Le FC Echichens, c’est de la dynamite

Le FC Echichens, c’est de la dynamite

« Comme attaquant, je me régale. On joue la relégation, c’est vrai, mais on va de l’avant, on montre une attitude positive. Avant de signer, tout le monde m’avait dit qu’Echichens jouait un football offensif et je peux dire aujourd’hui de moi-même que c’est vrai. » Ali Ramdan est arrivé cet hiver à Echichens et a déjà inscrit sept buts, un de plus qu’Armel Kazangba, lui aussi une recrue dont la signature a fait un bien fou au FCE. Dimanche face à Donneloye, les deux hommes ont montré la voie à leurs coéquipiers pour remporter trois points importants qui leur font faire un pas important vers le maintien.

Seuls Payerne, Gland et Pully n’ont pas perdu contre Echichens en 2014

Echichens a dynamité tout le monde depuis le début de l’année, à l’exception du Stade Payerne (défaite 3-0). Les autres? Ventilés, balayés, dispersés. Leur nom? Chavornay (6-2), Genolier-Begnins (3-1), Grandson (3-0), LUC-Dorigny (2-1), Baulmes (5-0) et, donc, Donneloye ce dimanche (4-2). Hormis Payerne, seuls Gland (1-1) et Pully (1-1), deux équipes de tête, ont résisté à la furia des Bleu-Blanc. Un bilan de finaliste, sans problème.

Alain Gendron a donné confiance à tout le monde

Le seul souci, c’est le premier tour, bien sûr. Echichens, cet hiver, était un candidat sérieux la relégation, il ne faut pas l’oublier, et l’objectif de ce printemps ne peut être que le maintien. Ce qui est fort, c’est que le club n’a pas tout changé cet hiver, mais s’est montré redoutablement intelligent. Comment? En engageant Alain Gendron, déjà. Cet homme-là a redonné confiance à tout le monde et fait comprendre à ses joueurs qu’ils pouvaient marcher sur n’importe qui, mais que pour y arriver, il fallait travailler, beaucoup, et l’écouter, un peu. En plus de son arrivée, Echichens a ciblé quatre joueurs pour se renforcer. Pas dix ou onze, quatre. Trois d’entre eux sont excellents (Armel Kazangba, Ali Ramdan, Thien Bao Nguyen) et un est malheureusement blessé (Joël Reinhard). Cela s’appelle faire tout juste, tout simplement. Changer trop de monde aurait été contre-productif, tant à court qu’à moyen terme. Amener peu de joueurs, mais les bons, et placer un chef charismatique et ultra-compétent à la tête du groupe: cela donne une équipe qui gagne.

Hervé Vallotton pour Jérôme Thomas: le schéma classique

Dimanche, dans ce match de la peur, on a vu une équipe en pleine confiance, sûre de sa force, même après l’ouverture du score du FC Donneloye. « C’est vrai, on n’a pas douté. On sait de quoi on est capables et on savait très bien qu’on allait revenir », explique Ali Ramdan. Le but du capitaine des Oies avait pourtant de quoi faire mal à Echichens. Inscrit après 30 secondes de jeu, il aurait pu lancer Donneloye vers un succès qui lui aurait fait énormément de bien. Une belle passe d’Hervé Vallotton trouvait en effet son partenaire d’attaque, à qui personne n’a besoin d’apprendre comment gagner un « 1 contre 1 », même s’il était un peu en mal de confiance ces derniers temps. 0-1 après moins d’une minute, voilà qui avait de quoi perturber n’importe quelle équipe.

