Dardania, ça va déjà très vite

Dardania, ça va déjà très vite

En quittant la Porte de Saint-Ouen pour venir jouer au football en Suisse, Karim Diarra ne s’attendait sans doute pas à fêter ses buts au son d’une musique albanaise: on ne prend pas trop de risques en disant cela. C’est pourtant ce qui s’est passé mercredi soir à Chavannes-près-Renens et le Parisien a eu droit trois fois à la petite musique entraînante, c’est-à-dire exactement une fois après chacun de ses buts. Car oui, Karim Diarra joue désormais pour Dardania Lausanne et quelque chose nous dit qu’il va devoir s’habituer à entendre le « Hey Kosova » final de la bande-son à de nombreuses reprises cette saison. On espère même qu’il va apprendre les paroles, pour tout dire. Car oui, Karim Diarra va sans doute scorer à de nombreuses reprises cette saison.

Dardania est prêt, cette année

Le début de saison de Dardania a en tous les cas été très convaincant mercredi, avec cette victoire 4-1 face à Genolier-Begnins, le néo-promu. Il y a exactement une année, les Lausannois étaient tout sauf prêts, tout comme celle d’avant. En général, en août, les Albanophones sont encore dans les Balkans, ou disons qu’ils viennent de rentrer. Mais cette année, le Dardania 2016-2017 était prêt d’entrée à attaquer le championnat et cela s’est vu tout de suite. Dans le onze de départ, les Lausannois n’alignaient d’ailleurs que… deux joueurs venant du pays de l’aigle à deux têtes: le bien prénommé gardien Dardan Miftari et le latéral droit (et capitaine) Lirim Hasani. Dardania, c’est un constat, ne parle plus albanais, ou moins.

De très bons transferts venus du Portugal

Par contre, grosse différence par rapport aux derniers mois d’août, Dardania est déjà prêt physiquement, affûté, et très rapide. S’il y a une chose qui a frappé les observateurs mercredi (et les défenseurs de Genolier-Begnins, aussi), c’est que Dardania va vite, très vite, notamment en attaque. Karim Diarra est une flèche, mais les nouveaux venus ne sont pas mal non plus, notamment cet Esmeraldo Dias Barros qui a marqué le 3-1 et globalement fait forte impression. On peut déjà écrire une chose: Vagner Gomes ne s’est pas trompé dans ses transferts: les joueurs qu’il a amené du Portugal sont forts. Ils viennent d’Oliveira de Frades, en quatrième division, et ils sont largement au niveau de la 2e ligue inter, on peut déjà l’affirmer après ces 90 minutes.

Une charnière centrale très solide

Julien Jemmely a d’ailleurs pu le constater lui-même: l’attaquant de Genolier-Begnins a passé une sale soirée face à Jonny Semedo et Ricardo Bruno Dos Santos, les deux tours que Dardania va aligner en défense centrale cette saison. Ces deux hommes viennent du Portugal et le premier nommé a déjà une expérience de la Suisse. « Lausanne le voulait absolument il y a quelques années », nous a assuré Vagner Gomes, avec son sens de la mesure habituel. Ce qui est sûr, c’est que la nouvelle charnière centrale de Dardania, c’est du très costaud. Jonny Semedo mesure 1m93, Ricardo Bruno Dos Santos 1m98. Alors oui, Julien Jemmely est son 1m99 sont au dessus, mais ce mercredi, « JJ » a pris de vraies secouées dans les duels, lui qui est plutôt habitué à les mettre.

Cela peut-il durer cette fois?

Dardania est donc solide derrière et rapide devant, ce qui est quand même une bonne combinaison. La question avec le club de Chavannes est toujours la même: combien de temps cela va-t-il durer? Chaque année, on croit en Dardania et chaque année, le projet change. Quatre joueurs viennent tout droit du Portugal, deux de France (et ils ont aussi fait bonne impression), et Dardania attend encore Omar Bellagra, qui se marie en Algérie mais qui a signé. Sur le papier, c’est du lourd, et sur le terrain, apparemment aussi. Mais cela peut-il tenir sur le long terme? On a envie d’y croire, mais on croyait aussi dans les précédents projets et ils ont disparu. Vagner Gomes est aujourd’hui dans la place et on n’a aucun doute sur sa capacité à construire une belle équipe: d’ailleurs elle est faite et elle a fière allure. Reste juste à ce qu’on puisse écrire ces mêmes lignes dans six ou douze mois.

