Lausanne ne pouvait pas rêver mieux

Lausanne ne pouvait pas rêver mieux

Lausanne a donc choisi Tourbillon pour sa première victoire en Super League depuis son retour. Il y a pire comme endroit et nul doute que si les Vaudois avaient pu choisir le lieu de leur premier succès, le stade du FC Sion aurait été en haut de la liste. Après Saint-Jacques? Peut-être, mais soyons réalistes. Pour le moment, ce Lausanne-Sport semble (un peu) moins fort que le FC Bâle et c’est donc en terre valaisanne que le LS a empoché ces trois points-là, qui sont le fruit de trente très bonnes premières minutes et de soixante autres animées d’un bel état d’esprit. En fait, comme en Challenge League, Lausanne progresse très vite. Après un premier match trop timide à GC, les Vaudois ont osé face à Thoune, mais ont été trop friables défensivement. Face à Sion, ils n’ont pas fait tout juste, mais disons qu’ils ont mis les ingrédients nécessaires pour gagner un match de Super League: du talent, de l’audace, de la solidarité et un peu de chance.

Fabio Celestini: « GC, c’était l’apéro »

« GC, c’était l’apéro. Je le prends comme ça », souriait d’ailleurs Fabio Celestini après le match. En gros, on entre dans une pièce où on ne connaît pas grand monde, on n’ose pas se servir un verre, on ne parle à personne, on tente quand même sa chance avec la jolie rousse là-bas au fond et on repart avec un râteau, en ayant en plus renversé son verre sur son costard tout neuf (et orange). La soirée ratée. Face à Thoune? On croit avoir emballé, on se dit que cette fois c’est bon, on est dans la place avec cette fameuse rousse, mais au dernier moment des arrêts de jeu, celle-ci part avec un gars qu’on n’avait venu de nulle part. C’est encourageant, mais frustrant. Alors, à Tourbillon samedi, le LS a serré très fort sa demoiselle et ne l’a pas laissée s’échapper. Soirée réussie.

Thomas Castella a tout sorti

Mais pour cela, on l’a dit, il a fallu un peu de chance. Car quand Sion a pressé, en fin de première période et en début de deuxième mi-temps, les Vaudois ont été vraiment pris de court par la furia offensive valaisanne. Le seul problème pour la troupe de Didier Tholot? Tout cela s’est fait de manière trop désordonnée, trop individuelle et Lausanne, solidaire au possible, a mérité de laisser passer l’orage. Pour cela, les Vaudois ont pu compter sur un très grand Thomas Castella, qui a dévié un penalty de Geoffrey Bia (58e), une frappe à bout portant de Moussa Konaté (65e) et gagné son duel avec ce même Konaté (72e), auquel il venait… d’offrir le ballon! Entretemps, Reto Ziegler (un Vaudois, forcément) avait égalisé d’une tête croisée sur corner et Lausanne aurait craqué sans les parades répétées de son gardien, dans un grand jour.

Fabio Celestini, jamais content

Mais Lausanne, justement, n’a pas craqué et c’est ce qui fait toute la différence. Fabio Celestini le répète jour après jour, semaine après semaine, pour que l’on comprenne bien: le résultat n’a pas d’importance, seul compte le contenu. Ce que veut dire le coach du LS n’est pas que le Lausanne-Sport ne doit pas penser à gagner, mais que dans une logique de progression, son équipe doit penser à s’améliorer, toujours. Jamais content, jamais reposé, Fabio Celestini attend de ses joueurs qu’ils ne perdent pas une minute à être contents d’eux-mêmes. « On a fêté, on a chanté. Ce n’est pas rien de gagner à Tourbillon », reconnaissait quand même l’entraîneur du LS. « Mais dès qu’on sera de retour à l’entraînement, on va reparler de ce match et de cette deuxième période. Il y a des choses qui m’ont déplu. Ce n’est pas parce qu’on a pris trois points que tout a été parfait, loin de là », a continué l’ancien capitaine de l’OM.

Un 3-4-3 avec deux avions de chasse sur les côtés

Ce qui a déplu au coach? Que son équipe n’arrive pas à conserver le ballon en deuxième période. Parce que jusqu’à la 35e, environ, ce Lausanne-Sport a absolument stupéfait tout le monde à Tourbillon, privant de ballon un FC Sion qui ne comprenait pas vraiment comment son adversaire pouvait être en surnombre partout sur le terrain. La raison? Une tactique payante à 100% de la part de Fabio Celestini, qui avait renforcé l’axe de sa défense en titularisant Marcus Diniz avec Jérémy Manière et Elton Monteiro. Sur les côtés? Les avions de chasse Benjamin Kololli à droite et Nicolas Gétaz à gauche, lesquels ont mis au supplice les joueurs de couloir sédunois en première période. Pour mettre en place ce 3-4-3, Fabio Celestini a été contraint de sacrifier un joueur de son milieu de terrain, en l’occurrence Andrea Maccoppi, il est vrai fort malheureux face à Thoune. Sinon? En l’absence de Pak (blessé), Francesco Margiotta a passé dans l’axe et Samuele Campo a glissé côté droit. « On a beaucoup travaillé ce dispositif tactique ces deux derniers jours à l’entraînement », a d’ailleurs confié l’entraîneur du LS. Apparemment, ses joueurs l’ont bien écouté.

