Donneloye profite du printemps compliqué de Savigny-Forel

Donneloye profite du printemps compliqué de Savigny-Forel

«Le plus frustrant dans notre situation? Se retrouver après nos matches et faire à chaque fois le même constat. Celui qu’on n’était pas si loin de notre adversaire et qu’il ne nous a pas manqué grand chose…». Dalip Limani connaît des hauts et des bas depuis son arrivée sur le banc de Savigny-Forel, il y a trois ans. Ceux-ci sont toutefois étrangement réguliers. Saison après saison, le FCSF se positionne idéalement lors du premier tour, rivalisant avec les meilleures formations du groupe, avant de s’écrouler littéralement durant le printemps. Cette saison? 17 points pris avant l’hiver, seulement deux depuis… Le club n’a pas dérogé à ses vieilles habitudes, et la venue de Donneloye à Saint-Amour n’était certainement pas là pour arranger les choses.

Donneloye a tenu deux mi-temps, cette fois-ci

D’autant plus que les visiteurs avaient à cœur d’oublier leur déconvenue de mercredi dernier, où ceux-ci s’étaient fait rejoindre en toute fin de match par Prilly, au terme d’une seconde période assez décevante (lire ici). Alors, oublié, cet incident? Disons que les hommes de Christian Leuenberger et d’Abraham Keita ont eu besoin d’une vingtaine de minutes pour clore ce mauvais chapitre, pendant lesquels Vincent Huber obligeait Christophe Jaquier à sortir une jolie claquette pour préserver sa cage inviolée. La seule réelle opportunité du FCSF avant le thé, puisque, après ça, la machine jaune et noire s’est mise en marche. Face à une équipe pas au mieux (et c’est un euphémisme), Sacha Margairaz catapultait, de la tête, un corner de Sven Leuenberger au fond des filets. C’était seulement 0-1, et l’écart semblait déjà impossible à combler pour les locaux.

Derrière, Donneloye a procédé patiemment, ajoutant trois jolis buts après le thé, par Hervé Vallotton, deux fois (61e et 79e), et Jérôme Thomas (90e), également auteur des deux passes décisives avant ça, et s’imposant, bien que pas totalement serein, sans réelle difficulté.

Abraham Keita: «La pression d’Echallens? Elle nous est vraiment profitable»

C’est tout naturellement qu’Abraham Keita, co-entraîneur/joueur, quittait le terrain moins fâché qu’après le match nul de la semaine dernière, et se livrait à nous, directement cette fois-ci: «C’est une victoire qui fait du bien après une série de matches assez compliquée pour nous. Marquer des buts, retrouver la confiance, pouvoir développer notre jeu… c’était idéal. Notre jeu? On ne veut pas révéler nos points forts maintenant (rires). Non, simplement repartir depuis derrière, faire circuler le ballon, essayer de construire quelque chose de concret plutôt que de balancer en avant. On essaie de ne jamais déroger à ces principes. Avoir la possession du ballon, ça nous permet de faire courir nos adversaires, et c’est peut-être ce qui vous donne cette impression qu’ils jouent moins bien lorsqu’ils nous affrontent. En tout cas, c’est un pas de plus en direction des finales. La pression d’Echallens, juste derrière nous? Elle nous est vraiment profitable. Cela nous pousse à nous surpasser, à jouer chaque match à fond et cela peut nous mettre dans d’excellentes conditions pour attaquer d’éventuelles finales».