Ali Ramdan se dit « pas en forme »

N’importe qui, sauf ce FC Echichens, donc, qui est reparti immédiatement à l’assaut. Davy Cardoso centrait pour Armel Kazangba, mais la reprise du Centre-africain était stoppée par Joël Riond (4e). Quelques minutes plus tard, une passe magnifique de Gaëtan Girardet était reprise de volée par Ali Ramdane pour le 1-1. Un geste acrobatique splendide de la part de l’ancien attaquant de La Sarraz-Eclépens, qui avoue « ne pas être encore au top de sa forme ». Se moquerait-il de nous? « Non, non! J’ai quelques kilos en trop encore. Je n’ai rien fait cet hiver, quatre mois sans football. Quand Echichens m’a appelé, au début du mois de mars, j’ai essayé de me remettre en forme et j’y arrive gentiment. Mais laissez-moi encore quelques semaines! Vous savez, ma carrière est derrière moi », rigole-t-il. On se réjouit de voir ça, mais là, déjà, il fait des dégâts dans toutes les équipes de 2e ligue.

Une tempête de grêle de quinze minutes

Donneloye a subi durant cette première période, mais s’en est bien sorti. Solidaire et bien organisée, l’équipe de Walter Späni a laissé passer l’orage, au propre comme au figuré. Une vraie tempête de grêle de dix minutes s’est en effet abattue sur le terrain du Grand-Record dès la 30e minute, heureusement sans conséquence autre que celle de briser un verre rempli de chasselas sur la terrasse de la buvette, ce qui est déjà dramatique en soi. 1-1 à la pause, donc, et une deuxième période qui promettait beaucoup entre deux équipes toutes deux deux à la recherche de la victoire.

Ali Ramdan au penalty décisif, à 1-1? Une panenka, facile.

On l’a dit, la partie a tourné en faveur du FC Echichens, comme souvent ces derniers temps. Donneloye était pourtant bien mieux entré dans cette mi-temps, mais une faute indiscutable de Yann Leuenberger sur Davy Cardoso a obligé M. Matni à siffler penalty pour les locaux. Ali Ramdan s’est offert une « panenka » pour tromper Joël Riond. A voir sa réaction, celui-ci aurait préféré un plomb sous la latte, mais le Français a fait preuve d’autant de culot que d’efficacité pour inscrire ce 2-1.

Armel Kazangba fait exulter les ultras du FCE

Donneloye a craqué quelques minutes plus tard, Armel Kazangba profitant d’un joli travail collectif pour inscrire le 3-1. Alors que tous les ultras locaux, placés sur cette fameuse terrasse de la buvette, réclamaient le tir à seize mètres depuis dix secondes (« Mais tire!!!! »), Echichens a fait circuler le ballon autour de la surface de réparation jusqu’à ce que Davy Cardoso centre et que Joël Riond soit surpris par ce ballon dévié. Le gardien des Oies commettait sa seule erreur de la journée, dont profitait Armel Kazangba pour marquer et faire exulter le kop local, qui a donc pardonné à ses joueurs de ne pas avoir tiré et nous a offert une phrase magnifique que l’on a trop envie d’écrire pour essayer de résister: « Mais si on avait pas marqué, ça aurait été mal joué. » Le football comme on l’aime.

Du bon travail

3-1 et bientôt 4-1, pour une défense qui prenait l’eau. Gaëtan Girardet a tenté sa chance (superbe arrêt de Riond, 64e), une autre frappe du même Girardet sur l’extérieur du poteau (75e) et, enfin, le but de Maxime Pache, à la réception d’un très bon centre de Julio Da Conceicao. Du bon travail. Donneloye a eu une possibilité, par l’entremise d’Eric Mercier, mais c’était trop peu pour espérer quelque chose face à la furia offensive des joueurs d’Alain Gendron. La réduction du score sur penalty de Flavio Da Silva (90e) n’y changeait rien. La victoire était pour Echichens, dont la puissance d’attaque a fait plier un FC Donneloye courageux.

Donneloye aurait-il pu résister avec sa défense habituelle?

