Jeremy Bachmann, président à 23 ans

Jeremy Bachmann, président à 23 ans

Il a 23 ans, prépare un Bachelor en économie d’entreprise à la HEIG. Déjà, là, ça claque un peu. Mais surtout, ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est qu’il vient d’être élu, le 1er juillet, président du FC Tolochenaz. Son nom? Jeremy Bachmann.

Non, il ne cherche pas la lumière

Cela ne dit rien à nos lecteurs? « C’est normal. Je n’ai pas fait la une des journaux grâce à ma carrière », rigole-t-il d’entrée, assis dans la magnifique buvette du FC « Tolo ». Si on parle de lui aujourd’hui, c’est bien en raison de son âge, mais lui ne cherche pas vraiment la lumière. « Ça me fait plaisir de parler de mon club et ça ne me dérange pas, mais c’est vrai que je ne recherche pas particulièrement l’exposition. Mais je suis poli: vous m’avez appelé, j’ai répondu », commente-t-il, un brin timide. On a d’ailleurs dû répondre d’entrée à une question, nous qui avons plutôt l’habitude de les poser. Le nouveau président voulait savoir qui nous avait informé de la nouvelle. On lui a immédiatement dénoncé le coupable, avec la lâcheté qui nous caractérise. Sa réaction? Un sourire amusé et une réplique cinglante, tout en deuxième degré: « Il va le payer ».

« Tolo », son club de toujours

Ce jeune homme est intelligent, cela se voit tout de suite et cela s’entend. Mais surtout, il est dévoué, ce qui est une qualité indispensable pour devenir président. « Tolochenaz, cela a toujours été mon club. J’ai débuté ici il y a 12 ou 13 ans, j’ai fait tous mes juniors, et je suis arrivé à la première équipe… puis à la deuxième! ». La progression logique ne ferait-elle pas plutôt penser le contraire? « Bon, j’ai dû prendre un peu de recul à un moment, mais j’ai toujours été plus ou moins là. Comme je vous l’ai dit, je n’ai pas forcément manqué sur le terrain. Je n’ai jamais été un élément-clé pour l’entraîneur, on va dire », rigole-t-il franchement.

L’âge n’est pas un critère

Alors, après deux ans de comité, où il occupait le rôle stratégique de responsable des juniors, il a pris la succession du président. Presque naturellement. « David Moinat avait fait deux ans, il a émis le souhait d’arrêter. Il fallait quelqu’un, tout simplement. » Ce sera lui, Jeremy Bachmann, et son âge n’est vraiment pas un critère. « Non, je ne crois pas. Je ne le vois pas comme ça, en tout cas. Je suis juste un joueur du club qui a envie de s’investir. » Pour combien de temps? « Je ne sais pas, je ne me pose pas la question non plus, pour être sincère. Là, j’ai un peu de temps avec les études, ça me laisse la possibilité de bien faire mon boulot de président… enfin j’espère! Je dirais que c’est le bon moment aujourd’hui. J’ai le temps, l’envie, le club a besoin de moi. Quand j’aurai un boulot, une femme et trois enfants, ce sera un peu plus compliqué (rires). »

Un club sympa? Non merci!

Le nouveau président ne révolutionnera pas tout. « Non, évidemment. Le club vit bien, on a au moins une équipe de juniors dans chaque catégorie d’âge et le groupement avec Pied du Jura fonctionne bien. » Mais il pourra s’appuyer sur un comité compétent, dynamique et jeune (« On est huit au total ») et, surtout, Jeremy Bachmann a une ambition cachée. « Ah oui, vraiment. Je veux que l’on arrête de voir le FC Tolochenaz comme un club sympa. »

Pardon? Cette image-là ne lui convient pas? « Si, bien sûr. Evidemment que c’est mieux d’être vu comme un endroit agréable que comme un repaire de voyous. Ce que je veux dire, c’est que tout le monde pense que Tolo n’a pas d’ambition, que l’on est un club pour joueurs en fin de carrière… Et ça, c’est fini! Je veux qu’on nous voie comme un club sympa, mais qui gagne des matches. Pour cela, il faut monter en 3e ligue le plus vite possible, ou en tout cas jouer les finales. C’est l’objectif que Philippe Paschoud (lire notre interview de l’hiver ici) et le comité se sont fixés. »

Même chez les juniors

Evidemment, il n’y aura pas d’argent. « Vous rigolez, ou quoi? Ce que je veux, c’est instaurer un état d’esprit, qui n’existe pas assez ici, celui de se fixer des objectifs élevés. Même chez les juniors, j’en entends certains dire: « On est Tolochenaz, c’est normal qu’on ne gagne pas. ». Ça, vraiment, ça m’insupporte. » Nouveau président, nouvel état d’esprit. Et là, ce n’est pas l’âge qui compte

Categories: 4e ligue, Portraits

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