Lausanne s’offre l’OM

Lausanne s’offre l’OM

On aurait aimé s’enflammer un peu, peut-être, parler de la bonne impression que nous a fait le Lausanne-Sport en ce mardi au Stade Georges-Pompidou de Valence. On est donc allé chercher la chaleur jusque devant les vestiaires, où nous a accueilli Fabio Celestini. Satisfait de la victoire de son équipe face à Marseille (1-2), l’entraîneur du LS? Oui, sans doute. Mais quand on lui a demandé l’importance que revêtait le fait d’avoir Bâle et l’OM en quatre jours, il a planté son regard droit dans le nôtre. « Aucune », a-t-il tout simplement répondu et la chaleur que l’on recherchait s’est vite transformée en celle que peut dégager un iceberg un soir de novembre. Non, le LS ne va pas se prendre pour un autre sous prétexte qu’il vient d’épingler deux équipes de bon niveau.

Jérémy Manière: « Une équipe qui vient de monter en Super League peut tenir tête à une Ligue 1 »

Cela nous arrange, bien sûr, car on a écrit il y a dix jours que perdre face à Sion et Xamax ne voulait rien dire. C’est encore plus vrai aujourd’hui et on sait bien que la vérité des matches de préparation n’est pas celle du championnat. Que serait-il advenu si Marseille avait égalisé en fin de match, lorsque les Phocéens pressaient et mettaient l’arrière-garde lausannoise en grande difficulté? Rien de plus et rien de moins. Les enseignements à tirer de cette rencontre vont bien au delà du simple résultat, mais quand même, battre Bâle et l’OM est toujours bon pour la confiance. « Bien sûr qu’on est contents d’avoir tenu le score », glisse Jérémy Manière, une nouvelle fois très bon en défense centrale. Mais le Franco-Suisse de Vallorbe tempère aussitôt: « Marseille débute sa préparation et nous, on est plutôt sur la fin. Et il y avait beaucoup de joueurs de CFA2 en face quand même, même s’il y avait Rémy Cabella, Romain Alessandrini et d’autres… Pour moi, cela montre quand même la qualité du football suisse. C’est positif de voir qu’une équipe qui vient de monter en Super League peut tenir tête à une équipe de Ligue 1. »

Doria, symbole des difficultés marseillaises en première période

Lausanne a en effet fait jeu égal avec l’OM en première période, se créant plusieurs belles possibilités de but. Francesco Margiotta a eu la première, Nicolas Gétaz la deuxième sur corner et, globalement, le LS a été plutôt séduisant. Disposés en 4-4-2, avec Pak et Margiotta en pointe, les Vaudois ont clairement mis en difficulté un OM qui a déçu ses partisans. Ils étaient entre 2500 et 3000, dans le joli stade de l’Olympique Valence, et ils ont mis une ferveur toute méditerranéenne à cette affiche. Et un qui ne s’est pas fait des copains, c’est le malheureux défenseur brésilien Doria, cible de toutes les moqueries.

Capitaine des espoirs de la Seleçao, il est arrivé au Stade Vélodrome avec une réputation très flatteuse, mais n’y a … jamais joué. Marcelo Bielsa le jugeait insuffisant et ne l’a jamais convoqué avec la première, le renvoyant même au pays. Et vu la vénération du peuple marseillais pour « El Loco », chacune de ses paroles étant un extrait d’évangile, si San Marcelo dit qu’un joueur n’est pas bon, alors il n’est pas bon. Mardi, chacune des interventions ratées de Doria a provoqué quelques expressions fleuries, entre propositions de payer l’avion pour le renvoyer au Brésil à la mi-temps et quelques insultes animalières que l’on ne connaissait pas. Forcément, les Marseillais ne connaissent pas le chevreuil, qui est plutôt une spécialité montagnarde. Par contre, ils maîtrisent visiblement assez bien toutes les métaphores à base de poisson et c’est bien la première fois qu’on a entendu un Brésilien se faire traiter de hareng.

« Ils sont pas mal ces petits Suisses, hein? »

Bref, cette parenthèse ne concerne pas le Lausanne-Sport, qui a joué son jeu comme d’habitude. « Ils sont pas mal, les petits Suisses, heing? », s’est extasié un de nos voisins, avant de se plaindre de ses frites (« trop grasses »), de sa bière (« pas de goût »), de sa femme (« C’est pas Mendy, ça c’est Bouna Sarr. Mendy, c’est le gardien! Va m’attendre dehors, ce sera mieux pour tout le monde ») et de Steve Mandanda (« Aller à Crystal Palace quand tu joues à Marseille, c’est comme quitter Clara Morgane pour ma femme »). On a passé un bon moment, donc, et le LS aussi. Beaucoup de redoublements de passes au milieu, un Musa Araz qui confirme chaque jour tout le bien que l’on pense de lui et une qualité de jeu fidèle à ce que l’on voit d’habitude. Non, le LS ne se renie pas.

