâle en face, même les M21, mais il faut désormais arrêter de se chercher des excuses. Ce Stade Nyonnais-là peut faire mieux, et est condamné à le faire sous peine de tomber en 1re ligue dans quelques mois, ce qui serait une très mauvaise nouvelle pour le football vaudois, qui a besoin d’un club en Promotion League pour l’épanouissement de ses jeunes talents. On pense à un joueur comme Roland Ndongo, par exemple, qui a aujourd’hui, en jouant en troisième division, une chance inouïe de rebondir plus haut. On pense à Ndiaw Ndiaye, à Lewis Tavares, à Nabil Souni, à ces joueurs-là. Le niveau de la Promotion League est bon, on le repète souvent ici car c’est la vérité. Cette ligue est intéressante sportivement, à défaut de l’être médiatiquement, mais surtout, elle est exigeante.

Etre plus tueur dans les seize mètres

Et cela, quelque part, on pense que les joueurs du Stade Nyonnais n’en sont pas assez conscients. Samedi, ils ont perdu le match à Saint-Jacques à cause d’erreurs de concentration très basiques, pas à cause de leur faiblesse technique, une constante cette saison. A mi-terrain, quand il faut faire tourner le ballon, pas de problème. Mais dès qu’on entre dans les seize mètres, tant défensifs qu’offensifs, le manque d’envie, de volonté et de hargne apparaît au grand jour. La différence entre les équipes de pointe en Promotion League et le Stade Nyonnais est là: dans la concentration et dans l’envie.

La colère d’Oliver Maric

On est trop sévère? Non, désolé. Ces jeunes joueurs-là veulent se mettre en vitrine, veulent relancer leur carrière, mais n’ont pas encore les réflexes du haut niveau. Cela s’acquiert, notamment en écoutant les conseils d’Oliver Maric, leur capitaine. Furieux pendant le match et à la fin de celui-ci, le défenseur central a juré plusieurs fois en serbo-croate, des propos que l’on retranscrira pas ici, mais qui disaient bien toute sa frustration d’être entouré de joueurs talentueux, mais trop dilettantes, lui qui a sa carrière derrière lui. C’est bien de cela dont il s’agit ici: cette prise de conscience de jouer dans un grand club, car le Stade Nyonnais en est un, malgré ses problèmes. Ses joueurs ne sont pas payés comme des professionnels, tout le monde est d’accord, mais cela ne doit pas empêcher de se comporter comme tels une fois que l’entraînement et les matches ont commencé. Les installations, les entraînements, l’encadrement? Ils sont au top à Colovray et cela devrait suffire à se motiver.

Progresser individuellement et collectivement

Il faut une prise de conscience de tous, dès le 11 janvier, date de reprise des entraînements, pour éviter une chute en 1re ligue, qui, on le répète, serait dramatique. Avec Vevey qui a de grandes chances de monter, La Sarraz qui a une vraie possibilité d’y arriver, on serait catastrophés d’avoir… 10 équipes vaudoises en 1re ligue d’ici quelques mois, même si on souhaite à Stade-Lausanne, Bavois, Yverdon ou Azzurri de monter d’un cran. Sébastien Bichard répète souvent à ses joueurs qu’ils ont tout pour bien faire à Nyon et il a raison: maintenant, il faut arrêter d’invoquer les excuses, même si elles existent, on le souligne encore une fois. Désormais, il faut penser à marquer des points et à tout donner pour ce maillot jaune et noir, pour progresser individuellement et collectivement. Car l’un ne va pas sans l’autre. Chaque joueur du Stade Nyonnais doit comprendre que le temps des cadeaux est terminé: le professionnalisme ne tolère pas le manque d’implication.

Les prochains rendez-vous

Le Stade Nyonnais reprend l’entraînement le 11 janvier, afin de préparer au mieux la réception de Breitenrain le dimanche 28 février.

FC Bâle M21 – Stade Nyonnais 5-2 (1-1)

Buts: 31e Campo 1-0; 38e Dalla Vecchia 1-1; 47e Iberdemaj 2-1; 74e Huser 3-1; 82e Souni, pen. 3-2; 89e Cani 4-2; 90e Huser 5-2.

Arbitres: M. Stefan Horisberger, assisté de M. Siakandaris et de M. Marra.

Bâle: Thürkauf; Iberdemaj, Sülüngöz, Ivanov, Conus; Huser, Cani; Morello, Campo, Simic (73e Pacheco); Itten (90e Hunziker).

Entraîneur: Massimo Ceccaroni.

Nyon: Mutombo; Cazzaniga, Maric, Golay, Tavares; Camara, Fernandez; Dalla Vecchia, Gaillard (67e Souni), Ndongo (64e De Oliveira); Ndiaye (52e Brito).

Entraîneur: Sébastien Bichard.

Saint-Jacques, stade d’athlétisme.

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