Grandson en avait tout simplement plus envie

Grandson en avait tout simplement plus envie

« Pour une fois, ils étaient vraiment concentrés dès les vestiaires. J’ai bien senti l’équipe à l’entraînement cette semaine, même si j’ai dû gueuler un peu jeudi, et en arrivant aujourd’hui, j’ai compris qu’ils étaient bien dedans. » Carlos Rangel était un peu inquiet cette semaine, en préparant le match face à Renens, La donne était simple: celui qui perdait aujourd’hui était relégué en 3e ligue et, si Nyon II allait gagner à Lutry, le risque existait même que le FCGT et le FCR coulent! Lutry s’étant finalement imposé 2-1, c’est donc Renens qui accompagne les Nyonnais en 3e ligue. Tristesse pour ces deux équipes, forcément, mais Carlos Rangel avait plutôt le coeur à se réjouir.

Carlos Rangel a vu « un bon match » de son équipe

« Aujourd’hui, on a vraiment fait un bon match, et en plus il y avait du monde pour voir ça! On n’a pas été que solides, on a vraiment produit du jeu. J’aime voir mon équipe comme cela, mais je dois dire que c’était trop peu souvent dans ce deuxième tour », continue l’entraîneur colombien. Pour ce match décisif, il avait décidé de rappeler Daniel Costescu, l’entraîneur de la II et son ancien buteur. Le Roumain a bientôt 40 ans, mais devant le but, il est le meilleur avant-centre de 2e ligue, tout simplement, encore plus efficace dans les 16 mètres que Julien Jemmely ou Albino Bencivenga. Son passé de buteur en 1re et 2e division roumaines parlent pour lui, tout comme ce qu’il a accompli en 1re ligue (Baulmes) et en 2e ligue (Grandson) suisses.

Daniel Costescu a fait la différence

Carlos Rangel savait qu’en le titularisant, il ne prenait pas un grand risque. Samuel Carrasco, qui a joué la dernière demi-heure en pointe à la place du Roumain (passé en meneur de jeu), ne disait pas le contraire: « Il est tellement fort… Aujourd’hui, rien qu’avec sa présence, il occupe la défense de Renens. Il est malin, il les énerve, il obtient des fautes. Daniel, c’est la classe ». Tellement la classe que Costescu n’a eu besoin que de sept minutes pour mettre Grandson sur la voie du succès. Plat du pied, efficacité, et 1-0. La différence, c’est lui qui l’a faite.

4-0 à la pause déjà

Dès lors, Grandson a dominé, marquant même le 2-0 à la 22e par Romain Marendaz, puis le 3-0 et le 4-0 avant la pause grâce à Julien Fantoli et Joao Monteiro. Quatre buts d’avance à la pause, voilà un match de la peur vite expédié! « Oui et non. D’accord mener de quatre buts, c’est bien, mais quand ils sont revenus à 4-1 après la pause, je n’étais pas serein. On lâchait un peu le milieu à ce moment-là et un moment, je suis dit qu’on était peut-être en train de craquer. Avec le deuxième tour que l’on a fait, vous pouvez comprendre que j’avais le droit de ne pas être serein », s’excusait Carlos Rangel.

Le gardien Nicolas Jaccard inscrit le 6-1 sur penalty

Hélas pour Renens, Julien Fantoli, encore lui, inscrivait le 5-1 quelques instants plus tard. « Il a été excellent aujourd’hui. Il a mis un goal sur un lob magnifique. On a vu un très bon Julien », continuait le coach du FCGT. Renens ne s’en remettra jamais et Nicolas Jaccard, le gardien grandsonnois, se permettra même d’inscrire le 6-1 final sur penalty. « Ce n’était absolument pas un chambrage. C’était la 93e et ‘Jaks’ est à l’aise balle au pied. Il n’y avait pas de manque de respect vis-à-vis de Grandson, vraiment pas », selon Carlos Rangel. Renens ne s’est en d’ailleurs pas plaint et l’entraîneur du FCGT espérait surtout que ce penalty ne ressemble pas à un jubilé pour son excellent gardien: « Il m’a dit qu’il arrêtait, mais j’ai fait semblant de ne pas entendre. Je dois encore vraiment parler avec lui, il doit nous accompagner la saison prochaine. Et la suivante et celle d’après aussi ». Le message est clair.

