Exemplaire, Cossonay se donne le droit de rêver encore aux finales

Exemplaire, Cossonay se donne le droit de rêver encore aux finales

Ils s’y sont essayés, mais le cri de guerre final du FC Cossonay avait nettement moins d’allure que celui lancé par Ronald Mayingila dans les vestiaires de Vallorbe-Ballaigues il y a dix jours. Au fond, peu importe: la joie, la bonne humeur, l’esprit d’équipe et la satisfaction d’avoir sèchement battu un adversaire direct, en clair l’essentiel, était là, dans cette célébration. Puisque, effectivement, avant cet épisode, c’est avec la manière que le FCC a disposé d’un FC Rances, pourtant 2e du groupe 4 de 4e ligue, grâce, notamment, à un triplé de Jonathan Posse. Non, ce FC Cossonay n’a pas dit son dernier mot dans la course aux finales!

Le FCC n’avait pas le droit à l’erreur

«Celle-là, elle leur fait vraiment plaisir! On a connu un début de second tour pourris, avec ce 3-3 contre Vaulion, qui nous reste toujours en travers de la gorge. Pourtant, on entend de partout qu’on a une équipe de qualité, qui a les moyens de faire mieux. Alors, on se devait de réagir, et on l’a très bien fait ce soir, avec, à la clé, une victoire qui compte et sur laquelle on pourra s’appuyer». C’est un Laurent Dupuis heureux, et un peu soulagé, aussi, qui s’est longuement penché sur la situation actuelle de son équipe après le match. Il faut dire que le coach était, mieux que personne, informé sur la délicatesse du classement avant d’affronter Rances. S’il perdait ce soir, c’en était définitivement fini des espoirs de rallonger son championnat de quelques semaines, le temps de disputer les finales. Le FC Rances ayant la main sur le second ticket pour y accéder actuellement, une défaite ce soir et Fabien Schoch et compagnie auraient compté 15 points de retard sur la barre. Un gouffre!

8 minutes et Martin Perez ouvre le score

Désireux de plutôt passer cet écart à 9 unités, qui plus est avec deux matches à jouer, les hommes de Laurent Dupuis ont immédiatement démontré une énorme envie de jouer vers l’avant, de ne pas tergiverser avec le ballon. Une envie qui n’a eu besoin que de huit minutes pour se traduire en but. À la baguette? Martin Perez, qui n’a eu besoin de personne pour l’aider dans sa tâche. L’ailier droit s’emparait du ballon, se positionnait sur son pied gauche et décochait une frappe enroulée qui ne pouvait qu’être accompagnée dans ses buts par Damien Seiler. Et dire que des quatre, ce n’était peut-être même pas le plus beau…

Jonathan Posse, une fois avant le thé…

«C’est vrai qu’on n’a pas trahi notre football, admettait l’homme fort du FCC. Jouer vers l’avant, en permanence, c’était l’objectif. Mais on savait aussi que, lorsqu’on joue tout pour l’attaque, on n’est pas bons. Alors on a été prudents, on les a attendu à 30 mètres, pour ensuite partir rapidement en contre». C’est, effectivement, en contre que les locaux se sont créés leurs plus nettes possibilités. Mais Jonathan Posse, lui, n’a pas eu besoin de cela pour signer le premier de ses trois buts ce soir. Il s’est «contenté» d’une remise très approximative de la charnière centrale pour reprendre de volée un ballon qui n’avait pas grand chose à faire en sa possession. Magnifique! Et, là encore, Damien Seiler ne pouvait que constater l’ampleur des dégâts…

Pas la soirée du FC Rances

Séduisant de lucidité, Cossonay était tout de même extrêmement bien payé en arrivant aux vestiaires avec deux buts d’avance. Pour être précis, on a dénombré cinq occasions nettes pour les locaux, et au moins autant pour les visiteurs, qui auraient même pu bénéficier d’un penalty, voire deux, ce qui avait le mérite d’amuser Laurent Dupuis, qui comprenait que les éléments étaient réunis pour que ses hommes renouent avec la victoire. Les chances de buts ne faisant pas tout, ajoutons également que, dans le jeu, les deux formations étaient tout aussi proches. Las pour une équipe qui doit réellement faire des étincelles quand les choses ne tournent pas aussi vite aussi mal, ce n’était vraiment pas la soirée du FC Rances. Tafil Hoti touchait même du bois en début de seconde période, voyant sa frappe détournée par le haut de la transversale.

… deux fois après

La suite? Assez naturellement, les hommes de Sébastien Guex se sont frustrés, ne parvenant pas à réduire l’écart et nous gratifiant d’un ou deux coup-francs tirés aussi fort et aussi loin que possible dans le champ qui prolonge le magnifique terrain En Marche, où se déroulera la finale de la Coupe Vaudoise le 15 mai prochain. La convaincante équipe de la première mi-temps avait laissé place à une équipe terne, sans envie ni révolte, laissant tout l’espace nécessaire à ses adversaires pour enfoncer le clou. Le buteur, Jonathan Posse, l’avait bien compris, et ne se faisait pas prier pour passer le score à 4-0 en tout juste deux minutes. Par deux fois parfaitement servi, respectivement par Julien Fischer puis Fabien Schoch, on pouvait apprécier tout le sang-froid devant le but de celui qui, en l’absence de Nicolas Bapst, serait l’aîné de cette équipe du haut de ses 28 printemps.

