Donneloye arrive en finale sans toutes ses certitudes

Donneloye arrive en finale sans toutes ses certitudes

Une bonne et une moins bonne nouvelle, voilà ce qui est ressorti pour le FC Donneloye de ce dernier dimanche après-midi de championnat de 3e ligue, au Stade Dany Gavillet. La bonne nouvelle? Cette qualification aux finales, dans l’air depuis plusieurs semaines déjà, mais finalisée seulement hier. La moins bonne? Le FCD n’y est pas entré pas la plus grande des portes, ne livrant, et de loin, pas sa meilleure performance de la saison contre le fragile Corcelles-Payerne. Et malgré les apparences et ce 3-0 final, Donneloye s’est fait peur et n’a pas livré toutes les certitudes d’un futur finaliste. «Cette partie, c’était l’archétype du match-piège, confiait Christian Leuenberger. Une équipe déjà reléguée qui veut, peut-être, sortir par la grande porte et réussir un grand coup, face à une formation qui a tout à perdre et qui doit encore faire un point pour assurer sa qualification. Ça n’était pas évident à aborder». Admettons.

Une rencontre à double tranchant

Le problème avec ce genre de matches? Ils ne sont pas uniquement décisifs au niveau du classement, mais constituent également une dernière préparation avant l’épreuve des finales. Une ultime rencontre d’autant plus importante dans le cas de Donneloye, qui a aligné le bon et le moins bon ces dernières semaines, et à qui un petit coup de boost avant les play-off aurait fait le plus grand bien. Le FCD a donc dû gérer un match dans lequel il devait faire, à tout prix,  au moins un point, et qui devait aussi lui permettre de se mettre en confiance pour les finales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les Oies se sont très bien occupées du premier problème, nettement moins du second. Autrement dit, en jouant comme ils l’ont fait ce dimanche, les hommes de Christian Leuenberger et Abraham Keita n’auraient pas la moindre chance dans leur groupe de finale.

Les Oies sont un peu passées à côté

Dans les faits? Les «Jaunes et Noir» auraient pu être mené au score face à Corcelles-Payerne. Après dix minutes, les visiteurs avaient même déjà vendangé deux montagnes, dont un penalty tiré un brin nonchalamment par Jorge Da Silva. Joël Riond l’a arrêté (7e) et on ne peut pas même dire que ce soit un exploit.

Donneloye a si mal commencé ce match que l’impensable nous a traversé l’esprit une poignée de secondes: le match entre Cheseaux et Echallens Région pourrait-il encore avoir son importance? Il faut dire qu’avec une victoire du FCER associée à une défaite du FC Donneloye, c’est bien le dernier nommé qui finissait sous la barre. Heureusement pour les locaux, car on n’ose imaginer ce qu’il se serait passé sinon, ceux-ci ont laissé passer l’orage, et en ont même profité pour ouvrir le score par Jérome Thomas (11e). Après cet épisode, toute la rencontre s’est déroulée dans la même veine: un Donneloye assez peu mobilisé et, malgré tout, largement supérieur à son adversaire, qui a eu la main mise sur le match et s’est ménagé les plus grosses occasions.

Logique? Absolument, et ce n’est pas faire injure au FC Corcelles-Payerne de dire qu’on n’en attendait pas moins. Ce qui l’est nettement moins, ce sont ces blancs, ces passages à vide, ces passes à côté et ces contrôles ratés, aperçus à de trop nombreuses reprises hier, que le FCD ne pourra se permettre de reproduire face à des équipes d’un tout autre calibre, dès le week-end prochain.

Corcelles-Payerne retrouve la 4e ligue

Ce n’est ni un scoop, ni une nouvelle qui fait franchement plaisir à annoncer. Après une année passée en 3e ligue, le FC Corcelles-Payerne retrouve la 4e ligue. Avec le retrait d’Iliria Payerne IB, le FCCP finit même dernier du groupe, avec quatre longueurs de retard sur la barre et l’AS Haute-Broye. Les relativement bons résultats perçus ces dernières semaines n’y auront, donc, rien changé. On ne jugera pas cette équipe sur un match, bien que, dimanche, on a vite remarqué que l’envie n’y était plus tout à fait. Logique, étant donné que les joueurs connaissaient déjà leur sort.

Christian Leuenberger: «Les finales… c’est un monde à part»

