«Des jeunes, du jeu et des résultats»

«Des jeunes, du jeu et des résultats»


Alain Joseph s’exprime en exclusivité pour nous sur ses relations avec les autres clubs vaudois et la place de son club dans le football de ce canton. Satisfait de la première rencontre de la saison face à Lugano, le président du Lausanne-Sport a particulièrement apprécié le fait de voir onze joueurs formés localement sur les quatorze ayant foulé la pelouse. Les trois « étrangers »? Max Veloso, Cristian Ianu et Yancoub Meite. Tous les autres, sans exception, ont porté le maillot du LS ou de Team Vaud en jeunes. Interview.

Alain Joseph, on a senti une certaine fierté lorsque vous avez déclaré, lors d’une conférence de presse la semaine dernière, que onze Lausannois faisaient partie du contingent du LS cette saison. C’est vraiment si important pour vous?

En fait, c’est même plus. J’ai dit qu’il y en avait onze sur dix-huit, c’est vrai, mais je n’avais pas compté les cinq joueurs de Team Vaud qui s’entraînent avec la première équipe. On est donc plutôt à seize sur vingt-trois.

Il s’agit d’une volonté relativement nouvelle, non?

Non, cela a toujours été une volonté, malgré ce qui s’est passé. Je vous concède que plus on monte haut, plus il est difficile de travailler localement. Mais nous avons toujours eu envie de promouvoir les jeunes et les joueurs du canton.

Il y en avait quand même moins les années précédentes, non?

Je suis conscient que, pour travailler localement, nous aurions pu conserver Nicolas Marazzi, Anthony Favre ou Jocelyn Roux. On l’a assez entendu, mais nous devions également tenir compte des choix du coach à cette époque. Il nous dit qu’il ne veut pas travailler avec eux. Alors, on fait quoi? Du moment qu’on avait décidé de partir avec lui… Le coach de cette année est, lui, plus intéressé par les joueurs locaux.

C’est pour cela que vous l’avez choisi?

Nous l’avons choisi pour trois raisons. La première, c’est que nous avons eu d’excellents échos sur ses compétences. La seconde, c’est qu’en le rencontrant, nous avons découvert quelqu’un de déterminé, dont le discours nous a plus. Et enfin, nous avons trouvé en face de nous quelqu’un qui était à l’écoute du projet du club, qui inclut, pour répondre à votre question, de promouvoir la formation locale.

Pensez-vous qu’aligner des joueurs vaudois, comme cela a été le cas face à Lugano, va augmenter votre capital-sympathie?

Certainement, oui.

De quoi faire venir les gens en masse au stade?

Sincèrement, vous m’auriez posé la question avant le match de Lugano, j’aurais été sceptique. Mais là, en voyant les gens se lever et applaudir à la fin du match, je me suis dit qu’effectivement, il était en train de se passer quelque chose. Alors que, si on regarde la situation objectivement, ce n’était qu’un match nul en Challenge League… Mais oui, j’ai senti de la sympathie de la part du public et je me dis que le public a apprécié ce qu’il a vu. Disons qu’on a remonté le curseur de l’espoir. Mais je ne suis pas dupe.

Ce qui veut dire?

Ce qui veut dire que le public de La Pontaise a vu de jeunes Vaudois sur le terrain et qu’il a aimé cela. Mais si cela n’est pas suivi de jeu et de résultats probants, cela ne servira à rien. Des jeunes, du jeu et du résultat, voilà ce à quoi on veut arriver.

Excusez-nous, mais c’est une révolution, ça!

Oui et non. Les gens ont une image tronquée de ce que l’on a fait. J’aimerais juste rappeler ici que l’on a fini troisième au Trophée M21 l’an dernier. Mais ça, tout le monde l’a oublié apparemment! Sur le terrain lors de la dernière saison, que je m’étais promis d’oublier mais que je rappelle ici, il y avait Ming, Lavanchy, Dessarzin, Antonio… Ils ont joué en Super League, ces garçons! Combien de clubs ont donné leur chance à des joueurs nés entre 1993 et 1995? Il n’y a que Zurich et Young Boys qui nous ont devancé (voir le classement complet ici). Tout le monde me dit que le LS doit prendre exemple sur Thoune.

