John Dragani, dans la continuité de Claude Gross

John Dragani, dans la continuité de Claude Gross

« Dites une fois que le président a réussi sa saison! Ecrivez une fois que le grand vainqueur, c’est Serge Duperret! Chaque semaine, je lis vos articles, vous parlez des joueurs, de l’entraîneur… Mais jamais un mot sur moi! » On n’avait pas encore eu le temps de dire bonjour à Serge Duperret quand on l’a appelé vendredi qu’il nous avait déjà dit nos vérités. Ce qui motivait le président du Mont à parler en bien de lui-même? Le fait, bien sûr, la commission de recours ait attribué la licence III à son club pour la saison à venir. L’inconnue est donc levée: Le Mont jouera bien en Challenge League la saison prochaine. Et si Serge Duperret est aussi fier et vindicatif, c’est qu’il commençait à entendre des voix, à gauche et à droite, suggérer que le précieux document avait été refusé.

« On a la licence et on l’a eue tout seuls »

« Il y a un club ami, disons-le ainsi, qui a approché un de nos joueurs en lui disant que de toute façon on n’avait pas la licence. Et ce joueur est revenu vers moi, tout inquiet… alors que moi, j’avais déjà la confirmation que c’était bon », fulmine Serge Duperret, qui n’apprécie pas trop ce genre de méthodes. « Alors vous pouvez l’écrire en gros et en gras: on a la licence et on l’a eue tout seuls. Personne ne fait de cadeau au Mont, mais comme je le dis souvent, tous les salaires sont payés à l’heure, on n’engage que des gens qu’on peut assumer jusqu’au bout. L’an dernier, j’entendais les mêmes bêtises, quand Daniel Gygax et Bertrand Ndzomo sont arrivés, sans oublier François Marque. On disait que Le Mont vivait au dessus de ses moyens, qu’on n’arriverait jamais les payer. Par contre, j’ouvre les journaux et tout le monde félicite le FC Bienne, auteur d’un recrutement formidable. On est pas plus bêtes que les autres, hein! Si j’avais proposé à Benjamin Kololli ce que Bienne lui offrait, il serait peut-être resté chez nous, mais on ne pouvait pas. Et eux non plus, apparemment, ne pouvaient pas… On va jouer notre troisième saison en Challenge League, on a payé chaque franc qu’on devait, on est aux normes partout, alors foutez-nous la paix! En tout cas, il y a une chose que je peux vous dire, c’est que j’aurai une pensée pour tous les jaloux quand je serai au Letzigrund en train de regarder Zurich-Le Mont. Ce match, ce sera la récompense des quinze ans lors desquels je me serai investi dans le football vaudois. Les gens feraient mieux de me dire merci. »

John Dragani, c’est fait

On a eu un peu peur que Serge Duperret raccroche à ce moment-là, parce qu’on avait encore deux ou trois questions à lui poser, mais heureusement, la mitraillette s’est calmée. Alors, président, qui est votre nouvel entraîneur? « Je vais l’annoncer ce vendredi soir à la presse, il s’agit de John Dragani. Il connaît bien la maison, il sait ce qu’est le haut niveau et il sera parfait dans notre projet. » John Dragani, donc, actuel entraîneur de Team Vaud M16 et fidèle camarade de Claude Gross. Les deux hommes sont amis, ils ont entraîné à Lausanne ensemble et, l’an dernier, le premier était l’assistant du deuxième. Ils se retrouvent donc dans un rôle un peu différent, puisque Gross, désormais, sera directeur technique. Les postes changent, les hommes restent.

Un assistant dans le viseur

L’assistant de John Dragani? Il n’est pas encore tout à fait défini, mais des discussions sont en cours avec un jeune entraîneur, actif dans le canton de Vaud depuis quatre ans, et qui a eu de bons résultats partout où il est passé dans le football vaudois d’élite. « Mais ce n’est pas encore réglé, je ne vous dis pas son nom », souffle le président. Soit.

