Genolier-Begnins ne va jamais l’oublier, celle-là

Genolier-Begnins ne va jamais l’oublier, celle-là

L’enquête a vite été menée. Deux minutes, c’est tout ce qu’il a fallu à William Rochat, très probable futur président du FC Genolier-Begnins, pour trouver l’information auprès d’un de ses glorieux anciens. Oui, Genolier a déjà joué un match de Coupe de Suisse. C’était dans les années 70, contre Collex-Bossy, mais la fusion n’avait pas encore eu lieu et c’est bien le FC Genolier, tout court, qui avait affronté les Genevois. Depuis l’alliance avec Begnins, jamais le club de la Côte n’avait eu l’honneur et le privilège de disputer cette compétition. L’histoire s’est donc écrite ce dimanche, devant 940 spectateurs réunis à Cossonay: le FC Genolier-Begnins disputera l’édition 2016-2017 de la Coupe de Suisse, à côté de 63 autres équipes, dont le Servette FC, le Lausanne-Sport et le FC Sion, trois équipes que William Rochat se verrait bien accueillir aux Gravières en août prochain.

Deux clubs aux philosophies et aux styles différents

C’est sûr, le FC Genolier-Begnins ne va jamais oublier ce joli dimanche de mai. Non seulement il s’agit de la première Coupe vaudoise soulevée par les Canaris, mais surtout, ce succès a été acquis grâce à une politique de club savamment maîtrisée depuis plusieurs saisons. C’est aussi cela qui a fait une belle finale, d’ailleurs, entre un FCGB qui a aligné 12 joueurs formés au club ce dimanche, et un AF LUC-Dorigny qui n’en comptait aucun. Deux philosophies complètement différentes, et assumées aussi bien d’un côté que de l’autre. Alors, c’est sûr, le LUC a de plus belles individualités, mais GB a un atout formidable, qui était connu et qui est une réalité: son esprit d’équipe. Cette expression-là n’a jamais été mieux incarnée que par ces Canaris, formidables de solidarité et d’envie.

Personne ne peut battre Genolier-Begnins dans l’abnégation

On n’aimerait pas vexer Marc Studer, mais on prend le risque de dire notre vérité: son équipe n’est pas celle qui joue le mieux au football de 2e ligue. Son adversaire du jour, le LUC, est meilleur dans la circulation de ballon, dans la technique de ses joueurs, dans le jeu collectif. Mais personne, on dit bien personne, n’est meilleur que Genolier-Begnins dans ce qui fait une équipe de football: l’abnégation, le don de soi et les efforts. Il fallait voir, ce dimanche, l’envie qu’ont mise les joueurs du FCGB pour constater à quel point ils la voulaient, cette Coupe, eux qui ont mis tout leur coeur, et un peu plus, dans cette bataille.

Les oreilles de wapiti pour le 1-0: Julien Jemmely avait frappé

Genolier-Begnins, d’ailleurs, a frappé en premier grâce à son meilleur buteur, son fer de lance, son immense cador, son wapiti des surfaces: Julien Jemmely. Le grand numéro 20 a coupé un coup-franc rentrant d’Yvan Bolay, trompant Mickaël Abrial dans son style si caractéristique. La célébration de « JJ »? Les désormais mythiques oreilles de wapiti, son animal-fétiche, celui qu’il découpe au kilo dans la boucherie dont s’occupent son frère et lui. GB 1 – LUC 0 et une finale très bien partie!