Grandson ne va pas arrêter de s’entraîner cet été

Car Grandson et son entraîneur pensent déjà à la saison prochaine. « On va continuer à s’entraîner chaque mercredi pendant l’été. La Suisse est un pays formidable, quand même. En novembre et en mars on doit jouer et s’entraîner, mais en juin et juillet, quand il fait beau, c’est interdit. Nous, on continue, une fois par semaine. On doit profiter, les terrains sont magnifiques. Et les gars savent ce qui les attend. Moi, je ne veux pas revivre une saison galère où on se sauve au dernier week-end et on où gagne deux matches sur la phase retour. L’année prochaine, en 2e ligue, c’est trois entraînements. La règle, c’est comme ça: la I s’entraîne trois fois, la II deux fois et la III une fois. A chacun de savoir avec qui il veut jouer, je ne force personne et il y a de la place pour tout le monde » Là aussi, le message est clair!

Renens avait moins l’esprit-clubiste que Grandson

Du côté de Renens, ce sera donc en 3e ligue et, forcément cela fait mal pour un club très ambitieux ces dernières années. Il y a eu « l’ère Forgione » et cette montée de 3e ligue en 2e ligue inter, puis le retrait du président-mécène et la chute, inéluctable. Cette année, il n’a pas manqué grand-chose, mais Grandson en voulait tout simplement plus. Il y avait plus d’esprit clubiste au FCGT qu’au FC Renens cette saison et cela a fait la différence. Renens, clairement, doit se reconstruire avec ses juniors, intégrer ses Inter en première équipe et aller de l’avant.

On le sait, c’est moins facile de parler ainsi en banlieue lausannoise qu’ailleurs, car dès qu’un jeune est prometteur il part là où on le défraie, voire où on le paie. Mais il faudra retrouver une certaine identité pour remonter et arrêter une fois pour toutes avec les joueurs qui sont là pour trois, quatre ou six mois. La bonne nouvelle? Alves Claudemir, l’entraîneur actuel, a exactement cette vision-là.

Il a dit à Footvaud.ch

Alves Claudemir, entraîneur du FC Renens

Déjà, Grandson a mérité sa victoire aujourd’hui, c’est la première chose qu’il faut dire. Ils étaient la meilleure équipe sur le terrain. Nous, comme d’habitude, on a une équipe jeune et dans ce genre de matches, c’est l’expérience qui fait la différence. J’aurais aimé me faire jouer, car je pense que j’aurais pu encadrer les jeunes dans un match comme ça, mais je suis blessé. C’était vraiment impossible pour moi de jouer aussi, mais, vu le score, cela n’aurait de toute façon pas fait la différence, je pense. C’est dommage, on voulait vraiment se maintenir pour continuer notre projet sur trois ans, mais là, on va prendre du retard. Il y a de quoi faire à Renens, j’en suis persuadé. Je suis monté de 3e ligue en 2e ligue inter ici et oui, il y avait l’argent, mais il n’y avait pas que ça. On doit recréer une ambiance à Renens, l’envie de jouer au foot, de venir soutenir son équipe. Si ce sera avec moi? Je pense, oui. J’espère continuer. J’ai reçu des coups de téléphone, mais j’ai dit à tout le monde de me laisser tranquille jusqu’à la fin de championnat. Je veux construire ici à Renens et j’espère qu’on pourra le faire. Des fois, c’est sûr que je me dis que j’aimerais une équipe ambitieuse, stable et structurée, mais comme je l’ai dit, il y a du potentiel ici.

 

FC Grandson-Tuileries – FC Renens 6-1 (4-0)

Buts: 7e Costescu 1-0; 22e Marendaz 2-0; 30e Fantoli 3-0; 45e Joao Monteiro 4-0; 57e Sulejmani 4-1; 60e Fantoli 5-1; 90e Jaccard, pen. 6-1.

Grandson: Jaccard; Scalia, Marendaz, Huguenin, Joao Vila; Varla, Jolidon, Pipic; Joao Monteiro (64e Carrasco), Costescu (85e Jeanmonod), Fantoli (85e Paris).

Entraîneur: Carlos Rangel.

Renens: Kosumi; Kevin Alves, Juan Munoz, Madeira, Luis Salgado; Puertas (57e Lecart), Arena (62e Cay), Mazzeo, Leandro (29e Yattara); Cibran, Suljemani.

Entraîneur: Alves Claudemir.

Terrain du Pécos.

Categories: 2e ligue

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