José Gonçalves: «Une fierté immense»

José Gonçalves: «Une fierté immense»

La grande finale de Major League Soccer aura lieu dimanche, entre les Galaxy de Los Angeles et les Revolution de New England. En quoi cet événement peut-il intéresser un média consacré à l’actualité footballistique vaudoise? Tout simplement parce que le capitaine des « Revs » s’appelle José Gonçalves, bien sûr. Arrivé au début de l’année 2013 dans le Massachusetts, il s’est imposé immédiatement au sein de la franchise américaine, étant même élu meilleur défenseur de toute la MLS à l’issue de sa première saison! S’étant affirmé tout de suite comme leader, le Vaudois s’apprête à vivre le plus grand moment de sa carrière. Ce sera dimanche, sur un match, sur le terrain de Los Angeles, qui a gagné le droit de recevoir grâce à son meilleur classement en saison régulière.

La star américaine des Galaxy Landon Donovan jouera d’ailleurs à cette occasion le dernier match de sa carrière. Après avoir gâché la sortie de Thierry Henry, José Gonçalves et les « Revs » vont-ils envoyer Donovan à la retraite sur une immense déception? Pour le savoir, on a appelé José Gonçalves mardi après-midi, à 14h en Suisse, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à l’entraînement du matin.

José, il est un peu tôt, là, non?

Non, non, ça va, c’est 8h (rires). J’ai le temps, j’ai 30 à 35 minutes de voiture à faire avant d’aller à l’entraînement, et de toute façon j’aime me lever tôt, pas de soucis.

La semaine va être excitante, non?

Oui, on se réjouit beaucoup de dimanche, c’est sûr! On sent déjà l’engouement autour de nous, ça va être une grande et belle journée. En espérant une belle issue…

Vous avez déjà bien fêté le titre de champion de la Conférence Est. Il vous reste quand même des forces pour dimanche, rassurez-nous?

Aucun souci! C’est vrai que gagner ce titre est déjà important et qu’on a célébré cette victoire. Nous sommes allés manger au restaurant, on a fait un peu la fête, mais tout est déjà oublié. On a eu une journée de repos et dès ce matin, on se met en mode « MLS Cup ». On n’attend plus que ce week-end!

Vous avez terminé deuxième de la Conférence Est, cinquième de toute la MLS. A quel point est-ce une surprise de vous retrouver en finale aujourd’hui?

On a pris conscience de notre force tout au long de la saison. Je dirais que depuis le début, on savait qu’on avait une équipe capable de jouer les premiers rôles, mais il nous fallait un ou deux renforts… On en a toujours été conscients, même quand on a connu une sale série. Pendant deux mois, cela a été très compliqué, mais on ne s’est pas désunis. On a continué à travailler et les victoires sont revenues. Du coup, le regard sur nous a commencé à changer. On a enchainé les victoires et on est arrivés en pleine forme en play-off.

C’est la bonne technique aux Etats-Unis, non?

C’est clair que c’est particulier. Disons qu’on est en forme en bon moment et cela s’est concrétisé. On a vraiment fait des play-off solides, en commençant par battre deux fois Columbus, à l’aller chez eux et au retour chez nous, avant de faire deux gros matches face à New York. Les deux fois, on a réussi à gagner à l’aller à l’extérieur et cela nous a donné de la force, parce que chez nous, à Foxborough, c’est très compliqué de venir gagner. Là, on est en pleine confiance, je peux vous le dire.

Le Galaxy est une équipe solide, le club le plus titré de toute l’histoire de la MLS, et vous allez jouer chez eux… Vous considérez-vous quand même comme favoris?

Je vais être clair: en finale, il n’y a pas de favori. Ils ont leurs forces, on a les nôtres et on reste sur une excellente dynamique, comme je viens de vous le dire. Ils ont fait un excellent parcours, mais nous aussi. On n’a peur de personne, ça je peux vous le dire, même si LA est une belle équipe.

Vos fans vont vous suivre en Californie?

Oui, oui, tout est prévu. Je ne peux pas vous dire combien seront là, mais c’est sûr que l’engouement est important. Il y aura du monde de Boston, c’est sûr, même si c’est dommage à ce niveau car le stade des Galaxy est plus petit que le nôtre.

Cet engouement, justement, à quel point est-il important? Le football n’est pas au même niveau que le basket ou le baseball, quand même…

Bon, il faut dire que Boston, et je devrais dire le Massachusetts en général, sont dingues de sport, et en plus ils gagnent tout le temps. En basket, les Celtics sont les plus titrés de toute l’histoire de la NBA. Le hockeyeurs, les Bruins, ont atteint la finale de NHL l’an dernier. Les Patriots, avec qui nous partageons le stade, ont joué la finale de leur conférence de NFL la saison dernière… et en baseball, les Red Sox ont été champions du monde en 2013! Cette ville et cette région ont du succès partout. Donc du coup, oui, on nous suit. La finale de dimanche est un événement majeur ici.

Surtout que votre club l’attendait depuis longtemps…

Ah oui! Cela fait sept ans que le New England Revolution n’a plus atteint cette grande finale. Et ils ne l’ont jamais remportée, échouant quatre fois à cet ultime stade! On sait ce qu’on à faire pour être les premiers, et on sent cette attente autour de nous.

