Un derby sans vainqueur entre YS et Echallens

Un derby sans vainqueur entre YS et Echallens

Vittorio Bevilacqua, pour son deuxième retour à Yverdon Sport, se doutait bien que sa mission serait compliquée. Après son premier match, face à Echallens samedi, il en est désormais convaincu. Non pas que son équipe ait fait un mauvais match, loin de là, mais cette 1re ligue Classic est compétitive, et YS, aujourd’hui, n’est clairement pas un ténor de la catégorie. Ce n’est pas une surprise? C’est vrai, mais « Bevi » veut tellement gagner, tout le temps, qu’il devra s’y faire: pour cet Yverdon Sport-là, un match nul n’est pas forcément un mauvais résultat. Ainsi, ce point pris face à Echallens peut être pris comme un regret, surtout à domicile, mais le constat est clair, et il est implacable: Yverdon Sport, en l’état actuel, n’est pas capable de mieux.

Echallens a joué avec Carl Martinet en pointe

Face à une équipe d’Echallens en mal de confiance, Vittorio Bevilacqua avait opté pour le 4-2-3-1, un système pratiqué par YS depuis le début de la saison. Edin Becirovic seul devant, soutenu par Abraham Keita, Eros Pitronaci et Mehdi Benhaddouche, voilà l’offensive yverdonnoise. De l’autre côté, Julien Marendaz avait préparé une surprise à ses supporters, en plaçant Carl Martinet à la pointe de son système. Yannick Nkufo et Adrian Alvarez étaient placés sur les ailes, et Echallens jouait donc sans numéro 10. Quentin Roussey et Nicolas Bastardoz étaient chargés de l’animation, et David Jimenez de la récupération. Un 4-3-3 typique, avec un faux avant-centre, voici l’option choisie par les Challensois. L’avantage? Beaucoup de vitesse sur les côtés, et un milieu de terrain renforcé. L’inconvénient? Carl Martinet n’est pas un pur finisseur, mais sa qualité technique lui a permis de tenir ce rôle de manière plus que convenable.

Ce choc était celui de la peur entre deux équipes en difficulté

C’est d’ailleurs lui, l’ancien Nyonnais, qui ouvrait la marque sur la première véritable occasion du FC Echallens Région, à la 26e. Sa frappe au premier poteau, du gauche forcément, surprenait Robin Enrico, pas très heureux sur ce coup-là. Avant cela, YS aurait pu ouvrir la marque par Edin Becirovic (20e), mais la frappe du Bosniaque était détournée par Léo Richard, vainqueur de son premier face à face de la soirée. YS était mieux entré dans le match, mais Echallens a donc inscrit le 0-1, et dans ce duel de la peur, ouvrir la marque avait une importance considérable. Pour rappel, si YS était juste en dessous de la barre au coup d’envoi, Echallens ne se trouvait qu’un petit point devant.

La différence? Echallens a surtout connu des problèmes à la finition en ce début de saison, tandis qu’YS avait pas mal d’incendies à éteindre de tous les côtés. Pour schématiser, Yverdon, depuis le mois de juillet, a changé de président et d’entraîneur, a accueilli un directeur sportif et quinze joueurs. Echallens, de son côté, a « seulement » perdu un joueur qui lui assurait 30 buts par saison. Des problèmes que l’on qualifiera de différents, pour deux clubs qui le sont tout autant.

Echallens, pas ultra-convaincant, menait à la mi-temps

Bref, pas grand-chose de plus à signaler dans cette première période, si ce n’est un puissant coup-franc excentré de Mehdi Benhaddouche, bien dévié par Richard (36e). Vittorio Bevilacqua prenait cependant une décision forte en sortant le jeune Eros Pitronaci quelques minutes avant la mi-temps, pour le remplacer par Juan Rodriguez. Réconforté par les applaudissement de la tribune, l’ancien Chanvannais n’a pas réalisé une mauvaise mi-temps, mais n’a pas forcément pesé sur le jeu. Mehdi Benhaddouche a donc pris l’axe, Rodriguez occupant l’aile gauche. Mi-temps, 0-1, de quoi satisfaire Julien Marendaz: jusqu’ici, Echallens jouait bien et ne marquait pas. Là, Echallens jouait plutôt mal et gagnait. Vu la situation au classement, on est sûr que l’entraîneur challensois préférait ce constat-là.

L’égalisation d’Edin Becirovic

Surtout qu’Echallens entrait fort dans la deuxième période, se créant les premières occasions par Martinet et Alvarez (47e et 49e), avant… l’égalisation yverdonnoise. Bien servi par Abraham Keita, Edin Becirovic, décalé sur la droite, allait défier Richard et le battre subtilement. Un jolie finition de l’avant-centre yverdonnois, clairement, qui lui fera du bien à la confiance après son penalty manqué la semaine dernière à Meyrin (défaite 1-0). Un coup-franc de Benhaddouche était ensuite dévié sur sa latte par le gardien challensois (56e), avant un nouvel bel arrêt de Robin Enrico, l’ancien portier de Xamax, face à Carl Martinet (66e). Les deux dernières occasions de la partie? Pour Adrian Alvarez (72e et 89e), mais Enrico disait « Non » à chaque fois. YS, de son côté, passait en 4-4-2 en fin de match avec l’entrée de Dylan Charles, mais sans grand succès. Score final, 1-1.