Même si on s’attendait à voir un meilleur Donneloye face à une formation déjà reléguée, il n’y a certainement pas le feu, et Christian Leuenberger fait bien de le rappeler: les finales, c’est un autre monde. «Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour arriver en finale!», souriait, soulagé, le coach. «C’est vrai qu’on a eu de la peine. Il ne faut pas l’oublier, cette rencontre aurait pu tourner en leur faveur dès le début du match. De la pression? Je ne pense pas, on a l’expérience nécessaire pour passer outre. Par contre, j’ai eu l’impression qu’on n’était pas bien à nos positions. Certainement que si l’on joue comme ça en finale, on ne s’en sortira pas. Mais ce ne sera pas le cas, j’en suis convaincu. Les finales, pour les avoir fait, autant en tant que joueur qu’en tant qu’entraîneur, c’est un monde à part. J’ai le souvenir d’une année, où toute l’équipe, dans laquelle je jouais, faisait les malins la semaine qui précédait. On est arrivé le premier jour des finales, tout le monde regardait le sol, plus un bruit, rien… Ce soir là, on s’était écroulé! Cette saison, Donneloye, ce n’est pas ça. On a beaucoup d’expérience dans le vestiaire, qui pourra beaucoup nous servir à éviter ce genre d’incidents. On arrive en ayant bataillé jusqu’à la fin, ce qui, à mon sens, constitue un avantage par rapport aux équipes qualifiées depuis plusieurs semaines. Maintenant, on ne peut pas prédire ce qu’il va se passer. Il n’y aura que des très bonnes équipes, huit véritables finalistes, il faudra donner le meilleur».

Donneloye termine meilleure équipe au classement «fair-play»

Le FCD s’en va donc affronter les sept autres ténors de 3e ligue que sont La Sallaz, Venoge, Champagne, Aigle II, Saint-Légier, Amical St-Prex et Stade Nyonnais II. Mais les Oies ne partent pas au combat les mains vides, elles ont même un atout de taille dans leur manche. Avec 21 points (le total final devrait être porté à 22 avec le carton jaune reçu par Sébastien Jaeggi hier), Donneloye reçoit le titre honorifique d’équipe la plus fair-play de 3e ligue. Avec une moyenne d’un carton jaune par match, les pensionnaires du stade Dany Gavillet placent même la barre très haut (ou très bas, c’est selon).

Honorifique, seulement, ce titre? Pas tout à fait, puisque le FCD partira avec un sérieux avantage sur ses concurrents. Tous ses concurrents, pas uniquement les cancres de la classe à ce niveau-là. Car, effectivement, le classement «fair-play» sera repris pour les finales, et servira à départager les équipes ex-æquo au niveau des points. Et autant dire que si, sur 22 matches, les points fair-play ne servent qu’épisodiquement à départager plusieurs formations, cela devient une toute autre histoire sur trois matches! Autrement dit, au moment des finales, le classement fair-play devient bien plus avantageux pour les équipes qui y figurent bien, et bien plus pénalisant pour les équipes qui ont été moins respectueuses, dirons-nous.

Un bel accomplissement…

«C’est une magnifique récompense, débute Christian Leuenberger. Lorsque l’équipe est descendue de 2e ligue, il y a deux ans, c’était une catastrophe de ce côté-là (Donneloye avait terminé dernier de son groupe dans ce classement, avec… 97 points), si bien qu’on a voulu à tout prix changer cela, ça ne pouvait pas continuer ainsi. Le fait d’y être arrivé, aussi rapidement qui plus est, c’est un bel accomplissement. Si l’on regarde de plus près, l’une de nos deuxièmes équipes est aussi en tête de ce classement (seulement cinq points en 18 matches!), en 5e ligue, et l’autre est sur le point d’être promue. C’est une fierté, et ça donne également une belle image du club».

…mais une formule aberrante

«Par contre, poursuit le technicien, maintenant que le championnat est terminé, on devrait tirer un trait et oublier ça, ou alors repartir à zéro, pour les finales. C’est fini, donnez nous un prix, un trophée s’il le faut, ou que sais-je, peu importe. Mais c’est aberrant de reprendre ces totaux pour les finales. C’est un autre championnat qui commence, et on n’a aucun raison d’être avantagé par rapport aux autres équipes».

D’autant plus qu’avec cinq promus sur huit finalistes, une seule victoire pourrait, suivant la situation, permettre au FC Donneloye de monter, à la faveur de son classement fair-play très avantageux. Stade Nyonnais II, deuxième meilleur total «fair-play» parmi les finalistes, pointant à… 39 points, soit 17 de plus que le FCD, on peut même quasiment déjà s’avancer et assurer que les Oies ne seront pas rejointes dans ce classement.

On en n’est pas encore à l’heure des calculs, et même si Christian Leuenbeger nous avoue volontiers que ses joueurs ne seront sans doute pas aussi gentils lors des trois matches de finales, voilà un avantage à ne pas négliger.

FC Donneloye – FC Corcelles-Payerne 3-0 (1-0)

Buts: 11e et 52e Thomas 2-0; 85e Duc 2-1.

Arbitre: M. Murat Onkol.

Donneloye: Riond; Durussel, Margairaz, Miranda, Mercier (46e Duc); Keita, S. Leuenberger, Jäggi, Menana (72e Reymond); Thomas (80e A. Jaquier), Vallotton.

Entraîneurs: Christian Leuenberger et Abraham Keita.

Corcelles: De Oliveira; M. Fischer, Ademaj, Mendes, Da Silva; V. Rapin, Ribeiro, Margreth, Tavares; B. Rapin, L. Rapin.

Entraîneur: Mario Tavares.

Terrrain Dany-Gavillet.

Categories: 3e ligue, FC Donneloye

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