La fronde s’organise contre la refonte de la 1re ligue

La fronde s’organise contre la refonte de la 1re ligue

L’assemblée générale de la 1re ligue aura lieu le 8 novembre à Meyrin. Une matinée banale, lors de laquelle les points au programme seront expédiés en trois minutes avant de passer à l’apéro et au repas de midi? Pas vraiment. Nous l’avions révélé il y a quelques mois, le comité de la 1re ligue a le projet de réduire le nombre de groupe de trois à deux, ceci afin de garantir un niveau de jeu optimal. Les instances ont en effet relevé une baisse de compétitivité de la 1re ligue et  ont imaginé faire passer le nombre de ses participants de 42 (trois groupes de 14) à 32 (deux groupes de 16). La simple évocation de ce fait avait fait rugir l’immense majorité des présidents romands (lire notre article ici). Or, le 8 novembre approche à grands pas, et, inquiets à l’idée de voir ce projet devenir un fait, les présidents « frondeurs » font bloc.

Dix clubs solidaires et signataires

Un courrier a ainsi été adressé à Kurt Zuppinger, président du comité de la 1re ligue. Jean-Michel Viquerat, président du FC Bavois, l’a ensuite fait suivre à tous les présidents de Promotion League et de 1re ligue. Ce courrier comprend plusieurs idées d’amélioration, ainsi qu’une proposition claire: faire passer la Promotion League de 16 à 18 clubs, et ne pas toucher à la 1re ligue actuelle. La missive, longue de quatre pages, est signée par le FC Bavois, le FC Fribourg, le FC Monthey, Yverdon Sport, le SC Guin, le FC Martigny, Stade-Lausanne-Ouchy, l’US Terre Sainte, le FC Meyrin et, bien sûr, le FC Echallens Région de Fritz Aeschbach, en première ligne à côté du FC Bavois, soit 10 clubs du groupe 1 sur 14.

Seuls Lancy, Naters et Azzurri 90 ne l’ont pas signée, le cas de Team Vaud M21 étant un peu à part, puisque cette équipe, de par son statut particulier, n’a pas le droit de vote à l’assemblée générale. Lancy et Naters ne sont pas signataires, mais rien ne dit qu’ils voteront en faveur de la réforme le 8… si vote il y a. En fait, parmi les clubs romands, seul Antonio D’Attoli, président d’Azzurri 90, est clairement et publiquement favorable à cette refonte et s’oppose donc à l’immense majorité de ses collègues.

Les Romands se sentent mis de côté

Alors, que contient cette fameuse lettre? Les clubs signataires demandent tout simplement au Comité de la 1re ligue de retirer de l’ordre du jour du 8 novembre le vote définitif sur le changement de structure. Jean-Michel Viquerat s’en explique: « Nous voulons qu’une étude détaillée soit menée. Le sujet est trop important! » En clair, les clubs demandent des séances de discussions ou d’informations détaillées pour tous les clubs, la constitution d’un nouveau groupe de réflexion plus représentatif des sensibilités en présence, ainsi que l’établissement de plusieurs variantes avec impact financier et stratégique détaillé (dangers et avantages), sans oublier un changement du processus de décision.

En clair, les clubs romands se sont sentis mis de côté lors des travaux préparatoires à l’assemblée du 8 novembre. « Il y a eu un atelier, lequel comportait dix participants. Il n’y en avait qu’un du groupe 1 », tonne le président du FC Bavois. « Sans remettre en cause le travail de nos collègues, force est de constater que l’équité dans la représentation des clubs de 1re ligue n’a pas été respectée », est-il d’ailleurs écrit noir sur blanc dans la missive.

Un déplacement à 200 kilomètres un mercredi soir?