Ce n’est pas le cas?

Regardez le classement du Trophée M21: ils n’ont pas aligné un joueur suisse de moins de 21 ans de toute la saison. En 30 matches, ils doivent avoir une centaine de minutes cumulées, donc rien. Alors voilà, le FC Thoune a fait un bien meilleur parcours que nous, ils ont fait un superbe championnat et il faut les féliciter. Ils font les choses mieux que nous, sans doute, mais je rappelle ici aussi qu’ils n’ont pas eu leur licence en première instance. Il me semblait important de rappeler quelques vérités.

La vérité, c’est celle du terrain…

Oui, mais regardez Ming. Si on prend le match contre Lugano, il a été, de l’avis de tous, très bon. Mais c’est parce qu’il a pris de l’assurance l’an dernier en Super League. Il est sur la voie pour devenir un bon joueur, mais il faut nous reconnaître le mérite de l’avoir lancé en Super League il y a quelques mois. On a un vrai projet pour nos jeunes.

Concrètement?

Jean-Yves Aymon vient d’être nommé entraîneur des M21, comme vous le savez, suite au départ d’Alexandre Comisetti. En parallèle, il est responsable des talents. Il est professionnel et une de ses missions est de faire le lien entre la formation et la première équipe. Les cinq joueurs dont je vous parlais au début doivent avoir pour but de montrer tous les jours qu’ils méritent de jouer en Challenge League.

Qui sont ces cinq joueurs?

Jetmir Kastrati, Gabriel Cuénoud, Titi Diaby, Quentin Gaillard et Adam Waïdi. Et ça marche! Lors d’une opposition la semaine dernière, avec le contingent élargi, Francesco Gabriele a remarqué Quentin Gaillard et il a demandé à le prendre avec. Ca, c’est du concret pour nous. Ces cinq joueurs-là, on leur demande de jouer avec les M21, mais pas juste de faire leur match. Ils doivent être des leaders et ils doivent nous prouver au quotidien, comme je l’ai dit, qu’ils méritent leur chance. Il y a un vrai projet derrière, je le répète.

Les M21 sont montés en 1re ligue il y a quelques semaines. Pensez-vous qu’ils puissent s’y maintenir? Seront-ils assez solides?

« Solides », ce n’est pas le bon mot. Ils n’ont pas l’expérience d’autres joueurs de 1re ligue, ils n’ont pas forcément le même gabarit, mais ils ont été formés dans la structure Team Vaud. Ils ont bénéficié de cinq à six entraînements par semaine, ils ont joué face à toute l’élite des clubs helvétiques en M18… Ils ont toutes les bases techniques pour s’imposer en 1re ligue. Après, je vous avoue humblement que je ne suis plus trop ce championnat-là, mais je pense que des joueurs qui ont suivi la filière dont je vous parle doivent être capables de régater à ce niveau. Et vous le savez, on attend encore deux ou trois joueurs à la première équipe, donc il n’est pas exclu du tout que certains éléments aillent ponctuellement renforcer les M21.

C’est vraiment important d’être en 1re ligue?

Oui, dans notre projet, cela a une importance. Ce n’est pas par fierté qu’on a tout fait pour monter cette équipe. La fierté, c’est de jouer en Super League, pas en 1re ligue, mais pour la progression de nos jeunes, il est logique qu’ils jouent à ce niveau.

Comment expliquez-vous que la deuxième meilleure équipe valaisanne, hormis Naters, soit Sion M21, loin devant Monthey et Martigny, et que, dans la seule ville de Lausanne ou ses environs proches, Team Vaud soit moins fort que Le Mont ou Azzurri 90?

La situation est très différente. Il est vrai que Sion M21 est bien placé en 1re ligue Promotion, mais leurs bons résultats sont largement dus à la politique de Christian Constantin d’avoir un contingent très large pour sa première équipe. Du coup, de nombreux joueurs qui ont le niveau de Super League sont à disposition des M21. Sion M21, c’est cela, ce n’est pas que la formation brute. Et je rappelle simplement que Team Vaud M21, ce n’est pas que Lausanne! On travaille pour tout le football vaudois. Sion M21 travaille uniquement pour le FC Sion, ou pas loin.

