Fabio Celestini va avoir du travail

Fabio Celestini va avoir du travail

Tout a été dit, tout a été consommé à la 90e, lorsque Thomas Castella a offert le ballon à Michael Frey, qui a marqué le 7-2 dans le but vide. Evidemment, ce but n’a aucune incidence comptable, mais il illustre parfaitement le naufrage défensif des Lausannois ce samedi au Stade de Suisse: ils ont offert la victoire à Young Boys, rien de moins. A l’heure de l’analyse, Fabio Celestini a refusé de pointer sa défense du doigt (« Il n’y a pas que ce secteur de jeu qui a posé problème du côté de Lausanne aujourd’hui ») et il avait bien sûr raison: la défaite a été collective, mais elle a surtout été le fruit d’erreurs individuelles flagrantes. YB et sa force offensive, symbolisée par un grand Yoric Ravet, n’avait pas besoin de ça.

Jouer, c’est prendre des risques

Lausanne, c’est important, est resté fidèle à ses principes de jeu: sans eux, le LS ne serait pas en Super League aujourd’hui. Fabio Celestini l’a toujours dit: aller au Stade de Suisse, au Parc Saint-Jacques ou au Letzigrund pour tenir le 0-0 le plus longtemps possible et grappiller un point de temps en temps ne l’intéresse pas. La progression de ses joueurs doit passer par le jeu. Cela, tout le monde l’a assimilé: mais essayer de produire du jeu de qualité présente des risques, lorsque cela est mal fait. Et ce samedi, Lausanne a été tout simplement trop imprécis dans la construction de ses actions et dans ses relances.

Deux relances atroces pour le 2-0 et le 3-0

Cela s’est vu sur le 2-0 et sur le 3-0, deux actions absolument incroyables lors desquelles les Vaudois avaient le ballon dans les pieds dans leurs quinze derniers mètres. A chaque fois, les défenseurs vaudois ont relancé directement sur un Bernois, avec mention spéciale de maladresse à Marcus Diniz pour le 3-0. « Lorsqu’on essaie de jouer, il faut de bonnes performances individuelles et de la justesse dans les choix. Deux choses qui n’ont pas bien fonctionné aujourd’hui », relevait Fabio Celestini.

Lausanne, au moins, joue au football

YB, qui avait marqué le 1-0 sur hors-jeu (coup-franc de Yoric Ravet et reprise de Guillaume Hoarau, 2e), a été bon, c’est vrai, mais Lausanne a eu sa chance. Nicolas Gétaz a eu la balle du 1-1, mais l’a inexplicablement mise à côté (11e). Après cela? Un match très vivant, lors duquel le LS a fait bonne figure dans le jeu, mais s’est rendu coupable d’erreurs défensives qui ne pardonnent pas à ce niveau. Cela ne change rien à ce que l’on a écrit les dernières semaines: ce Lausanne-Sport, si offensif, si enjoué, est une chance pour la Super League. L’équipe de Fabio Celestini apporte un souffle nouveau, une bouffée d’air frais et on le pense toujours après une claque comme celle-ci.

« Une base de travail » pour Fabio Celestini

Simplement, les Vaudois doivent impérativement continuer à progresser, dans la lignée de ce qu’ils ont fait depuis l’arrivée de Fabio Celestini. Depuis le début de la saison de Super League, on a à chaque fois vu une amélioration d’un match à l’autre: ce n’est pas un hasard, tant l’exigence de Fabio Celestini est grande. Alors, cette semaine, il va falloir tirer les leçons de cette grande défaite et préparer au mieux le déplacement à Lugano et la réception du FC Vaduz, deux concurrents dans la lutte pour le maintien. Personne ne s’y trompe, l’objectif de la saison du LS est là et ce n’est pas une défaite, même avec sept buts encaissés, qui doit y changer quelque chose. « Perdre 7-2 ou 1-0 dans ce championnat, cela ne change pas grand-chose. Par contre, le fait qu’YB nous ait fait aussi mal, c’est une bonne base de travail. On va regarder le match, l’analyser et voir où on doit progresser », promettait Fabio Celestini. On lui fait confiance: jusqu’à aujourd’hui, cela a toujours été le cas.

Adi Hütter: « On a essayé de trouver les solutions »

Faut-il dès lors considérer ce match comme un accident de parcours? Sans doute, oui, car il ne s’agit en tout cas d’un coup d’arrêt. Si Lausanne avait refusé le jeu et s’était fait transpercer, alors là, on serait un peu plus inquiets. Mais le LS a joué, a tenté, a parfois privé les Bernois de ballon et n’a jamais changé son style de jeu. Par contre, ce qui est un peu plus inquiétant et en même temps normal, c’est que les adversaires des Vaudois pourront s’inspirer de ce qu’a fait YB ce samedi après-midi. Adi Hütter, l’entraîneur d’YB, l’a avoué: il avait très bien préparé ce match. « Lausanne est une équipe qui joue très bien. Fabio Celestini veut ça et ça se voit, le football que le LS propose est soigné. On a vu les matches précédents, on les a étudiés. Alors, on a essayé de trouver les solutions. On a fait du pressing et on a profité de leurs erreurs », a relevé l’Autrichien. La réaction de Fabio Celestini? « C’est bien. Ça prouve qu’il nous a respectés. YB a pris Lausanne au sérieux, quelques jours après un match de Champions League. Je trouve que c’est bien. »

Des erreurs individuelles, pas un problème tactique

C’est sûr, Young Boys n’a pas pris ce match à la légère et a trouvé des solutions pour faire mal au 3-5-2 vaudois, mais cela ne veut pas dire que le système soit mauvais, bien sûr. La défaite de ce samedi n’est pas due à des soucis tactiques, loin de là, mais bien à des erreurs individuelles flagrantes. Cela se corrige, heureusement. Ce que l’on ignore, ce sont les répercussions morales que peut avoir une telle gifle. Peut-elle faire mal dans les têtes? Normalement, non. On trouverait étonnant qu’une claque, aussi grande soit-elle, efface tout ce qui a été fait de bien ces derniers mois. Le LS, depuis une année, a des bases solides sur lesquelles s’appuyer. Car ce Lausanne-Sport est l’exact contraire d’un colosse aux pieds d’argile: il a les pieds solidement ancré dans la terre, les fondations sont là. Mais il doit encore grandir.

Les hommes du match

Benjamin Kololli a été, à notre avis, le meilleur Lausannois ce samedi. Face à son ancien club, il a énormément percuté sur le côté droit et a été constamment dangereux. Il peut être fier de lui et de sa prestation. Thomas Castella a sorti quelques ballons chauds en première mi-temps. Enfin, Pak Kwang-Ryong a fait une bonne entrée, avec un joli but à la clé.

Categories: Football d'élite

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