L’herbe était trop haute, mais l’organisation du FC Cossonay était parfaite

Il faut le dire, quand même, on a un seul bémol à mettre sur l’organisation de cet événement marquant de l’année: la hauteur de la pelouse. On est bien conscient qu’on parle d’une finale du football amateur vaudois, celui qu’on aime et qu’on défendra toujours, mais là, soyons clairs: le blé était un peu trop mûr. Stéphane Delorme, président du FC Cossonay, le reconnaît d’ailleurs: « Je suis d’accord avec vous, mais je tiens juste à préciser qu’on n’a pas pu tondre comme on le voulait. On a tondu mercredi, mais il a plu jeudi, vendredi et samedi. Vous seriez venu là ces derniers jours, vous auriez vu des flaques d’eau partout. Et dimanche matin, quand on est venu marquer le terrain, c’était trop tard pour le tondre. Voilà, je voulais juste ajouter ces remarques, mais sur le fond, je suis d’accord avec vous. » On veut également le préciser: cela n’a rien changé à la qualité de l’accueil, ni à tout le travail effectué par le FC Cossonay, qu’il faut ici remercier chaleureusement. « Cela fait une année qu’on travaille sur cette journée et j’espère que les gens ont été contents de découvrir notre club », continue le président. Il peut être rassuré: tout le monde a passé un bon dimanche, la fête a été belle et ce n’est pas à cause de la hauteur de la pelouse que LUC-Dorigny a perdu cette finale.

Junior Panda Kalala avait une mission bien précise

Vagner Gomes, en fait, a peut-être commis une erreur, mais c’est facile de le dire après, une fois que la bataille est finie: celle de trop se focaliser sur Julien Jemmely en première période, au point d’en faire oublier son football au LUC. On lui avait pourtant posé la question, avant le match, et il nous avait dit qu’il ne prévoyait pas de « plan anti-Jemmely » (lire ici), ce qui était un vrai coup de bluff de sa part. Il a en effet décidé de lui coller Junior Panda Kalala dans les pattes, prenant le risque de dépeupler son milieu de terrain afin de permettre à son joueur de le suivre partout, avec cette unique consigne défensive. En agissant ainsi, « Vagui » protégeait ses défenseurs centraux, mais perdait en qualité de jeu au milieu. Et c’est précisément pour cette raison, avoir « sacrifié » Junior Panda Kalala, que le LUC n’a pas su faire tourner le ballon comme d’habitude en première période. On connaissait cette équipe si habile dans le jeu de construction qu’on a été un peu surpris de la voir jouer ainsi contre-nature, dans le match le plus important de la saison jusqu’ici. La réaction de Vagner? « Vous pouvez me dire que ça n’a pas fonctionné, d’accord, mais mis à part leur but, sur coup de pied arrêté, Genolier n’a pas eu d’action de but en première période! Nous, on en a eu deux grosses, une pour Karim Diarra et une pour Sacha Luwawa. Si on les marque, ça change tout et vous écrivez que je suis un génie. » Certes.

Vagner Gomes change ses plans à la pause

Le fait est que le LUC n’a pas marqué, mais surtout, n’a pas très bien joué en première mi-temps. A la pause, Vagner Gomes a d’ailleurs changé ses plans, repassant dans une tactique plus conforme, et demandant à Bao Nguyen de jouer un cran plus bas, afin de profiter de sa qualité de passe. Alors, le LUC a commencé à très bien jouer au football, mettant Genolier-Begnins à l’agonie entre la 46e et la 68e, moment que choisit Karim Diarra pour égaliser, en transformant un penalty qu’il avait lui-même obtenu. Ce score de 1-1, amplement mérité, venait récompenser un AF LUC-Dorigny beaucoup plus entreprenant. Et à ce moment-là, très clairement, une immense majorité des 940 spectateurs se disait que les Lausannois allaient prendre le dessus sur une équipe de GB qui semblait fatiguée et poussée à bout.

Après le 1-1, Genolier-Begnins a relevé la tête

Alors, les Canaris, cuits? Pas du tout, merci pour eux. Sous l’impulsion d’un Greg Jemmely remarquable de volonté, on ne vantera jamais assez ses mérites dans ce match, Genolier-Begnins a relevé la tête, petit à petit, venant clairement expliquer au LUC qu’il ne se laisserait pas dévorer sans combattre. GB a alors montré ses valeurs de cohésion et de combativité pour aller chercher les prolongations sans que le LUC, au fond, ne profite vraiment de son avantage psychologique.