Comment voyez-vous cette forme de concurrence venant d’en bas? Le Mont qui joue en Challenge League, Azzurri 90 qui veut y aller… Ca vous embête?

Je pensais bien que le sujet allait arriver sur la table quand j’ai accepté votre demande d’interview (rires). Je vais commencer par Le Mont et je vais vous dire en toute sincérité que j’ai du respect pour la réussite sportive, vraiment. Je dois dire que je suis convaincu qu’ils vont réaliser une bonne saison en Challenge League. Ils ont l’enthousiasme et de nouveau, sportivement, je trouve très bien ce qu’ils font. Je connais bien Serge Duperret et je l’apprécie. Il a quelques excès de langage, que ce soit en public ou en privé, liés à son enthousiasme. Ce n’est pas de la méchanceté de sa part, il est comme ça. C’est un passionné de football et il faut respecter ce qui est construit au Mont.

Et Azzurri?

Je ne connais pas personnellement les gens là-bas, mais j’en entends parler. Je sais que le président met des moyens importants et qu’il a une grande ambition personnelle. J’espère qu’il fait les choses justes et je lui souhaite aussi de réussir. Vu de l’extérieur, les deux projets sont un peu différents, mais ils reposent quand même tous deux sur une chose: l’ambition personnelle d’un homme.

Vous le regrettez? 

Non, non, chacun fait ce qu’il veut. Mais ce que je sais, c’est que le LS prime sur moi. Ce club-là est plus important que tous les présidents qu’il a eu. Le jour où je partirai, et j’inclus Jean-François Collet dans ce constat, le club continuera de vivre et peut-être même qu’il sera encore meilleur comme je l’entends parfois (sourire). L’avenir du FC Le Mont et d’Azzurri, et ce n’est pas une critique, mais un constat, repose sur une personne. Le jour où ces personnes-là s’en iront, le projet sera terminé puisqu’il repose sur une ambition individuelle. Et je dois vous dire une chose pour terminer.

Laquelle?

Clairement, je ne suis pas pour l’argent dans les ligues inférieures. Pour moi, en 1re ligue, le joueur doit avoir un job à côté et recevoir quelques primes aux points ou même, tiens, au nombre de spectateurs présents au match.

Ah, ça, ce serait novateur!

Oui, mais de manière plus globale, je trouve contre-productif d’offrir de véritables salaires à des joueurs à ces niveaux-là. Le Mont aujourd’hui est en Challenge League, donc dans le monde professionnel. Mais avant…

Mais avant, ils ont bien dû mettre les moyens pour y arriver!

Ce que je dis, c’est qu’il doit y avoir une distinction claire entre le monde professionnel et l’amateur. Mais vous l’avez compris, je ne suis l’ennemi de personne. On a toujours travaillé en bonne intelligence, y compris avec Team Vaud.

La preuve, c’est que vous acceptez de prêter Signori Antonio au Mont.

Oui, exactement.

Mais aujourd’hui, avec Le Mont en Challenge League, un joueur prometteur pourrait décider d’aller au Châtaignier plutôt qu’à La Pontaise. Avez-vous peur de cela?

Jusqu’à aujourd’hui, un joueur de la structure Team Vaud qui était appelé par le LS a toujours choisi le LS. A deux ou trois exceptions près, je vous l’accorde. Mais ceux-là, ce ne sont pas forcément ceux qui ont réussi. Un bon exemple pour moi, c’est Ming.

Pourquoi?

Il a une mentalité exemplaire, ce garçon. La saison dernière, il jouait régulièrement en Super League, mais il ne m’a jamais demandé de venir dans le vestiaire des pros. Il se changeait avec les M21 et venait jouer avec la première équipe. Il a baissé la tête et il a travaillé. Il n’a pas parlé en-dehors du terrain, mais il a montré sa valeur sur le rectangle vert. Il s’est fait mal. Lui, vous pouvez l’écrire, il va réussir. Grâce à sa mentalité, en plus de ses qualités.

Un joueur qui vous quitte parce qu’il ne croit pas au projet, vous êtes d’accord de le reprendre des années après?

