Esprit guerrier, esprit combier

Esprit guerrier, esprit combier

Bill Muirhead a passé 90 minutes à s’enthousiasmer à chaque action de son équipe et on peut l’avouer: on aurait adoré avoir un président comme lui sur le banc de touche lorsqu’on était joueur. Toujours positif, à la limite de l’excès, le moins que l’on puisse dire est que le boss du FC Vallée de Joux (entré en fonction en septembre 2015) dégage une belle énergie. Cela se voit sur le terrain, cela se sent. A la fin du match et cette belle victoire 2-5 sur le terrain du FC Baulmes, les joueurs et lui se sont réunis au centre du terrain pour hurler un très joli « Esprit guerrier, esprit combien », qui prend tout son sens quand on connaît les conditions particulières du club du Sentier, un peu isolé sur la carte du canton de Vaud.

Le Sentier jouait dans toute la Romandie

Le FC Vallée de Joux est un peu à part, c’est sûr, mais il est surtout un club historique du football vaudois. A l’époque, le FC Le Sentier s’en allait batailler en 2e ligue dans toute la Romandie et les anciens se rappellent des batailles livrées sur les terrains genevois notamment. Depuis, il y a eu la fusion, le football suisse a changé et le FCVJ est toujours quelque part entre la 3e et la 4e ligue, sans pouvoir espérer mieux. Il y a de bonnes idées, des possibilités de boulot pour les joueurs grâce aux puissantes entreprises établies dans une des plus belles régions de Suisse, mais il n’y a pas de volonté forte de s’intéresser au football, ni d’investir particulièrement dans ce domaine. Le club survivait, voilà tout. Et puis, Bill Muirhead est arrivé.

Quatre axes de progression

Calmons tout de suite les ardeurs: non, il n’est pas un mécène prêt à mettre des millions dans le club, même s’il travaille dans la finance. Bill Muirhead est plutôt un entrepreneur, un homme qui veut s’appuyer sur les ressources locales pour faire grandir le club. Il a identifié, avec son comité, quatre points à faire progresser: les effectifs (notamment juniors et féminins), les infrastructures (terrain synthétique?), les finances du club, ainsi que l’esprit du club. Ce fameux esprit guerrier, esprit combier, qui sera mis en valeur lors du centenaire du club, en 2018. D’ici-là, Bill Muirhead et son staff ont du boulot, car ces quatre points-là doivent progresser chacun en parallèle, afin de solidifier l’entité Vallée de Joux dans son ensemble.

Un président « à l’anglo-saxonne », très positif

Pourquoi on aime ce projet? Parce qu’il ne mise rien sur le sportif. Le FCVJ veut gagner chaque match, mais sans tout chambouler et sans créer une première équipe artificiellement forte. Du Brassus au Sentier, on veut construire pas à pas, sous l’impulsion d’un président « à l’anglo-saxonne », passionné et très positif dans sa communication.

Ramener un peu de fierté

On a ainsi un peu souri lorsque le boss, quelques secondes après la victoire à Baulmes, a accepté de nous parler du match. Ses premières paroles? « Ecrivez plusieurs fois que je suis très content des gars. Ils ont été parfaits. Il faut insister là-dessus ». On a compris, Sir. Après des années passées un peu en marge, sans grand résultat, le FC Vallée de Joux veut se montrer positif et ramener un peu de fierté à ses joueurs. C’est bien vu, évidemment, et cela peut contribuer à faire changer quelques mentalités, peut-être un peu trop étriquées. Cela a d’ailleurs été un gros axe de travail pour Bill Muirhead après les deux défaites d’entrée dans ce nouveau championnat.

« On a bossé le mental »

« Ok, on a perdu contre La Sarraz-Eclépens II et Grandson II. On menait 2-1 dans le premier match, on perd 2-4. Et alors? On n’était pas prêts physiquement, tout le monde le sait. Alors, depuis ces deux défaites, on a travaillé physiquement bien sûr, mais surtout, on a bossé le mental. J’ai insisté comme un fou là-dessus cette semaine et ça a marché », continue le président, dans un français absolument parfait. En clair, « think positive », « fight on the pitch » and « win the game ». On aime. Et apparemment lui aussi, vu la passion avec laquelle il a célébré chaque but de son équipe, un 2-5 face à Baulmes en 3e ligue un vendredi soir devenant un but vainqueur en demi-finales de Champions League, ou pas loin. Et franchement, ce n’était pas déplacé, parce que c’est exactement ce dont a besoin le FC Vallée de Joux pour exister et s’imaginer un avenir.

