Les frères Gonzalez sont prêts à combattre

Les frères Gonzalez sont prêts à combattre

CS Chavannes-Epenex, triste 11e du groupe 1 de 3e ligue, est en grand danger de relégation. Cependant, le club compte sur son duo fraternel Guillermo et Jonathan Gonzalez pour sauver l’équipe.

Il faut aimer sa famille plus que soi-même, et son club plus que sa famille. Cette boutade fait partie du quotidien du CS Chavannes Epenex, pensionnaire de 3e ligue, du groupe 1 pour être précis. Au sein de cette équipe évoluent deux frères aux caractéristiques bien différentes. Il y a celui qui plante des buts et celui qui règne sur le milieu de terrain. L’aîné, Jonathan, se trouve dans l’axe et le cadet, Guillermo, joue en pointe. Leur nom de famille ? Gonzalez. Leur mission ? Sauver Chavannes de la relégation.

Hors de question de retourner en 4e ligue !

Leur complémentarité se sent sur le terrain, mais à l’extérieur, comme cet après-midi d’hiver passé dans un haut lieu des passionnés de sport dans le quartier du Flon, c’est leur complicité qui saute aux yeux. Le décor est posé et les rires fusent, jusqu’à ce qu’on évoque le premier tour raté de la formation de Marco Lopez. Le sérieux reprend le dessus afin d’évoquer cette 11e place (à seulement trois unités du 7e rang), synonyme de retombée en 4e ligue. Et les « frangins » ne comptent pas y retourner après avoir vécu une magnifique promotion l’été dernier (Chavannes rigole).

La troupe de Marco Lopez ne compte que trois points de retard sur la 7e place.

« Il manque beaucoup de choses, débute Jonathan. Beaucoup de joueurs étaient absents lors de l’entame du championnat ». Il est vrai que l’été a été court du côté d’Epenex. Les finales se sont terminées le 18 juin (mission promotion). Et l’été est toujours plus relax lorsque l’objectif a été rempli. « Nous nous sommes peut-être relâchés, lâche le plus jeune. Il a fallu souffler après cette longue saison. C’était difficile de se remotiver dès mi-août ».

« Il y moins d’espaces »

La transition en 3e ligue a été rude pour le club, dont c’était la première promotion depuis 33 ans (Chavannes entame bien sa mission promotion). « Franchement, je suis déçu du niveau de cette division, tempère l’aîné. Le jeu est très physique et les joueurs sont un peu rustres. Il n’y a pas cette possession de balle que j’aurais aimé voir ». Guillermo, arrivé en 3e ligue avec ses 40 buts inscrits lors du dernier exercice, a plus de difficultés à marquer. Il pointe du doigt les défenseurs :« Ils savent se placer, rigole-t-il. Il y a moins d’espaces et les portiers sont évidemment meilleurs. » Leur force de frappe offensive a fait très mal la saison dernière. La combinaison favorite de Chavannes-Epenex, contrôle de balle au milieu, passe de Jonathan en profondeur pour Guillermo, parfaitement placé entre les deux défenseurs centraux, ne fait plus mouche.

Unis dans la vie comme sur le terrain, les frères Gonzalez s’entendent à merveille sur les pelouses vaudoises.

Afin de rester en 3e ligue, il va falloir se retrousser les manches. Le groupe de potes compte bien se mettre au diapason cet hiver. « Nous allons bosser dur pendant la trêve pour être au top pour le début du deuxième tour », confirme Guillermo. Si tout le monde fait un effort et tire à la même corde, les victoires s’enchaîneront », harangue l’ancien joueur d’Espagnol Lausanne en 2e ligue.

Le cadet Gonzalez, qui a raté plusieurs rencontres à cause d’une blessure aux côtes, sera évidemment prêt pour le combat en mars. Car oui, chaque 90 minutes sera un combat, dont la formation de Marco Lopez devra ressortir vainqueur ou vaincue les armes à la main. « Nous sommes meilleurs sous pression, affirme le cadet. L’équipe est composée de joueurs intelligents et surtout nous restons des potes. De plus, nous sommes conscients de nos manquements ». Quels sont-ils ? « Nous avons, par exemple, un grand problème de relâchement après la pause. Même si nous ne sommes pas devant au tableau d’affichage, nous sommes persuadés que nous allons l’emporter, car nous proposons du beau jeu ». Cependant, cette qualité en 3e ligue n’est pas garante de succès.

Grand cœur, mais mental un peu fragile

Les deux frères, unis sur le terrain comme dans la vie, s’unissent pour clamer leur certitude de rester en 3e ligue à l’issue de la saison. Ils espèrent surtout retrouver le succès sur le terrain, car les deux se connaissent par cœur et savent comment l’autre joue et surtout quel sera son prochain déplacement. « Jonathan a une très bonne vision de jeu, c’est un créateur et il frappe très bien du pied droit », admire le cadet. Et des défauts ? « Il doit améliorer son mental. Il a tendance à trop se relâcher quand rien ne va comme il veut. Il faut également qu’il arrête d’écouter les critiques et ne pas les prendre trop à cœur ».

Guillermo Gonzalez ne tarit pas d’éloges sur Chavannes-Epenex: « J’aime ce club. C’est une vraie bande de potes qui joue ensemble. »

Quant au meneur de jeu, il ne tarit pas d’éloges sur le « petit » : « Il est rapide, sait tirer des deux pieds. Il anticipe bien et sait profiter des espaces. Il fait surtout preuve de beaucoup de sang-froid devant le but. » Le problème est également dans la tête. Décidément, c’est de famille. « Il a besoin de sentir qu’on lui fait confiance, il faut le chouchouter, rigole Jonathan. Il doit se lâcher plus et surtout muscler son jeu ».

L’attaquant, auteur de cinq buts lors du premier tour, réagit vivement aux propos de son aîné : « De un, je compte bien passer de longues heures en salle cet hiver et de deux, je ne compte pas quitter l’équipe. J’aime ce club. Nous sommes une vraie bande de potes. » Quelle belle preuve d’amour envers sa formation. Et surtout quel amour fraternel qui, pour sûr, sauvera le CS Chavannes-Epenex !

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