David Marazzi n’a même pas eu le temps de se chauffer

David Marazzi n’a même pas eu le temps de se chauffer

Heureusement, Ali Kabacalman n’a rien eu de trop grave. Croisé dans les couloirs de la Breite après le match, le milieu du terrain du LS, âgé de 20 ans, ne boitait même pas. « Ca va, ça va… Je crois que ça n’aura aucune conséquence », soufflait le Lausannois, pourtant sorti à la 30e sur une civière. Sa première titularisation en Challenge League ne sera donc pas un affreux souvenir même s’il aurait préféré, bien sûr, aller au bout de la partie. Assis sur le banc, comme souvent ces derniers temps, David Marazzi a donc été prié d’enlever sa veste, d’ajuster un coup ses protège-tibias et d’entrer immédiatement. L’échauffement? Comme tous les remplaçants, jusqu’à dix minutes avant le coup d’envoi, mais sur un rythme évidemment différent de celui des titulaires. Après avoir passé 30 minutes congelé sur le banc de touche, Marazzi a donc fait son apparition d’une seconde à l’autre, comme milieu gauche. Sa réponse? Deux buts et une prestation d’ensemble très réussie. Fort.

« Les cinq premières minutes, j’ai vraiment eu du mal »

« Mais c’était affreux, j’avoue », rigolait-il après le match. « Les cinq premières minutes, j’ai vraiment eu du mal. Les muscles ne répondaient pas, c’était vraiment étrange, j’avais les jambes lourdes. Mais après, j’étais dans le rythme. » Et comment! C’est lui qui a inscrit le 0-2 à la 50e, un but très important car Schaffhouse semblait revenir fort des vestiaires. En reprenant un centre parfait d’Olivier Custodio (lui-même bien servi en profondeur par Jocelyn Roux), le numéro 11 a permis au LS de prendre le large dans cette rencontre. Mieux encore, il s’est offert un doublé, sur un service impeccable de Numa Lavanchy, pour inscrire le 0-4 à la 84e.

Deux buts qui donnent de la confiance

Un joli doublé, donc, et de quoi lui apporter un peu de confiance dans une période pas forcément facile pour lui sur le plan personnel. « C’est vrai, ces deux buts me donnent de la confiance. Je suis content pour l’équipe d’abord, mais c’est vrai que j’en avais besoin ces temps. Je joue moins, donc tout est bon à prendre. Et quand je rentre, comme aujourd’hui, même si je n’ai pas eu le temps de me préparer, je sais que c’est important et que l’entraîneur compte sur moi. » Alors, il frappe fort, et juste. Titulaire avec les M21 contre Azzurri la semaine dernière (lire ici), il avait aussi marqué, mais ce doublé en Challenge League a forcément une autre signification aux yeux de Fabio Celestini. « Je ne lâche rien. Les M21, c’était important pour garder un peu le rythme et aussi la confiance », termine le Pulliéran.

Premières titularisations pour Ali Kabacalman et Jordan Lotomba

Il est vrai que son absence au coup d’envoi avait de quoi surprendre, car le LS était privé d’Alexandre Pasche, Hélios Sessolo et Ming Yang Yang, trois titulaires habituels. Fabio Celestini a donc titularisé Romain Dessarzin et on s’attendait, on l’avoue, à voir David Marazzi d’entrée. L’entraîneur du LS avait cependant une autre idée et on est assez convaincu qu’il connaît mieux le football que nous, donc on lui donne raison. Son onze de base? Un 4-2-3-1 avec deux jeunes joueurs titulaires pour la première fois de leur carrière à ce niveau, Ali Kabacalman (20 ans) et Jordan Lotomba (17 ans). Il fallait oser, surtout face à l’équipe la plus performante de Challenge League à domicile! Le FCS avait en effet remporté 18 points possibles sur 21 dans sa Breite, ce qui en faisait le leader à ce classement spécifique avant de recevoir le LS ce samedi. Fabio Celestini, comme souvent, a misé sur la jeunesse.

