Enzo Stretti et Joël Bonzon ont été élus, mais l’histoire n’est peut-être pas encore terminée

Enzo Stretti et Joël Bonzon ont été élus, mais l’histoire n’est peut-être pas encore terminée

Le FC Renens a un nouveau comité… pour l’instant! La lutte qui mettait aux prises le projet d’Enzo Stretti à celui d’Antonio D’Attoli pour prendre la direction du club du Censuy a connu un nouvel épisode, attendu, avec l’élection du nouveau comité. En effet, vendredi soir lors de l’assemblée générale qui devait une fois pour toutes décider des nouveaux hommes forts du FC Renens, seul Joël Bonzon et son comité (Enzo Stretti vice-président) se sont présentés dans une salle pleine de 100 personnes. Sans coup férir, ces derniers ont donc été élu par l’immense majorité des votants et sous les ovations de l’assistance.

Antonio D’Attoli constate des « irrégularités dans les convocations »

Mais le match n’est peut-être pas encore terminé. Si Antonio D’Attoli ne s’est finalement pas présenté vendredi, c’est qu’il estimait l’assemblée illégitime. Il l’a d’ailleurs fait savoir par une lettre adressée aux environs de 17h, soit quelques heures à peine avant le début des débats. « Selon les indications en ma possession, preuve à l’appui, il semblerait que différents membres du club n’aient pas été conviés » à cette assemblée, a écrit l’avocate du président d’Azzurri, qui continue en précisant que « si le comité ad intérim devait persister dans sa volonté de faire voter les membres présents du FC Renens durant cette assemblée générale extraordinaire, j’ai d’ores et déjà pour instruction de faire invalider un tel vote par le biais de toute action utile. » En clair, Antonio D’Attoli estime que cette assemblée n’avait pas le droit de se réunir. Joint par téléphone samedi, quinze heures après l’assemblée, il persiste: « J’ai déposé un projet à la Commune la semaine dernière, un projet tout à fait sérieux. Mais je constate des irrégularités dans la convocation. Même moi, membre du club, je n’ai pas été convoqué! Le comité ad intérim, responsable des convocations, est très proche de mes adversaires et n’a pas fait les choses en ordre. J’ai donc refusé de me présenter. Les choses doivent être faites en ordre. Je n’ai rien contre M. Stretti ou M. Bonzon, je leur serre la main avec plaisir, mais pour l’heure, ils ne sont pas à la tête du FC Renens. » Bref, un bel imbroglio.

Joël Bonzon président, Enzo Stretti vice-président

De tout cela, hier, personne n’en savait rien. Les 100 membres ont voté en leur âme et conscience, sans savoir que, peut-être, comme à Nyon il y a quelques mois, l’assemblée générale serait peut-être annulées quelques jours plus tard. On n’en est pas encore là. Pour l’heure, Joël Bonzon occupera donc le rôle de président, administrativement à partir du 15 avril prochain, mais sportivement immédiatement. Véritable image du projet de ce nouveau comité, Enzo Stretti assurera, quant à lui, le rôle de vice-président, au sein d’une équipe composée de pas moins de 14 figures importantes du FC Renens et d’un total de 170 années de bons et loyaux services cumulés au sein de celui-ci.

«Il n’y a pas des Christian Constantin partout»

Municipale des sports de la ville, Mme Myriam Romano a été la première à prendre la parole durant la soirée, laissant clairement, par cette occasion, transparaître son souhaite que le club reste en main rennaise: «Le FC Renens, c’est un peu notre soap opera méxicain. On va d’épisode en épisode et tout le monde démissionne, revient, change de rôle… Maintenant, il nous faut un groupe capable de consolider sa gouvernance et de répondre aux attentes de la Municipalité. Celle-ci verse des subventions au club, lui met des infrastructures, qui nous sont très enviées par ici, à disposition… Il est donc venu le temps de choisir des gens qui ont de la rigueur, du cœur et qui aiment ce club. Car il faut l’aimer pour accepter de lui accorder tout le temps qu’il nécessite. Il faut garder à l’esprit qu’il n’y a pas des Chrisitian Constantin partout, et qu’il n’y a pas que les millions qui importent. Certaines valeurs valent bien plus. Et avant de courir après les médailles, il faut une base solide de laquelle partir, à savoir des jeunes».

Une assemblée sous tension

Pourtant, et le discours de Mme Romano l’a prouvé, rien ne laissait présager une victoire à l’unanimité quasi-totale. Ainsi, beaucoup de membres et de proches du club ont semblé tendu, le visage fermé, sous pression de voir le projet qu’ils soutenaient se faire devancer et le club qu’ils aimaient leur filer entre les mains. «Rassure-moi, tu sais quand même pour qui voter?», pouvait-on même surprendre d’une conversation au sein de l’assemblée. Preuve, s’il le faut, de la confusion qui régnait dans la salle en début de soirée.

