«Le FC Lutry est un club avec des racines»

«Le FC Lutry est un club avec des racines»

Patrick Marguerat, président du FC Lutry est satisfait de la saison de ses trois équipes d’actifs, auxquelles il n’oublie pas d’ajouter les juniors. Pour sa deuxième saison en 2e ligue inter, la première équipe, dirigée par Daniel Puce, a obtenu un cinquième rang très appréciable. Après un premier tour compliqué, les bonnes décisions ont été prises à Noël. Entretien avec le président d’un club sain, et très sympathique.

Patrick Marguerat, quel est votre regard sur la saison écoulée à Lutry?

Mieux, c’est difficile! La première équipe a fait un bon championnat, la deuxième se maintient suite à sa promotion en 3e ligue et notre troisième équipe monte en 4e ligue. Les A accèdent à la Coca-Cola League, les B ont fini champions et les C ont joué la finale de la Coupe vaudoise. En ce qui concerne le football à onze, on ne peut donc être que satisfaits.

Le début de saison de la première équipe a été compliqué…

Oui, c’est vrai, notre premier tour n’a pas été bon. On a manqué surtout d’un vrai état d’esprit, de joueurs conscients de ce que représente ce club. Nous nous étions trompés sur beaucoup de joueurs, il faut le dire. On devait réagir, on l’a fait en changeant pas mal de choses à Noël.

Et là, l’osmose s’est faite… Où s’est faite la différence?

Au deuxième tour, nous avions de vrais compétiteurs, tout simplement. Les jeunes venus de Malley sont arrivés avec un bon état d’esprit. Prenez Kushtrim Shaqiri, il est devenu titulaire chez nous, en arrivant à Noël. Ce n’était pas gagné d’avance, mais il s’est imposé sur  le terrain. Ce sont des gars qui ont envie de jouer au football, cela se voit. On est heureux d’avoir retrouvé ça.

Que vous apporte un entraîneur comme Daniel Puce?

Il est vraiment impressionnant et je n’ai pas peur de dire que nous avons de la chance de l’avoir. Il était venu jouer ici pour le 100e anniversaire, en 2007, on avait fait connaissance. Il est venu comme joueur, mais avait émis le désir, déjà, d’entraîner les jeunes. Il a tout d’abord entraîné les juniors B ici, avant de se voir confier la première équipe. Il fait partie de cette nouvelle génération d’entraîneurs qui ont joué au plus haut niveau et viennent apporter leur savoir à la base. Il a du charisme, de l’autorité, ses entraînements sont très bons. Grâce à lui, on peut faire venir de jeunes joueurs, ils savent qu’ils vont progresser. Et attention, c’est un clubiste, un vrai! Il joue avec les seniors, il s’implique dans la vie du club. Il est très bien secondé par Alain Flückiger, je tiens aussi  à le souligner. Ils sont complémentaires. Daniel est un peu plus sanguin, on va dire (sourire)… Ils font la paire.

Un entraîneur de qualité, des belles installations, un cadre idéal au bord du lac… Vous êtes le club parfait !

C’est vous qui le dites (rires)! C’est vrai que, comparé à d’autres clubs, nous pouvons dire que nous sommes priviligiés en ce qui concerne les installations. Notre terrain synthétique nous permet de nous préparer de manière optimale pendant l’hiver, même si nous utilisons également le terrain en herbe, plus au nord. Nous avons dix-sept équipes en tout, il faut bien aller jouer sur l’herbe de temps en temps, même en hiver (sourire). Nous avons de bonnes relations avec la Commune de Lutry, il faut bien le dire.

Justement, vous considérez-vous comme faisant partie du Grand Lausanne, ou êtes-vous vraiment un village "à part"?

Ah non, nous ne sommes pas Lausannois! Lutry a une identité, clairement. Il s’agit d’un club à part, qui a 106 ans. Et attention, Lutry, c’est 9000 habitants. Nous sommes un club avec des racines, et on le ressent tous les jours.

Arrivez-vous à intégrer des jeunes de Lutry à la première équipe?

C’est compliqué. On a essayé, cette année, de faire monter cinq jeunes pour la préparation. Ils n’ont pas tenus. Bien sûr qu’on aimerait, mais ils ont désormais la possibilité de jouer en 3e et en 4e ligue.

Faites-vous partie d’un groupement de juniors? Combien en avez-vous?

Nous avons 220 juniors, et non, nous sommes tout seuls. Je ne suis pas forcément pour les groupements, qui font perdre une partie de leur identité aux clubs. Il faut garder les derbys, avec les couleurs, les noms des villes et villages… Franchement, je n’aime pas du tout quand je vois des matches "Groupement 7 contre Groupement 4"! C’est tellement mieux d’avoir un match Lutry-Pully! Mais cela ne nous empêche pas de collaborer, bien au contraire.

Une partie de l’identité du FC Lutry tient également à sa Revue! A quelle point celle-ci est-elle importante dans la vie du club? 

Ah, la Revue (sourire) ! Il s’agit de la plus vieille du canton, puisqu’elle atteint ses cent ans! Nos comédiens, tous proches du FC Lutry jouent six fois, sur trois week-ends. Au total, nous accueillons 1200 spectateurs. Nous avons un comité d’écriture, qui nous prépare chaque année des spectacles magnifiques. Et nous pouvons compter sur Gérald Gay, qui a une solide expérience dans le domaine. La Revue nous aide financièrement, c’est clair, et nous y tenons beaucoup.

Vous voyez-vous jouer plus haut? Atteindre la 1re ligue, est-ce un but à moyen terme?

Non, on ne peut pas viser plus haut. Pas dans l’immédiat, en tout cas. Alors bien sûr, on est des compétiteurs, et on est heureux d’être dans cette 2e inter, même si tout n’y est pas facile. Mais on a quand même de la nouveauté. Cette année, on part dans le groupe 2, on ne jouera plus contre les Lausannois, mais on va retrouver Thierrens et La Sarraz, nos nouveaux "derbys" vaudois. Peut-être que ça joue mieux au foot dans le groupe 1, et que ce changement de style va nous désavantager, on verra bien.

Ce changement de groupe, il vous réjouit, quand même?

Ah oui! Les déplacements à Genève, pour jouer devant vingt spectateurs, ne vont pas me manquer. Et ces clubs-là n’amenaient quasiment personne chez nous. Je suis content de changer un peu et de découvrir le groupe 2. Ce sera sympa d’aller boire un verre après le match avec les présidents de La Sarraz et de Thierrens, eux je suis sûr qu’ils vont rester un mo