Le choc au sommet à Dorigny a été arrêté

Le choc au sommet à Dorigny a été arrêté

On ne peut pas commencer cet article autrement qu’en ayant une pensée pour Said Moatameni. Le défenseur montreusien, âgé de 24 ans, va passer les prochains jours à l’hôpital, lui qui a très vraisemblablement été victime d’une fracture du tibia et du péroné. L’état de sa jambe ne laissait malheureusement guère de place au doute et la vision faisait froid dans le dos. Allongé de très longues minutes sur le synthétique de Dorigny en attendant l’ambulance, le jeune homme ne pouvait que revoir tourner dans sa tête les images de l’accident ayant conduit à sa blessure.

Daniel De Nardis: « C’est un accident à 100% »

Son entraîneur Daniel De Nardis regrettait bien évidemment la tournure des événements, mais n’en voulait absolument pas à Christophe Meoli. « Il n’y peut absolument rien, c’est un accident à 100%. Pour moi, il n’y a même pas faute et personne ne peut avoir de mauvais sentiments à son encontre », a commencé par expliquer le co-entraîneur du MS. Christophe Meoli a pourtant été expulsé sur cette action, mais il s’agit plus d’une réaction de peur de la part de l’arbitre en voyant l’état de la jambe de son adversaire. Mais que les choses soient claires pour tout le monde: il ne s’agissait pas d’une agression.

Interrompu à la 16e minute

Cela ne change évidemment rien à l’état de la jambe du pauvre Said Moatameni, qui se moquait bien de savoir si le joueur du LUC avait pris un carton rouge ou pas en attendant l’ambulance. Le fait est que ce choc au sommet du groupe 1 de 2e ligue entre le LUC et Montreux a été interrompu dès la 16e minute en attendant l’ambulance. Il était en effet hors de question de transporter le défenseur montreusien hors du terrain et il a donc fallu patienter jusqu’à ce que le véhicule hospitalier arrive.

Montreux voulait jouer, le LUC non

A 16h58, l’arbitre de la rencontre s’est approché des dirigeants des deux clubs pour connaître leur avis quant à la suite des opérations. La partie avait été interrompue plus de 30 minutes et l’ambulance était toujours sur le terrain. Si tout le monde l’avait voulu, la partie aurait repris, mais le LUC, avec un joueur de moins, a préféré dire stop, comme le règlement l’y autorise. Montreux, qui voulait continuer la partie et profiter de son avantage numérique, n’a pas compris la position du LUC. « Vous avez votre position, on a la nôtre », a simplement expliqué Vagner Gomes.

Alain Baré: « C’est de l’hypocrisie »

L’entraîneur du LUC a vite fait son calcul. S’il acceptait de reprendre le match, le LUC allait se retrouver à dix contre onze pendant 75 minutes et, forcément, prenait le risque de perdre trois points très importants. Alain Baré, lui, avait bien compris la manoeuvre, mais la regrettait: « C’est nous qui nous retrouvons avec un joueur à l’hôpital et c’est eux qui veulent arrêter le match. Franchement, c’est de l’hypocrisie et je fais attention à mes mots. Si les joueurs du LUC veulent arrêter la partie parce qu’ils sont choqués, d’accord, mais dans ce cas je les attends à l’hôpital pour soutenir notre joueur ces prochains jours. Nous, on voulait jouer. » Le MS a d’ailleurs déposé un protêt immédiatement après l’arrêt définitif de la rencontre, symbolisé par trois coups de sifflet de l’arbitre.

L’ACVF va maintenant statuer

L’ACVF va donc maintenant statuer en étudiant de près le protêt montreusien, mais la partie sera vraisemblablement rejouée depuis le début, à onze contre onze, à une date encore à définir même si Alain Baré l’a déjà prouvé par le passé, il sait défendre ses intérêts quand il estime que ceux-ci sont légitimes. Là, Montreux se retrouve avec un joueur de moins pour une durée d’une année. C’est surtout cela qu’il faut retenir ce soir, au-delà des points et du classement.

AF LUC-Dorigny – Montreux Sports 0-0

Arrêté à la 16e minute.

Categories: 2e ligue

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*