Et vous, vous en êtes le capitaine! C’est incroyable, non? Vous, le Lausannois arrivé il y a une année, pourriez soulever la Coupe dimanche!

Ce serait une fierté formidable. Etre capitaine est une marque de reconnaissance importante, que ce soit ici ou lorsque j’étais plus jeune. J’aime sentir cette responsabilité et effectivement, je porte le brassard de l’équipe finaliste de MLS. Ce n’est pas un poids pour moi, au contraire. Je m’en nourris pour être encore plus fort.

Vous avez grandi à Lausanne, vous êtes de nationalité suisse, mais aussi portugaise, étant né à Lisbonne. Vous comptez d’ailleurs trois sélections avec les espoirs de la Selecçao. La sélection du Portugal vous suit-elle? Avez-vous des contacts?

J’en parle souvent avec des amis, mais non, je n’ai pas de contact direct.

Vous êtes capitaine d’une franchise finaliste, voire championne, de la MLS. Vous vous attendriez à plus de considération?

Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Etre appelé ou non en équipe du Portugal ne dépend pas de moi et de mes déclarations dans les journaux. Tout ce que je peux faire, c’est améliorer mes performances au quotidien, faire parler de moi pour ce que je fais. Le reste viendra si ça doit venir.

Estimez-vous que le niveau de la MLS est meilleur que celui du championnat suisse, par exemple?

Impossible de comparer. Ce qui est sûr, c’est que la MLS est un championnat très compétitif. Le niveau est vraiment bon, notamment physiquement. Ca envoie ici, il faut être prêt! De plus en plus de joueurs viennent d’Europe, mais le temps où ils venaient en pré-retraite est révolu. Aujourd’hui, les clubs américains sont vraiment très attentifs à la mentalité des joueurs qui arrivent. Celui qui vient ici en se disant qu’il va finir tranquillement sa carrière ne sera même plus pris en considération. C’est un vrai championnat, vous pouvez me croire.

Vous comptez y rester encore longtemps? Vous avez beaucoup voyagé durant votre carrière…

Oui, c’est vrai, j’ai eu cette chance-là. On verra pour la suite. Ce qui est sûr, c’est que je me sens super bien ici. La vie me plaît, le championnat me plaît.

Vous êtes sous contrat jusqu’à quand?

En fait, en MLS, tout le monde est sous contrat pour une année, avec option. C’est un système un peu bizarre, mais c’est ainsi, c’est comme ça en MLS, les contrats sont enregistrés à la ligue et sont rediscutés à la fin de chaque saison.

Avez-vous déjà un peu discuté avec les responsables de La Nouvelle-Angleterre?

Non, pas du tout. Il y a autre chose à penser pour l’instant, nous sommes super-concentrés sur cette grande finale. Ce n’est pas du tout le bon moment pour aborder les cas personnels, mais je suis très serein, je sais que de bonnes choses m’attendent dans l’avenir.

Vous savez que les gens en Suisse vous suivent beaucoup? On entend régulièrement parler de vous, dans les conversations, le monde du football ne vous a pas oubliés.

Et ça me fait très plaisir d’entendre ça! La Suisse et Lausanne sont évidemment à part pour moi, j’y reviens tous les hivers, dès que j’ai un peu de temps. Dès que je suis à Lausanne, je suis comme un gamin, je revois tout le monde chez moi, du côté de Lutry. Ce sont des moments privilégiés, j’y tiens beaucoup.

Quelle place ont occupé La Sallaz et Yverdon dans votre formation?

Une place énorme, indispensable. J’habitais juste en face du terrain, à La Sallaz, et dès que je sortais de l’école, j’allais jouer au foot, même avant d’avoir fini mes devoirs! Ca ne faisait pas forcément plaisir à ma maman, mais c’est la vérité (rires). Et là, il y avait toujours Alain Gaillard, qui était le président du club et une personne très importante pour moi. Je tiens à lui rendre hommage aujourd’hui, car il m’a toujours soutenu et conseillé. Il a toujours été disponible et m’a énormément aidé. Je lui dois indéniablement une partie de ma réussite.

Et après La Sallaz, vous partez à Yverdon…

Oui, c’était le passage du club de chez moi à un club d’élite, où j’ai pu grandir en tant que footballeur, apprendre les bases du métier. J’y ai croisé de très bons joueurs et des entraîneurs de qualité, comme Dominique Ciavardini. Ces années-là ont été très importantes également, avant que je parte à Bâle, où ma carrière a vraiment décollé.

La première fois loin de la maison…

Oui, et bien sûr que c’était difficile. Mais je savais où je voulais aller, j’étais pleinement conscient que ma vie de footballeur passait par ces sacrifices-là. Je ne regrette rien aujourd’hui, je vis la vie que j’ai toujours rêvé d’avoir.

Si vous soulevez la Coupe dimanche, à qui allez-vous penser en premier?

A mon équipe, à ma famille, à toutes les personnes qui m’ont permis d’en arriver là… Je ne sais pas en fait, c’est très difficile de répondre à cette question, j’ai de la peine à me projeter avec ce trophée à la main. Rappelez-moi dimanche soir, je vous dirai à qui j’ai pensé (rires)!

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