C’est clair, les dix clubs en question ne veulent pas de la réforme, laquelle comporte selon eux trop de désavantages. En gros, il y aurait moins de derbys, puisque les clubs romands seraient obligés de se déplacer jusqu’à Baden ou aux alentours. Fini le groupe 1 de cette année, avec ses sept clubs vaudois. « Ce serait une erreur gigantesque! Echallens-Bavois, cette année, a attiré 470 personnes aux Trois-Sapins! Vous ne pensez pas que c’est bien? Combien de personnes iraient voir un Echallens-Zoug ou un Bavois-Zoug? Il y aurait moins de spectateurs, moins de sponsors… Sans parler de l’attractivité! Aujourd’hui, à Genève, les joueurs préfèrent aller en 2e ligue inter, car ils ont moins de déplacements, que de jouer en 1re ligue. Si demain, le FC Bavois doit se déplacer quasiment dans toute la Suisse, cela intéressera moins les joueurs, les frais de voyage seront plus élevés et les affluences moindres. Ce serait un sacré autogoal », continue « JMV ».

Un club de quatrième division pourrait ainsi être amené à se déplacer à 200 kilomètres de chez lui un mercredi soir, c’est-à-dire que ses joueurs devraient prendre congé l’après-midi et revenir à la maison à 2h du matin… avant de se lever à 7h pour aller travailler. Intolérable pour les dix clubs signataires.

Antonio D’Attoli votera en faveur de la réforme

Antonio D’Attoli, on l’a dit, est lui favorable à la réforme imaginée par le Comité de la 1re ligue. Le président d’Azzurri 90 ne s’en cache pas. « Oui, s’il y a une votation le 8, je voterai en faveur de ce que propose l’ASF. Pour moi, les choses sont claires, je veux développer la marque Azzurri au niveau suisse. Je ne veux pas voir petit. Bien sûr qu’il y a une rivalité avec un club comme Stade-Lausanne, et que je peux considérer ce match comme un derby. Mais ce que je veux pour mon club, c’est amener Winterthour, Servette ou Schaffhouse à Lausanne. Là, je vais intéresser des spectateurs à Lausanne et des sponsors au niveau national. Sincèrement, je comprends que la démarche vienne de clubs comme Bavois ou Echallens. Ces clubs-là vivent avec des sponsors locaux, ils veulent des derbys. Pas de problème. Mais moi, à Azzurri, je n’ai pas de public, pas de buvette, pas de petit sponsor local. Je vois plus haut et je ne comprends pas que des clubs comme Yverdon ou Martigny, avec leur passé et leurs infrastructures, continuent à regarder en bas et s’associent à ce projet. De nouveau, je veux faire rayonner le nom d’Azzurri Lausanne dans toute la Suisse, pour créer un engouement, faire parler de mon club sur tout le territoire, pas seulement jusqu’à Bavois ou Echallens. »

Au moins, c’est clair, les clubs signataires n’ont pas besoin d’essayer de convaincre Antonio D’Attoli de les rejoindre dans leur combat.

Tout se jouera le 8 novembre au matin… ou plutôt le 7 au soir

Ce qu’en pense Jean-Michel Viquerat? « Vous voulez savoir ma réaction quand j’entends ce que dit le président d’Azzurri? Je pense qu’il n’a pas bien compris ce dont il ressort. Il veut aller plus haut? Qu’il y aille! Mais alors qu’il ne s’oppose pas à cette réforme vu qu’apparemment la 1re ligue est trop petite pour lui. » Bref, on ne les mettra pas d’accord et l’assemblée générale du 8 novembre promet d’être animée… même si tout se jouera apparemment le soir d’avant. « Oui, c’est toujours comme ça. Nous nous voyons tous le 7 au soir, de 17h à 20h environ, pour préparer l’AG du lendemain. C’est là que les décisions vont se prendre », explique Jean-Michel Viquerat. La soirée sera ainsi brûlante du côté de Meyrin et son importance sera décisive pour l’avenir de la 1re ligue sous sa forme actuelle.

Le président du FC Bavois est-il optimiste? « Oui. Suite à l’envoi de notre courrier, j’ai reçu 5 ou 6 téléphones de clubs alémaniques qui ont annoncé qu’ils étaient d’accord avec nous. Fritz en a reçu le même nombre et le président de Martigny aussi. » Quinze clubs seraient ainsi prêts à se rallier aux dix Romands, ce qui fait 25 sur 58, puisque la Promotion League est également concernée. Les M21 n’étant pas autorisés à voter, la majorité ne semble pas loin. Il reste une semaine pour en être sûr.

Categories: 1re ligue

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