«Un homme fidèle en clubs et en amitié»

«Un homme fidèle en clubs et en amitié»

« Son dernier match de foot, il l’a vu à Vidy. Il y avait trois choses qui comptaient vraiment pour lui: le football, ses filles et son bar. C’étaient les trois axes du bonheur pour lui, c’était ça, sa vie. » Richard Dürr est décédé vendredi après-midi, le 30 mai, à l’âge de 76 ans et Claude Vergères a accepté de nous en parler, avec émotion bien sûr. « Nous nous voyions entre deux à trois fois par semaine, mais un peu moins les derniers temps, forcément… C’était un ami très cher, une personne remarquable. Nous avions une amitié solide, riche de 42 ans de partage. On pouvait partir en bateau sur le lac, aller manger en France, revenir… On parlait de foot, de tout, de la vie… » L’entraîneur de Prilly est triste aujourd’hui, comme tout le football vaudois.

« Un technicien remarquable »

Car Richard Dürr était une personnalité emblématique du football de notre canton. Un des fameux « Seigneurs de la Nuit » qui ont enchanté la Pontaise. « J’allais au stade, je le voyais jouer… C’était un technicien remarquable, mais pas un joueur de un contre un. Le dernier comme lui, c’était Michel Platini. Il avait une belle technique en mouvement, pouvait mettre une passe longue quand il le fallait… Un superbe joueur de football, tout simplement », continue Claude Vergères, qui se rendait régulièrement à la Pontaise entre 1962 et 1971 pour applaudir le grand LS.

Deux clubs de coeur, le LS et Stade

Richard Dürr, il l’a donc d’abord admiré, puis côtoyé. « Je l’ai rencontré à 17 ou 18 ans, quand il est venu entraîner Stade-Lausanne. C’était quelqu’un de très fidèle, en clubs comme en amitié. Après être arrivé de Suisse alémanique, il a joué au LS sans en partir, mis à part quelques mois à Folgore, Echichens ou Xamax. Et à Stade-Lausanne, il est resté tellement d’années comme entraîneur! Il n’a eu que deux clubs de coeur, le LS et le Stade »

Deux Coupes du Monde avec la Suisse

Richard Dürr était une personnalité qui a su traverser les époques. Claude Vergères peut en témoigner: « Grâce à lui, j’ai eu la chance de côtoyer les Seigneurs de la Nuit, que j’accueillais dans mon restaurant. On parle d’un monsieur, d’un joueur qui a été capitaine du LS, quelques fois de l’équipe nationale aussi, et qui a fait deux Coupes du Monde, en 1962 et en 1966. Encore aujourd’hui, il est très populaire. Tout le monde le connaît! Ca, c’est parce qu’il s’agissait de quelqu’un d’ouvert, d’extrêmement sympathique. Il n’était pas d’ici, il venait de Brühl, mais il a été immédiatement adopté par tout le monde ici. » Champion de Suisse en 1965 avec le LS, un titre qui est resté dans toutes les mémoires, au moins autant que sa jovialité, son sens de l’humain et ses immenses qualités footballistiques.

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