Dominique Blanc: «J’ai envie de continuer à servir le football»

Dominique Blanc: «J’ai envie de continuer à servir le football»

Membre du comité de l’ACVF depuis 2000, et président central depuis 2007, Dominique Blanc s’apprête à franchir une étape supplémentaire dans son dévouement au football suisse. Il possède en effet toutes les chances de siéger à Muri d’ici à quelques semaines et la question de sa succession à l’ACVF doit être débattue dans les prochaines semaines. Pour nous, il s’exprime sur ce point précis, ainsi que sur bon nombre de problématiques liées au football vaudois de ces derniers mois ou de ces dernières années.

Profondément attaché à la liberté de la presse et à l’indépendance, cet homme très élégant, dont le travail à l’ACVF est unanimement apprécié, ne met aucune question de côté, mais réserve évidemment quelques réponses pour l’avenir. Les transferts, l’argent dans le football amateur, la violence, le manque d’installations: il n’a évité aucun des sujets qui fâchent. Interview exclusive.

Président, on va commencer par ce qui vous concerne directement!

Allons-y, je suis prêt à tout entendre (rires).

On a entendu que vous alliez quitter l’ACVF. Qu’en est-il exactement?

Il s’agit plus que d’une rumeur, pour tout vous dire. Je suis officiellement candidat à la présidence de la Ligue Amateur.

L’organisme qui gère la 2e ligue inter, notamment, c’est juste?

Exactement. Cette ligue gère 98,5% du football en Suisse, toute la base, en fait. Il y a la Swiss Football League, la 1re ligue et la Ligue amateur.

Et vous avez de grandes chances d’être élu?

Pour l’instant, je suis le seul candidat et ai le soutien de principe de toutes les associations. Il y a des règles tacites. Parmi celles-ci figure le fait qu’il s’agit du tour d’un Romand et je crois pouvoir dire que ma candidature est soutenue. Disons-le ainsi: si tout va bien, j’ai de bonnes chances d’être le prochain président de la Ligue Amateur.

N’y a-t-il pas le risque qu’un candidat appenzellois ou obwaldien que vous ne connaissez pas encore se présente au dernier moment?

L’élection est ouverte, donc oui, chacun peut se présenter. Mais ce genre de choses se décident en coulisses, vous vous doutez bien qu’on ne peut pas, dans les faits, arriver devant l’assemblée le jour de l’élection. Je devrais être le prochain président de la Ligue Amateur, tous les signaux vont dans ce sens. Pour moi, c’est une chance énorme, que j’accueille avec toute l’humilité nécessaire. J’ai envie de continuer à servir le football.

Quand a lieu l’assemblée de la Ligue Amateur?

En mai.

Soit après l’assemblée générale de l’ACVF, qui aura lieu le 14 mars à Corcelles-près-Payerne…

Oui, justement. Une des seules inconnues est là, puisque la question de ma succession n’est pas encore réglée.

Un candidat potentiel existe-t-il au sein du comité actuel?

Oui. Mais il n’a pas encore répondu de manière positive, donc je ne peux pas parler à sa place. Disons que si la question de ma succession est réglée en mars lors de l’assemblée générale, alors je pourrai me présenter sereinement, l’esprit libéré, à la présidence de la Ligue Amateur.

Et si elle ne l’est pas?

Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que je ne lâcherai pas l’ACVF. Si je n’ai pas de successeur le 14 mars, je resterai président de l’ACVF. Si l’assemblée accepte de me réélire, bien sûr!

Donc on verra à ce moment-là?

Oui.

Un double mandat est-il possible?

On verra. J’ai bon espoir que la question de ma succession soit réglée.

D’autres départs sont-ils à prévoir au sein du comité de l’ACVF?

Oui. Michel Dumusc, Georges Guinand et Michel Despland ont tous accompli un travail extraordinaire au sein de l’ACVF. Ils ont tous environ 20 ans de comité, j’arrondis par commodité. Il s’agit d’un engagement phénoménal, qui doit être reconnu à sa juste valeur. Michel Despland a déjà annoncé son retrait, effectif au 31 décembre 2014. Il reste cependant président de la commission des arbitres, aucun changement à ce niveau-là. Michel Dumusc et Georges Guinand partiront à l’issue de l’assemblée générale et seront honorés comme il se doit pour leur contribution exceptionnelle au football vaudois. 20 ans, rendez-vous compte!