«Ils ne savaient pas vraiment ce que c’était, le FC Renens»

Nouveau vice-président, Enzo Stretti ne se montrent pas si surpris du déroulement des opérations et de l’élection du projet qu’il a aidé à monter. Il explique: «Je pense qu’ils ne savaient pas vraiment ce que c’était, le FC Renens. Ils ont dû être surpris. On a fait passer un message fort, et il y a eu beaucoup d’engouement, autour d’un club qui possède une âme magnifique, en particulier des gens de la ville. Ceux-ci ont peut-être eu peur de «perdre» leur club, qu’il leur échappe, et ils se sont manifestés».

«Ils n’avaient pas vraiment besoin de moi»

«Il s’agit de «notre» projet, je tiens vraiment à insister, rappelle Enzo Stretti, lorsqu’on lui parle de «son» projet. À vrai dire, je vous confierais même que ce comité magique n’avait pas vraiment besoin de moi. J’ai simplement donné deux ou trois conseils, fait profiter de mon expérience, en particulier auprès des sponsors, pour leur redonner confiance en nous, et des gens du club. Au fond, ça a été assez simple. Il faut dire que presque tout le monde autour du club a envie d’aider, de donner… À côté de ça, j’ai peut-être aussi servi à donner une image forte quand il le fallait, à certains moments importants. Mais sinon, tout le mérite leur revient».

D’ailleurs, que s’est-il passé durant ces trois dernières semaines, qu’on imaginait avant tout à tendance politique? «On a travaillé, énormément travaillé. Certains étaient même assez surpris de toutes les heures qu’on a dû passer ensemble et du nombre de fois où nous avons dû nous réunir. Mais c’était important, il y a beaucoup à faire et le club doit rapidement repartir sur des bases solides».

Un président déjà débordé

Fraîchement élu président, Joël Bonzon, déjà sollicité de toutes parts, a également livré ses premières impressions: «Soulagé, oui, on peut le dire comme ça, débute celui qui est au club depuis son plus jeune âge. La concurrence? J’ai également été un peu surpris d’être le seul à me présenter ce soir, mais je ne veux pas entrer sur ce terrain-là. Je suis simplement content que nous puissions repartir tous ensemble, uni. Il y a tellement à faire. Tenez, à l’instant-même je viens de régler un problème concernant un match qui aura lieu demain, c’est dire. La première chose à faire? Le plus important, ce sont nos juniors. Donc pour commencer, on va s’entretenir avec nos entraîneurs et leur donner la direction qu’on aimerait suivre».

«Le FC Renens n’est pas à vendre»

Un vrai soulagement, donc. Tant pour le comité que pour une assemblée générale composée en grande partie des membres et des amis du club. Toute la pression accumulée ces dernières semaines autour d’une lutte terminée en queue de poisson s’est évaporée dans le tonnerre d’applaudissement suivant l’élection du nouveau comité. Le slogan «le FC Renens n’est pas à vendre» avait même été créé et repris sur les réseaux sociaux ainsi qu’autour des terrains du Censuy, comme le rappelle Dinc Dincer, membre du nouveau groupe aux commandes: «Si vous allez devant le stade, vous pouvez lire une énorme affiche marquée «le FC Renens n’est pas à vendre». Tout le monde s’est uni, tout le monde s’est impliqué, c’est génial. Maintenant, on va pouvoir prendre les décisions nous-mêmes. Ce qui veut dire gérer nos terrains comme bon nous semble, notamment. Il est temps de nous consacrer à notre club. Les autres, on verra plus tard!»

Des défis à n’en plus finir

Aussi satisfait que tout le monde semble être à l’heure d’aller fêter la victoire du projet «des gens du club», il n’en reste pas moins que cette assemblée générale n’était que la face émergée de l’iceberg et que c’est véritablement maintenant que commence le chantier. Au programme: Stabiliser la 1ree équipe en 3e ligue, avant de viser la promotion tout en intégrant des jeunes du coin; travailler sur la formation des juniors; continuer le développement de la section féminine; revaloriser l’image du club; créer une vraie relation entraîneurs-joueurs-parents, entre autres, en plus de gérer l’aspect financier. Bref, la montagne est de taille et 14 personnes entièrement dévolues au FC Renens ne seront certainement pas de trop pour l’escalader. Mais tout cela, bien sûr, n’aura de sens que si l’assemblée de ce vendredi est bel et bien jugée légitime… ce qui n’est de loin pas le souhait, on l’a compris, d’Antonio D’Attoli.

Un article rédigé en collaboration par Florian Vaney et Tim Guillemin

Categories: Divers

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*