Le FC Bursins-Rolle-Perroy la voulait plus

Le FC Bursins-Rolle-Perroy la voulait plus

« Là, ça devient dur… C’est la huitième défaite de suite, quand même. » Daniel Alvarez n’avait vraiment pas envie de sourire, assis sur le terrain synthétique du Croset. Son FC Ecublens s’est en effet incliné face à Bursins-Rolle-Perroy (0-2) samedi soir, sans réellement montrer de signe de révolte. Le plus inquiétant est peut-être là: on voit cette équipe se rapprocher d’un retour immédiat en 3e ligue sans se rebeller. Lui, Daniel Alvarez, a bien essayé de mettre un peu de vie, de hausser la voix, de mettre la pression sur Gajo Gajic, le très bon arbitre de cette rencontre. Personne ne peut lui reprocher son envie et sa volonté de gagner, une vertu que l’on n’a pas forcément vue de manière collective dans ce qui devait être un match abordable pour Ecublens.

Au final, le FC Bursins-Rolle-Perroy s’est imposé de manière parfaitement méritée et se donne de l’air au classement. Avec 11 points d’avance à 5 journées de la fin, le maintien est en bonne voie, même si la place de barragiste éventuel est encore une menace réelle.

Le FC BRP a eu les meilleures occasions de ce match de la peur et a eu le tort de ne pas les convertir. A cause de quoi? D’un très bon gardien déjà. Gian-Marco Tonso est un des meilleurs portiers de 2e ligue, mais il ne reprendra la compétition que dans deux semaines. Son remplacement est assuré par Jaime Martinez, qui fait mieux qu’assurer l’intérim. Déjà brillant selon plusieurs témoignages la semaine dernière à Champvent (défaite 2-1), il a été parfait samedi. Il s’est incliné deux fois? C’est vrai. Une fois sur une reprise à bout portant et une fois sur penalty. Sinon, il a été excellent et a évité aux siens une défaite plus large encore.

Deux équipes en manque de confiance

Bursins a donc remporté sa première victoire du deuxième tour et mis fin à une longue série d’insuccès. Après avoir perdu les cinq premiers matches de 2014, Giovanni Serratore et ses coéquipiers ont réussi deux nuls (Champvent et Pied du Jura) avant, donc, de s’imposer samedi. Autant dire que ce match opposait deux équipes pas du tout en confiance et privées de nombreux éléments. Jean-Paul Lamon a fait même entrer un fringant quarantenaire, Claude-Alain Bécherraz! Du côté d’Ecublens, Jean-Michel Perret était privé, en plus de Tonso, d’Olivier Paltenghi, Hervé Perret (suspendus), Julien Ray et Yvan Gaudioso (blessés) et cela s’est vu, notamment sur le plan offensif.

Ecublens: 0 occasion en première période

Robi Papadia était en effet seul, bien trop seul, pour espérer quelque chose au milieu d’une défense solide. Mattias Musco et Madjid Pallant ont des qualités certaines, mais ils avaient leur côté à défendre et l’absence d’un buteur comme Julien Rey ne peut pas être compensée aussi facilement. Une preuve? Ecublens ne s’est créé absolument aucune occasion en première période. Aucune. De la part d’une équipe qui doit absolument faire des points pour se sauver, on attendait plus d’enthousiasme, de prises de risques et de folie, mais le manque de confiance est visible. Il se sent, il s’observe. Jean-Michel Perret le sait bien: « Les absents? Cela n’excuse rien. Je ne vais pas me cacher là-derrière. On doit faire avec ceux qui sont là. »

L’ouverture du score d’Andreas Colsa, un joueur à suivre

Ceux qui étaient là, en première période, ce sont les joueurs de Bursins-Rolle-Perroy, dont on a bien vu qu’ils étaient là pour gagner. C’est bien simple: les visiteurs étaient supérieurs en tout. L’ouverture du score? Logique, de la part d’Andreas Colsa, qui reprenait du plat du pied à douze mètres pour offrir l’avantage aux visiteurs. A part ça? Rien, ou pas grand-chose. Ecublens était bien en place dans son 4-5-1, mais Bursins-Rolle-Perroy était la meilleure équipe. Meilleure maîtrise du ballon, meilleure circulation, plus d’impact dans les duels: le FC BRP, même sans parvenir à se créer d’immenses occasions, était bien dans sa partie et cela a dû faire plaisir à Jean-Paul Lamon.

Il n’est jamais inutile d’avoir un peu de mémoire

Après ce début d’année très compliqué sur le plan des résultats, il est toujours bon de constater qu’une équipe répond présent. Cela peut montrer plusieurs choses. Déjà, que le message du staff passe toujours, mais aussi que la confiance est là. Dans tous les clubs du monde se trouve un entourage qui a tendance à oublier ce qui a été fait hier. Dans un sens, c’est normal: dans le football, la seule chose qui compte est le prochain match. Mais il n’est jamais inutile d’avoir un peu de mémoire et de se rappeler pourquoi un club en est là où il en est. Voilà 16 ans que Jean-Paul Lamon dirige ce FC Bursins: ce ne sont pas cinq défaites qui doivent lui faire peur, ni remettre son statut en cause. Ses joueurs l’ont rappelé à tout le monde samedi soir, notamment au cours d’une première période très appliquée.

