La promenade du dimanche matin

La promenade du dimanche matin

Le FC Prilly devra encore un peu attendre pour savoir quelles peuvent être ses ambitions dans ce nouveau championnat de 2e ligue. Après avoir gagné à Genolier-Begnins, ce qui est un excellent résultat, les hommes de Claude Vergères ont ventilé le Stade Nyonnais II sur le score de 8-1. Mais les joueurs de Kristian Cvijetic, qui étaient onze dimanche matin, n’ont pas représenté une opposition telle que l’on puisse dire avoir été impressionné par Prilly.

Gagner 8-1 et ne pas être satisfait? C’est possible. Prilly est content d’avoir gagné, évidemment, et surtout de compter six points en deux matches. Mais il serait faux de s’enflammer aujourd’hui, car l’adversaire de ce dimanche n’avait rien d’une équipe de 2e ligue. La II de Nyon est en reconstruction et, un peu comme Renens samedi soir (lire ici), on parle plus d’avenir que de présent quand on évoque son existence. Pour ce match, comme pour le premier face à Gland (1-3), la réserve de Colovray était privée de joueurs en vacances ou pas encore qualifiés. Ceux-ci vont venir étoffer un effectif famélique pour l’instant, puisque, on l’a dit, ils étaient onze à être venus à La Fleur-de-Lys.

La II du Stade Nyonnais n’est pas encore prête

Un mot sur l’entraîneur? Krsitn Cvijetic a de solides références, que ce soit en Serbie, son pays, ou en Suisse, un pays qu’il a découvert en 2005. Après plusieurs allers et retours entre les deux pays, puis un passage en Tunisie, il est désormais en charge de cette deuxième équipe. Sa nomination va dans le sens de l’accès à la présidence de Mirko Müller, les deux hommes ayant oeuvré ensemble en même temps à Servette. Le nouvel entraîneur du SN II y officiait en tant qu’entraîneur des M17 élites. Sa mission cette saison? Assurer le maintien et essayer de mettre en place une passerelle entre la I et la II, afin que les jeunes Nyonnais aient une chance d’intégrer la première équipe, à l’image de Dijamant Bega et de Jacques Boma, deux joueurs régulièrement alignés aujourd’hui par Bernardo Hernandez. Le projet a une certaine cohérence, mais la réalité du terrain fait qu’aujourd’hui, clairement, Nyon II n’a pas le niveau d’une équipe de 2e ligue. Demain et après-demain, on veut bien le croire, mais aujourd’hui, non.

C’est pour cette raison qu’il est difficile de dire si Prilly a véritablement été brillant dimanche. Ce match a trop ressemblé à une promenade et à un réveil en douceur pour qu’on s’en serve comme référence pour savoir si, oui ou non, les Prilliérans peuvent raisonnablement espérer une place en haut de classement. La prochaine journée, à Gland (qui compte également six points en deux matches) devrait en dire un peu plus.

Le coup-franc splendide de Nicolas Danizan

Ce qui est sûr, c’est que dimanche Prilly a été sérieux, appliqué, et a fait la différence d’entrée (23e) grâce à Yoan Nicolas. Un petit déboulé côté gauche, une frappe au premier poteau: du bon travail. Prilly menait donc 1-0 assez logiquement, même si Benjamin Bühler a quand même dû sortir un ou deux arrêts pour éviter une ouverture du score nyonnaise, qui n’aurait sans doute pas changé grand chose au résultat final. Nicolas Danizan allait ensuite doubler la mise d’un maître coup-franc (25e), avant que Nelson Borges n’inscrive le 3-0 juste avant la pause.

Le Stade Nyonnais à 10 dès le 53e

Le match allait définitivement basculer à la 53e lorsque Paulo Da Costa interceptait bien malchanceusement un ballon de la main sur sa ligne de but. Son expulsion était logique, tout comme le penalty impeccablement transformé par Nelson Borges. La suite? Du remplissage, et un Stade Nyonnais II qui sauve quand même l’honneur en toute fin de match. 8-1 à la fin. Nyon, on l’a dit, n’a pas eu de chance: venus à 11, ils sont repartis à 10 et n’avaient tout simplement pas les armes pour lutter. Ce n’était pas « Mission Impossible », c’était encore le stade d’après.