Leur succession est-elle assurée?

Oui, bien sûr. Ils l’ont annoncé à l’interne longtemps à l’avance et ont préparé leurs successeurs. Permettez-moi de ne pas vous en dire plus, car ils doivent encore être élus lors de l’assemblée générale. Les informations arriveront en temps voulu, mais tout est sous contrôle.

Il y aura donc du mouvement! Cela ne vous fait pas peur?

Non. De nouveau, nous avons anticipé ces changements et amener du sang neuf est une bonne chose. Comme dans tout changement, il faut saluer ceux qui partent, surtout lorsque leur contribution est aussi énorme que celle des trois partants, et accueillir les nouveaux de la meilleure manière possible. Ils auront forcément des idées différentes, qui rendront l’ACVF encore plus forte.

En ce qui vous concerne, il s’agit d’une belle promotion! Président de la Ligue Amateur, cela veut dire vice-président de l’ASF, c’est une jolie responsabilité!

Oui, et j’en suis fier. Plus qu’une responsabilité, même si c’en est une, je dirais que c’est une opportunité personnelle. Je suis conscient qu’il s’agit d’une chance pour moi. Il s’agit d’une belle manière pour moi de progresser dans ce monde du football, en restant dans un environnement qui me plaît. Je vais voir autre chose et il me semble qu’il s’agit d’une continuité logique. Mais je ne suis pas encore parti, il est trop tôt pour tirer un bilan, même si je sens que vous avez envie de le faire (rires).

On a plutôt envie de vous demander ce que vous avez encore envie d’apporter à l’ACVF dans les prochains mois…

Oh vous savez, il y a beaucoup de chantiers qui sont en route, mais ce n’est pas forcément moi qui les porte.

Un exemple?

Vous savez, contrairement à ce que l’on peut entendre parfois de la part d’esprits un peu chagrins, l’ACVF est énormément à l’écoute des clubs et nous voulons constamment améliorer nos prestations pour eux et pour les joueurs, notre priorité absolue.

Il y a eu les brunchs-contacts, que vous avez mis en place récemment. Quel bilan en tirez-vous?

J’en suis personnellement très content. Nous avons invité tous les clubs du canton à nous rencontrer en quatre occasions, une fois dans chaque partie du canton, pour dialoguer avec nous.

Combien de clubs ont participé à ces rencontres?

Une dizaine.

C’est peu.

C’est encourageant. Beaucoup d’informations ont été échangées et les membres du comité ont pu recueillir des critiques, mais aussi des félicitations. Nous allons les reconduire et nous invitons tous les clubs du canton à venir pour nous parler librement.

Quels points sont ressortis de ces brunchs-contacts?

Il y en a plusieurs. Je vais commencer par la formation des entraîneurs. Les clubs sont extrêmement demandeurs d’une formation de qualité. L’ACVF la leur offre déjà, mais il en faut toujours plus. Chaque année, de nombreux entraîneurs potentiels ne peuvent pas s’inscrire faute de place.

C’est plutôt bon signe, non?

Oui, cela montre qu’il y a de la demande et de l’enthousiasme. Je vois et je constate que beaucoup de jeunes dans les clubs veulent s’impliquer pour le football vaudois. C’est superbe et cela me réjouit! Oui, le football vaudois passionne les jeunes, ils ont envie de s’occuper des autres en passant leur diplôme C ou B et j’en suis fier. Mais aujourd’hui, le constat est clair: nous n’arrivons pas à satisfaire tout le monde.

Concrètement?

Pablo Iglesias, notre responsable technique, accomplit un boulot formidable. Lorsque les inscriptions s’ouvrent à 8h le matin sur internet, à 10h tout est déjà pris! Nous réfléchissons à une manière d’augmenter nos effectifs, mais nous ne pouvons pas inventer les recruteurs ou les locaux d’instruction, ni les terrains… Les solutions sont complexes, mais nous ne pouvons pas empêcher un jeune de passer ses diplômes. La liste d’attente est énorme.