Brian Miola va pouvoir dormir sur ses deux oreilles

Un triplé qui n’a, probablement, pas satisfait uniquement son auteur. Ou, autrement dit, qui a fait les affaires de tout le monde au FCC, mais sûrement un peu plus celles de Brian Miola. Par trois fois, l’ailier gauche s’est, en effet, retrouvé seul face au portier Damien Seiler. Alors que son coéquipier, Martin Perez, venait d’ouvrir le score, il manquait une première fois son face à face avec le gardien. Deuxième tentative, le score affichant toujours 1-0, et deuxième échec pour l’ailier espagnol, pourtant totalement seul les deux fois. Après la pause, une ultime chance de vaincre la malédiction s’offrait à lui, encore absolument seul face à Seiler. Mais Brian Miola manquait à nouveau, tirant à trois reprises en plein sur son vis-à-vis. Un dernier raté qui lui valait de s’attirer les foudres de son coach, franc-fou sur ce coup-là, et les moqueries, sympathiques, de ses coéquipiers, à coup de: «Tu vas finir par en rentrer une, ou…?». Bref, heureusement pour lui, la victoire finale, dans laquelle il a tenu un rôle important, malgré tout, ne souffre d’aucune contestation.

Il n’y a pas le feu à Rances, mais…

Malgré la défaite, le FCR, lui, possède toujours quatre points d’avance sur la troisième place, mais désormais deux matches en plus que ses deux poursuivants, Montcherand (29 points) et Cossonay (24). S’il n’y a pas le feu au lac, la troupe de Sébastien Guex ne pourra, cependant, pas se permettre de rééditer une telle performance. Surtout pas dans l’attitude, où celle-ci a totalement lâché prise à l’entame du dernier tiers de la partie. À côté de ça, cette équipe a aussi montré un visage beaucoup plus convaincant en première période, on l’a dit, où elle méritait mieux que ce sévère 2-0 par rapport à ce qu’elle a proposé, on l’a dit aussi. Si le FC Rances est encore deuxième à l’heure actuelle, c’est qu’il y a une raison. Et la raison, c’est que cette équipe sait jouer au ballon et marquer des buts, elle n’est pas la meilleure attaque du championnat (et de très loin) pour rien. Il faudra simplement rapidement tirer un trait sur cette lourde défaite et repartir avec un état d’esprit rafraîchi et retrouvé. Ça tombe bien, un certain Orbe II – FCR est programmé au dimanche 8 mai. Et il n’y aurait pas mieux qu’une victoire face au leader du groupe pour totalement se relancer et oublier cette déconvenue.

Cossonay peut encore le faire

Avec une équipe jeune (entre 22 et 23 ans de moyenne d’âge), qui possède encore une belle marge de progression et qui n’a pratiquement pas changé depuis trois saisons, ce FC Cossonay prouve, de son côté, qu’il faudra bien compter sur lui dans la lutte aux finales. Si les garçons de Laurent Dupuis gagnent leurs deux rencontres en retard par rapport à Rances, alors ceux-ci pourraient revenir à trois longueurs, avec encore cinq matches au programme par la suite. Une situation que l’entraîneur aimerait bien que ses joueurs réalisent: «Oui, nous sommes toujours dans la course. Maintenant, il ne tient qu’à l’équipe d’en prendre conscience. J’ai l’impression qu’il nous manque un peu de motivation… Enfin, c’est leur caractère, ils sont également comme ça dans la vie. Mais ils doivent se rendre compte qu’on peut le faire. Souvent, je dois leur répéter que le match du week-end, c’est la récompense des entraînements effectués la semaine, que c’est le «su-sucre», et c’est un peu pareil dans le cas des finales. Comme je vous l’ai dit, c’est leur mentalité, c’est ainsi».

Si la première place semble bel et bien promise au FC Orbe II, il est absolument vrai qu’il ne tient qu’au FCC de venir se mêler à la seconde place qualificative et d’ainsi créer une lutte à trois pour celle-ci. Avec des prochains affrontements face à Valmont IB puis Venoge II, deux formations de seconde partie de tableau, puis un déplacement chez le leader, Cossonay a toutes les cartes en main pour bien faire. Et en fonction de ce qu’on a vu ce soir, on ne peut que s’attendre à une fin de championnat tonitruante de leur part.

Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Cossonay reçoit Valmont IB ce dimanche à 17h. Rances se déplace chez le leader, Orbe II, le dimanche 8 mai à 15h.

FC Cossonay – FC Rances 4-0 (2-0)

Buts: 8e Perez 1-0; 35e, 60e et 62e Posse 4-0.

Arbitre: M. Taoufik Hatimi.

Cossonay: Becher; Schwab, Tiago Da Silva, Bapts, Fischer; Schoch, Charbonnet, Gacond, Perez; Posse, Miola.

Sont entrés en jeu: Helio Alves, Prado, Mas Mompie et Mayoraz..

Entraîneur: Laurent Dupuis.

Rances: Seiler; Jaccard, Osti, Dakaj, Ait Dani; Bochud, Milton Pereira, Clausen, Helder Gomes; Hoti, Dreher.

Sont entrés en jeu: Wieland, Bischof, H. Zeni et Hügli.

Entraîneur: Sébastien Guex.

Cossonay.

Categories: 4e ligue, FC Cossonay

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