Epalinges n’y arrive toujours pas

Epalinges n’y arrive toujours pas

Le FC Epalinges, néo-promu en 2e ligue, est une équipe redoutable tant qu’elle n’a pas commencé le match. Sur le papier, son onze de base est plus qu’impressionnant et beaucoup de monde, y compris nous, en faisait un favori « caché » avant le début du championnat. Le résultat après quatre journées? Les hommes d’Himë Berisha ne comptent qu’un seul point et se trouvent juste au dessus de la barre, une position qu’ils espéraient bien ne pas occuper.

Derrière eux? Deux équipes à zéro point, le FC Chêne Aubonne et le Stade Nyonnais II. Car le FCE, on est bien obligé de le dire, ressemble pour l’instant à tout sauf à une équipe. Le collectif? Inexistant. L’esprit d’équipe? Encore plus bas qu’inexistant. Et une question se pose: comment cette équipe-là, si flamboyante en 3e ligue, qui a tout dévasté sur son passage lors du deuxième tour et des finales, peut-elle se présenter ainsi?

Grandson a été solidaire et exemplaire dans l’état d’esprit: tout ce qui a manqué à Epalinges

Dimanche, à Grandson, Epalinges n’a joué au football que cinq minutes, les cinq premières de la deuxième période, et a marqué deux buts. Quand ils ont joué ensemble, les visiteurs ont bousculé une équipe de Grandson complètement dépassée. Le seul problème, c’est justement qu’ils ne l’ont fait que pendant cinq minutes. En face, le FCGT s’est montré solidaire, exemplaire dans l’état d’esprit, et collectivement au point.

Tout le contraire, en fait, de son adversaire du jour. Et comme les Grandsonnois possèdent quelques joueurs capables de faire des différences, on pense notamment à Julien Fantoli, il se sont imposés logiquement face à des individualités intrinsèquement plus forts qu’eux. Ce n’est pas faire injure aux hommes de Carlos Rangel que de dire que, poste pour poste, ils sont moins bons que les Palinzards, c’est au contraire leur rendre hommage en soulignant que le caractère et l’intelligence sont plus forts quel les simples qualités techniques. « Il faut les féliciter, ils ont tout ce qu’on n’a pas », expliquait ainsi Himë Berisha.

Les murs du vestiaire ont tremblé à la mi-temps et à la fin du match

L’entraîneur du FCE a fait trembler les murs à la mi-temps et à la fin du match, dimanche, criant sa colère devant l’attitude de ses joueurs, incapables de penser collectivement. « C’est cela le plus frustrant. On peut faire mieux, on a une équipe pour jouer une belle place au classement. Et on fait n’importe quoi! J’ai des joueurs qui se prennent pour des autres, qui oublient qu’ils sont en 2e ligue et pensent qu’ils jouent au Real Madrid. Mais si on ne se bat pas, si on n’est pas prêt à 100%, on perd! A l’entraînement, tout va bien. Il y a du rythme, du jeu, de la qualité. Et on arrive en match: plus rien. »

Le coup de gueule de l’entraîneur palinzard paraît justifié. Pourquoi? Parce qu’après avoir hurlé, à la mi-temps, son équipe a enfin montré ce qu’elle savait faire, inscrivant deux buts entre la 46e et la 47e! Nicolas Jaccard, le gardien dU FCGT, s’en doutait un peu: « Depuis notre vestiaire, on entendait la sonnée qu’il leur mettait, on s’est dit qu’ils allaient revenir forts. On espérait tenir un quart d’heure pour qu’ils se découragent… » Ils n’auront même pas tenu trente secondes!

Toute la différence entre une équipe qui se connaît et une autre en construction

Mais si le FCGT menait au score, c’est bien parce qu’il était la meilleure équipe sur le terrain en première période. Le 1-0 signé Julien Fantoli, à la réception d’un bon coup-franc de David Huguenin, est venu récompenser cette domination, et le petit coup de patte du toujours subtil Fantoli valait le déplacement. Un petit extérieur, qui a surpris Michaël Diserens, pour un but mérité. Du bon travail. Epalinges, qui jouait avec un trio offensif Cristovao-Weber-Keita, ne trouvait pas de solution et la tension se faisait déjà sentir sur le terrain. Grandson, de son côté, jouait son jeu, sereinement, et on a vu nettement la différence entre une équipe qui se connaît depuis des années (les 14 joueurs de dimanche sont là depuis plusieurs saisons) et une autre en construction.

1-0 à la pause, sous les yeux du Slovaque Daniel Ondrejicka, le nouveau gardien grandsonnois, pas encore qualifié. Il ne remplacera évidemment pas l’excellent Nicolas Jaccard, mais, comme déjà indiqué, jouera en alternance avec lui. A peine arrivé, il a d’ailleurs déjà trouvé un mandat externe, puisqu’il entraînera les gardiens d’Yverdon Sport le lundi.