Echallens a de bonnes excuses à faire valoir

Un résultat finalement assez juste, entre deux équipes en cruel manque de confiance. Une victoire dans ce derby, devant 450 spectateurs, aurait peut-être pu, justement, donner une nouvelle dynamique à l’une des deux équipes. Il n’en sera rien, et chacune repartira de ce match avec ses doutes et sans réel progrès. Echallens a toujours ses problèmes offensifs, mais il est bon, tout de même de rappeler certaines vérités. L’EFCR joue ces temps sans Andy Laugeois, Mathieu Germanier ni Damien Germanier, trois joueurs qui seraient titulaires dans n’importe quelle équipe de haut de tableau. Ajoutées au départ de Quentin Rushenguziminega à Stade-Lausanne, ces trois absences expliquent une partie des difficultés actuelles de l’équipe de Julien Marendaz, mais il y a bien un moment où Echallens devra faire le deuil de son attaquant. C’est impossible? Ce serait le moment, pourtant, car des regrets n’ont jamais fait marquer de but, à aucune équipe, à n’importe quel niveau. Reste qu’Echallens, plus que d’autres, est pénalisé par les absences de joueurs importants en ce début de saison.

YS a les moyens de se sauver, et largement

Et Yverdon alors? Les choses changent tellement vite au Stade Municipal qu’on espère désormais qu’une certaine stabilité puisse s’installer. On en revient à ce que l’on disait au début: avec cette équipe, YS ne jouera pas le haut de tableau, mais il a les moyens de se sauver, et largement. Et c’est, pour l’instant, tout ce qu’il peut espérer. Mais il est clair que l’arrivée de Vittorio Bevilacqua (qui n’a pas souhaité continuer avec Vagner Gomes comme assistant) est un motif d’espoir. Pour tout ce qu’il représente à Yverdon, déjà. Pour ses compétences tactiques et ses qualités de motivateur ensuite. Avec lui, YS aura une touche d’excitation et d’enthousiasme en plus, on l’a déjà senti en ce samedi soir.

Les hommes du match

Du côté d’Yverdon Sport, gros match de Dadie Mayila. Le capitaine est une valeur sûre de l’effectif vert et blanc, et il a tenu la baraque derrière. Intraitable dans les duels, parfait dans ses interventions, l’ancien joueur du LS est indispensable à YS. Son association avec Franck Toye est prometteuse. Et il est même tout à fait envisageable pour Vittorio Bevilacqua de le faire jouer en 6, avec un axe central composé de Toye et de Daniel Nida-Nida, suspendu face à Echallens. Bon match également du jeune gardien Robin Enrico. Le but qu’il encaisse était évitable et un gardien qui prend un but au premier poteau est toujours fautif, mais mis à part cet accroc, il a été plutôt bon, sauvant la mise à plusieurs reprises devant Adrian Alvarez en deuxième période.

On se répète match après match, et Julien Marendaz nous en voudra sûrement, mais Steve Samandjeu est vraiment énorme. Le latéral gauche challensois, arrivé de France cet été, est impressionnant physiquement, mais il a d’autres atouts que sa puissance. On le préfère comme défenseur central, mais il est excellent partout. Il s’est vite adapté au football suisse, et n’hésite pas à déborder et à amener sa percussion. Très fort. Nicolas Bastardoz, et cela n’étonnera personne, est également à créditer d’une grosse performance. Le milieu de terrain de l’EFCR est un joueur discret, qui ne fera de vagues ni dans le vestiaire, ni sur le terrain, mais tout ce qu’il fait est intelligent, pensé pour le collectif et ultra-propre. On adore ses transversales, un régal.

Les prochains rendez-vous

Les deux équipes ont deux rendez-vous très importants à l’extérieur, le samedi 5 octobre. Yverdon sera à Bulle, à 17h. Le FC Echallens n’aura pas la tâche facile, à Meyrin. Coup d’envoi à 18h dans le magnifique Stade des Arbères.

Yverdon Sport – FC Echallens 1-1 (0-1)

Buts: 26e Martinet 0-1; 49e Becirovic 1-1.
Arbitres: M. Wolfensberger, assisté de M. Pulaj et de M. Hasankovic.
YS: Enrico; Barrier, Mayila, Toye (63e Demiri), Coendet; Bekteshi, Momo; Keita (80e Charles), Pitronaci (41e Rodriguez), Benhaddouche; Becirovic.
Entraîneur: Vittorio Bevilacqua.
Echallens: Richard; Hyvernaud, Sessolo, Conesa, Samandjeu; Jimenez, Bastardoz, Roussey (64e Deblüe); Nkufo (90e Azombo), Martinet (81e Mitrov), Alvarez.
Entraîneur: Julien Marendaz.
Notes: Stade Municipal. 450 spectateurs.

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