Lausanne apporte un vent de fraîcheur en Super League

Tellement bien, d’ailleurs, que c’est sur un débordement de Nicolas Gétaz et un centre parfait, quasiment depuis la ligne de fond, que Francesco Margiotta a pu couper au premier poteau et tromper Anton Mytriushkin pour le 0-1 (17e). Le FC Sion en était encore à se demander comment jouait le LS, vu que plus personne ne joue en 3-4-3 aujourd’hui, qu’il avait déjà pris un but dans ses cages. Vraiment, ce Lausanne-Sport apporte un vent de fraîcheur et de nouveauté en Super League, ce qui n’avait pas forcément été le cas lors de son dernier passage. Quoi qu’il arrive à la fin, que le LS soit européen ou relégué, il aura été conquérant et aura osé. Et ça, c’est déjà une victoire, bien plus importante que trois points glanés ici ou là.

Le penalty qui change tout

Car oui, il y a eu une victoire au bout, samedi, que le LS est allé chercher quand on l’attendant le moins, c’est-à-dire au plus fort de la domination sédunoise. Alors que l’immense majorité des 9800 spectateurs poussait Sion à la victoire, Nicolas Gétaz s’est retrouvé au sol dans les seize mètres valaisans. Faute de Léo Lacroix, vraiment? Sincèrement, cela nous semble sévère. Oui, il y a eu contact et oui le latéral gauche du LS est tombé. Mais le penalty est discutable… tout comme l’était celui accordé au FC Sion un peu plus tôt pour une faute de ce même Gétaz. Les situations n’étaient vraiment pas les mêmes, mais disons que cela ne nous aurait pas choqué que M. Schärer demande au joueur vaudois de se relever. Toujours est-il que, contrairement à Geoffrey Bia, Gabriel Torres a transformé son penalty et offert l’avantage au LS.

Xavier Margairaz, tout en toucher

Lausanne filait donc vers la victoire et l’a définitivement acquise grâce à… Xavier Margairaz! Le génial gaucher, entré en jeu pour aider le LS à garder un peu le ballon, a eu de la peine dans cette tâche vu que le LS… n’a pas eu le ballon. Mais il a fait mieux, au moins en terme de réalisme, en reprenant parfaitement un centre de l’omniprésent Nicolas Gétaz, et en trompant Mytriushkin, en faisant exactement ce qu’il faut faire dans cette situation: placer le ballon du côté où il vient, afin que le gardien ne puisse pas effectuer ses petits pas de côté qui lui auraient permis de dévier la balle. Un geste parfait de classe, de timing et d’efficacité: un geste de Xavier Margairaz, tout simplement. 1-3, score final. Et un bel épilogue à cette soirée de folie. Oui, Lausanne peut encore progresser. Mais non, le LS ne pouvait pas rêver mieux pour fêter son premier succès en Super League depuis son retour.

Les hommes du match

Thomas Castella, d’abord, en grand et en large. Le gardien fribourgeois a absolument tout fait juste, mis à part son incroyable relance ratée face à Moussa Konaté. Il a parfaitement répondu présent après sa faute de main sur le 3-3 face à Thoune et il a prouvé ce samedi avoir le format de la Super League. Fort dans les duels, il s’est imposé face aux personnalités valaisannes et ses multiples arrêts ont fait le bonheur de ses coéquipiers lorsque ceux-ci étaient dépassés par la vitesse valaisanne. Sinon, on a adoré Marcus Diniz, surtout en première période. Le défenseur central brésilien est un rocher sur lequel tout le monde vient s’écraser. La force tranquille. Mais bien sûr, l’autre homme du match ne peut être que Nicolas Gétaz, qui termine avec le bilan d’un penalty provoqué dans chaque surface de réparation et surtout avec deux assists dans le jeu! Un match plein, vraiment.

Les prochains rendez-vous

Sion s’en va à Lugano ce mercredi à 19h45. Le LS, de son côté, reçoit le FC Saint-Gall jeudi, toujours à 19h45.

Categories: Football d'élite

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