Le derby à Payerne, dans la douleur

Le derby à Payerne, dans la douleur

«Ce soir? On a été nuls! Vraiment, on n’a pas été bons. Mais c’est un derby. Et je ne vous apprends rien si je vous dis que les derbys, ça se gagne! Les trois points, c’est tout ce qu’il y a à retenir dans ce genre de match». Tels furent les premiers mots d’un entraîneur heureux, Cédric Mora. Et à raison, étant donné que, d’une part, c’est effectivement son Stade Payerne qui s’est adjugé le derby de la Broye face à Thierrens et, d’autre part, puisque, en toute honnêteté, on n’a pas franchement assisté aux 90 minutes les plus trépidantes de l’histoire du football. Du bon football, sans plus, avec par chance quelques buts et même un peu de suspense en fin de match. De quoi faire passer une appréciable fin de journée au toujours nombreux public du Stade Municipal, sans, pour autant, lui donner envie d’enflammer la tribune, et une nettement moins bonne au FC Thierrens, qui ne décolle pas au classement.

Thierrens avait pourtant débuté idéalement grâce à Dionys Burdet

Là où la défaite fait mal pour les Thierranais, c’est bien dans la forme. Désormais 10e au classement, le FCT se devait de réussir un résultat, de confirmer sa belle prestation d’il y a dix jours face à Portalban. En plus, tout partait bien pour des visiteurs conquérants. Après 90 secondes de jeu à peine, Dani Caseiro botte un corner et trouve un Dionys Burdet étrangement seul dans la surface. Sa reprise de volée, magique, ne laisse aucune chance à Arnaud Rapin. Le match avait à peine commencé, c’était déjà 0-1. Dans la foulée, Cyril Dufey s’offrait même la chance de donner deux longueurs d’avances à son équipe. Mais, en bout de course, le numéro 12 ne trouvait pas la lucidité nécessaire pour tromper le portier payernois.

Baptiste Bersier porte son total à 13

«Chaque week-end, c’est pareil. On se donne toutes les chances pour gagner, puis on se fait avoir, on prend un but évitable. Aujourd’hui, c’est là qu’on perd le match». 
Si les propos de Benoît Pythoud semblent remplis de dépit, il faut bien dire que l’entraîneur du FCT n’a pas faux sur toute la ligne. Comment Eric Sery Bi a-t-il pu conserver le ballon une bonne dizaine de secondes le long de la touche, pourtant entouré d’adversaires, avant de servir Baptiste Bersier au point de penalty? «On devait la dégager, cette balle! On en avait largement l’opportunité. Mais non, on a préféré jouer au plus malin, tenter une touche supplémentaire, et on se fait prendre là-dessus…». De l’agacement du coach, Baptiste Bersier n’en avait cure au moment de pousser le ballon au fond des filets, pour la 13e fois de la saison, déjà, et d’insuffler un peu d’énergie à ses couleurs, car celles-ci ne payaient vraiment pas de mine jusqu’ici.

«En première mi-temps, on dormait»

Un constat d’ailleurs partagé par le boss du Stade Payerne: «Heureusement, on marque ce premier but qui nous fait revenir au score et dans le match. Parce qu’il faut le dire, en première mi-temps, on dormait. J’ai dû pousser une sacrée gueulée à la mi-temps pour ne pas qu’on en enchaîne une deuxième comme celle-là». Le résultat? Sur le plan du jeu, on n’est pas certain que les mots de Cédric Mora aient vraiment trouvé écho dans les oreilles de ses joueurs. Sur le plan comptable, par contre, on ne peut lui faire aucun reproche.

Coaching gagnant sur le 2-1: Franck Atangana entre et marque

Puisque, effectivement, ce sont bien ses hommes qui ont fait la différence au retour des vestiaires, en inscrivant l’unique réalisation de la seconde période, par l’intermédiaire d’une puissante tête, œuvre de Franck Atangana, rentré quelques secondes auparavant sur le terrain: «Coaching gagnant? Oui, c’est toujours sympa de voir le joueur qu’on vient de faire rentrer marquer un but juste derrière, même si, en réalité, c’est surtout de la chance», commente humblement Cédric Mora.

