Mais comment a fait Le Mont pour ne pas gagner?

Mais comment a fait Le Mont pour ne pas gagner?

Les statistiques peuvent parfois mentir, mais lundi soir, elles ont dit la vérité: Le Mont a dominé le premier des quatre derbys vaudois de la saison, mais n’a eu qu’un seul tort, immense: ne pas le gagner. Les chiffres? Le Mont a cadré neuf frappes, le LS deux. Le Mont a eu 14 corners, le LS cinq. Et le score final? 1-1. Lausanne n’a toujours pas perdu cette saison et Le Mont n’a toujours pas gagné. Mais que ce point est rageant pour les hommes de Claude Gross, qui auraient mérité trois fois mieux, tout simplement.

Thomas Castella a tout sorti, même ce qui était impossible

Après la lourde défaite face à Schaffhouse, le doute s’était emparé de quelques suiveurs attentifs de la Challenge League. Et si Le Mont n’avait pas le niveau? Cette crainte a été balayée, ventilée, dispersée, écrasée, devant les 4500 spectateurs de La Pontaise. Chacun d’eux l’aura remarqué: oui, le « petit » Le Mont a le format requis pour la deuxième division suisse, sans aucun problème. Les Montains n’ont pas fait que de se défendre face au club-phare du canton de Vaud: ils ont pressé, ils ont joué. En un mot, ils ont dominé. Le match aurait pu être plié à la mi-temps déjà, sans un immense Thomas Castella, qui aura été le grand gagnant de la rencontre du côté du LS. Et s’il prenait la place de numéro? Le Fribourgeois, formé à Team Vaud, était pressenti pour être la doublure de Kevin Fickentscher. Mais vu ses prestations depuis le début de la saison et, surtout, celle de lundi, il pourrait bien s’installer dans les buts lausannois, même après le retour de blessure de l’ancien Sédunois.

Quelle première période des Montains!

Castella a, en effet, tout fait juste, notamment devant Adrian Alvarez et Ange Nsilu, à la 14e, pour un double arrêt qu’il pourra se repasser en boucle les jours où il manquera un peu de confiance. Ce qu’il a réalisé là tient du miracle et le kop du LS ne s’y est pas trompé, en scandant son nom dès le quart d’heure de jeu. Lausanne n’a eu que quatre bonnes minutes en première période: les quatre premières, lors desquelles Le Mont a été acculé dans son camp, incapable de sortir. Mais sinon, quelle première période des Montains! On avait pointé du doigt la défense centrale lors du match face à Schaffhouse, mais, lundi soir, quels patrons! Ndiasse Ndiaye et Ibrahim Tall ont complètement éteint Cristian Ianu, gagnant tous leurs duels et montrant une autorité bienvenue.

Le Mont n’a pas été « sur-émotif »

Mais le plus étonnant dans tout cela est que Le Mont n’a pas eu à faire preuve d’agressivité pour contrer le LS. On s’attendait très sincèrement à des Montains remontés après le match face à Schaffhouse, mais ils ont eu l’intelligence, et il faut rendre ce mérite à Claude Gross, de réagir « sereinement », si l’on ose. Pas de tacles à la gorge, pas de surmotivation néfaste: simplement une concentration extrême et une implication de tous les instants. Les joueurs du Mont n’ont pas été submergé par l’émotion des retrouvailles ou d’une quelconque revanche sur leur carrière: ils ont été froids. Cette attitude était la bonne.

Le LS passe à deux attaquants… et marque

Leur seul tort, on l’a dit, a été de ne pas tuer le match. Lausanne, de son côté, a déçu, il faut bien le dire, ne montrant absolument rien pendant septante minutes. Les satisfactions? Thomas Castella, on l’a dit, mais aussi le coaching de Francesco Gabriele. Tout de suite après le 0-1 de Sid-Ahmed Bouziane (coup-franc de plus de 40 mètres qui a lobé Castella), le technicien italien a fait entrer Andelko Savic, qui a offert dix minutes plus tard sur un plateau le 1-1 à son compère de l’attaque, le Roumain Cristian Ianu (troisième but de la saison). Ce n’est pas exactement le plus grand coup tactique du siècle de faire entrer un deuxième attaquant lorsqu’on est mené au score? Peut-être, mais ça a marché. Au final, le LS, on l’a dit, a cadré deux tirs et a marqué un but. Un bon pourcentage… Disons-le comme ceci: Le Mont a été la seule équipe sur le terrain de la 4e à la 70e minute. Le LS a eu tout le reste.

