Même les jeunes Nyonnais n’ont pas tenu le choc

Même les jeunes Nyonnais n’ont pas tenu le choc

Elle s’est présentée au Parc des Sports prudente, mais sûr de sa force, la jaune garde du Stade Nyonnais. Le regard noir, fixé sur une pelouse détrempée qui n’allait certainement pas faire ses affaires, celle-ci est arrivée à Morges avec le plein de confiance réalisé lors de ses deux victoires initiales cette année, dans la peau du jeune loup sur lequel beaucoup d’espoirs étaient placés. Ces espoirs? Ils concernaient surtout la chute de Forward Morges, qui commence à faire peur un peu partout en 2e ligue. Les changements opérés durant la trêve par le comité morgien sont en train de payer. L’équipe désormais entraînée par Vagner Gomes a remporté ses deux premiers matches avec une certaine facilité, sans encaisser le moindre but et en faisant parler son secteur offensif impressionnant. Si bien que les Rouges et Blancs commencent à faire figure d’épouvantail dans ce groupe 1. Une image renforcée, maintenant qu’ils ont ajouté les talentueux nyonnais à leur tableau de chasse.

Les Nyonnais souffrent sur terrain gras

La première désillusion des garçons de Bruno Gorret et Michel Tachet a été d’apercevoir l’état de la pelouse du Parc des Sports. La partie avait été renvoyée une première fois il y a quinze jours et, forcément, devoir jouer sous des trombes d’eau a fait un peu grincer des dents dans les rangs nyonnais. C’est bien connu, et les compliments de tous bords ont encore redoublé depuis la reprise, la réserve de Nyon propose un football alléchant et possède un des jeux au sol le plus impressionnant à ce niveau. Mais, et ce n’est pas une honte de le dire pour des footballeurs d’à peine 18 ans en moyenne, ils ne peuvent pas rivaliser avec autant d’aisance sur le plan physique et dans le jeu aérien. Alors, fatalement, lorsque le terrain est plus gras qu’à l’habitude, comme ce fût le cas mercredi soir à Morges, Jimmy Tachet et ses coéquipiers en sont un peu plus affectés que leurs adversaires.

Le bloc morgien est inébranlable

Comment cela s’est traduit, concrètement, sur la pelouse? Le Stade Nyonnais a monopolisé le ballon durant une bonne partie des débats, sans parvenir à donner suffisamment de vitesse à son jeu pour inquiéter le bloc morgien. Il y a de l’or dans les pieds de ses jeunes talents, c’est une certitude. Mais, pour briller, certaines conditions doivent être remplies, ce qui n’était pas le cas mercredi soir. L’effectif de Forward est extrêmement solide, très expérimenté. Les erreurs qu’ont pu faire Donneloye (6-1) ou Pied du Jura (4-1), la troupe de Vagner Gomes ne les a pas commises. Et, à force de se casser les dents contre l’inébranlable muraille morgienne, les habiles Amir Ramadani, Andres Borjas et leurs copains ont fini par plier.

Hélas, Michel Tachet ne peut plus tirer les coups francs

« J’aurais aimé entrer en jeu pour botter nos coups francs, mais le règlement ne m’y autorise pas », regrettait, avec ironie, Michel Tachet. Là où son équipe s’appuie sur un collectif parfaitement soudé pour avancer, Forward Morges, dont le collectif a également fier allure, peut compter sur un ou deux éléments pour faire la différence. Leur nom? Dario Drago ou Dragan Jankovic, par exemple. Les deux hommes ont joué en ligue nationale, l’un en Suisse, l’autre en Serbie, dans son pays d’origine, et forcément, lorsque les débats sont indécis, ils sont tous deux capables de frapper là où ça fait mal. Le premier a accéléré, laissé tout le monde sur place et enrhumé ses deux derniers adversaires pour ouvrir le score (18e). Le second a transformé de manière magistrale un coup-franc (50e) pour le conclure. Ces deux joueurs-là, la II du Stade Nyonnais ne les a pas, ne les aura sans doute jamais et doit apprendre à vivre sans.

Les hommes de Vagner Gomes ont toujours eu le contrôle

Ce qu’il fait très bien, puisque cela n’a empêché l’équipe de Bruno Goret et Michel Tachet ni de bien jouer au foot, ni de faire preuve de beaucoup de courage pour se montrer à la hauteur de l’adversaire. Mais disons que Forward, à partir du moment où il est passé devant, a toujours gardé une certaine marge de manoeuvre pour s’assurer les trois points. « Difficile à dire si c’est le fait de savoir qu’en gagnant on passait sur la barre qui nous a un peu bloqué. Dans tous les cas, on ne peut pas en vouloir à nos joueurs, qui ont tout donné sur le terrain. Mais c’est frustrant, car on est certains que Morges n’est pas invincible et qu’on a les moyens de le battre », commentaient les deux coachs nyonnais, contraint de voir leurs protégés scotchés au quatrième rang.

Forward risque de faire du bruit ce printemps

Pour l’heure, la bonne affaire est pour Jérôme Barrier et ses coéquipiers. Inarrêtables depuis la reprise, ceux-ci viennent d’aligner un troisième succès consécutifs. Neuf points qui permettent aux Morgiens, après un premier tour extrêmement délicat, de prendre la… deuxième place! Si la troupe de Vagner Gomes n’a passé que trois des quatorze tests qui l’attendent ce printemps, la solidité qu’il affiche ne trompe pas. Pour autant que l’ambiance reste au beau-fixe dans le vestiaire et qu’aucun événement extérieur ne vienne troubler le finaliste de l’an dernier, on risque de beaucoup en reparler ce printemps. Car, en l’état, soyons clair, Forward Morges n’a pas grand-chose d’une équipe de 2e ligue.