Reste une question: que serait-il advenu si les Nord-vaudois étaient venus avec leurs latéraux habituels, Nicolas Stubi et Gaëtan Pasche? Sans doute n’auraient-ils pas pris l’eau ainsi, c’est vrai. Flavio Da Silva, leur meilleur joueur cette saison, aurait pu jouer plus haut et apporter son volume de jeu au milieu, c’est vrai aussi. Mais sincèrement, la deuxième période a été tellement dominée par Echichens qu’il serait malhonnête de contester ce succès. Donneloye n’a pas été mauvais, loin de là, et on osera même écrire que ce que l’on a vu est encourageant. L’état d’esprit était là, la combativité aussi. La qualité de jeu? Elle était là également et ce match aurait pu tourner autrement avec un peu plus de réussite et si les « faits de jeu » avaient souri à Donneloye. Mais face à cet ouragan qu’est le FC Echichens 2014, il fallait être parfait et avoir de la chance. Ca fait beaucoup.

L’arbitrage d’Hicham Matni? La classe.

Un dernier mot pour dire, encore, tout le bien que l’on pense d’Hicham Matni, l’arbitre de cette rencontre. L’ACVF doit penser comme nous, vu qu’il a eu droit à la demi-finale de la Coupe vaudoise entre Payerne et Morges la semaine dernière, et à ce choc contre la relégation aujourd’hui. On ne le connaît pas, mais on a envie de dire du bien de lui pour la deuxième fois consécutive: il est autoritaire, parle sèchement, mais est toujours bien placé et ses décisions sont cohérentes. Le penalty du 4-2 est discutable, mais c’est bien la seule décision qui pouvait faire débat dimanche. Il n’hésite jamais, ses gestes sont précis, ses décisions rapides. Franchement, on aime son arbitrage et on avait envie de le répéter.

Les hommes du match

Du côté d’Echichens, gros match de Thien Bao Nguyen à mi-terrain. C’est bien simple: il a survolé les débats. Son aisance technique et sa vision du jeu ont fait énormément de bien à son équipe, tout comme son activité. Aussi bon défensivement qu’offensivement, il a justifié la confiance placée en lui. Enorme. Ali Ramdan mérite également une mention. Pour ses deux buts, mais aussi pour le menace permanente qu’il a fait peser sur la défense de Donneloye.

Flavio Da Silva a été bon, à Donneloye. Il peut jouer partout, mais, dimanche, c’est comme latéral droit qu’il a été utilisé. Il a souffert face à Gaëtan Girardet, mais il est difficile de lui reprocher quelque chose. Si tout le monde avait été à son niveau, le FCD aurait pu repartir avec un point, ou trois. Mention bien à Jérôme Thomas, qui a ouvert la marque et a beaucoup couru. Il monte en puissance et c’est une bonne nouvelle pour Donneloye, car il « vaut » beaucoup mieux que ses six buts de la saison en cours.

Les prochains rendez-vous

Journée complète de 2e ligue dans quelques heures, le mardi 13 mai. Echichens se déplace à Coppet pour y affronter Terre Sainte II (6e), à 20h. Donneloye reçoit Payerne (1er), toujours à 20h.

Le plan-fixe

FC Echichens – FC Donneloye 4-2 (1-1)
Buts: 1re Thomas 0-1; 7e Ali Ramdan 1-1; 55e Ali Ramdan, pen. 2-1; 59e Kazangba 3-1; 85e Pache 4-1; 90e Flavio Da Silva 4-2, pen.
Arbitres: M. Matni, assisté de M. Rusch et de M. Aebi.

Echichens: D’Andrea; Sakiri, Gfeller, Cornut (85e Rapin), Deprez; Cardoso (72e Da Conceicao), De Benedictis, Nguyen, Girardet (77e Pache); Kazangba, Ali Ramdan.
Entraîneur: Alain Gendron.

Donneloye: Riond; Flavio Da Silva, Leuenberger, Burdet, Mercier (72e Durussel); Weber, Lambercier (72e Wurlod), Dériaz, Jäggi; Vallotton, Thomas.
Entraîneur: Walter Späni.

Notes: Terrain du Grand-Record.

Categories: 2e ligue

Auteur