Lausanne a péniblement sauvé l’essentiel

Lausanne a péniblement sauvé l’essentiel

Mercredi soir, grâce à Dame chance et une réussite du joker Ndoye, Lausanne, peu convaincant, s’est imposé miraculeusement à la 93e, face à Kriens (3-2). Ils se retrouvent désormais à six unités du leader Servette.

Après le vide-grenier voulu et opéré par le chef Contini et quelques arrivées de deuxième zone, on se réjouissait de revoir ce Lausanne-Sport version 2019, aux grandes ambitions annoncées. Après une mise en jambe compliquée du côté de Vaduz, avec un petit point acquis chanceusement dans les dernières secondes, les Vaudois avaient l’obligation et le devoir de venir à bout du modeste néo-promu Kriens. Cet important match de rattrapage a failli tourné au vinaigre et à la grande désillusion.

Gros déchet technique

Et pourtant, tout avait idéalement débuté par l’ouverture du score, après 55 petites secondes. Buess, le dernier renfort, héritait d’un contre favorable, pour, dans un angle fermé, alerter le portier Enzler qui ne pouvait que renvoyer dans l’axe, un ballon qui faisait le bonheur du jeune Puertas pour inscrire le 1-0 avec détermination. Malheureusement, les Vaudois, peu inspirés, n’ont jamais réussi à enchaîner et ont balbutié leur football, dans une première mi-temps décevante et sans relief. Le 3-5-2 préconisé s’est avéré être une faillite tactique, avec des Lausannois timorés et sans ligne de conduite, incapables de réellement mettre en danger et sous pression un adversaire limité. On a surtout assisté à un énorme déchet, un festival de mauvaises passes et couacs techniques. Boranijesevic et Flo, les deux hommes censés amener l’animation sur les côtés n’ont de loin pas répondu aux attentes. De plus, Geissmann, pour son retour aux affaires a été tout simplement invisible. Le jeune Français Nanizayamo, pour sa première titularisation, s’est montré peu à l’aise, emprunté, avec une relance défaillante. Puertas, le meilleur des siens, fut le seul à évoluer à son véritable niveau, grâce à sa disponibilité, sa fougue et sa générosité.

À force de jouer sur un faux rythme, de ronronner et d’être improductifs, les Lausannois se faisaient punir en toute logique. Krienz qui était visiblement venu pour sauver un point profitait du laxisme adverse pour prendre les commandes, en frappant fort sur leurs deux seules opportunités. Sur corner, Wiguet, au premier poteau, surprenait une défense absente pour égaliser (31e). Les « leu et blanc », sifflés par leurs trop rares supporters, touchaient le fond, lorsque sur un long ballon de Siegrist, Chihadeh prenait de vitesse un Nanizayamo en pleine déroute, pour habilement tromper un Castella impuissant (41e).

Retour a un 4-4-2

Au retour des vestiaires, Giorgio Contini, dos au mur, procédait à deux changements, avec les forces fraîches de Gétaz et Oliveira. Mais la plus importante et capitale correction était de revenir à un classique 4-4-2. Système mieux adapté pour faire douter et inquiéter des Lucernois, obnubilés à jouer très bas pour défendre leur avantage. Dominateurs, enfin actifs et non réactifs, les Lausannois monopolisaient le ballon avec une vivacité digne de leur rang. Ce travail de sape était rapidement productif et surtout récompensé par l’égalisation de Koura. Le Français profitait d’un bon décalage de Cabral, pour croiser une frappe imparable (54e). Au lieu d’enfoncer le clou, les hommes de Contini ont, de façon incompréhensible, baissé d’intensité en tombant dans une douce léthargie, qui faisait le bonheur d’un Kriens tout heureux des circonstances. Au milieu de sa coupable apathie, les Vaudois se créaient quand même quelques rares opportunités. La plus grosse était l’œuvre de Buess, dont la tête échouait sur la latte d’un gardien battu (74e).

Le néo-promu qui n’avait rien entrepris offensivement depuis la pause, aurait pu, sans rien voler, prendre l’avantage sur son unique possibilité. Sulejmani, idéalement servi et seul à dix mètres, ratait son affaire pour quelques petits centimètres (77e). Lausanne, en pleine torpeur et englué dans la médiocrité, se montrait incapable d’emballer la fin de match. Alors que l’on jouait la fin du temps additionnel, les Lucernois paniquaient en se fabriquant un inutile corner aux lourdes conséquences. Sur le coup de coin botté par Kukuruzovic, Cabral voyait sa tête déviée par le joker Ndoye (93e). Cette petite et chanceuse victoire est un avertissement sans frais, pour des « bleu et blanc » qui sont passés tout près de l’échafaud. Samedi, face à Rapperswil, lanterne rouge et dans une spirale négative sans fin, Lausanne devra clairement monter en puissance pour justifier ses ambitions de rejoindre l’élite par la grande porte.


Lausanne – Kriens 3-2 (1-2)

Buteurs: 1re Puertas 1-0, 31e Wiguet 1-1, 41e Shihadeh 1-2, 54e Koura 2-2, 93e Ndoye 3-2

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