Himë Berisha: « Quand on veut jouer au foot, on y arrive »

Bref, 1-0 à la pause et les murs des vestiaires qui tremblent. Epalinges est donc revenu déterminé, David Soares égalisant après 30 secondes et Cristovao marquant d’une volée en force après une minute! « Quand on veut jouer au foot, on y arrive! On a fait deux actions collectives du match et les deux fois, on les a pris de vitesse », relevait à raison Himë Berisha, toujours aussi virulent pendant le match, mais toujours aussi classe envers l’arbitre et ses adversaires, ainsi que le banc adverse. Cet homme-là sait cibler ses colères et ne se trompe pas, arrivant à rigoler avec Carlos Rangel sur la touche, deux secondes avant de mettre une puissante sabrée à un milieu de terrain coupable d’un contrôle un peu trop long. Cela s’appelle faire la part des choses…

Daniel Costescu a de nouveau fait tout juste

Bon, Epalinges, tout d’un coup, menait 1-2 et là, sincèrement, on s’est dit que Grandson était peut-être parti pour prendre une gifle. La machine palinzarde était lancée et, avec le potentiel offensif qui l’habite, on sentait venir une vague incessante d’attaques. Mais Grandson, petit à petit, est revenu dans le match et l’intelligence de Daniel Costescu a fait le reste. Le Roumain a de nouveau tout fait juste à l’heure de jeu, recevant un ballon à vingt mètres du but. Il accélère, il rentre dans les seize mètres, est touché par un défenseur, tombe. Penalty indiscutable et indiscuté. Tous ceux qui connaissent Costescu savaient trois secondes avant ce qui allait se passer, mais il n’empêche: on est à chaque fois surpris comme ça marche bien! Penalty donc pour Grandson, que Renato Provenzano transformait imparablement. 2-2 et quatrième but de la saison, déjà, pour ce jeune homme.

L’affreux autogoal concocté par Abraham Keita et Michaël Diserens

2-2 et bientôt 3-2 sur une action bien malheureuse. En une phrase? Abraham Keita a le ballon à mi-terrain et adresse une passe en retrait anodine à son gardien Michaël Diserens. Celui-ci rate son contrôle et ne peut que regarder la balle filer dans le but, la passe en retrait de Keita étant en effet cadrée…. Affreux. Dès lors, Epalinges allait tenter de revenir, mais sans grande conviction. 3-2, score final, et trois nouveaux points pour Grandson, qui en compte sept en quatre matches et s’installe en cinquième position, en attendant le résultat de Chavornay-Pully mardi.

Quant à Epalinges, les choses sont claires: il va falloir trouver un nouvel élan collectif et se remettre à jouer en équipe. Avec autant de joueurs de talent, voir aussi peu de mouvements fait un peu mal au coeur. Avec un manieur de ballon comme Mehmet Kocapinar au milieu, les attaquants devraient se régaler, et on se réjouit de les voir remonter la pente et exploiter, enfin, leur potentiel.  Les Palinzards peuvent être rassurés sur un point: ils ont le meilleur entraîneur possible pour y arriver.

Les hommes du match

Julien Fantoli a régalé ses fans dimanche. Quel plaisir de le voir jouer, franchement. Techniquement, ce n’est même pas qu’il est fort, c’est le niveau au dessus. Ses déviations et son intelligence de jeu font merveille, y compris sur le côté gauche. Il n’est pas un ailier de débordement, c’est sûr, mais il est tellement plus que cela… Derrière lui, Numa Francillon a également été très bon. Positionné latéral gauche par Carlos Rangel, il a assuré, comme toujours. Ses interventions sont propres, parfois spectaculaires, et il a bien défendu face à Abraham Keita et Cristovao, deux dribbleurs qui ne l’ont pas pris en défaut.

Cristovao Da Luz, justement, a essayé d’apporter un peu de lumière dans le jeu du FC Epalinges et lui a eu le mérite de se battre de la première à la dernière seconde. Il a joliment marqué le 1-2 et a beaucoup travaillé. Il marquera ses 20 buts cette saison, sans aucun problème. David Soares a fait forte impression pour son premier match. L’ancien joueur de Renens a marqué le 1-1, mais a surtout joué juste, venant chercher les ballons et tentant de les distribuer. Une bonne première pour lui.

Les prochains rendez-vous

Gros déplacement pour Epalinges, qui sera à LUC-Dorigny le samedi 13 septembre à 19h. Le lendemain, à 14h30, Grandson accueillera Echichens, qu’il retrouvera d’ailleurs en Coupe vaudoise peu après.

FC Grandson-Tuileries – FC Epalinges 3-2 (1-0)

Buts: 30e Fantoli 1-0; 46e David Soares 1-1; 47e Cristovao 1-2; 60e Provenzano, pen. 2-2; 68e Keita, autogoal, 3-2.

Arbitres: M. Jancevski, assisté de M. Abadzic et de M. Onkol.

FCGT: Jaccard; Sengül, Marendaz, Huguenin, Francillon; Cerantola (61e Joao Monteiro), Jolidon; V. Pointet (75e Mastino), Provenzano, Fantoli (85e Gudit); Costescu.

Entraîneur: Carlos Rangel.

Epalinges: Diserens; Taqi (46e Ailton), Ngabo, Gmür, Trabelsi; M. Kocapinar, Rexhaj (70e Besic), David Soares; Cristovao, Weber, Keita (72e Ismajili)

Entraîneur: Himë Berisha.

Le Pécos.

Categories: 2e ligue, FC Epalinges