Plus d’instructeurs, c’est compliqué?

Cela ne se règle pas d’un claquement de doigts ou par une phrase dans une interview. Mais oui, c’est une solution, bien sûr.

Aujourd’hui, qui peut s’inscrire à ces cours?

Tout le monde.

Des Genevois, des Valaisans?

Oui, tout le monde. Mais je vois arriver votre question…

Alors, elle arrive: allez-vous mettre sur pied une préférence cantonale?

Elle n’existe pas aujourd’hui, mais je vais vous répondre clairement: on va être obligé de le faire.

Donc, si j’habite Monthey et que je veux m’inscrire pour le diplôme B, je devrai m’adresser à l’avenir exclusivement à l’Association valaisanne de football?

Tout dépend du club que vous entraînez. Aujourd’hui, vous pouvez être Appenzellois et habiter Winterthour, tout en passant vos diplômes au sein de l’ACVF. Je caricature, mais cette situation-là va disparaître. A l’avenir, un habitant de Monthey, s’il entraîne les A du FC Aigle, pourra évidemment passer ses diplômes dans le canton de Vaud. Ca me paraîtrait logique, mais je réponds dans les grandes lignes: nous allons privilégier les Vaudois, ceci dans le but de répondre à l’énorme demande de nos clubs. Les autres cantons ne seront pas exclus, attention! De nouveau, ce retour-là vient du dialogue entre eux et nous.

Une autre préoccupation des clubs?

Le comportement des parents et des supporters autour des terrains vaudois. Ce thème est souvent revenu.

Vaste sujet…

Oui.

Comment améliorer ce point, autrement qu’en théorie?

Nous avons mis sur pied une cellule de prévention, dirigée par Claude-Alain Bugon, une personne de grande qualité. Son objectif est de donner une « boîte à outils » aux clubs, en collaboration avec la LICRA et MIRA, ainsi que toutes les autres associations. Ceux-ci doivent être soutenus dans cette lutte et nous avons le souhait de demander à chaque club de nommer un responsable sécurité et fair-play.

Ah, voilà du concret!

Oui. Cette personne-là devra être identifiée. Cette action-là doit être coordonnée au niveau national, elle ne se mettra pas en place du jour au lendemain.

Dans chaque club?

Dans chaque club. Nous souhaitons qu’à l’avenir, il y ait un répondant. S’il y a des problèmes au sein du club X ou Y le dimanche, cette personne devra être capable de nous dire le lundi pourquoi et comment ces incidents se sont passés. Il sera notre répondant sur ce sujet précis. Un président a la pression du résultat, veut défendre son entraîneur ou ses supporters, c’est humain. Un responsable sécurité et fair-play, ce sera peut-être différent.

Durant l’automne, Michel Despland a envoyé un mail à tous les arbitres, leur demandant d’être plus sévère en ce qui concerne les fautes mettant en danger l’intégrité physique des joueurs et un peu moins en ce qui concerne les réclamations. Vous partagez?

A 100%. Je répète: à 100%.

Ca a la mérite d’être clair! On peut rouspéter contre l’arbitre, alors?

Non, on ne peut toujours pas. Mais je vais reprendre la formule de Michel, qui vous avait beaucoup interpellé à l’époque, je m’en rappelle bien…

Vous voulez parler des cartons?

Oui. Il avait dit: « Je préfère qu’un arbitre donne un carton pour une faute plutôt que pour une réclamation », c’est juste?

Oui. Vous partagez?

Complètement. Et je le redirai autant de fois que nécessaire. La protection des joueurs est un thème prioritaire de l’ACVF. Mais je vais aller plus loin que Michel. Lui a sensibilisé les arbitres, c’est son rôle.

Et vous?

Moi, j’ai envie de sensibiliser les dirigeants et les joueurs. Il y a eu 42’000 accidents provoqués par le football l’an dernier en Suisse. Ce sont des chiffres de la SUVA. C’est trop. Je pense que le football est un sport magnifique quand il est pratiqué avec engagement et passion. Mais chaque joueur doit respecter deux principes. Le premier est de respecter l’intégrité physique de son adversaire. Le deuxième est de maîtriser son engagement. Je dis donc la chose suivante: messieurs les arbitres: soyez stricts, messieurs les joueurs: soyez responsable de chaque geste, messieurs les dirigeants: incitez vos joueurs à ne pas mettre leur adversaire en danger. C’est tous ensemble que nous allons éradiquer ce fléau des accidents dans le football amateur. Mais l’exemple donné en haut n’est pas bon.