Oui. Il y a des exemples d’ailleurs. Andelko Savic, qui vient de revenir. Ou Freddy Mveng l’an dernier. Les joueurs qui ont été formés chez nous, j’ai du plaisir à les revoir. Qu’ils reviennent ou pas, on les suit. Frédéric Veseli, tiens. On a parlé avec lui il y a encore quelques semaines, dans l’idée de le faire revenir.

C’est encore d’actualité?

Non, mais ça aurait très bien pu se faire.

On vous pose la question, parce qu’on a l’impression que des jeunes Vaudois prometteurs pourraient très bien revenir.

Qui?

On pense à Thibault Corbaz, qui vient de signer deux ans à Bienne. Pourquoi ne joue-t-il pas à Lausanne?

Thibault, je l’ai toujours suivi. Je n’ai pas apprécié quand il est parti à Bâle, c’est vrai, mais ce n’est pas avec lui que j’ai eu des problèmes, plutôt avec son entourage. Il y a eu un manque de respect de leur part à mon égard, mais lui, je pense que c’est un très bon joueur, très intelligent. Il a du potentiel, et je l’aime beaucoup. Pour ne rien vous cacher, on a évoqué son nom avec Francesco Gabriele il y a quelques semaines. Ca ne s’est pas fait, il est bien à Bienne où il aura peut-être plus de temps de jeu que chez nous, mais pour moi, il peut revenir.

Vous n’êtes pas rancunier?

Non. Et de toute façon, l’intérêt du club passe avant. J’ai eu des problèmes avec son entourage. Et alors quoi? Il ne devrait pas revenir au LS pour ça? C’est ridicule. Concernant les départs, il y en a que je comprends bien. Nassim Ben Khalifa à GC, ça nous a fait de la peine, mais on a compris. Veseli à Manchester, Savic à Bâle ou Corbaz, j’ai un peu moins compris…

Quand un joueur sous contrat part, à qui va l’indemnité de formation? Au LS ou à Team Vaud?

Une partie de la somme va à Team Vaud. Pendant les trois premières années de contrat du joueur, en fait. C’est dans le règlement interne.

Quelle partie? 

Je ne vais pas la dévoiler publiquement, mais il faut que vous compreniez une chose…

On vous écoute!

Team Vaud est une structure qui vit grâce aux différentes subventions, mais aussi grâce à ses sponsors privés. Mais si Team Vaud a un déficit, c’est le LS qui le prend en charge. C’est inscrit dans le budget du LS, chaque année.

Donc?

Donc, il est tout à fait normal que le LS soit rémunéré pour les transferts de joueurs! C’est même indispensable. Le club de Swiss Football League grâce à qui le label de formation Team Vaud existe, c’est le LS. Aujourd’hui, il y a Le Mont, mais ils n’ont pas de juniors. Team Vaud existe par Lausanne, pour tout le canton de Vaud.

Le LS doit payer chaque année pour combler le déficit?

Non, il peut arriver que les subventions couvrent le budget de l’année, en cas de bon parcours de l’équipe nationale, ce genre de choses. Mais disons que hors subventions extraordinaires, Team Vaud est en déficit. Ce ne sont pas des sommes astronomiques, mais c’est le LS qui les paie. Team Vaud fonctionne et est financièrement sain. Mais surtout, on sort des joueurs, que ce soit pour la Ligue nationale ou pour les ligues inférieures, il faut le reconnaître.

On a l’impression que ce sujet vous tient à coeur, on se trompe?

Non, vous avez raison. Je m’investis beaucoup pour Team Vaud. Quand je suis arrivé, il y a sept ans, cette structure m’a tout de suite passionné, au point que je fais quasiment autant de séances avec Team Vaud qu’avec le LS à proprement parler.

Pour vous, c’est quoi la pyramide idéale du football vaudois?

Le LS en Super League, Yverdon, Nyon ou Le Mont en Challenge League, des clubs en Promotion League et en 1re ligue. Je vais même aller plus loin: s’il y a un projet qui peut encore m’exciter, c’est bien celui-là. J’aborde ma huitième saison au LS, c’est long. Je peux m’imaginer être fatigué dans quelques années, mais j’aimerais arriver à la pyramide dont je viens de vous parler. Là, je pourrais me dire qu’on a fait quelque chose de bien, avec Jean-François Collet.