Fc Stade Payerne vs Fc La Sarraz-Eclépens 0-1

 

«On savait que celui qui marquerait en premier après la pause gagnerait le match, explique, quant à lui, Benoît Pythoud. Je ne sais même pas si on peut vraiment se plaindre. On a manqué d’altruisme devant les buts, on a été incapable de gérer notre avantage, alors que, en face, ils ne semblaient pas totalement à leur affaire. Au final, on a tout gâché, un peu comme contre Marly. Pourtant, on sait qu’on peut faire mieux, on se l’est prouvé contre Portalban… J’ai l’impression que certains ne sont pas concernés, pas inquiétés par le classement, alors que la situation devient pressante».

La défaite est sévère pour Thierrens

Des occasions, le FCT en a pourtant bien totalisé quelques unes au cour du match. L’ancien Payernois Rui Pinto, notamment, a eu le ballon de 1-2 au bout du pied, après un joli numéro dans la surface, mais il butait, à son tour, face à un excellent Arnaud Rapin. Thibault Chevalley ne connaissait pas un sort plus heureux en voyant sa frappe terminer dans le petit filet extérieur, en fin de partie, à la suite d’un mouvement intéressant avec Jonathan Roder.
À vrai dire, le ballon n’aura pas souvent quitté la partie de terrain des locaux une fois le 2-1 inscrit. Mais c’est aussi là qu’a résidé tout le problème pour Thierrens. De cette domination territoriale n’a résulté que deux, peut-être trois, bonnes possibilités. Et avec une réussite en fuite (trois goals en quatre matches depuis la reprise), ce n’était tout simplement pas suffisant pour espérer marquer plus.

Un duel intense entre gardiens

Une des véritables satisfactions de ce match, car oui, tout n’a de loin pas été à jeter aujourd’hui, aura été l’affrontement à distance entre Arnaud Rapin, portier du Stade Payerne, et Valentin Piot, dernier rempart du FC Thierrens. Sur les trois buts, il est presque impossible d’engager la responsabilité des deux hommes. La reprise de volée de Dionys Burdet était aussi somptueuse qu’imparable, tout comme celle de la tête de Franck Atangana. Quant au 1-1, le centre d’Eric Sery Bi semblait juste, mais vraiment de très peu, hors de portée des gants de Valentin Piot.

En fait, de par leur sûreté et leur réactivité, ils ont été la principale cause du peu d’occasions comptabilisés ce soir. Les deux gardiens ont été chercher un nombre incalculables de ballons en dehors de leur surface, que ce soit au pied ou, le plus souvent pour le vaincu du jour, de la tête à pas moins de 20 mètres de sa surface, toujours de manière à ne pas mettre un coéquipier dans la difficulté pour autant. Si on ajoute aux sorties périlleuses et aux captages de balles souvent compliqués à négocier de Valentin Piot, les arrêts décisifs et la solidité en un contre un d’Arnaud Rapin, on obtient un affrontement de toute beauté entre les deux hommes. Voilà un duel qui valait, à lui seul, le déplacement au Stade Municipal.

Cédric Mora: «On peut définitivement arrêter de regarder vers le bas»

«Non, on n’a pas été bons. Oui, il faudra faire mieux ces prochains week-ends. Mais ce qui m’a réjoui aujourd’hui, ça a été notre calme. Même menés 0-1, on a su rester calmes, nous dire qu’on avait toute la rencontre pour revenir, renverser la vapeur. On n’a jamais paniqué et, finalement, on marque trois points, ce qui est la seule chose qui importe vraiment dans un derby. Maintenant, on peut définitivement arrêter de regarder vers le bas. Dorénavant, on a les yeux rivés rien que sur Bulle. Cette troisième place, on la veut, c’est ça qui nous motive!». 
Quand on vous dit que tout n’a pas été à jeter…

 

Les prochains rendez-vous

Les deux équipes rejouent le samedi 9 avril. A 18h, Le Locle reçoit Stade Payerne. A 19h, Thierrens (19 points, 3 d’avance sur la barre) accueille Echichens (20 points, 4 d’avance sur la barre).

Un compte-rendu de Florian Vaney

Stade Payerne – FC Thierrens 2-1 (1-1)

Buts: 2e Burdet 0-1;  11e Bersier 1-1; 65e Atangana 2-1.

Arbitres: M. Hicham Matni, assisté de M. Nicolas Hofmann et de M. Justin Caillet.

Stade Municipal.

Categories: 2e ligue inter

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