Un triplé pour Devad Muminovic

D’ailleurs, on a beaucoup parlé du président, mais les Combiers ont quelques jolis joueurs. On a souvent dit du bien de Carlos Roca Roig, et on persiste: le jeune Espagnol a du talent. Devad Muminovic a inscrit un très joli triplé ce vendredi et ce joueur-là est aussi à suivre, bien sûr, mais plus qu’un joueur en particulier, c’est le collectif qu’on a envie de mettre en valeur. Même lorsque Bojan Minic a inscrit le 1-2, Anthony Magnin et ses coéquipiers n’ont pas paniqué. Et même quand le même Minic a marqué le 2-3 sur penalty, La Vallée a refait la différence derrière. Solide dans les têtes.

Un FC Baulmes décimé

Il faut le dire, pourtant, ce FC Baulmes était diminué. « Il nous manque sept joueurs », peste Julien Cuérel, président… inscrit sur  la feuille de match! Malheureusement pour ses supporters, le syndic et député de Baulmes n’a pas eu à entrer en jeu, mais le FCB, qui pensait passer une belle saison après un été réussi sur le marché des transferts, galère un peu en ce début de saison.

Deux très bons gardiens, tous deux blessés

« On a deux bons gardiens, Antony Cornu et Benjamin Bühler. On se disait que ce serait une force par rapport aux autres équipes de 3e ligue, mais les deux sont blessés », fulmine le président. Depuis le début du championnat, Eddy Guignard et Arber Sylejmani ont dû aller aux buts, Baulmes ayant instauré un tournus pour pallier les défections de ses gardiens, Résultat, Sergio Pinto a dû aller aux buts, lui qui est plutôt à l’aise pour faire des petits ponts à mi-terrain. Forcément, le Portugais n’est pas un gardien de premier plan, même si sa responsabilité est moins engagée que celle de ses défenseurs sur les cinq buts. Les Combiers ont envoyé des frappes inarrêtables, mais on regrettera peut-être le 0-2, qui a énervé pas mal de monde à Sous-Ville.

L’erreur défensive ne pardonne pas

En résumé? Nelson Lupede est un très bon défenseur, très costaud dans les duels et très autoritaire. Mais dans l’axe, il y a des choses à ne pas faire. Ainsi, quand en première mi-temps, il a enchaîné deux « double-roulettes » à la Zidane et a relancé très proprement derrière, tout le monde a applaudi. Maîtrise technique, prise de risque, exécution parfaite. Bravo. Mais on s’est dit dans un coin de notre tête, quand même, que c’était un peu gonflé et que ce n’était pas un geste à faire dans ses seize mètres, par exemple. Manque de bol, c’est exactement ce qui s’est passé à la 60e, lorsque le défenseur central a voulu faire à peu près la même chose à douze mètres de ses buts, vers le point de penalty. Devad Muminovic avait tout compris, a récupéré le ballon facilement et mis un plomb sous la latte de Sergio « Peixe » Pinto. On a bien regardé Stéphane Vidmer à ce moment-là et il n’y a pas besoin d’être un grand psychologique pour savoir quelles pensées ont traversé l’esprit de l’entraîneur du FC Baulmes à ce moment-là.

Pas le début de saison espéré, mais il y a une explication

Baulmes, qui évoluait notamment sans Alex Melo, son très bon avant-centre (blessé au talon) ni son très fin milieu de terrain Loïc Vanetta (suspendu), n’avait pas les armes offensives pour espérer mieux. Et quand on prend cinq buts, difficile de toute façon de prétendre prendre un point… Le FCB compte désormais un point en trois matches et a été éliminé de la Coupe par le FC Champvent, ce qui n’est pas exactement le début de saison espéré. « On pensait passer un championnat sympa, mais là, on est partis pour galérer un peu », grince Julien Cuérel. Patience, président: d’ici quelques jours, tout le monde sera revenu (sauf Melo) et Baulmes pourra enfin lancer son championnat.

Categories: 3e ligue

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