« J’étais libéro, j’ai fini comme centre-avant »

« J’étais libéro, j’ai fini comme centre-avant »

Jean-Michel Viquerat est, depuis 25 saisons, Président du FC Bavois. Cette fidélité porte un nom : passion. Patron, il emploie des joueurs. Il y a de la fidélité, du social, et une reconnaissance dans son parcours.

 

Il vit, Jean-Michel Viquerat, sa 25e année de présidence. Avant lui, son papa en avait accompli 26. Le club a été fondé en 1941. Faites les comptes. Ils sont bons. Michael, 26 ans, son fils, lui succèdera. Dans les cinq ans à venir. « On va le former mais avant, il devra reprendre la boîte.« 

 

La boîte ? Paul Vaucher SA (automation et domotique des bâtiments, traitement des eaux, comptage d’énergie). Le siège est à Crissier et il y a une succursale à Genève et une autre à Sion. Jean-Michel Viquerat, qui aura 63 ans le 4 novembre prochain – un âge où on commence à s’apercevoir que les bougies coûtent plus chères que le gâteau -, en est le patron. Il est seul depuis 1988. Il emploie des joueurs du club et aujourd’hui, ils sont 7. « Mais il y a aussi d’anciens footballeurs qui sont là« , dit-il fort réjoui. Le FC Bavois est une immense famille et la fidélité, aussi générationnelle, est une denrée cultivée. 

 

Quel président êtes-vous ?

 

Un entrepreneur. Je vais de l’avant. Je fais du social, on en fait obligatoirement, je dirai même automatiquement. Il faut être clair avec tout le monde et avoir une ligne de conduite. La notion de plaisir est primordiale, même vitale. Elle doit toucher tout le monde, les joueurs comme les gens qui nous entourent.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans le football ?

 

Surtout son ambiance, celle qui réside dans chaque équipe, qui est animée par les joueurs, les entraîneurs. J’aime me rendre dans un vestiaire.

 

Et ce qui ne vous plaît pas ?

 

L’hypocrisie, plus on monte d’un cran, plus on la perçoit ; ou on l’a subie. Je déteste aussi la jalousie. Je la ressens, on me la montre. On dit : Bavois ? Il y a de l’argent, y’a ci, y’a ça. Ça m’énerve, c’est déplacé. On ne parle pas de toutes les infrastructures que le club a construites. C’est ça dont on devrait parler et pas d’autre chose.

 

À Bavois, vous avez une confrérie…

 

…Oui, elle est forte de 40 membres. Les gens sont jaloux, médisants parce qu’on a monté une structure financière permettant de défrayer les joueurs.

 

Vous êtes Président depuis 25 ans. Cette longévité a-t-elle une explication ?

 

Non, mais elle a un nom : la passion. J’ai été junior à Orbe, puis je suis venu ici à Bavois. A 16 ans et demi, je jouais en première équipe. J’étais libéro, puis j’ai fini comme centre-avant. Je sais, d’habitude c’est le contraire qui se produit. J’étais plus à l’aise devant. Je marquais pas mal de buts.

 

Pourriez-vous être Président d’un club de LN ?

 

Non ! (C’est catégorique) A l’époque, on m’avait demandé si ça m’intéresserait de reprendre Yverdon-Sport FC. C’était après l’ère Paul-André Cornu (président d’YS de 1999 à 2011).

 

En tant que Président, votre mode de fonctionnement au club c’est de n’être ni trop présent, ni trop absent ?

 

Je suis proche de toutes les équipes. Je le suis un peu moins avec la deux, la trois et les seniors. Je suis proche de mes entraîneurs, sans pour autant me mêler de quoi que ce soit. À chacun son rôle. 

 

Aujourd’hui, après son succès obtenu samedi contre Stade-Lausanne Ouchy (3-2), votre équipe occupe la 10e place…

 

…On aimerait se situer un peu plus haut, plus dans le milieu, histoire de souffler un peu mieux, d’éviter ce qui s’est produit la saison dernière (sauvetage in extremis). Des équipes, les plus riches, sont hors d’atteinte. Pour les autres, le championnat s’annonce serré. Il l’est déjà. Ici, on sait que ça va être très dur, jusqu’à la fin. 

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