Jérôme Barrier a retrouvé ses copains d’en face

Le match? Equilibré au début, avec l’ouverture du score de Karim Diarra à la 27e (avec pas mal de réussite), avant l’égalisation de Greg Jemmely, lequel a repris un ballon repoussé par Dardan Miftari à la suite d’un bon coup de tête de Yann Bonzon en profondeur (31e, 1-1). Le tournant du match est arrivé là, et il mérite qu’on s’y attarde un petit peu. En clair, le principal protagoniste s’appelle Jérôme Barrier. Le milieu de couloir de Dardania n’est de loin pas un inconnu du côté de Genolier-Begnins, puisqu’il a souvent croisé la route de cette équipe ces derniers mois, avec le maillot de LUC-Dorigny. Il existe donc un certain passif entre GB et Barrier, et ce dernier n’a pas manqué de saluer ses copains en posant quelques solides boîtes autour de la demi-heure de jeu. Forcément, les esprits se sont échauffés un peu et l’arbitre a tenté de calmer tout le monde par un carton jaune simultané à Barrier et à Lorenzo Mancuso pour quelques moments de tendresse.

Faute dans les seize mètres = penalty

A la 34e, le joueur de Dardania s’est retrouvé dans la surface, à la retombée d’un coup-franc offensif. Karim Diarra a mal tiré le coup de pied arrêté, lequel a été renvoyé par la défense des Canaris, mais Jérôme Barrier s’est retrouvé au sol, se tordant de douleur. La raison? Apparemment, un coup donné par Stéphane Girardet, que l’on n’a pas vu. L’arbitre, lui, l’a vu et a immédiatement sorti le carton rouge au défenseur de Genolier-Begnins, avant d’indiquer… le point de penalty. Techniquement, la décision est correcte: la faute a eu lieu dans les seize mètres et même si le ballon n’était plus là, une faute dans le rectangle donne un penalty. Rien à dire. Après, évidemment que l’arbitre a sifflé ce qu’il a vu. Et il y a fort à parier, disons, que Barrier n’est pas innocent dans cette affaire, mais il y a une chose à dire: il n’a pas simulé en se retrouvant au sol puisque Girardet lui a vraiment fait mal et qu’il a dû sortir dans la foulée.

Deux immenses chances pour GB à dix contre onze

Réduit à dix, Genolier-Begnins a commencé par encaisser le penalty du 2-1 quelques secondes plus tard (Karim Diarra) et dès lors, tout devenait compliqué. Pourtant, les Canaris ont été plutôt bons, passant tout près de l’égalisation par Julien Jemmely (arrêt incroyable de Dardan Miftari, 49e) avant le 3-1 d’Esmeraldo Dias (51e). Cyril Favre a eu une superbe occasion ensuite, sur un débordement d’Yvan Bolay (64e), mais la reprise du milieu de terrain de GB a trouvé la barre transversale. Genolier-Begnins a été l’équipe que l’on connaît: généreuse, combative et déterminée. C’étaient ses qualités en 2015 en 2e ligue, ce sont aussi celles de 2016 en 2e ligue inter. Sans surprise.

GB va recevoir Thierrens, Dardania s’en va en leader à Bulle

En fin de match, la fraîcheur et la vitesse de Dardania ont fait la différence, Karim Diarra inscrivant le 4-1 final pour la première de Genolier-Begnins en 2e ligue inter. Cela ne restera pas un bon souvenir et il faudra relever la tête dès dimanche avec la réception du FC Thierrens, dans un tout autre style. Le FCT est en forme, lui qui vient de battre Ticino Le Locle (1-0, but de Dionys Burdet). Ce sera à 15h aux Gravières. Dardania, de son côté, ira disputer un premier choc au sommet sur le terrain du FC Bulle, samedi à 16h. Les Lausannois débarqueront à Bulle dans le costume du leader de championnat. A eux de le garder encore une semaine, mais il y a une chose dont on est sûr: sur le grand terrain bullois, avec les espaces qu’il y a, Karim Diarra et ses copains vont se régaler.

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