Vous pensez à quoi?

A la Coupe du Monde. Au Brésil, en juin 2014, on a vu trop de geste brutaux. Beaucoup trop! C’est intolérable! Le geste du Colombien Zuniga sur Neymar…

Excès d’engagement?

Mais évidemment! Pourquoi fait-il ce geste? De nouveau, l’image donnée est désastreuse. Le football, ce n’est pas cela.

Un autre problème identifié par les clubs?

Le manque d’installations dans le football en général.

Pardon?

Ce n’est peut-être pas un souci dans les campagnes, ou moins. Mais prenez le cas de Lausanne: on ne peut pas inscrire une nouvelle équipe! Les terrains sont sur-occupés.

Ah, d’accord, de ce point de vue…

Mais c’est un vrai et grand problème! Nous comptons sur le nouveau complexe de La Tuilière, au nord de la ville, mais le problème du manque de terrains est une constante dans les villes. A Yverdon, sur la Riviera, sur la Côte… On cherche des terrains partout! Tiens, prenons Iliria.

Qui a dû jouer sur territoire fribourgeois, à Nuvilly et Portalban, avant de se poser à Payerne…

Exactement. Nous avons applaudi des deux mains quand Iliria s’est inscrit au sein de l’ACVF. Un club de plus, génial. Mais Iliria a tellement galéré pour trouver un terrain… C’est problématique.

Mais que peut faire l’ACVF? Ce n’est pas vous qui allez rencontrer la Municipalité de Payerne, quand même?

Détrompez-vous. Les clubs nous demandent de plus en plus de soutien et nous y répondons.

Vraiment?

Mais oui, arrêtez d’être sceptique! Aujourd’hui, nous identifions deux possibilités pour permettre au football vaudois de se développer: plus d’éclairages pour jouer plus longtemps dans le jour et plus de terrains synthétiques pour jouer plus longtemps dans l’année.

Vous êtes favorables aux terrains synthétiques?

J’ai envie de vous répondre: « Malheureusement ». L’amateur de football que je suis préfère un terrain en herbe. Mais le président de l’ACVF juge inévitable et même nécessaire la construction de terrains synthétiques.

Mais comment vous, l’ACVF, pouvez encourager des communes à investir?

J’y venais. Nous accompagnons les clubs auprès des autorités, sur leur demande.

Un exemple?

Il y en a beaucoup.

Et que faites-vous lors de ces séances?

Nous sensibilisons les autorités à la nécessité d’investir pour des installations de qualité. Dès qu’une zone se densifie, il faut penser au football. Je dis bien et volontairement: « Il faut! ». Notre sport est le numéro 1. Les communes nous reçoivent et nous écoutent et nous avons obtenons des résultats. Et n’oubliez pas une chose: nous avons une arme massive dans la manche.

Laquelle?

Le Fonds du sport vaudois. Si vous construisez un terrain dans votre village, je peux vous affirmer que le Canton, par la voix du Fonds du sport, prend à sa charge entre 35 et 40% de la facture finale.

Ah oui, quand même…

Concrètement, si vous construisez un complexe sportif composé de terrains et de vestiaires et que celui-ci va vous coûter un million, je peux déjà vous dire que vous allez sortir seulement 600’000 francs.

Ca, c’est un vrai argument…

En effet. Mais il n’est pas nouveau, hein…

Président, abordons le sujet des groupes de 2e ligue…

Je vous écoute.

On a eu de la peine à comprendre, l’été dernier, qu’ils n’aient pas été de nouveau mélangés. L’ACVF avait décidé de changer la répartition géographique pour bousculer les habitudes, mais tout est resté tel quel à l’été 2014, puisque les promus ont remplacé les relégués, mais rien d’autre.

C’est que vous aviez mal écouté lors de la mise en place de la nouvelle formule à l’été 2013.