Au LS, les latéraux doivent prendre la profondeur

La première période a donc été séduisante et Jérémy Manière l’admet sans peine: « De toute façon, on est obligés de jouer. Si on va à Bâle, YB ou GC pour défendre, on va prendre 8-0. Alors, on va poser le ballon, on va créer du jeu. C’est comme ça qu’on va affronter cette saison de Super League, pas autrement. » Dans le système de Fabio Celestini, le danger vient beaucoup des latéraux. La saison dernière, Nicolas Gétaz et Numa Lavanchy ont mis le feu aux ailes, mais le deuxième est parti à GC. Mardi, à Valence, c’est le Brésilien Marcus Diniz, arrivé de Padoue (troisième division italienne) qui l’a remplacé. Très solide, très dur sur l’homme, il a livré une bonne prestation défensive. Mais Fabio Celestini en veut encore plus.

Marcus Diniz, très convaincant défensivement

« Il a montré aujourd’hui qu’il était un défenseur central. Il a d’énormes qualités à ce poste, notamment dans le jeu aérien. Mais comme latéral, j’aurais aimé qu’il se propose plus, qu’il s’engage », a commenté le très exigeant entraîneur du LS. Puisqu’Henrique ne viendra finalement pas (info « 24 Heures »), Marcus Diniz devrait jouer plutôt en défense centrale, à moins qu’il ne montre un vrai élan offensif lors des prochaines parties. Sinon? Aussi fort défensivement soit-il, Fabio Celestini ne le fera pas jouer, lui qui insiste énormément sur la force de frappe offensive de ses latéraux.

Pak est en forme

C’est d’ailleurs grâce à une percée offensive de Nicolas Gétaz qu’est venu le 0-1. Le latéral gauche a reçu un bon service de Musa Araz, a percuté, et a frappé fort en direction du but de Yohan Pelé. Le gardien marseillais a repoussé sur Francesco Margiotta, qui a poussé la balle au fond avec un peu de réussite (34e). On ne connaît pas encore bien ce joueur-là, arrivé en prêt de la Juventus, mais s’il continue à planter des buts à la Pippo Inzaghi, il va vite se faire des amis à la Pontaise. Globalement, il a été plutôt bon, offrant un complément intéressant à Pak. Le grand avant-centre nord-coréen a été très précieux, comme toujours, mettant une grosse pression sur Doria, Karim Rekik, Stéphane Sparagna et Rolando, les quatre défenseurs centraux marseillais. Vraiment, Pak a été bon et vu que Fabio Celestini a semble-t-il décidé de jouer en 4-4-2 cette saison, il devrait de toute façon occuper une place devant et se voir adjoindre un joueur tel que Gabriel Torres (à gauche mardi), Francesco Margiotta, Kevin Mendez ou Andi Zeqiri. Quoi qu’il arrive, ce sera complémentaire, donc.

Le premier but de Gabriel Torres

Lausanne a donc ouvert la marque et même doublé la mise peu avant la fin de la première période. Le Panaméen Gabriel Torres a pu dribbler Yoann Pelé (sorti pêcher la morue) et inscrire dans le but vide le 0-2 (44e), contraignant l’OM à sortir sous les quolibets du public de Valence. « Oh Franck, fais rentrer mon fils! Il est meilleur que tes mercenaires », a hurlé un supporter local (très local, même) en brandissant son petit de 8 ans au dessus de sa tête. Franck Passi a fait mine de ne pas entendre, mais il a quand même changé toute l’équipe à la pause et du coup, l’OM est allé un peu mieux.

Le LS peut compter sur deux bons gardiens

La deuxième période a été clairement à l’avantage des Marseillais et cela a été l’occasion de voir Dany Da Silva à l’oeuvre. Le deuxième gardien du LS a effectué une bonne préparation, montrant si besoin était qu’il a le niveau. Il serait très étonnant de voir Fabio Celestini changer et instaurer une vraie concurrence avec Thomas Castella, mais le LS peut compter sur deux bons gardiens, c’est sûr. En première période, Castella a eu du boulot, quand même, sortant une belle frappe de Romain Alessandrini (38e) et se montrant très sûr, mais disons que Da Silva e eu plus d’occasions de s’illustrer, ce qu’il a très bien fait. Il n’a pris qu’un but, splendide, de Khaoui, lequel a magnifiquement enveloppé son ballon pour le 1-2 (67e), et a parfaitement réussi ses autres interventions.

Saint-Etienne samedi à la Pontaise

Au final, le LS s’est donc imposé après avoir beaucoup (et bien) défendu en deuxième période et engrangé quelques certitudes supplémentaires. Pas sur le résultat, on l’a dit, mais bien sûr la manière en première période. Que ce soit face à Bâle, Sion ou Marseille, le Lausanne-Sport tentera de poser le jeu et jouera au football. Comme face à l’AS Saint-Etienne ce samedi, à 19h à la Pontaise, pour ce qui sera le dernier match des préparation des Vaudois avant le grand saut en Super League, le dimanche 24 sur le terrain de Grasshopper. Enfin, on va finir avec une très bonne nouvelle: Alex Pasche est de retour sur les terrains. Le milieu de terrain du LS a couru hier avant le match, en tenue officielle. Et ça, forcément, ça fait plaisir et surtout cela ouvre de nouvelles perspectives au LS pour son milieu de terrain.

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