«Il n’y a pas de vedette à Saint-Sulpice»

«Il n’y a pas de vedette à Saint-Sulpice»

William Rochat, l’entraîneur de la II du FC Genolier-Begnins, nous l’a confié samedi soir, à la veille d’affronter Saint-Sulpice: « Demain, on joue contre les Galactiques! » Un peu d’inquiétude dans sa voix, mais surtout l’envie de bien faire. Le résultat? Une défaite 2-11, en ouverture du championnat. Bon.

Si le FC Saint-Sulpice fait beaucoup parler de lui cet été, c’est évidemment en raison de l’apport massif de joueurs au Laviau. L’arrivée la plus spectaculaire? Celle de Sonny Kok, bien sûr, mais le reste de l’effectif n’est pas « trop mal » non plus, à commencer par Antonio Zarlenga, Mickaël Peixoto, Cyril Oulevay, Remzi Maliqi ou Hervé Perret. Pourquoi et, surtout, comment, ces joueurs-là se sont-ils retrouvés sous le maillot du FC SSS? L’excuse de l’amour du maillot sera difficile à invoquer, aucun d’eux ne sortant du Mouvement juniors Foot Région Morges, dont Saint-Sulpice fait partie avec Echandens, Echichens, Lonay et Forward. Ce mouvement-là paraît équilibré entre Forward (2e ligue, mais qui ambitionne de monter), Echichens (2e ligue), Lonay (4e ligue) et Echandens (4e ligue), Saint-Sulpice étant pile au milieu. De quoi offrir tous les débouchés possibles aux juniors dans l’attente de la promotion espérée de Forward Morges.

Mais les ambitions de Saint-Sulpice viennent un peu redistribuer les cartes, son président Jean-François Gerzner ne cachant pas son envie d’aller le plus haut possible. Arrivé au club en 2013, ce Valaisan de 26 ans, patron d’une société de recyclage bien connue en Suisse romande, ne déteste pas que l’on parle du FC SSS. Alors, comment a-t-il recruté autant de bons joueurs? « Ils sont venus à Saint-Sulpice pour la beauté du lac », nous a-t-il souvent répété, avant, évidemment, de sous-entendre ce que tout le monde avait bien compris, à savoir qu’il est le directeur d’une société florissante et qu’à ce titre, il est le sponsor principal de son équipe. Et comme il aime les bons joueurs, il fait le nécessaire pour les convaincre de jouer chez lui en 3e ligue, point.

Si on a régulièrement eu affaire au président, un homme que l’on n’a pas du tout entendu depuis le début de saison est l’entraîneur de cette équipe, Jean-Michel Perret. Pour nous, « Titine » a accepté de sortir de son silence. Son effectif, les ambitions de son président, son départ du FC Ecublens: il a gentiment accepté de répondre à toutes nos questions.

 

Jean-Michel Perret, tout le monde parle de Saint-Sulpice, mais on vous a peu entendu, vous personnellement, jusqu’à présent…

Vous trouvez aussi? Ca me convient très bien, vous savez. Moins on parle de moi, plus je suis heureux.

Quand même, vous êtes à la tête des « Galactiques » de 3e ligue, ce n’est pas rien…

Et ça me fait beaucoup sourire! Vous avez raison, le nom de Saint-Sulpice revient dans toutes les conversations cet été et c’est évidemment dû à la campagne de transferts du club. En ce qui me concerne, j’ai un effectif et je m’efforce de le faire vivre le mieux possible. A ce titre, je suis content de notre préparation et surtout de notre esprit d’équipe. Je peux le dire: il n’y a pas de vedettes à Saint-Sulpice.

Pas de vedette? Et Sonny Kok, alors?

Sonny, c’est un très bon joueur, mais arrêtez, je parle des journaux en général et du public, de vous focaliser sur lui. Il a un comportement exemplaire, comme tout le monde. J’ai parlé avec des amis à Aubonne, ils m’ont dit la même chose. Je reviens sur ce que je viens de dire: Sonny n’est pas une vedette, il est un très bon joueur de football, très humble et très respectueux, à des années-lumières de ce que j’ai entendu sur lui par des gens mal-intentionnés. Quand il ne peut pas venir à l’entraînement ou qu’il est en retard, il s’excuse. Il fait partie du groupe comme tous les autres et je peux dire une chose à tout le monde: venez voir Saint-Sulpice et vous verrez un groupe uni, pas un assemblage de « vedettes ». Les choses sont claires: si un joueur ne suit pas les règles du groupe, il part. Ce n’est pas à mon grand âge que je vais m’amuser à gérer des egos.