On vous demande pardon?

Il a toujours été clair que le nouveau système allait être mis en place pour une durée de deux ans et que nous ferions le point après.

Ca nous a échappé, va-t-on vous répondre…

C’est pourtant la vérité. Des clubs nous ont approché ce été, avec la même réflexion que la vôtre. Mais je leur ai répondu très clairement: quelle association serions-nous si nous changions d’avis tous les ans? Nous ne serions pas crédibles. Alors je vous le dis, nous ferons le point cet été.

Vous avez déjà bien une idée?

Oui. Je pense que le système actuel est bon, mais qu’il mérite quelques adaptations. L’idée, c’est de conserver le fait que les équipes jouent dans tout le canton, mais en préservant les derbys et en répartissant mieux les équipes.

Donc Aigle et Bex resteront dans le même groupe?

Dans mon idéal, oui. Les derbys sont importants, mais l’équité aussi. De nouveau, dans mon idée, il y aurait le même nombre de relégués et de promus dans chaque groupe, ainsi que le même nombre de deuxièmes équipes. Une fois que vous avez déjà réparti ces équipes-là, vous avez fait la moitié du chemin. A nous ensuite de préserver les derbys, j’insiste. De manière générale, j’ai envie d’augmenter l’intérêt de nos compétitions.

Un autre exemple?

Lino Campigotto, membre du comité central que vous connaissez bien, m’a accompagné lors de l’assemblée des délégués au Tessin. La commission des compétitions de ce canton a émis un souhait fort, celui de relancer l’intérêt autour de la 4e et de la 5e ligue. Nous sommes complètement en accord. Oui, ces ligues sont là pour prendre du plaisir, mais il n’y a pas de plaisir sans compétition. Aujourd’hui, en 5e ligue, une équipe se détache dès la 5e journée et n’est plus jamais rattrapée. Il n’y a qu’un promu et toutes les autres jouent pour rien depuis le mois d’octobre.

C’est la 5e ligue, les joueurs sont autant là pour les cartons de bière que pour le jeu…

Eh bien non. Enfin, oui, bien sûr. Le carton de bières est important, la fondue, la choucroute ou le rack d’agneau après le match aussi. Mais ils doivent avoir de l’enjeu plus longtemps. On va se pencher sur une réforme, avec un nombre plus élevé de promus et de relégués. Nous voulons ramener de l’enjeu, qu’on ait des matches engagés au printemps car la 3e place, tout d’un coup, peut permettre la promotion.

Des finales en 5e ligue?

Je ne sais pas.

Vous y avez pensé?

Je pense souvent à beaucoup de choses. Mais aujourd’hui, je n’ai pas la réponse à cette question. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai envie, et la commission des compétitions de l’ACVF avec moi, de redynamiser les 4e et 5e ligues.

Puisque nous en sommes au sujet des finales, on va quand même vous poser la question qui nous a fait grogner en fin de saison dernière…

Les horaires?

Evidemment. Il est normal que les matches des mêmes groupes se jouent strictement en même temps. Tout le monde est d’accord. Mais pourquoi tous les matches des mêmes groupes doivent-ils se jouer en même temps à la même heure? C’est une aberration, non?

Mais nous avons déjà changé cela, non?

Oui, mais dans un deuxième temps et sous la pression des clubs. Et encore, il y a désormais une date fixe pour le samedi et une pour le dimanche…

Nous avons été flexibles avec le Stade Payerne, rappelez-moi?

Oui, d’accord, mais une fois de plus sous la pression et en dernière minute. La question que l’on vous pose est simple: les clubs pourront-ils s’arranger entre eux, en respectant évidemment le principe que les matches d’un même groupe doivent se jouer en même temps?

Je vais vous répondre ainsi: nous n’avons pas encore abordé le sujet, mais nous sommes ouverts à la discussion, avec ce principe immuable: pour autant que l’esprit de la compétition soit respecté, nous serons flexibles.

C’est donc un oui?

Ce n’est pas un non.

On est plein dedans, le marché des transferts vient de s’ouvrir. Quel est votre avis de président là-dessus?

A quel niveau?

Ne trouvez-vous pas qu’il y ait trop de transferts en hiver? Etes-vous favorable à ce mercato?