La maîtrise du LS était totale

L’entrée de David Marazzi pour Ali Kabacalman (30e) a rehaussé la moyenne d’âge, mais aussi modifié la disposition des joueurs. Romain Dessarzin est passé à droite, Marazzi à gauche, tandis que les deux milieux récupérateurs s’appelaient désormais Jordan Lotomba et Olivier Custodio, mais cela n’a pas changé grand-chose, tant la maîtrise du LS était totale. Cette équipe est vraiment étonnante, elle qui ne sait plus gagner à la Pontaise, mais qui impose son jeu partout à l’extérieur. En fait, Lausanne impose aussi son jeu à la maison, mais peine à trouver la faille face à des défenses regroupées. A l’extérieur, le LS a aussi le ballon, mais dispose de plus d’espaces pour créer le danger, ce qui en fait une équipe plus que redoutable.

Quatre buts venus des ailes

Surtout, le Lausanne-Sport a trouvé la faille sur les côtés, samedi, puisque ses quatre réalisations sont venues des ailes, ce qui était le plan de Fabio Celestini. Le 0-1? Une balle en profondeur d’Ali Kabacalman pour Nicolas Gétaz, dont le centre était taclé au premier poteau par Jocelyn Roux, dans son style si caractéristique. En passant, l’avant-centre du LS a rejoint Antonio Marchesano au premier rang des canonniers de Challenge League, avec 11 réalisations. Le 0-2 est né d’un centre d’Olivier Custodio, de la droite, pour David Marazzi, on l’a dit. Le 0-3? Numa Lavanchy qui déborde côté droit, qui rentre dans le terrain et qui frappe (du gauche!) à ras le poteau de Franck Grasseler. Enfin, le 0-4 est lui aussi venu de la droite avec le centre de Lavanchy pour Marazzi. Bref, les Vaudois ont fait la différence sur les côtés.

Même Kevin Cooper a apprécié le spectacle

Kevin Cooper, l’entraîneur de Wil, a sans doute apprécié le spectacle, même s’il espérait secrètement une défaite des Lausannois pour leur passer devant dimanche, après le déplacement de son équipe à Chiasso. Fair-play, l’entraîneur anglais a admis avoir passé un bon moment à la Breite samedi. Nul doute qu’il en aura tiré quelques enseignements précieux, outre celui de savoir que le FC Wil restera deuxième quoi qu’il arrive au terme de ce week-end. Lausanne a ainsi montré ce samedi ce qui lui avait manqué contre Xamax lundi dernier: de la percussion, des rushes sur les côtés et du réalisme. On a aimé ce LS-là, on ne s’en cache pas.

Les hommes du match

David Marazzi, pour l’ensemble de son oeuvre, son attitude, sa grinta et son doublé. Fabio Celestini veut faire jouer son équipe « à l’espagnole », en tous les cas sur certains aspects du jeu, tel que la conservation du ballon, par exemple. Cela porte ses fruits, on le voit à chaque instant, mais Marazzi apporte une percussion nécessaire par instants, qui peut détonner, mais qui est tellement précieuse. Ses deux buts récompensent son état d’esprit. Sinon, on n’en a pas parlé dans cet article, mais on a apprécié la performance de la défense centrale composée d’Elton Monteiro et d’Arnaud Bühler. Cela n’était pas forcément facile pour eux avec deux avions comme Nicolas Gétaz et Numa Lavanchy comme latéraux, puisque ces deux joueurs adorent prendre leur couloir, mais ils ont été très solides. Gétaz (un assist) et Lavanchy (un but et un assist) méritent également une mention dans cette rubrique, d’ailleurs.

Les prochains rendez-vous

Lausanne se déplace à Bienne le lundi 30 novembre à 19h45. Ce sera la première du LS dans la toute nouvelle Tissot-Arena.

FC Schaffhouse – Lausanne-Sport 0-4 (0-1)

Buts: 18e Roux 0-1; 50e Marazzi 0-2; 61e Lavanchy 0-3 ; 84e Marazzi 0-4

Arbitres: M. Luca Gut, assisté de M. Devis Dettamanti et de M. Sertac Kurnzaca.

Schaffhouse: Grasseler; Gonçalves, Lekaj, Neitzke, Alioski; Facchinetti; Gül (39e Ianu), Bicvic (77e Kuzmanovic), Neziraj, Mariani; Tadic.

Entraîneur: Maurizio Jacobacci

LS: Castella; Lavanchy, Monteiro, Bühler, Gétaz; Custodio, Kabacalman (31e Marazzi); Lotomba, Margairaz (86e Zeqiri), Dessarzin (89e Krasniqi); Roux.

Entraîneur: Fabio Celestini

Breite. 998 spectateurs.

Categories: Football d'élite

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