Un printemps de plus à oublier à Saint-Amour

Un match nul à Cheseaux, également en roue libre ce printemps, et un autre face à Granges Marnand, voilà le bien maigre butin de Savigny-Forel ce tour-ci. Heureusement, les hommes de Dalip Limani avaient eu la bonne idée de se mettre à l’abri cet automne, lors d’un premier tour qui ne leur présageait que le meilleur. Comme d’habitude, nous répond, désabusé, l’entraîneur: «Le match de ce soir? À l’image de notre second tour… Mais on commence à avoir l’habitude. Cela fait trois saisons que je suis sur ce banc, et cela s’est passé à chaque fois de la même manière. On a fait 17 points au premier tour! Et on aurait facilement pu en faire deux ou trois de plus. On se destinait à jouer parmi les quatre premiers, et c’est ce qu’on voulait. Mais rien n’y fait… J’ai pourtant tout essayé pendant nos trêves hivernales: la préparation physique, les arrangements avec d’autres clubs pour s’entraîner sur synthétique, même partir en camp, histoire d’être tranquille et entre nous. Le constat reste toujours le même…».

Dalip Limani: «Les joueurs préfèrent s’entraîner que de jouer les matches»

Une malédiction, un rituel vaudou, le ciel qui jette son dévolu précisément entre Epalinges, Puidoux et Servion? Rien de tout ça selon le jeune technicien, juste un problème de sérieux et de motivation: «Vous regarderez attentivement le rapport de l’arbitre, on en est à 12 absents. Parmi eux, des titulaires, forcément, ainsi que nos meilleurs éléments, et ils ont tous leur excuse personnelle. On manque cruellement de sérieux. Pourtant, sur un effectif de 21, on est toujours 17-18 aux entraînements, alors on en profite pour pousser un maximum durant ces moments-là. Mais les joueurs préfèrent s’entraîner que de jouer les matches… Ce soir, on a dû composer avec trois joueurs de la «II». Vous voulez savoir le plus drôle? Mon gardien, c’est un joueur de champ qu’on doit faire jouer au goal, car le portier habituel est absent. Il n’a pas été mauvais? Plutôt bon, même! Mais vous voyez où je veux en venir».

«Les joueurs ne restent pas à Savigny»

«Le souci, enchaîne Dalip Limani, c’est que je ne peux leur en vouloir qu’à moitié. Tous les joueurs paient leurs cotisations, et on ne leur offre rien en retour. Imaginez quand ils viennent au match et ne peuvent même pas jouer… Le résultat? Les joueurs ne restent pas à Savigny, tout simplement. En un an et demi, ils sont cinq à être partis pour Jorat-Mézières. Jean Mancini, les frères Schumacher, Axel Deroze qui a aussi fait quelques matches avec nous,… C’est très bien pour eux, mais nous, dans tout ça, on fait comment pour construire une équipe? Dans ces conditions, on est toujours assez pressé de voir la fin de la saison arriver».

Ça tombe bien, la fin du championnat est prévue une semaine plus tôt pour Savigny-Forel, qui, après avoir reçu Prilly, disputé le derby face à Haute-Broye et s’être déplacé, finalement, à Bottens, en aura donc fini avec son exercice 2015/2016 des plus contrastés.

Donneloye, de son côté, en terminera avec la saison régulière une semaine plus tard, le dimanche 5 juin, avec la venue de Corcelles-Payerne. Avant ça, les Oies recevront Bottens, ce samedi à 18h.

Un article rédigé par Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Samedi à 18h, Donneloye accueille Bottens (7e). Ce dimanche, le FC Savigny-Forel reçoit Prilly II (10e). Coup d’envoi à 13h45 à Saint-Amour.

FC Savigny-Forel  – FC Donneloye 0-4 (0-1)

Buts: 30e Margairaz 0-1; 61e et 79e Vallotton 0-3; 90e Thomas 0-4.

Savigny: Abreu; Jaques, Pureza (67e Scuderi), Magnin, Rey; Huber, Cassella (20e Gil), Beck, Hazal; Begzadic, Obrist (56e Wahli).

Entraîneur: Dalip Limani.

Donneloye: C. Jaquier; Durussel, Margairaz, Miranda, Heller (58e Mercier); Leuenberger (68e Vermot), Keita, Menana (80e A. Jaquier), Jäggi; Vallotton et Thomas.

Entraîneurs: Abraham Keita et Christian Leuenberger.

Terrain de Saint-Amour.

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