Le Lausanne-Sport cultive son esprit d’équipe

Le Lausanne-Sport cultive son esprit d’équipe

« J’étais sûr que le premier qui se couperait, ce serait toi, Alex! J’aurais pu le parier! » Fabio Celestini était d’excellente humeur mardi après-midi dans le somptueux décor des vignes d’Yvorne et n’a pas manqué de chambrer le pauvre Alex Pasche, lequel s’est coupé le pouce avec son sécateur en recueillant le raisin! Invités par la maison Obrist, propriétaire du fameux Clos du Rocher, les joueurs et le staff du Lausanne-Sport ont pu profiter d’une après-midi récréative au soleil, tout en faisant une bonne action puisqu’ils ont passé près de 45 minutes à couper les grappes et à les placer dans des bacs, d’où ils partiront pour la transformation en vin. Ils étaient une bonne vingtaine, donc quasiment tous là, et autant dire tout de suite que les petites piques ont fusé de part et d’autre tout au long de la récolte.

« La maison Obrist nous a dit qu’ils s’attendaient à une bonne cuvée cette année, mais je crois que la nôtre est aussi bonne », souriait Gianluca Sorrentino, directeur général du LS, en regardant les joueurs grimper à flanc de coteau. Très assidu, Walter Pandiani a bien récolté quelques kilos à lui tout seul, tandis que Quentin Rushenguziminega s’est accordé une pause téléphone qui lui a valu les quolibets de ses coéquipiers, tous unanimes pour réclamer une amende à l’encontre de l’attaquant. Bref, on l’a compris, la bonne humeur était de sortie.

Après 45 minutes de travail intense, Jocelyn Roux et ses coéquipiers ont eu droit à une pause et à une dégustation des produits locaux. L’occasion pour nous de nous approcher de l’homme en forme du LS, auteur de 6 buts lors des 5 derniers matches de championnat!

 

Jocelyn, vous êtes l’homme fort du LS depuis un bon mois!

Non, non, pas du tout. Je suis juste un attaquant qui fait son boulot et ces temps, je suis en réussite. Evidemment, c’est l’équipe qui amène les ballons. J’ai assez de recul pour savoir que je ne suis pas le sauveur ou quelqu’un d’autre.

Dernièrement, le LS est passé à un système à un attaquant de pointe, en lieu et place du 4-4-2 du tout début de saison. Vous préférez?

Non, sincèrement, je m’adapte à tous les systèmes. Dans ma carrière, j’ai joué à deux, tout seul…

Mais vous n’arrêtez pas de marquer depuis que vous êtes seul en pointe, c’est quand même un signe, non?

Je vous assure que c’est une coïncidence. L’équipe maîtrise les deux systèmes, vraiment, et cela ne fait pas une grande différence. Au contraire, c’est une force de pouvoir changer en fonction de l’adversaire, de la tournure du match et de nos forces du moment.

Ce qui nous frappe, c’est l’ambiance qu’il y a dans cette équipe. Souvent, les footballeurs disent cela, mais là, on a pu le constater depuis une heure, ça chambre sans arrêt, vous vous connaissez tous très bien et même les plus jeunes n’hésitent pas à envoyer un ou deux pics aux aînés. C’est toujours comme ça depuis le début de la saison?

Ah oui, c’est vraiment un plus, cette saison. On se connaît tous bien et c’est vrai que ça chambre passablement. La bonne ambiance, elle est réelle.

C’est elle qui vous permet de renverser des situations parfois désespérées comme contre Bienne (1-4 à 5-4) ou à Wil (3-0 à 3-3)?

En grande partie, oui. Il y a une part de vrai là-dedans, je le pense sincèrement. Quand on est soudés, ce genre de choses arrivent plus facilement.

Vous pensez que c’est plus facile de se dire les choses désagréables, quand on se connaît bien?

Comment ça?

En clair, si vous devez crier sur un coéquipier, est-ce que c’est plus facile de le faire sur quelqu’un que vous appréciez?

Ah, d’accord, je vois. Oui, je pense qu’on peut le dire ainsi. On n’hésite jamais à se dire les choses à l’entraînement ou en match, mais on sait que c’est sans arrière-pensée, que c’est pour faire progresser le groupe. C’est sûr que le message est direct, sain.

Bon, vous êtes soudés, d’accord, mais il y quand même une statistique étonnante, non?

Laquelle?

Le LS a 21 Vaudois dans l’effectif, un Valaisan (Elton Monteiro), un Fribourgeois (Thomas Castella) et un Genevois, vous! Vous vous faites chambrer là-dessus des fois?

Non, non (rires). Non, franchement, on se connaît très bien, ils ne se sentent pas obligés de me rappeler tous les jours que je suis né dans le canton de Genève, je vous rassure.

Vous avez joué une fois contre chaque équipe depuis le début du championnat. Quelles sont celles qui vous fait le plus forte impression?

Je dirais que Bienne, Chiasso et Wil ont été performants lors de ce premier tour, chacun dans leur style. Bienne, c’est l’équipe la plus à l’aise dans la jouerie et collectivement. Ils sont plaisants à voir jouer. Chiasso est solide, dur à bouger. Et Wil est sur courant alternatif, mais avec leurs individualités, ils sont capables de très bien jouer.

Et Aarau, qui était en Super League la saison dernière? Vous ne vous méfiez pas trop d’eux?

Oui, bien sûr, même s’ils ont un peu de retard. Ils ont mal débuté, mais ils sont mieux depuis deux ou trois semaines. Mais vous me posiez la question sur le premier tour, je vous rappelle (sourire).

C’est pas faux! Bon, vous allez la tenir jusqu’au bout, cette première place?

Ah, ça, on espère bien! Mais vous connaissez la suite de ma réponse: le championnat est encore long.

Bon, pour finir, nous nous trouvons dans un décor sublime, l’entraînement a eu lieu ce matin, on peut un peu se lâcher. Le vin, vous aimez?

Oui, j’en bois volontiers un verre, mais le plus souvent du rouge, pour être honnête. Mais je me réjouis de goûter ce blanc surtout qu’on a sué pour ramasser celui de l’an prochain!

Pas de contre-indication pour un sportif de haut niveau?

Non, je ne pense pas. Comme pour tout, il faut faire les choses avec mesure et intelligemment.

Reportage: Vendanges FC LS

Categories: Divers, FC Lausanne-Sport

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*