«Il était compliqué d’imaginer continuer»

«Il était compliqué d’imaginer continuer»

Benoît Pythoud et son assistant Yann Weber ne seront plus à la tête d’Yverdon Sport la saison prochaine. Quelques minutes après la défaite face au Stade Nyonnais samedi (2-5), Benoît Pythoud n’avait pas le coeur à parler. « Rappelez-moi lundi. » Promesse tenue et surprise au bout du fil: Yverdon Sport devra se chercher un nouvel entraîneur pour la prochaine saison, laquelle, à 99%, se disputera en 1re Ligue Classic. Arrivés pour remplacer Gabet Chapuisat et Christian Mischler en cours de premier tour, Benoît Pythoud et Yann Weber se disent « usés », mais n’en veulent à personne. Leur prochain défi? Ils sont ouverts à tout et n’ont encore rien planifié.

Benoît Pythoud, on vous rappelle aujourd’hui, comme promis…

Vous tombez bien: Yann Weber et moi venons d’envoyer notre démission au comité. Nous partirons le 30 juin, c’est sûr et certain. Nous avions un contrat à durée indéterminée et étions partis pour un projet à plus long terme, mais les conditions ne sont plus réunies. Nous n’étions plus sûr de pouvoir apporter les solutions.

Qu’entendez-vous par là? 

Les nombreux problèmes rencontrés lors de ce deuxième tour font que nous ne pouvons plus travailler de manière adéquate. Peut-être est-ce mieux pour tout le monde que nous annonçions notre démission. Nous n’avions plus la même vision des choses. C’est dommage, parce qu’on aurait aimé se sauver. On était plein d’espoir après la fin du premier tour, qui était vraiment encourageante. Et même au début de ce second tour, nous avions bien commencé, malgré la défaite face à Fribourg (0-1). Après, c’est devenu très compliqué.

Quels sont les problèmes que vous évoquez?

Des problèmes de contingent, notamment. L’effectif était quantitativement beaucoup trop restreint, et le niveau pas assez homogène pour réellement installer une concurrence obligatoire pour créer l’émulation nécessaire. Quelques joueurs ne sont pas au niveau attendu et on comptait beaucoup sur Ridge Mobulu, par exemple, qui était notre avant-centre. Quelques jours avant le début du championnat, il part au Mont. Et Milutin Ivanovic, son remplaçant, se blesse d’entrée et est indisponible trois semaines, au pire moment. Ca devenait mission impossible, même si on n’a rien lâché. On a eu également une certaine poisse, il faut bien le dire.

Avec le recul, regrettez-vous d’avoir signé à Yverdon Sport?

Non, ce n’est jamais une erreur de tenter une nouvelle expérience. YS, c’est un grand club, un nom dans le canton de Vaud. Mais, vous savez, ces quelques mois ont été très usants. Nous avons tendance à énormément nous impliquer dans ce que nous faisons, et les ressources pour mener à bien notre projet n’étaient pas suffisantes. Cela a eu pour effet d’user beaucoup d’énergie, et de parfois nous demander si tous ces efforts en valaient la peine. Franchement, je le redis, sans animosité aucune, il était difficile d’imaginer continuer dans ces conditions. Nous ne partons pas fâchés et nous aimerions que notre départ se fasse dans le calme.

Comment voyez-vous votre avenir? Avez-vous déjà des touches avec d’autres clubs? Allez-vous privilégier un retour dans le football des juniors ou rester dans le football des actifs?

Avoir oeuvré dans la relève a été une expérience intéressante et vraiment différente. On peut travailler loin des problèmes, notamment financiers. Mais les actifs, c’est quand même le « vrai football », là où il y a le public, un peu de pression, des attentes. Pour répondre à votre question: non, nous n’avions rien de prévu. Notre avenir est un grand point d’interrogation, mais nous sommes ouverts à tout.

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