«La cohésion, elle se fait dans le vestiaire, au quotidien, pas dans le passé»

«La cohésion, elle se fait dans le vestiaire, au quotidien, pas dans le passé»

« Mais non, on n’a pas tout changé! On s’est renforcés, c’est sûr, mais vous pensiez qu’0n n’allait pas le faire, en montant en Challenge League? Il y a des joueurs qui ont souhaité partir, et d’autres à qui on a dit qu’il fallait qu’ils trouvent un club, mais le noyau des joueurs sur lesquels on comptait est resté. » Claude Gross n’aime pas trop les bruits qui courent du côté du FC Le Mont depuis quelques jours. Les bruits? Que Le Mont aurait perdu ce qui faisait sa force, à savoir l’esprit d’équipe et la cohésion, en raison du départ de nombreux joueurs ayant obtenu la double-promotion, de 1re ligue en Challenge League en deux ans. Si le départ de certains, comme David Kilinc ou Claudio Gentile, a été réalisé très vite, les autres se sont échelonnés, jusqu’au coup de tonnerre, l’annonce faite par Sid-Ahmed Bouziane de rejoindre Köniz, contre la volonté du club montain. Mais Le Mont n’est pas pris de court, loin de là, même si le départ du meneur de jeu a été une vraie surprise. Son remplaçant? Il faisait déjà partie de l’effectif et s’appelle Florian Berisha, « exilé » sur l’aile gauche jusqu’au départ de Bouziane.

Quatre arrivées XXL depuis deux semaines

Le Mont, on vient de le dire, n’a pas été pris au dépourvu. Les arrivées sont en effet nombreuses au Châtaignier depuis cet été, bien plus qu’il y a une année. La dernière en date? Yacine Si Salem, milieu de couloir franco-algérien de 26 ans, passé par Belenenses et la Jeunesse Sportive de Kabylie. « Il a un joli parcours, avec une montée de D2 en D1 portugaise, et une sélection en équipe de France M21. Ce n’est pas rien du tout! Pour jouer avec l’équipe de France espoirs, il faut déjà un certain niveau. Il peut jouer à droite et à gauche et arrive dans un état d’esprit positif, très motivé », explique l’entraîneur franco-suisse du Mont. Après Johnny Leoni, Leyti Ndiaye et Sehar Fejzulahi, Le Mont a donc recruté quatre joueurs de très bon niveau dans les deux dernières semaines, perdant quand même Sid-Ahmed Bouziane. Disons-le clairement: l’équipe du Mont, actuel 8e, a très fière allure.

Claude Gross: « Je ne suis pas d’accord pour dire qu’on a tout changé »

Mais ces arrivées, forcément, interpellent. Ces joueurs-là viennent-ils pour l’amour du maillot? S’identifient-ils à la belle aventure du FC Le Mont, autant que ceux qui étaient sur le terrain il y a deux saisons ou la saison dernière? Claude Gross balaye ces arguments: « Mais il faut arrêter avec ça! L’esprit d’équipe, la cohésion, elle se fait dans le vestiaire, au quotidien, pas dans le passé. On a pris des joueurs de qualité, mais aussi des hommes qui pourront s’intégrer ici. Ibrahim Tall, c’est un gentleman! Un grand joueur, un homme intelligent, qui fait du bien dans le vestiaire et sur le terrain. Il est complètement dans l’état d’esprit du Mont, c’est un guerrier. Et il est nouveau! Et puis, je ne suis pas d’accord pour dire qu’on a tout changé. C’est même complètement faux. Sincèrement, comptez bien: combien de joueurs titulaires étaient là la saison dernière? » La réponse est sept. Leurs noms? Fabio Rego, Gilberto Reis, Michele Morganella, Nicolas Gétaz, Ndiasse Ndiaye, Marco Gabriele et Ange Nsilu. Nos lecteurs les connaissent bien et ces joueurs-là sont tous des titulaires potentiels, même avec les nouvelles recrues. Ils ne joueront pas tous, tout le temps, mais ils ont une chance raisonnable d’être sur le terrain, à des degrés divers, allant de l’indiscutable capitaine Ndiasse Ndiaye à Michele Morganella, actuellement blessé.

« On veut s’installer là, dans la durée »

« Alors, vous voyez? », sourit Claude Gross. « De toutes façons, la Challenge League, ce n’est pas une équipe de contemporains qui monte et admire les stades que l’on visite. Le Mont, la première fois qu’il est monté en Challenge League, est redescendu tout de suite. On ne veut pas revivre une saison de galère, on veut s’installer là, dans la durée. Donc, on a fait le nécessaire. » Quitte à se séparer de certains joueurs avec lesquelles de belles émotions sportives ont été vécues, et il a donc fallu mettre l’humain de côté. Le Mont était parti dans l’optique de faire jouer le maximum de M21, et n’a pas changé d’idée… mais le maintien passe avant tout. La logique est implacable: si Le Mont coule, il n’aura plus la possibilité de faire jouer en Challenge League des espoirs vaudois comme Adrian Alvarez ou Marco Gabriele, tout simplement parce qu’il n’y sera plus! L’arrivée de « cadors », comme aime les appeler Serge Duperret, va dans ce sens. Le Mont, clairement, ne veut pas retomber. Pas après tous les efforts faits en coulisses.

Serge Duperret aime le Nord vaudois, il ne s’en cache pas

La viabilité du projet à long terme? Elle passe par les réflexions de son président, qui n’a jamais caché son attirance pour le Nord vaudois. Le Mont, qui n’a plus rien d’un club de village en ce qui concerne sa première équipe, restera-t-il à long terme dans le Nord vaudois, une région sevrée de football d’élite? Et pourquoi pas? On entend déjà dire, ici et là, qu’une grande ville pas trop loin, que Serge Duperret apprécie beaucoup, ne serait pas contre un rapprochement. Rumeur infondée? Sûrement…

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