Jean-Yves Bonnard: «On est arrivés dans cette ligue avec humilité et cela nous a réussi»

Jean-Yves Bonnard: «On est arrivés dans cette ligue avec humilité et cela nous a réussi»

Val-Bal est le premier qualifié pour les finales de promotion de 2e ligue. Auteurs d’une saison magnifique, les Vallorbiers, néo-promus, devraient bientôt être rejoints par Prilly. A l’occasion du repas de soutien du club ce vendredi (230 convives), Jean-Yves Bonnard (37 ans) a accepté de commenter cet exploit historique. Val-Bal a déjà fait les finales de 2e ligue, à l’époque pour monter en 1re ligue, sans réussir à monter. Une promotion dans quelques semaines serait, tout simplement, le meilleur résultat de l’histoire du club. Interview avec un homme heureux.

Coach, félicitations pour cette qualification ! Au fait, peut-on vous appeler coach?

L’entraîneur de cette équipe, c’est Julien Pol, c’est lui qui a le diplôme nécessaire. Je suis en train de passer le diplôme C+, normalement je l’aurai dans quelques jours. Mais oui, bien sûr, c’est moi que vous voyez au bord du terrain. Et ce genre de problème n’existera bientôt plus, vu que je vais m’inscrire au diplôme B dans la foulée. Enfin, j’espère! J’ai un petit peu de retard, mais je suis en train de passer mes diplômes, tout est fait dans les règles. Bientôt, je serai inscrit à la case « entraîneur » sur la feuille de match.

Ça vous fatigue de passer ces diplômes?

C’est complètement normal. Bien sûr, cela demande des adaptations au boulot, le patron n’est pas forcément content que je parte six jours pour faire les cours, mais c’est l’exigence de l’ASF et il est normal de la respecter.

Bon, on revient au terrain! Vous avez fait une année magnifique, entre la promotion en 2e ligue et ces finales. Vous vous y attendiez, sérieusement?

Franchement, au fond de moi-même, oui. Je savais déjà l’année dernière qu’on avait une équipe pour être au niveau en 2e ligue. Les gars qui sont là ont quand même connu la CFA, voire le National ou la Ligue 2 pour un joueur comme Jacques Etonde. Qu’il y avait de la qualité, c’était sûr. Après, on partait un peu dans l’inconnu quand même, on n’allait pas crier nos ambitions. On est arrivés dans cette ligue avec humilité et cela nous a réussi.

Au point d’être déjà qualifié, en premier!

Oui, alors ça, si on nous avait dit qu’au repas de soutien du club tout serait déjà bouclé, je ne l’aurais pas cru. L’objectif du comité, c’était une place dans les quatre premiers, avec une ambiance de club et d’équipe. On y est, c’est magnifique. La saison est déjà réussie.

Vous voulez quand même gagner ces finales, non?

Mais bien sûr ! On veut gagner chaque match, mais on joue sans pression. L’objectif n’a jamais été de monter. Si on jouait pour le maintien, je serais plus stressé que ça. Là, c’est du bonus. Un très joli bonus, mais même si on perd, ce qui risque d’arriver, j’aurai le sourire tout l’été.

Comment ça, vous risquez de perdre?

Le groupe 1 est tellement plus fort…

Qui dit ça?

Vous, dans vos articles. Les gens avec qui je parle. Tout le monde. C’est sûr, Genolier-Begnins, LUC-Dorigny et Forward Morges sont beaucoup plus forts que nous.

Bon, vous voulez vous enlever un peu de pression, d’accord.

Non, je suis sincère. Nous, on est un néo-promu, avec de très bons joueurs, d’accord, mais le favori, il sera de toute façon de l’autre côté.

Ok, faisons semblant que ce soit vrai. Vous avez une préférence pour les finales, quand même ? Vous voulez quel adversaire?

Sportivement, ils sont forts les trois. Alors, si je pouvais choisir aujourd’hui, je vous dirais Genolier-Begnins, pour le public. Notre envie, c’est de faire une grande fête à Vallorbe, avec nos supporters. Alors, s’il y a du monde pour soutenir notre adversaire et boire des bières à nos buvettes, on sera très heureux. Donc mon choix, c’est Genolier-Begnins. Après, on n’a aucune influence là-dessus.

Cette première place, vous la voulez absolument?

Ah non, je n’y accorde aucune importance, sincèrement. Match retour à domicile, match aller… A notre niveau, ça ne change rien. Il nous reste deux matches, et mon plan, c’est de reposer mes meilleurs joueurs, de faire retrouver du rythme à d’autres, que personne n’ait de cartons avant les finales… Voilà, je veux préparer ces deux matches de la manière la plus efficace possible. Le reste ne m’intéresse pas.

Tiens, d’ailleurs, vous allez récupérer deux joueurs, c’est juste?

Vous êtes bien informé. Je voulais garder ça un peu secret, mais tant pis. Oui, Tommy Schwartz et Yamin Brouki sont de retour.

Deux gros joueurs du premier tour et de l’année dernière…

Oui, ils avaient encore leur passeport chez nous, vu qu’ils sont partis pour des raisons professionnelles, comme Tommy, ou personnelles, comme Yamin. Mais je sais qu’ils se sont entraînés ces derniers mois. Tommy était en Irlande pour le boulot, il s’est entraîné avec un club de niveau correct là-bas. S’ils sont en forme, ils postuleront à une place de titulaires, comme tous les autres.

Vous n’avez pas peur que cela déstabilise votre groupe?

Pas du tout, non. Au contraire, ça va rebooster tout le monde, ça va amener de la concurrence. Ce sera bénéfique pour tout le groupe.

Comment percevez-vous votre image dans le petit monde du football vaudois?

Et vous?

C’est à vous qu’on pose la question.

J’y réponds quand vous avez répondu.

Bon. A notre avis, elle s’est améliorée. Il y a quelques années, voire quelques gros mois, on entendait plus de critiques qu’aujourd’hui. Et vous nous l’aviez dit, d’ailleurs (lire ici).

J’avais dit quoi à l’époque?

Que vous n’étiez pas bien accueillis partout.

Ça a bien changé. Je constate beaucoup plus de sympathie à notre égard.

Pourquoi, à votre avis?

Je pense qu’on fait partie du paysage. On se comporte bien, on a les mêmes joueurs, beaucoup de stabilité. Et du coup, on revoit les mêmes têtes, les gens nous apprécient de plus en plus. C’est mon ressenti.

Si vous montez, vous garderez le même mode de fonctionnement?

C’est-à-dire?

Pour le recrutement des joueurs.

Ah ! Oui, cela sera identique. En fait, on fonctionnera en 2e ligue inter comme en 2e ligue. Les bons joueurs qui veulent venir chez nous savent qu’ils n’auront pas un franc. Par contre, s’ils sont motivés et qu’ils ont envie de travailler, je peux leur trouver une place facilement. A eux d’être consciencieux et de la garder.

Et pour le terrain?

Deux ou trois aménagements, c’est tout. Il faut l’élargir un peu, mettre une barrière tout le tour, rien de bien grave.

Ah, donc vous vous êtes renseigné quand même!

Juste pour être sûr (rires).

Categories: 2e ligue, Interviews

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