Nous avons eu la même question, provenant d’un club du Nord-vaudois. Je la comprends évidemment et le problème n’est pas nouveau. Je ne sais pas combien de fois on en a parlé au sein des diverses commissions dont je fais partie… Le problème est insoluble.

Pourquoi ne pas limiter les transferts?

Bon, on va commencer par le début. Je sais que vous êtes au courant, vous venez d’écrire un article à ce sujet, mais je me permets de le rappeler: une décision très importante vient d’être prise, qui réduit les périodes de transferts des clubs amateurs. Désormais, les qualifications des joueurs non-amateurs sont strictement les mêmes que celles des amateurs.

C’est un pas dans la bonne direction, non?

Oui, vraiment. Après, je comprends votre souci et je le partage: trop de mouvement de joueurs, ce n’est bon pour personne. Il y un manque d’identité et d’identification, si j’ose dire. Un joueur qui joue en 2014 chez A et B et en 2015 chez C et D, je ne vais pas vous dire que ça me plaît. Mais on doit être très prudent! Il y a des barrières juridiques, qui ont trait à la liberté de circulation et au droit des gens de disposer d’eux-mêmes. Est-ce que ce serait dans l’esprit du football amateur qu’un joueur soit lié par contrat une année avec un club? Je ne sais pas. Ou plutôt, je pense que non, ce ne serait pas l’esprit du football amateur. Dans l’élite, vous pouvez. Il y a le droit du travail. Mais en 5e ligue…

On ne peut rien faire, alors?

Je ne vois aucune possibilité réglementaire. Et croyez-moi quand je vous dis qu’on y a pensé.

L’argent donné à des joueurs de 2e, 3e ou 4e ligue, ça vous inquiète? Ca vous énerve? Ca vous laisse indifférent?

Je sais que cela existe. Que voulez-vous que je vous dise? Que l’ACVF va aller voir partout, sous chaque table, quels sont les dessous? Donnez-moi une solution miracle, je vous écoute.

On est convaincu qu’il n’y en a pas.

Voilà. Nous avons des contrats enregistrés à l’ASF pour les clubs de 1re ligue et de 2e ligue inter, mais en dessous, les joueurs sont amateurs, c’est tout.

Vous avez quand même sanctionné le Stade Nyonnais lors de la saison dernière…

Oui, parce que le règlement nous l’imposait. Nyon a aligné un joueur non-amateur, qui gagne plus de 6000 francs par année et a un contrat enregistré à l’ASF, dans un match de 2e ligue. C’est interdit.

Vérifiez-vous tous les matches?

Disons que nous effectuons des sondages ciblés. Et de toute façon, dès qu’un club signale une éventuelle fraude, nous sommes légalement obligés d’effectuer la vérification. Mais de nouveau, nous n’agissons pas contre un club, mais pour tous les clubs, pour que les règlements soient respectés.

Aimeriez-vous modifier ces règlements, parfois?

J’aime le football du plus profond de mon être et bien sûr que j’aimerais qu’il soit le plus sain et le plus propre possible. Je veux le meilleur pour mon association cantonale, mais le tableau n’est pas sombre, bien au contraire! L’ACVF se porte bien, ses clubs aussi, et je constate beaucoup de respect et de fair-play autour des terrains, ainsi qu’un esprit de compétition magnifique. J’aime ça, j’aime le jeu, l’engagement et les beaux gestes.

Un dernier mot?

Je souhaite un magnifique deuxième tour à tous… et à toutes, car je n’aimerais pas oublier le football féminin! Vous ne m’avez pas interrogé là-dessus, donc je considère que c’est de votre faute si le sujet n’a pas été abordé avant…

C’est facile, ça…

Plus sérieusement, je me félicite du beau développement du football féminin dans le canton de Vaud. Nous avons organisé une journée d’initiation le 5 octobre dernier. 25 jeunes filles, qui n’avaient jamais joué au football auparavant, ont commencé notre beau sport à cette occasion. Elles ont entre 8 et 12 ans, elles sont l’avenir et le football de demain. Allez, vive le football vaudois et excellent deuxième tour à tous!

Categories: Divers, Interviews

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