Greg Jemmely, comme un symbole

Et là, dans la première prolongation, tout a basculé, sur deux coups de pied arrêtés, la grande force de cette équipe de Genolier-Begnins. Sur le premier, Anthony Provenzale, entré en jeu peu avant, se trouvait au bon endroit au bon moment. L’ancien joueur du FC Bursins-Rolle-Perroy a pu offrir l’avantage à son équipe, s’offrant une course folle de joie bien méritée. L’opportunisme à son paroxysme, tout comme le 3-1 signé Greg Jemmely, comme une récompense pour cet infatigable guerrier, auteur d’un coup de tête parfait au bon endroit. Cette fois, le LUC était bel et bien sonné, avec deux buts de retard avant d’entamer la dernière prolongation. Les Lausannois ont gardé espoir, pourtant, grâce à un but phénoménal, et le mot est faible, de Karim Diarra. Le Parisien s’est infiltré plein axe, a éliminé deux adversaires avec sa puissance et sa vitesse, avant d’envoyer un mandrin de vingt mètres sous la latte! Splendide, vraiment. Dès lors, le LUC a tout tenté, jouant successivement court et long, mais la défense de GB a tenu bon et a tout renvoyé à l’expéditeur. Et c’est au bout du suspense que M. Gajo Gajic a sifflé la fin de cette magnifique finale, provoquant l’envahissement du terrain et les cris de joie des supporters de cette grande famille qu’est le FC Genolier-Begnins.

GB a frappé trois fois sur coup de pied arrêté

En fait, dans cette finale, chacun a eu ses périodes et il est intéressant de constater que tous les buts ont été marqués du même côté! GB a marqué lors des mi-temps 1 et 3, le LUC lors des 2 et 4. La seule différence? Les Canaris ont frappé une fois de plus, sur coup de pied arrêté. Marc Studer avait raison: cela s’est joué sur des détails, ces fameux coup-francs et penaltys, vu qu’un seul des cinq buts de cette finale a été inscrit dans le jeu: celui qui n’a servi finalement à rien, le 3-2 de Karim Diarra.

Fc Genolier-Begnins vs AF Luc-Dorigny 3-2

Toutes les images du match en cliquant sur ce lien, partie 1

Toutes les images du match en cliquant sur ce lien, partie 2 

Un très bon trio arbitral, sans surprise

Si on parle de la qualité de cette finale, tant sur le plan du suspense que sur celui du jeu, il faut également et absolument rendre hommage au trio arbitral. On mettra un peu de côté Raphaël Porret, le quatrième arbitre, parce qu’il n’a pas fait grand-chose, qu’il est tout jeune et qu’il a encore largement le temps de recevoir des compliments (ou des critiques). Et en plus, il n’avait pas de panneau lumineux pour les changements, alors qu’on s’en réjouissait énormément. On préférera donc se concentrer sur le trio, avec une mention pour les deux assistants, tout d’abord, eux qui avaient été choisis pour une raison bien précise: ils tirent leur révérence.

Julien Mora et Quentin Pellaux vont tous deux arrêter

Julien Mora, déjà, sort d’une belle saison de Challenge League, mais vient d’être élu municipal à Payerne, sa commune. Un élu dans un exécutif ne pouvant décemment pas passer ses mercredis soirs à Schaffhouse ou à Winterthour, il a pris la décision d’arrêter l’arbitrage, ce qui a été un crève-coeur. Il terminera sa mission mardi, au terme d’un joli Xamax-Lausanne, et a bien sûr été parfait ce dimanche. Quand on voit des matches de Challenge League toutes les semaines, il n’y a pas de quoi être dépassé par la vitesse de deux équipes de 2e ligue, fussent-elles les meilleures. L’assistant 2, Quentin Pellaux (Pomy), arrête lui aussi sa fonction, lui qui est monté jusqu’en 1re ligue et lui aussi s’en va sur une très belle note, ayant réussi une finale de haut niveau.

Gajo Gajic, stature et charisme

Et, bien sûr, on va terminer en parlant de Gajo Gajic, le central. Les footballeurs de 2e ligue le connaissent très bien, eux qui le regardent tous d’en bas (à part les frères Jemmely). Le Serbe a une certaine stature, du charisme, et, dimanche, il est à créditer d’une très belle performance, lui aussi. Il a eu un coup de chaud, Gajo Gajic: lorsqu’il a dû accorder le penalty au LUC pour une faute, légère, sur Karim Diarra. Alors, faute ou pas? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a eu contact, mais disons que c’était du 50-50 et qu’il a dû faire son choix, voilà. Il l’a fait rapidement, sans hésiter, et a donc eu le mérite de la clarté. Sinon, il a maîtrisé son match de main de maître, choisissant de ne pas sortir trop de cartons.

