«Je veux progresser ici»

«Je veux progresser ici»

Walter Pandiani voit en lui un espoir, un vrai: « Il doit travailler, bien sûr, et être à l’écoute, mais il a le potentiel pour aller très haut ». Ce sera à lui, justement, l’Uruguayen de 39 ans, d’encadrer le tout jeune Andi Zeqiri, un rôle qui réjouit « El Rifle »: « Il faudra le faire progresser, sur et en dehors du terrain. Il devra être à l’écoute et ne pas hésiter à se faire mal ».

Andi Zeqiri? Un jeune homme qui vient d’avoir 16 ans, il y a quelques jours, et qui fait déjà tourner quelques têtes, dont celles des recruteurs de grands clubs suisses et européens. Mais la sienne ne bouge pas et il a montré une certaine maturité, prolongeant cet été de trois ans son bail au Lausanne-Sport. Une vraie fierté pour le président Alain Joseph, qui croit fermement en lui et a évidemment l’intention de réaliser une belle opération financière une fois que l’attaquant, pur produit de la formation de Team Vaud, s’en sera allé ailleurs, plus haut.

Le jeune homme, déjà au centre de beaucoup d’attentions, nous a accordé quelques minutes après la traditionnelle conférence de presse du LS, mercredi en fin de matinée. Interview.

 

Andi, est-ce vrai qu’un agent vous a poussé à partir, mais que vous avez décidé, vous-même, de prolonger votre contrat au Lausanne-Sport?

Oui, tout à fait. Le président vient de le dire à la conférence de presse, et c’est vrai que j’ai été énormément sollicité et qu’il y a des gens qui me disaient que partir tout de suite était la meilleure option. Mais moi, je sais ce que je veux et porter le maillot du Lausanne-Sport était un rêve. J’ai tout fait ici et faire partie du contingent de l’équipe première, être professionnel ici, c’est déjà énorme. Je ne veux pas aller trop vite.

De quelle partie de Lausanne êtes-vous?

Juste en dehors! Je suis d’Ecublens, où j’ai commencé le foot. Mais je suis parti au Lausanne-Sport à l’âge de 7 ans, donc je me considère comme un vrai Lausannois.

Vous avez été repéré par le LS?

Oui, comme beaucoup d’autres. En juniors F, j’avais marqué deux fois contre eux avec Ecublens, puis mon équipe a gagné Graines de Foot. C’est là qu’ils m’ont repéré, comme vous dites. Ensuite, je suis parti au LS, et je suis passé par la LFA, où j’ai porté le maillot de Stade-Lausanne.

Puis l’ascension fulgurante, avec les M16, les M18 et la première équipe sans passer par les M21…

Oui, j’ai 16 ans, c’est un peu normal (sourire). J’ai été surclassé assez vite et tout a vraiment démarré en M16 où j’ai réalisé des bons débuts. Là, c’est allé vite jusqu’à la première équipe, avec laquelle je suis entré quelques fois en fin de saison dernière.

Vous avez l’impression d’avoir effectué de bonnes entrées?

Sincèrement, je retiens surtout la fierté de porter ce maillot, de me dire que je faisais partie du grand LS. C’est vraiment quelque chose de spécial pour moi et on en revient à votre première question: c’était normal que je prolonge. Du moment que Lausanne m’offrait un contrat professionnel, mon choix était fait.

Pourtant, de très grands clubs vous sollicitent régulièrement. Ça ne monte pas à la tête d’un jeune homme de 16 ans?

C’est sûr qu’au début, vous vous dites: « Wouah, c’est incroyable! » quand on vous dit que tel ou tel club a appelé. Bien sûr qu’il y a un risque, mais en même temps, je sais ce que je veux et ce que je vaux. Je ne me dis pas que je perds mon temps à Lausanne, c’est même tout le contraire. Je veux progresser ici et ne pas brûler les étapes.

D’autres sont partis à votre âge, comme Frédéric Veseli...

Oui, mais est-ce qu’il a fait le bon choix? Je ne sais pas ce qu’il vous répondrait aujourd’hui, sincèrement. Moi, je veux faire le contraire.

En clair?

La prochaine étape pour moi, après la Challenge League, ce sera de jouer en Super League, de m’y imposer petit à petit. Si je franchis ce pas, alors il sera temps de penser à l’étranger. Je vais y aller dans cet ordre, tout est clair dans ma tête.

On dit que le Bayern Munich, par exemple, vous suit de près. Vous confirmez?

Vous n’êtes pas le premier à me le dire (rires). Disons qu’il y a de l’intérêt venant de grands clubs européens. Mais moi, ça ne va pas me faire tourner la tête. Je vais vous faire une confidence.

On vous écoute.

Au fond de moi, je suis convaincu de la chose suivante: si je joue bien, je pourrai aller dans un club du niveau de celui-là. S’ils m’appellent aujourd’hui, ils m’appelleront aussi demain. Ça ne dépend que de moi, de ce que je vais montrer sur le terrain, mais je sais aussi que je suis très jeune et que j’ai des choses à apprendre.

Avec des joueurs comme Jocelyn Roux et Walter Pandiani, par exemple.

Exactement. Je dois apprendre de joueurs comme ça. Jocelyn Roux, sa hargne, son caractère, ce sont des qualités dont je dois m’inspirer. Et Walter Pandiani, la carrière qu’il a… Il a la classe, on le voit tous les jours à l’entraînement.

Quand vous ratez une occasion comme celle en début de match face à Sion, qu’est-ce qui se passe dans votre tête?

Ah, je deviens fou! Surtout que j’en avais raté une autre contre Young Boys quelques jours avant. La première pensée, c’est de la déception. Mais je me dis tout de suite, ou disons que je me force à me dire tout de suite, qu’il y en aura une autre. Et que celle-là, il faudra la mettre au fond. Ces deux occasions que je rate, pour moi, c’est un manque d’expérience. Il faut que j’analyse tout ça, que je garde la tête froide pour la prochaine fois. Comme je vous l’ai dit, j’ai le temps.

Vous êtes également international M16…

Non, je viens de passer en M17!

Ah?

Oui, depuis quelques jours. Je suis avec Stefan Marini, maintenant. On va débuter les qualifications pour l’Euro, c’est aussi un challenge excitant.

Dernier détail, votre nom de famille se prononce bien « Zetchiri »?

En albanais, oui. Mais en français, c’est « Zekiri ». Les deux me conviennent, je n’ai aucun souci avec ça.

Categories: Football d'élite

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