En parlant d’ego, il y a celui de votre président! Vous êtes libre de tous vos choix?

Evidemment.

Vraiment?

Mais bien sûr! Vous sous-entendez quoi?

On imagine, ou on a entendu, que votre président pourrait intervenir dans votre composition d’équipe, par exemple…

Le jour où ça arrive, je claque la porte dans la minute. ll le sait, je le sais, tout le monde le sait. Les choses sont claires: il ne vient pas sur le banc, il ne me parle pas de l’équipe sur le terrain et il n’intervient dans aucun de mes choix. Il a fait ce qu’il fallait de son côté pour construire une équipe compétitive, il m’a fixé des objectifs que j’ai accepté et basta.

Les objectifs, justement, quels sont-ils?

Monter dans les deux ans.

Pas cette année?

Disons que je ne suis pas fou: avec l’équipe qu’on a, on peut y arriver cette saison, mais l’objectif officiel est de terminer dans les cinq premiers. Il ne faut pas oublier que Saint-Sulpice sort de deux saisons relativement compliquées, où le maintien a été arraché, si je puis dire. On va déjà tâcher de relever la tête et, comme je vous l’ai dit, on espère monter dans les deux ans. Voilà.

Garantir un esprit de groupe, c’est votre principal défi, avec des joueurs qui, on le sait, sont venus pour des motifs financiers à Saint-Sulpice?

Moi, je ne parle pas d’argent. La vérité, c’est que le club ne débourse pas un franc pour les joueurs. Pas un. Je suis l’entraîneur du FC Saint-Sulpice I, j’ai un groupe avec 23 joueurs. A chaque match, 11 d’entre eux seront sur le terrain, il y aura des remplaçants et des joueurs non-convoqués. Si le président discute directement avec eux, cela ne concerne pas l’entraîneur, c’est tout ce que je peux dire sur le sujet. Après, comme je vous l’ai dit, on est en train de construire un groupe, donc un état d’esprit, et je peux vous dire que ce qui se passe à Saint-Sulpice aujourd’hui est vraiment excellent et ça peut donner envie à pas mal de monde de nous rejoindre!

A titre personnel, vous avez mal débuté l’année 2014, mais la deuxième partie semble bien débuter, non?

Mais bien sûr! Je me suis fait virer d’Ecublens et figurez-vous qu’ils m’ont même dégagé des vétérans… Sympa, non, après 17 ans au club? Allez, je laisse ça de côté, j’ai retrouvé un nouveau challenge immédiatement, ici à Saint-Sulpice. Le président monte un projet ambitieux et il a décidé que j’en serai l’entraîneur. Ca montre que je ne suis pas fini, d’accord ou pas?

Quand vous avez accepté de venir, vous saviez déjà que le recrutement allait être aussi fort?

Disons qu’on avait parlé de quelques noms… Mais j’avais parlé au président, je lui avais dit qu’il était très important de garder une identité locale. J’étais déjà passé par Saint-Sulpice, donc j’ai demandé à ce que certains joueurs fassent partie du contingent. Je suis très heureux du recrutement effectué, mais il est important de s’appuyer sur une base locale, pour plusieurs raisons évidentes.

Comme qui, par exemple?

Simon et Thomas Duvoisin, David Burnier, Christophe Jaquier… Ce sont tous des gamins d’ici, dont certains étaient venus à Ecublens. Et trois juniors font partie du contingent. L’identité du FC SSS passe aussi par eux, et ils font partie d’un contingent ambitieux.

Allez, avouez-nous une chose, tous ces articles, toutes ces rumeurs, cette agitation, ça vous plaît un peu, non?

Non, moi je ne fais rien pour l’entretenir! Ca vient d’ailleurs au club (rires)! Ce qui est sûr, c’est que ça fait beaucoup rire les joueurs. On lit les articles, on les commente, ça participe de la vie du groupe. Tant que ça nous fait rire, ça va.

Vous allez vous en servir pour vos théories? Vous allez faire face à des équipes qui vont absolument vouloir battre les Galactiques, donc on imagine que vous allez devoir en parler, non?

Oui, bien sûr que c’est un aspect à prendre en compte. Mais pour l’instant, on n’a gagné qu’un match! J’attends de voir encore trois ou quatre parties pour voir où on peut se situer. On pense bien évidemment jouer le haut du classement, mais pour ça, il va falloir de la cohésion et de la rigueur et un état d’esprit irréprochable. Sans ces valeurs de base, en football, on ne va nulle part.

Categories: 3e ligue, FC Saint-Sulpice