Et maintenant, il faut gagner au Locle, messieurs!

Et maintenant, il faut gagner au Locle, messieurs!

Si nos calculs sont bons, le FC Thierrens, qui avait fait 33% du chemin qui le sépare du maintien après sa brillante victoire face à Béroche-Gorgier, en est désormais à 66%. Un peu plus, même, après la démonstration réalisée contre La Tour/Le Pâquier hier soir? Non, malheureusement pour les Thierranais, pas du tout même, Echichens s’étant imposé dans le même temps à Colombier et Farvagny ayant arraché un point face au Stade Payerne, tout en restant discipliné et en n’abusant pas des cartons jaunes. Ce que cela signifie? Le FCT possède encore son destin en main, ce qui est la très bonne nouvelle du week-end, mais les pensionnaires du Marais devront aller chercher trois points, à tout prix, au Locle samedi prochain (18h). Une victoire et le maintien est dans la poche, un tout autre résultat et la 2e ligue inter devra assumer une perte majeure, celle d’une équipe possédant la 4e attaque et la 6e défense de son groupe, tout en occupant… la 12e place.

12 buts en deux matches…

Oui, les statistiques récentes du FCT sont impressionnantes. En un mois, la première équipe a fracassé Farvagny/Ogoz 6-1, Béroche 7-0 et La Tour/Le Pâquier 5-0, tout arrachant un point contre le troisième, Bulle, et en passant tout près de l’exploit contre le champion, La Sarraz-Eclépens. Une ombre au tableau? Une seule, cette défaite, 3-2, face à Grünstern, à la fin du mois d’avril. De loin pas suffisant pour noircir le bilan d’une formation qui n’a rien, mais alors vraiment rien, d’un relégable. «On a prouvé, une fois de plus, qu’on avait les capacités de poursuivre notre aventure en 2e ligue inter. Vous avez bien vu le match après tout, tout comme moi. Il n’y a rien à ajouter… Désormais, les joueurs arrivent sur le terrain la tête haute, en sachant que, sur le banc, ils ont sept camarades au moins aussi motivés qu’eux, prêts à tout donner s’ils doivent entrer. On l’a dit et répété, mais l’atmosphère dans ce club est incroyable. J’avais 20 joueurs à ma disposition pour ce match, il fallait en garder 18. Immédiatement, deux se sont proposés pour aller aider la «II», même si ça signifiait qu’ils ne pourraient pas être là aujourd’hui», confiait Guy Favre, entraîneur principal en l’absence de Jean-Benoît Schüpbach. Le plus frappant dans les propos du technicien thierranais? En discutant une bonne dizaine de minutes avec nous, pas une fois ce dernier a mentionné une éventuelle relégation, ni même le spectre d’une défaite samedi prochain, au Locle. À Thierrens, tout le monde y croit, et se donne les moyens d’y croire.

… 8 buteurs différents!

Les moyens? Ils se nomment, notamment, Nelson Longo, Yoann Braun, Jonathan Roder, Jérôme Ruch, Cyril Dufey, Thibaud Chevalley, Rui Pinto ou encore Loïc Gurtner. Cela fait beaucoup? Peut-être, mais c’est un déchirement, malgré tout, de ne pas inclure davantage de noms à cette liste. Ces huit garçons ont, toutefois, la particularité d’avoir chacun marqué au moins un but lors des deux derniers matches. «Une grande satisfaction, qui en dit long sur l’état d’esprit de cette équipe», apprécie Guy Favre. Bien sûr, il y a Nelson Longo (trois goals), ainsi que Jérôme Ruch (deux), comme fers de lance de l’offensive du FCT. Mais, derrière, n’importe qui est capable de venir leur prêter main forte. Au Marais, on partage tout. Tout le monde défend, tout le monde attaque. Une preuve de plus, si besoin était, de l’état d’esprit exemplaire de ce groupe.

Thierrens se nourrit du moindre événement positif

Face à La Tour/Le Pâquier, déjà tiré d’affaire concernant le maintien, il y a eu match… une mi-temps. On a un peu craint pour les hommes de Guy Favre dans les premiers instants, ceux-ci semblant avoir un peu de peine à rentrer dans la partie et les visiteurs mettant le feu dans la défense, à la 10e. Pas de tir à proprement parler, mais une grosse frayeur pour Thierry Curty, qui aurait tout aussi bien pour voir ce ballon, dans une immense cafouillage, finir au fond de ses filets. Thierrens a, cependant, parfaitement su laisser passer l’orage, prenant petit à petit l’ascendant sur les débats. Sa première possibilité? Un taquet du milieu de terrain de l’impérial Dionys Burdet, qui forçait le dernier rempart fribourgeois à la claquette. Lorsqu’on vous dit que la faille peut être trouvée par n’importe lequel de ces joueurs… Il n’en fallait pas plus pour voir pousser des ailes sur le dos des Thierranais. Des ailes qui permettait à Nelson Longo de partir affronter seul Nicolas Grivot, le portier de La Tour, et de faire exulter les fidèles du Marais (33e). Il se dégage comme une impression que ce FCT est capable de se nourrir du moindre événement positif. Au premier signal fort en sa faveur, la machine «rouge» se lance et devient quasiment inarrêtable. Yoann Braun ne dira sûrement pas le contraire, lui qui doublait la mise juste avant le thé, en reprenant un ballon relâché par le portier adverse, suite à l’excellent débordement de Jérôme Ruch (45e).