« Vous me décevez beaucoup, monsieur Studer »

Et, en plus, il nous a offert une scène mémorable, lui qui est venu faire une remontrance à Marc Studer. En clair? Le coach de GB lui a dit, très poliment, qu’il lui reprochait certaines décisions, dont le penalty pour le LUC. Gajo Gajic s’est alors approché et a surpris tout le monde en lui disant exactement: « Vous me décevez beaucoup, monsieur Studer. J’ai une belle image de vous. Je vous l’avoue, je suis un peu déçu. » Avant de repartir et de laisser l’entraîneur de Genolier absolument stupéfait de ces paroles inattendues. « Bon, au moins il sait ce que je pense », a souri le coach des Canaris. Un moment sympa, comme quoi un arbitre peut remettre un coach à l’ordre avec calme, sympathie et bienveillance. Et un moment d’autant plus drôle que Marc Studer est sûrement l’entraîneur le plus fair-play et le moins contestataire de toute la Suisse romande, toutes ligues confondues. On tient à le dire: les trois arbitres (allez, les quatre) ont contribué à ce que cette fête du football soit en tous points réussie.

Fc Genolier-Begnins vs AF Luc-Dorigny 3-2

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Les hommes du match

Quelle partie de Greg Jemmely! Le plus petit des deux frères (198cm contre 199 pour Julien) a été partout, remportant des duels incroyables à mi-terrain. Une machine de guerre, une vraie, taillée pour tous les combats. Il a mis du coeur, comme toujours, mais il a su garder sa lucidité pendant 120 minutes, ce qui peut parfois être sa (relative) faiblesse. Il est resté concentré à 100% et il a réussi une grande, très grande, finale. Et en plus, il marque le 3-1 d’un puissant coup de tête, bien placé. Bravo monsieur et merci pour ces 120 minutes de haut niveau. Mention très bien à Yvan Bolay, sans surprise. Placé dans l’axe de la défense, côté droit, il a joué comme le routinier qu’il est. Un vrai joueur de ballon, habile à la relance et tellement intelligent dans son placement que c’en est indécent. Il anticipe tout, il voit tout. Il est fort, tout simplement.

Jérôme Martin a tout tenté, du côté du LUC. Il a pris des coups, en a distribué, mais il a surtout eu le mérite de ne jamais relâcher ses efforts à mi-terrain. Ses transversales (pied gauche et pied droit!) sont un régal, et il a prouvé encore une fois avoir le niveau supérieur. Il a du caractère, il en faut, et il a surtout beaucoup de qualité, comme il l’avait prouvé au Mont, en Challenge League. Il est en 2e ligue parce qu’il voulait un travail, il l’a, mais son niveau est bien supérieur. Christopher Teixeira Oliveira et Joao Amaral ont eux aussi livré une performance de très bon niveau. La défense centrale du LUC n’a pris aucun but dans le jeu, c’est à souligner, et ils ont tous deux été globalement très bons.

Fc Genolier-Begnins vs AF Luc-Dorigny 3-2

FC Genolier-Begnins – AF LUC-Dorigny 3-2 ap (1-0;1-1)

Buts: 11e J. Jemmely 1-0; 68e Diarra, pen. 1-1; 97e Provenzale 2-1; 98e G. Jemmely 3-1; 110e Diarra 3-2.

Arbitres: M. Gajo Gajic, assisté de M. Julien Mora et de M. Quentin Pellaux.

GB: Elmer; Roch, Bolay, Leonel Ribeiro (46e Gervaix), Martin; G. Jemmely, Kissema, Favre; Selimi (80e Provenzale, 116e Girardet), J. Jemmely, Giannattasio.

Entraîneur: Marc Studer.

LUC: Abrial; Barrier, Teixeira Oliveira, Joao Amaral, Mafuala; Panda Kalala (103e Kaze), Martin, Bao Nguyen (103e Reboredo); Luwawa, Diarra, Towa.

Entraîneur: Vagner Gomes.

En Marche, Cossonay. 940 spectateurs.

Fc Genolier-Begnins vs AF Luc-Dorigny 3-2

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