Sid-Ahmed Bouziane voulait centrer

Avant le 1-1, il y a eu un 0-1, on l’a dit. Là où Le Mont avait échoué à six reprises devant Castella avant la 57e minute, il a fallu que Bouziane ne fasse… pas exprès pour arriver à tromper le gardien lausannois! « Bien sûr que je voulais centrer », nous avouera-t-il en rigolant après le match. Même lorsque c’est involontaire, sa patte gauche est magique. Le Mont semble avoir trouvé son équilibre lors de ce match, et la montée en puissance de son maître à jouer n’y est sans doute pas pour rien. Claude Gross avait décidé de jouer comme l’an dernier, avec Bouziane en 10 et deux ailiers entourant Ange Nsilu. Lundi, leur nom était Adrian Alvarez à droite et Florian Berisha à gauche. Michele Morganella? Touché aux ligaments en match amical cette semaine, il a passé une IRM et devrait être éloigné des terrains plusieurs semaines, malheureusement pour Le Mont et lui.

Francesco Gabriele va-t-il procéder à des changements?

Le LS, de son côté, jouait dans la même formation que depuis le début de saison, dans une sorte de « sapin de Noël » en 4-3-2-1. Mais la prestation inquiétante de son équipe, notamment au milieu, pourrait inciter Francesco Gabriele à revoir ses plans. Jordi Delclos va-t-il s’imposer comme titulaire, lui qui est entré en cours de match lundi? L’entraîneur du LS devra en outre intégrer Guillaume Rippert, sa dernière recrue, en défense centrale (ou à gauche et faire monter David Marazzi au milieu?), et se réjouit de pouvoir compter sur l’attaquant français Kevin Dupuis pour, peut-être, tenter une attaque à deux, plutôt que de faire entrer Andelko Savic en fin de match. Lundi, cela lui a souri, mais le LS devra montrer plus, beaucoup plus, s’il espère jouer le haut du tableau cette saison. Les 4500 spectateurs présents lundi ne demandent qu’à vibrer cette année. Mais pour ça, il faudra élever le niveau.

Les hommes du match

Thomas Castella a été énorme. On peut lui reprocher le but de Bouziane, c’est vrai, mais sinon, il a été brillant, on l’a déjà dit. Sans lui, Le Mont menait 0-3 à la pause. Numa Lavanchy a énormément souffert face à Florian Berisha, mais il ne s’est pas découragé. Il a été de loin le meilleur des « M21 ». Il a apporté le surnombre offensivement et n’a pas compté ses efforts. Encore un peu de déchet dans son jeu, mais il progresse à ce poste de latéral, lui qui évoluait comme milieu de couloir en M21. Il est généreux, a une bonne mentalité et ses centres étaient précis, à l’image de celui de la 75e, que Jordi Delclos n’a pas su convertir en but.

Du côté du Mont, Musa Araz a survolé les débats. Le jeune Fribourgeois a quelque chose en plus, on l’a déjà dit et redit, mais lundi, ce sont les spectateurs de La Pontaise qui s’en sont rendus compte. Ce « quelque chose en plus »? Il joue toujours vers l’avant et trouve des intervalles que peu de monde trouverait. Tellement de milieux de terrain reçoivent le ballon et le remettent derrière… Lui bonifie les ballons reçus et casse les lignes. Enorme. Nicolas Gétaz a été très bon sur le couloir gauche de la défense. En première période surtout, mais aussi en deuxième, il est venu soutenir l’offensive de son équipe et a été à l’origine de nombreux centres dangereux. La seule critique? Sur le 1-1, où il perd son duel à l’épaule face à Andelko Savic juste avant le centre victorieux de ce dernier. Sinon, il a été parfait.

Les prochains rendez-vous

Le Mont accueille Lugano, dimanche 10 août à 15h au Stade Sous-Ville de Baulmes. Lausanne sera à Schaffhouse le lendemain, à 19h45.

FC Lausanne-Sport – FC Le Mont-sur-Lausanne 1-1 (0-0)

Buts: 57e Bouziane 0-1; 77e Ianu 1-1.
Arbitre: M. Klossner.
LS: Castella; Lavanchy, Katz, De Pierro, Marazzi; Veloso (76e Chakhsi), Meite, Yang Yang; Dessarzin (57e Delclos), Custodio (68e Savic); Ianu.
Entraîneur: Francesco Gabriele.
Le Mont: Antonio; Reis, Tall, Ndiaye, Gétaz; Gabriele, Araz, Bouziane; Alvarez (78e Melo), Nsilu (82e Madou), Berisha.
Entraîneur: Clause Gross.
Notes: La Pontaise, 4500 spectateurs.