Le FCT a pris l’habitude de donner de l’allure au score

Au retour des vestiaires, même combat. Les visiteurs ont pressé durant cinq minutes, permettant au très bon Thierry Curty de se mettre en évidence et de participer, également, à la fête. Puis, Thierrens a, à nouveau, pris le dessus sur son adversaire. Extrêmement sereins, malgré l’enjeu, les locaux se sont implantés dans la moitié de terrain adverse, si loin de leurs cages qu’on ne craignait même pas vraiment un retour fribourgeois. En guise d’élément positif, il y a eu cette expulsion, attribuée sans la moindre hésitation par le trio arbitral lucernois de la partie. 300 secondes plus tard, en supériorité numérique, Jérôme Ruch plantait le 3-0 (77e), avant que Jonathan Roder (84e) et Cyril Dufey (86e), de magnifique manière les deux fois, donnent encore un peu plus d’allure au score. Thierrens en a pris l’habitude et cela ne déplaît à personne au Marais.

De la pression? Quelle pression?

La donne, elle est bien connue dans le Jorat: neuf points dans les trois dernières rencontres, sinon rien. Les résultats d’Echichens et de Farvagny l’ont confirmé, sans une victoire thierranaise ce samedi, il en était fini des espoirs du club. De quoi mettre la pression sur les joueurs de Guy Favre et Jean-Benoît Schüpbach? Pas une seconde! Les onze titulaires sont arrivés sereins sur le terrain, ou c’est, du moins, l’impression qu’ils nous ont donné. Sur le banc? On rigolait, se moquant même parfois des ratés des coéquipiers engagés au front. Dans le public, quelques: «Ils font quoi, Echichens? Pis Farvagny? Ils gagnent? Fait ch***!» sont arrivés jusqu’à nos oreilles. Mais quoi de plus naturel lorsque que le club qu’on aime joue sa survie?

«C’est vrai, confirmait le coach, les gars ont montré beaucoup de sérieux et de sérénité dans le jeu. Jamais on n’a balancé le ballon devant pour gagner du temps, on a joué notre football, comme on sait si bien le faire. C’est aussi ce qu’on a pu apporter à ces garçons, avec Jean-Benoît, depuis notre arrivée. On a essayé de leur faire retrouver confiance en eux, de les remotiver, eux qui avaient la tête basse. Encore une fois, nous ne sommes pas inférieurs aux autres équipes de bas de classement, on a prouvé qu’on avait le niveau pour évoluer dans cette ligue».

Une ambiance chaleureuse, mais peu de monde au Marais

Et alors, déçu d’avoir vu si peu de monde autour du terrain ce soir, coach? «Pas vraiment, c’est même plutôt normal, en fait. On arrive à la fin du championnat, il ne faisait pas forcément un super temps pour assister à un match, la «II» jouait quasiment en même temps et il y avait l’équipe de Suisse juste avant. On a essayé de faire un truc sympa avec nos juniors qui nous ont poussé pendant le match et, sinon, il y avait les fidèles. C’est tout ce dont nous avons besoin!».

C’est vrai que la sorte de haie d’honneur réalisée par les juniors à l’entrée des deux équipes sur le terrain, leurs encouragements et tentatives adorables de lancer des chants pendant la partie et les retrouvailles avec toute l’équipe, qui venait de s’imposer avec brio, après le match pour reprendre la fameuse chanson de célébration des Thierranais, nous ont rappelé ce qui faisait du FC Thierrens un club à part. Reconnaissons, tout de même, qu’on aurait apprécié voir un peu plus de monde autour du terrain pour le dernier match de la saison au Marais. Ils devaient être une centaine, à peine plus, ce samedi soir. Dommage, quand l’équipe fanion joue sa survie et enchaîne les matches couperets. C’est vraiment le seul, léger, reproche qu’on peut émettre quant à ce match.

Et maintenant, il faut aller gagner au Locle!

Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Samedi prochain, à 18h, au Locle. La mission est claire.

FC Thierrens – FC La Tour/Le Pâquier 5-0 (2-0)

Buts: 33e Longo 1-0; 45e Braun 2-0; 77e Ruch 3-0; 84e Roder 4-0; 86e C. Dufey 5-0.

Arbitres: M. Benjamin Eggerschwiler, assisté de M. Jan Schmidiger et de M. Marco Matafora.

Thierrens: Curty; Gurtner, Pasche (80e C. Dufey), Burdet; Braun, Roder, Freymond (68e Chassot), Chevalley; Rui Pinto (75e G. Dufey); Ruch, Longo.

Entraîneur: Guy Favre (Jean-Benoît Schüpbach avec l’équipe de Suisse).

La Tour: Grivot; Michael Monteiro, Asaj, Millasson, De Jesus; Haziri, Pasquier, Mario Monteiro (20e Kazadi, 53e Masungi), Ramabaja (76e Xhemajli); Islami, Puertas.

Entraîneur: Patrick Catalao.

Terrain du Marais. 72e, expulsion de De Jesus.

Categories: 2e ligue inter

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