Zivko Kostadinovic et Fabian Stoller, les deux premiers renforts

Serge Duperret a donc un directeur technique, ce qui est une nouveauté, un entraîneur et des joueurs. Le contingent? Tout ce petit monde a discuté, bien sûr, mais rien n’a encore filtré de manière officielle, sinon le départ de Daniel Gygax, qui s’est engagé avec Zug 94, en 1re ligue. En ce qui concerne les arrivées, celles de Zivko Kostadinovic, le gardien vaudois de Schaffhouse et de Fabian Stoller, le milieu de terrain du FC Bienne, sont garanties à 100%. La signature d’Andelko Savic, l’attaquant vaudois de Xamax, est en discussion, mais pas encore finalisée. Deux bonnes nouvelles et demi, qui donnent un peu le ton du contingent pour l’année à venir, selon Serge Duperret: « La porte est ouverte pour tous les jeunes Vaudois qui veulent nous rejoindre. » L’allusion est claire, elle concerne les joueurs qui n’accompagneront pas le Lausanne-Sport en Super League. « On aimerait discuter avec eux tous », continue le président du Mont.

Un partenariat avec le LS?

Cela sera-t-il possible? Parler, oui, bien sûr, mais rien n’est encore fait et chaque cas est particulier. On n’a pas trop envie de jouer au jeu des rumeurs et de qui pense quoi, mais l’envie existe du côté du Mont, c’est certain. Reste que, pour ce qui concerne les plus jeunes, le LS aimerait des garanties. Si un jeune, jugé un peu trop juste pour la Super League cette saison, signe au Mont pour une saison, le Lausanne-Sport aimerait une collaboration technique renforcée. Cela sera-t-il possible à mettre en place, sachant que rien n’est forcément facile avec Serge Duperret sur le long terme? On a envie de croire que oui, car, dans les faits, le LS a déjà reçu la preuve que Le Mont travaillait bien. Le « grand frère » y a placé Numa Lavanchy six mois au printemps 2015 et il a explosé en un tour, devenant aujourd’hui le meilleur latéral droit de Challenge League. Barré par Abdel Chakshi à la Pontaise, il ne serait pas devenu aussi vite le joueur qu’il est aujourd’hui si Le Mont n’existait pas. Même chose pour Nicolas Gétaz, qui ne jouait plus à Vaduz, et Hélios Sessolo, qui ne décollait pas avec YB M21. Ces deux joueurs-là doivent beaucoup au Mont, et le LS, qui les a récupéré par la suite, peut dire merci au club du Châtaignier.

Azzurri ne viendra pas… pour l’instant

On ne sait donc pas encore exactement comment les choses vont tourner, mais une chose est sûre: Le Mont repart seul dans son aventure. Serge Duperret a trouvé un allié fidèle, sérieux et stable en la personne de Pascal Roux, un véritable cadeau tombé du ciel sur le bureau du président du Mont. Sans le patron de Cronos Finance, la situation du Mont serait très compliquée, alors qu’elle est bonne aujourd’hui. Le projet de fusion, dont tout le monde a parlé sans rien savoir du tout? « Il a été reporté. Je vais vous dire l’exacte vérité: il y a eu un contact avec Yverdon l’année dernière et avec Azzurri ces derniers mois. Le président d’Azzurri, Antonio D’Attoli, s’est renseigné, il a posé des questions, il a étudié le dossier. Nous, on était ouverts, car je cherche toujours une solution pour l’avenir du club, vu que je ne suis pas éternel. Le problème, c’est que le délai pour la licence arrivait très vite et que j’avais besoin de garanties et de réponses immédiates. Azzurri voulait un peu plus de temps et cette demande de licence, y compris le recours, a été obtenue uniquement entre Pascal Roux et moi. Azzurri n’est pas impliqué dans le dossier, ce qui ne veut pas dire qu’on a arrêté de discuter. Mais on part seuls, Pascal et moi. On va assumer la saison à venir, mais nous sommes toujours intéressés par tout projet de fusion, que ce soit avec Azzurri, un autre club, ou toute autre solution qui permettra d’assurer l’avenir du club après moi. Voilà toute la vérité », termine Serge Duperret.

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