Lausanne, la grande classe!

Lausanne, la grande classe!

« Xavier Margairaz, qui a joué en équipe de Suisse, m’a dit qu’il n’avait jamais vécu ça! » Quand Alain Joseph parle de « ça », il évoque l’incroyable performance de son LS en ce samedi d’été face à Bienne. Devant 3050 spectateurs enthousiastes, le Lausanne-Sport a réussi l’exploit insensé de battre les Seelandais 5-4 après avoir été mené 1-4 à la… 79e! Un retournement de situation qui montre toute la qualité de cette équipe, mais aussi, évidemment, ses lacunes. « Prendre quatre buts comme ça, on n’a pas le droit », résumait avec raison Numa Lavanchy. Ce à quoi Xavier Margairaz lui-même répondait: « C’est vrai, mais on a le mérite d’y avoir toujours cru. A 2-4, on a senti qu’on était capable de le faire, on n’était absolument pas résignés. »

Fabio Celestini: « Les spectateurs ont leur part de mérite dans la remontée »

Et comment! Poussés par le public et leur envie, les Lausannois ont réalisé dix minutes qui resteront longtemps dans les mémoires des spectateurs, curieux de voir à quoi ce LS 2015/2016 pouvait bien ressembler. Ils l’ont vu et ils ont apprécié. Fabio Celestini aussi. « Ce que j’ai trouvé très bien, c’est que même à 1-4, on n’a pas entendu de sifflets ou de critiques. Au contraire, le public est resté très positif et a bien vu que l’on ne trichait pas. Franchement, les spectateurs ont leur part de mérite dans la remontée qu’on a effectuée, ils nous ont poussé tout le long. »

Quatre buts suite à des corners

Que s’est-il donc passé dans ces dix dernières minutes de folie? Pas mal de corners, déjà, puisque 4 des 5 buts lausannois samedi ont été inscrits suite à des coups de coin. En clair? Le 1-3, à la 65e, avec une déviation au premier poteau de Jocelyn Roux pour une finition d’Alexandre Pasche, de près. Le 3-4, à la 81e, grâce à Nicolas Gétaz, qui avait bien suivi sur une frappe de loin de Romain Dessarzin, après un corner ressorti aux vingt mètres. Et, enfin, les 4-4 (84e) et 5-4 (89e) sur deux coups de coin d’Olivier Custodio repris de la tête par Alex Pasche, encore, et Arnaud Bühler. Voilà une phase de jeu qui fonctionne!

Le coup d’oeil parfait de Xavier Margairaz

Seul le 2-4 a été marqué « dans le jeu », sur une passe magnifique en profondeur de Xavier Margairaz, coup d’oeil parfait, pour Romain Dessarzin, qui pouvait dribbler Jérémy Frick et marquer dans le but vide. Quand deux numéros 10 se cherchent, ils finissent en général par se trouver et Margairaz, sur ce coup de patte, a montré pourquoi il était un joueur spécial.

Oui, Bienne est solide, mais quand même…

Voilà donc comment le LS est passé de 1-4 à 5-4 en dix minutes et, si ce final en apothéose a séduit le public, il ne cache évidemment pas des lacunes défensives. Bienne est solide, d’accord, et ne finira pas dernier comme il y a quelques semaines, d’accord aussi. Le FCB, sous l’impulsion de son nouvel actionnaire Carlo Häfeli, s’est construit une équipe capable d’assumer une place dans la première moitié de classement, pour son entrée dans le nouveau stade. Mais quand même, cela n’explique pas pourquoi ni comment le LS a pu se retrouver mené 0-3 après la pause, puis 1-4. Oui, Benjamin Kololli a fait des débuts plus qu’intéressants (un but et un assist splendides) et oui, le Nord-Coréen Kwang Ryong Pak est très fort, mais quand même…. Il y a eu trop d’approximations, trop de déconcentration, trop de laxisme.

Une bonne première mi-temps

Il y a l’excuse de la jeunesse, mais avant d’être une excuse, elle est une vérité. Le LS, samedi, a joué avec neuf joueurs de moins de 24 ans en début de match, seuls Jocelyn Roux et Arnaud Bühler étant plus âgés. Face à une équipe de routiniers comme ce FC Bienne, on a bien cru que cela allait être insuffisant. C’est vrai, la première mi-temps a été plutôt bonne et Romain Dessarzin et, surtout, Quentin Rushenguziminega auraient pu ouvrir la marque. Le LS, jusqu’à la 45e minute, s’est montré séduisant. Il y a eu des séquences de jeu de grande qualité et on a vu, par moments, la patte de Fabio Celestini dans cette équipe. 0-0 à la pause, mais un LS intéressant, donc.

