Gagner en confiance, maintenant

Gagner en confiance, maintenant

Après s’être incliné 2-4 à Echichens face au FC Sion (lire ici), le Lausanne-Sport a perdu ce samedi face à Xamax (3-2). Le résultat de cette partie, disputée à Lignières dans le cadre du 50e anniversaire du club local, est évidemment anecdotique. Fabio Celestini, même en championnat, insiste toujours sur le contenu, lequel est plus important pour lui que le résultat brut. Alors, en match de préparation, ce sentiment est bien sûr encore plus exacerbé, et ce n’est donc pas le but vainqueur de Valérian Boillat à la 94e qui va y changer quelque chose.

Néo-promu en Super League, Lausanne a décidé de poursuivre sur ce qui a fait sa force en Challenge League: le jeu, encore et toujours. Cela a été le cas face à Sion mardi et face à Xamax samedi, car telle est la volonté de Fabio Celestini, l’exigeant entraîneur du LS. Il faut désormais gagner en confiance face à de très bons adversaires lors des prochains matches amicaux. Vendredi, les Lausannois affronteront Bâle. Et mardi, ce sera l’Olympique de Marseille. L’idéal pour monter en puissance et affronter la nouvelle saison.

Les points positifs du match

Le jeu vers l’avant de Musa Araz
Certains joueurs apparaissent déjà très en forme, à l’image de Musa Araz. Arrivé de Winterthour cet été, il est parfaitement à l’aise dans le système de jeu lausannois, que ce soit dans l’axe ou sur un côté. Ce samedi, il a été fidèle à lui-même: très bon dans le jeu vers l’avant. Ce joueur-là, international suisse M21, a une qualité plus qu’intéressante: sa capacité à se retourner et à casser les lignes d’une passe en profondeur que lui seul a vue. A la 28e, il a ainsi parfaitement vu l’appel d’Andi Zeqiri et lui a adressé une merveille de passe en première intention, que le jeune attaquant n’a pas su convertir sur ce coup-là. Lausanne aime avoir la possession, on le sait, et la vista de Musa Araz lui permettra cette saison de changer de rythme de manière inattendue, ce qui a pu manquer la saison dernière en Challenge League.

Le jeu au milieu de terrain
Quand le LS fait tourner le ballon, c’est impressionnant à voir. Fabio Celestini a recruté des joueurs fidèles à ses préceptes: forts dans la conservation. Alors, quand Andrea Maccoppi, Musa Araz, Samuele Campo, Xavier Margairaz (très bon ce samedi) et Olivier Custodio combinent à mi-terrain, l’adversaire court (longtemps) en vain après un ballon insaisissable. Et en plus, Alexandre Pasche n’était pas changé ce samedi, lui qui se remet gentiment de sa blessure. Avec lui, ce sera encore plus impressionnant… Les automatismes sont déjà bien présents et vont encore aller en s’améliorant dans les semaines à venir. On est déjà sûr d’une chose: le LS sera largement à la hauteur de la Super League pour ce qui est de la qualité de jeu.

L’état d’esprit
Cela peut sembler normal, mais ça ne l’est pas forcément: ce LS vit bien. On l’a constaté pendant le match, mais aussi après, à la cantine du FC Lignières, lors du repas d’après-rencontre. Oui, quelques joueurs Vaudois sont partis, et cela a fait du mal à ceux qui sont restés, en tout cas humainement. David Marazzi, Arnaud Bühler et les autres étaient appréciés dans le vestiaire et tout le monde aurait préféré continuer avec le formidable groupe de la saison dernière. Mais Fabio Celestini a fait ses choix et les a assumé devant les principaux intéressés et devant son groupe. Alors oui, le LS parle un tout petit peu moins vaudois et un tout petit peu plus italien depuis quelques jours. Mais l’euphorie de la promotion et la cohésion sont toujours bel et bien présentes.

La très belle performance de Nicolas Gétaz
Il n’a pas encore joué en Super League, un niveau de jeu qu’il va découvrir d’ici quelques semaines. Mais ce qu’il montre depuis son arrivée au Mont à l’hiver 2014, puis à la Pontaise à l’été 2015, ne laisse pas de place au doute: il va avoir un impact cette saison. Fabio Celestini n’a d’ailleurs pas hésité à le garder, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde cet été, malgré l’inconnue que représente l’absence d’expérience du défenseur au plus haut niveau suisse. Samedi, il a été très solide et a beaucoup apporté offensivement, comme souvent. Il a marqué à la suite d’un coup de pied arrêté et cela n’est pas un hasard tant il l’a fait la saison dernière en Challenge League. S’il continue sur ce rythme, il sera plus qu’un honorable joueur de Super League.