Ecublens a eu l’occasion de revenir grâce à un penalty

Le match aurait pu tourner en deuxième période. Pourquoi? Parce qu’il aurait été compliqué pour Ecublens d’être plus mauvais que lors des 45 premières minutes, déjà, mais aussi parce que Bursins s’est un peu déconcentré. Une faute de main a poussé M. Gajic à siffler un penalty logique pour les Jaune et Bleu. Robi Papadia a ainsi eu l’occasion d’égaliser, mais sa frappe passait à côté… Le genre de choses qui peut faire tourner une saison dans le bon ou le mauvais sens, malheureusement. Après ça? Deux immenses occasions pour Bursins, toutes deux pour Jérémy Gaberel. La première fois, Jaime Martinez réalisait un miracle (58e) et la deuxième fois, son tir puissant n’était pas cadré (73e).

L’occasion de rappeler que ce FC Bursins-Rolle-Perroy a la particularité de ne pas avoir de buteur attitré. Son joueur le plus prolifique, Anthony Provenzale (6 buts) est plutôt un joueur de couloir et les 32 buts inscrits par le BRP l’ont été par… 13 joueurs différents! Ecublens, par exemple, est bien plus dépendant de Robi Papadia (11 buts) et de Julien Rey (10 buts) pour quasiment le même nombre de buts marqués au total (30). Fatalement, la diversité est plus grande d’un côté, et samedi, cela s’est ressenti dans le jeu. D’un côté, le danger ne pouvait venir que sur coup de pied arrêté ou par Robi Papadia. De l’autre, le break aurait pu être fait par n’importe qui.

Bursins se crée les meilleures occasions en fin de partie

Le match s’animait alors, Ecublens jouant clairement mieux qu’en première période. Madjid Pallant passait tout près du 1-1, de la tête (80e), mais Andreas Colsa obtenait un penalty logique, en contre, de l’autre côté. Faik Ameti le transformait d’un petit ballon en panenka, qui trompait Jaime Martinez. 0-2, score final, malgré une belle frappe de Giovanni Serratore (claquette de Martinez, 84e) et une dernière double action pour Steeven Laugeois et Claude-Alain Bécherraz (90e). Au final, que ce soit au décompte des occasions ou dans l’attitude, Bursins-Rolle-Perroy décroche une victoire méritée, qui lui permet de prendre le large. Ecublens, de son côté, reste à quatre points du FC Orbe (battu 1-6 par Montreux). Le maintien est encore jouable, mais il va falloir vite retrouver une dynamique positive.

Ecublens doit vite retrouver un état d’esprit conquérant

Ce qui nous rend optimiste pour Ecublens? Le calendrier, tout simplement. Les cinq derniers matches vont opposer les hommes de Jean-Michel Perret à Pied du Jura, Benfica, Concordia, Bex et Orbe. Aucun cador du groupe, le mieux classé étant Pied du Jura (7e), qui accueillera donc Ecublens mardi à 18h45. Clairement, il y a des points à prendre. Et si tout se jouait lors du dernier match à la maison face à Orbe? Ce ne serait même pas chaud, ce serait brûlant. Sincèrement, on a envie d’y croire pour cette équipe d’Ecublens, néo-promue en 2e ligue, mais il va falloir retrouver vite fait un état d’esprit conquérant. On souhaite à Jean-Michel Perret de trouver les mots pour remobiliser son effectif: il a l’expérience pour le faire.

Perdre une bataille est une chose, et la lutte contre la relégation est faite de matches perdus. Rien de plus normal. Mais au final, ce sont les braves qui survivent. Bursins l’a été ce soir dans ce qui n’a pas été un grand match de football, mais une bataille (presque) à sens unique.

Les hommes du match

Du côté d’Ecublens, on va mentionner Jaime Martinez, bien sûr. Il a été excellent du début à la fin et Ecublens a de la chance de posséder deux très bons gardiens. L’ancien portier de Renens est une valeur sûre. Son match a été exemplaire samedi. Un autre joueur à mettre en avant? Mis à part le penalty provoqué, où il n’a pas eu de chance, on a aimé le match de Samuel Heredia. Le Brésilien a une bonne technique et un certain goût pour les duels. Il a souffert, comme toute son équipe, mais s’en est relativement bien sorti à notre avis.

A Bursins, gros match d’Andreas Colsa. Quel joueur! Ses accélérations ont déchiré la défense d’Ecublens et sa technique est idéale pour le synthétique. Il a fait de très bons appels et a beaucoup couru. Ce jeune homme a du talent, c’est sûr. Christophe Schär mérite également une mention pour son activité à mi-terrain et la justesse de ses choix. Une belle vision du jeu, le bon geste au bon moment et un calme intéressant même lorsqu’il est mis sous pression: on a aimé sa prestation.

Les prochains rendez-vous

Journée complète de 2e ligue mardi 13 mai. Ecublens se déplace à Apples y affronter Pied du Jura (7e) « de jour ». Coup d’envoi à 18h45. Bursins recevra Benfica (10e) à 20h15 au Stade de la Perrausaz. Un pas de plus vers le maintien?

Le plan-fixe

FC Ecublens – FC Bursins-Rolle-Perroy 0-2 (0-1)
Buts: 29e Colsa 0-1; 80e Ameti, pen. 0-2.
Arbitres: M. Gajic, assisté de M. Abadzic et de M. Sop Tella.

Ecublens: Martinez; Heredia, Stoller, Alvarez, Nidegger; Farinato, Luyet, Charbonnet; Musco (63e Longo), Papadia, Pallant.
Entraîneur: Jean-Michel Perret.

BRP: D. Lamon; Chakoua, G. Gaberel, Froelicher, Tissot; Provenzale (78e S. Laugeois), Schär, Serratore, J. Gaberel (83e J. Gaberel); Colsa, Ameti (86e Bécherraz).
Entraîneur: Jean-Paul Lamon.

Notes: Centre sportif du Croset.

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