Avez-vous le sentiment d’être aimé à l’intérieur du canton de Vaud?

Je sens le regard bienveillant de beaucoup de gens. Nos partenaires et nos sponsors sont bienveillants à notre égard. La presse aussi, je la trouve bienveillante, d’autant qu’on vient de leur offrir un directeur sportif (sourire). Je suis peut-être un grand naïf, mais tant qu’on ne me dit pas en face qu’on ne m’aime pas, je pars du principe qu’on m’aime. Après, je ne suis quand même pas si naïf que ça… Je sais bien que si Le Mont finit devant nous, ce qui est possible, il y aura des ricanements. Est-ce que ça veut dire qu’on est mal-aimés? Je ne crois pas. J’ai des bons contacts avec les présidents de Vevey, d’Yverdon, je viens de rencontrer le nouveau président de Stade-Lausanne… Je ne crois pas que ces gens-là soient malintentionnés à l’égard du LS.

Vous êtes venu à l’assemblée générale de l’ACVF en mars dernier. Vous êtes le premier président du LS l’avoir fait depuis Jean-François Kurz. C’était important pour vous?

J’ai répondu à la demande du président de l’ACVF, Dominique Blanc, qui est quelqu’un que j’estime beaucoup. Comme je lui l’ai dit, j’étais au fond du bac sportivement à ce moment-là. Les résultats n’étaient pas bons et c’est vrai que j’ai laissé ma famille partir en week-end à la montagne pour venir ce matin-là devant les clubs. J’ai voulu, ce matin-là, faire part des problèmes du LS. Disons que j’aurais préféré me présenter devant les clubs avec le sourire et porteur de bonnes nouvelles, mais ce n’était pas le cas ce moment-là.

Il y a eu l’épisode des abonnements…

Oui, et je l’assume complètement. Dominique Blanc m’a proposé de distribuer des entrées aux clubs de l’ACVF. Mais cela aurait été complètement faux!

Pourquoi? Cela aurait été un joli geste et un moyen d’amener du monde à La Pontaise, non?

Mais non! Les clubs doivent aimer le Lausanne-Sport et le soutenir. Aimer Lausanne, c’est souscrire à un abonnement. C’est ce que j’ai dit ce matin-là et que je redis aujourd’hui en face de vous. Je sais ce que c’est le football de base, j’en suis issu. Je viens de Pully, je connais. Mais pour moi, offrir des entrées à tout va, ce n’est pas la bonne solution. C’est pour cela que ce matin-là, j’ai proposé que chaque club vaudois achète deux abonnements et les mette à disposition de ses éducateurs, de ses entraîneurs. Ca, c’est une manière concrète de soutenir le LS. C’est la base qui peut ramener du monde au match, mais une entrée, ça se paie.

Comme au spectacle?

Mais bien sûr. Paleo? Vous payez. Le cinéma? Vous payez. Je suis désolé, mais quand je vais voir un film, je paie mon billet.

Les vétérans se sont également plaint. Il y a quelques années, ils entraient gratuitement à La Pontaise. Aujourd’hui, ils doivent payer. 

Et alors?

Et alors on aimerait bien avoir votre avis!

Je viens de les voir et je vais vous dire ce que je leur ai répondu: nos prix sont extrêmement compétitifs, mais s’ils veulent venir au stade, ils doivent payer leur entrée. Je suis désolé d’être aussi direct, mais je ne peux pas le dire autrement. Si les vétérans peuvent entrer gratuitement, alors qui après? Les parents des juniors? On s’arrête où? Ce sont des gens dont les enfants sont loin de la maison. Ils ont les moyens de payer leur entrée, non? Si les vétérans ne soutiennent pas leur club, qui le fera?

On en revient au début de cet interview: des jeunes, du jeu et des résultats et le public prendra le chemin de La Pontaise… C’est une jolie conclusion, non?

Oui, c’est évidemment ce que nous souhaitons. C’est la conclusion aujourd’hui, mais c’est surtout le début d’une belle saison, on l’espère tous.