Les points négatifs du match

Le manque d’efficacité défensive
Mener 0-2 et perdre 3-2 n’est jamais une bonne nouvelle, même en préparation. Lausanne aurait dû tenir le score et ne pas s’incliner ce samedi. Evidemment, il y a eu beaucoup de changements dans les deux équipes au cours du match et cette défaite n’a aucune incidence comptable. Elle ne risque même pas en avoir de psychologique, mais quand même: les déconcentrations coupables qui ont amené les buts xamaxiens sont à proscrire de toute urgence. Le 2-2, notamment, avec un dégagement contré et un but dans la cage vide, tournera sans doute en boucle dans la tête de Fabio Celestini… Lausanne n’aura pas le droit à l’erreur en Super League et devra absolument serrer le jeu. Sur cette action-là, Nicolas Gétaz avait pris le couloir et se trouvait aux avant-postes, ce qui lui arrive souvent. Plutôt que de le chercher en jouant long, les défenseurs du LS ont pris des risques et produit du petit jeu derrière. Jusqu’à encaisser un but (très) évitable… Et ça, leur coach n’a pas aimé. Normal: une simple déconcentration ruine 90 minutes d’effort. Et ça, en Super League, ça pourrait coûter des points.

Le carton rouge de Juan Esnaider
Mais qu’a voulu faire l’Espagnol, à la 40e? Alors que les débats se durcissaient depuis quelques minutes, en raison notamment de quelques provocations de Samir Ramizi et de Pietro Di Nardo, l’attaquant du LS s’en est pris à… Raphaël Nuzzolo. L’ailier de Xamax portait le ballon dans le camp lausannois lorsque l’ancien avant-centre de Toledo (troisième division) l’a purement et simplement découpé! Carton rouge direct pour Juan Esnaider, absolument justifié. Alors oui, il y avait eu quelques scènes un peu chaudes avant, surtout lorsque Kevin Mendez s’est fait tacler assez violemment, mais on n’a pas compris l’accès de colère de l’Espagnol, qui a provoqué un début d’échauffourée. Heureusement, Raphaël Nuzzolo s’est relevé sans mal et a même pu tirer le coup-franc, signe que la faute d’Esnaider était plus spectaculaire que violente. Mais elle méritait le rouge à 100%. Dommage, d’ailleurs, car il avait été plutôt bon (notamment dans la conservation du ballon et dans les duels) jusqu’à ce coup de sang. Lausanne a donc joué à 10 de la 40e à la 45e. A la mi-temps, Michel Decastel, l’entraîneur xamaxien, a en effet accepté que le LS joue à 11 en deuxième période.

Le trou noir de la 25e à la 40e
« On fait n’importe quoi! N’importe quoi! » Fabio Celestini a crié depuis la touche, demandant à son équipe de poser le jeu au sol et d’arrêter ce qu’il appelle les « dégagements SOS ». De fait, le LS a eu un blanc, ou un trou noir, de la 25e à la 40e, lorsqu’aucune passe n’arrivait. Elton Monteiro, très bon sur l’homme mais pas à la relance ce samedi, a trop souvent joué long, s’attirant les foudres de son coach. « Elton, donne le ballon à un Orange, s’il-te-plaît. A un Orange, d’accord? », a dit l’entraîneur du LS, un brin ironique, à son défenseur central. Lausanne, de manière très étonnante, a donc eu énormément de peine à poser son jeu. A cause de l’agressivité xamaxienne? Peut-être, mais celle-ci n’était pas excessive et, de toute manière, Lausanne devra s’habituer à ce qu’il y ait un peu d’intensité en face, sinon la saison de Super League risque d’être assez longue.

L’absence de poids offensif
Cette lacune-là devrait être vite comblée et ne pose pas trop de souci a priori. Oui, Lausanne a eu de la peine à exister en attaque samedi, mais Juan Esnaider a été expulsé, Gabriel Torres n’était pas là et Pak ne s’est pas changé. Avec ces trois hommes-là, le LS aura beaucoup plus de poids devant et on est convaincu que la simple présence de Pak aurait changé beaucoup de choses. Andi Zeqiri s’est créé des occasions en première mi-temps, sans marquer, et est sorti à la pause. Depuis la 46e, Fabio Celestini a décidé de jouer avec Kevin Mendez seul en pointe, soutenu par Samuele Campo, qui a joué en vrai numéro 10. C’était peu, trop peu, pour inquiéter Mustafa Sejmenovic et Cédric Zesiger.

Categories: Football d'élite

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*