Jonathan Gomes a un potentiel certain, mais…

Jonathan Gomes a profité du fait que ses adversaires jouaient à dix pour marquer ses deuxièmes et troisièmes buts de la saison. On va un peu s’attarder sur son cas, car il y a des choses à dire. Déjà, il a du talent. Il a marqué 12 buts la saison dernière entre le SLO II et Prilly, et il pourrait bien dépasser ce score cette année. Il va vite, il est puissant et il a tout pour devenir un très bon attaquant de 2e ligue, voire plus haut. Mais s’il veut y arriver, il doit absolument combler une lacune irritante: celle de réclamer pour tout et rien et de perdre de l’énergie précieuse dans des débats qui ne servent à rien. A 6-0, il s’échappe seul côté gauche et est signalé hors-jeu. A tort? On n’en sait rien, mais lui a jugé que non. S’ensuivent une minute de palabres, avec le sentiment d’avoir l’entier du corps arbitral vaudois contre lui. Une minute plus tard, un de ses coéquipiers joue un coup-franc cinq mètres devant l’endroit de la faute. L’arbitre siffle et redonne le coup-franc à jouer. Et là, de nouveau, des réclamations… pour quoi au juste? On va être clair: s’il n’avait aucune qualité, on n’aurait même pas pris la peine d’écrire ce paragraphe. Mais il en a. De réelles. On n’a pas la prétention d’avoir inventé le football, mais on voit bien que ce garçon a du potentiel. Pitié, qu’il l’exploite et qu’il se concentre sur le jeu plutôt que de demander à l’arbitre de garder un oeil sur un défenseur qui le pousse. Comme tous les bons attaquants, il prend des coups, on lui tire le maillot et on lui donne des coups de coude. Et alors? Il a une marge de progression énorme dans son attitude. S’il arrête de réclamer à tort et à travers, s’il se concentre sur son jeu et sur la prochaine occasion, il a les qualités pour en planter 25 cette saison. Vraiment. A lui de voir.

Ce qu’on a à dire encore sur ce match? Pas grand-chose, en fait, et on a l’impression (oui, on se répète) d’avoir revu la partie entre Renens et Genolier-Begnins de la veille. Une équipe n’est pas prête à jouer un match de 2e ligue et l’autre a des ambitions, mais on ne sait pas encore bien où la situer. Allez, on le saura bien assez vite.

Les hommes du match

On va commencer par le Stade Nyonnais. Telesphore Louis Amougou a marqué cinq buts la saison dernière et fait partie des rares joueurs encore présents à Colovray. Il a un gabarit intéressant et une vraie capacité à se créer des occasions. Il peut améliorer son total cette saison, sans problème. Brian Nnady, milieu défensif, a également montré quelques qualités, notamment physiques. A revoir.

A Prilly, on a aimé Nicolas Danizan, une fois de plus. Il joue juste, simple, sans en faire trop. Un joueur qui sait faire briller ceux qui sont autour de lui et qui rend son équipe meilleure. Yoan Nicolas est également dans ce cas de figure. Il peut faire des différences individuellement, comme sur le premier but, mais il est surtout au service du collectif. Un joueur intelligent.

Les prochains rendez-vous

Prilly a un déplacement piège à gérer ce mardi 26 août, en Coupe vaudoise. L’adversaire? Le FC Cugy, néo-promu en 4e ligue, et composé de beaucoup de joueurs ayant un niveau largement supérieur. Coup d’envoi à 20h. Exactement en même temps, Nyon II n’aura pas la partie beaucoup plus facile à Prangins, récent relégué en 4e ligue. En ce qui concerne le championnat, la II du Stade Nyonnais recevra Renens, samedi 30 août, à 15h. Le lendemain, à 15h45, le FC Gland accueillera Prilly.

FC Prilly Sports – Stade Nyonnais II 8-1 (3-0)

Buts: 23e Y. Nicolas 1-0; 25e Danizan 2-0; 44e et 54e Borges, pen. 4-0; 57e Pais 5-0; 71e Sergio Fernandes 6-0; 83e Gomes 7-0; 86e Hornung 7-1; 89e Gomes 8-1.

Arbitres: M. Aebi, assisté de M. Hofmann et de M. Müller.

Prilly: Bühler; Chappuis, Vaucher (55e Pais), Jaunin, Cristian Lopez; Y. Nicolas, Loba, Recordon (70e Froignier), Danizan, Nelson Borges (63e Sergio Fernandes); Gomes.

Entraîneur: Claude Vergères.

Nyon: Felix; Vitali, P. Amougou, Da Costa, Rais; Fabio Nascimento, Hornung, Nnady, Diallo; Asimi; T. Amougou.

Entraîneur: Kristian Cvijetić,

Centre sportif de la Fleur-de-Lys. 53e, expulsion de Da Costa (main sur la ligne).

Categories: 2e ligue