Non, ce n’était pas un match fou

Par contre, pardon, mais quel naufrage de la 55e à la 75e! Ces vingt minutes insuffisantes ont bien failli couler Lausanne, qui ne pourra pas se permettre autant de naïveté à chaque sortie. On va dire une affreuse banalité, mais le LS ne marquera pas cinq buts à chaque match, et surtout probablement pas quatre en dix minutes tous les week-ends. On ne va évidemment pas être sévère, car les Lausannois nous ont offert un spectacle de grande qualité, mais le score parle de lui-même, car on ne peut pas vraiment parler de match fou. Non, ce LS-Bienne n’était pas un match fou, allant d’un but à l’autre sans stratégie. Cette rencontre était jusqu’à la 79e une partie dominée par les Lausannois, qui ont bien failli tout perdre par leur propre faute.

Ce LS-là nous plaît en tous points

Bref, ne faisons pas les difficiles: on a vécu un match magnifique, dans une ambiance prometteuse et positive. Ce LS-là nous plaisait dans sa construction, dans son projet, dans sa préparation et dans ses matches amicaux. Après un match de championnat, il nous plaît toujours et on ne fait, évidemment, que refléter l’avis d’un public conquis.

Andi Zeqiri, encore une entrée convaincante

Un mot sur Andi Zeqiri? L’attaquant de 16 ans est entré 10 minutes, un laps de temps suffisant pour montrer, encore une fois, sa classe. Il a failli marquer d’un tir du gauche dans un angle impossible et il a réussi des prises de balle à en rendre jaloux plus d’un. Ce jeune homme progresse et prend de l’assurance chaque week-end, et son talent saute aux yeux. Il n’a pas encore débuté un seul match officiel en professionnel, mais il ne fait aucun doute que c’est pour bientôt. Fabio Celestini le suit de près, et ne lâche rien avec lui. Alors que le numéro 30 du LS s’attardait devant les médias, l’entraîneur du LS est venu le chercher (très) énergiquement par le bras pour l’amener dans le vestiaire pour le speech d’après-match. L’apprentissage…

Fabio Celestini: « On est au début de quelque chose »

Le mot de la fin? Pour Fabio Celestini, justement. « Aujourd’hui, ils étaient 3050 dans le stade. Le prochain match, j’espère qu’ils seront 4000. Puis 5000, 6000… Je le souhaite vraiment. On est au début de quelque chose. » De quoi? L’avenir proche le dira, mais le premier pas est vraiment encourageant. « Oui, mais quand même, j’espère qu’on ne vivra pas ça à tous les matches », souriait Alain Joseph avant de terminer par un joli clin d’oeil. « Aujourd’hui, on a eu un score de hockey. Si ça peut motiver certains fans du LHC de monter nous voir en plus des matches à Malley, on est preneurs », a sourit le président du LS.

Les hommes du match

Alexandre Pasche a montré une grande partie de sa classe ce samedi. Fabio Celestini le voit comme un joueur de Super League et a clairement dit en conférence de presse qu’il voulait le voir porter le maillot rouge à croix blanche dans les prochaines années. Il a montré le chemin dès la première minute, s’est battu comme un guerrier et a inscrit un doublé tout en opportunisme. On a adoré son match et le public de la Pontaise avec nous. Un cador, un vrai. Mention très bien également à Romain Dessarzin. Il a réalisé une belle première mi-temps, déjà, même s’il a quelquefois effectué les mauvais choix. Mais la qualité de son pied gauche et ses frappes de loin ont créé le danger. Gros match de sa part en numéro 10.

Les prochains rendez-vous

Joli derby romand le lundi 27 juillet à 19h45 à la Maladière! Xamax y accueillera en effet le LS. Grosse affluence en vue?

Lausanne-Sport – FC Bienne 5-4 (0-0)

Buts: 55e Pak 0-1; 61e Kololli 0-2; 63e Marchesano 0-3; 65e Pasche 1-3; 75e Hayoz 1-4; 79e Dessarzin 2-4; 81e Gétaz 3-4; 84e Pasche 4-4; 89e Bühler 5-4.

Arbitres: M. Tomasz Superczynski, assisté de M. Edi Kaufmann et de M. Michael Lüthi

LS: Martin; Lavanchy, Monteiro, Gétaz, Bühler; Custodio, Sessolo (56e Ming), Pasche; Dessarzin; Rushenguziminega (77e Zeqiri), Roux (65e Margairaz).

Entraîneur: Fabio Celestini

Bienne: Frick; Bigler, Hebib, Manière, Fekete; Popara (50e Kamber), Ljubicic; Kololli (83e Schulz), Marchesano, Brunner (73e Hayoz); Pak.

Entraîneur: Patrick Rahmen

Stade Olympique de la Pontaise. 3050 spectateurs.

Categories: Football d'élite

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