Christophe Ohrel démissionne, mais ne risque aucune suspension

Christophe Ohrel démissionne, mais ne risque aucune suspension

Forward Morges n’a plus d’entraîneur. Ou pas tout à fait. Jeudi à midi, le président Sébastien Boillat a envoyé un simple communiqué, indiquant que son club « prenait note de la démission avec effet immédiat de son entraîneur de première équipe M. Christophe Ohrel ». Le président continue en précisant que le club morgien entrant « respecter cette décision prise pour des raisons personnelles et rechercher un nouvel entraîneur. » Voilà pour les faits.

Il reste à disposition tant que le club n’a pas trouvé de successeur

Christophe Ohrel n’est donc plus l’entraîneur de Forward et, évidemment, il s’agit d’une mauvaise surprise pour le club de 2e ligue, tant ses qualités sont unanimement reconnues. Nommé entraîneur après le départ de Jamel Kaissi en janvier 2015, celui qui était alors directeur sportif ne quitte cependant pas tout à fait le club. En fait, mercredi, il a dit à ses joueurs qu’il restait à disposition de Forward tant qu’une solution n’était pas trouvée. Dès que les Morgiens auront un nouvel entraîneur, si possible très vite, il arrêtera alors sa fonction d’entraîneur. Restera-t-il comme directeur sportif? Impossible d’en savoir plus pour l’instant. On espère sincèrement qu’il restera dans le milieu du football, d’ailleurs, lui qui a tellement à apporter à ce monde-là avec son expérience d’international et de joueur de grand talent. Il a encore des choses à enseigner, que ce soit à l’échelon cantonal ou national, même si, malheureusement, les portes ne lui semblent pas ouvertes à ce niveau-là. Et c’est peu dire qu’on le regrette, lui qui est très souvent pertinent sur le fond, et, malheureusement, parfois outrancier sur la forme.

Souvent très critique vis-à-vis de l’ACVF

La question centrale de son retrait du poste d’entraîneur est évidemment de savoir pourquoi cette démission, à ce moment-là de la saison, alors que Forward n’a pas encore joué le moindre match en 2016. La partie inaugurale, à Jorat-Mézières, a en effet été renvoyée en raison de l’état du terrain du FCJM. Déjà, cette décision avait irrité l’entraîneur morgien, qui s’était rendu sur place pour constater de lui-même si le terrain était jouable ou pas. C’est un fait: Christophe Ohrel n’est pas du tout convaincu par l’amateurisme régnant, selon lui, au sein du football vaudois. Il n’apprécie pas ce que fait l’ACVF, il nous l’a dit souvent, et il est convaincu qu’il y a -beaucoup- mieux à faire pour gouverner le football vaudois. C’est son droit, bien sûr, et on partage avec lui certaines réflexions, comme celle de dire que la 2e ligue n’est pas, ou plus, un championnat d’élite.

Un sentiment de persécution

D’ailleurs, Gérard Vontobel ne s’en cache pas, un projet de réforme de cette ligue est dans les tuyaux. Ce n’est pas grâce à Christophe Ohrel uniquement, mais il a été l’une des voix le réclamant. Pour le reste, ses cibles sont connues: la qualité de l’arbitrage et la persécution dont il se sent victime, lui qui a été suspendu 18 mois au total pour son comportement sur le bord de la touche. Il a souvent estimé que les arbitres  le ciblaient, de même que les inspecteurs fair-play, présents plus souvent aux matches de Forward qu’à ceux des autres équipes, toujours selon lui, et qui passeraient plus de temps derrière son banc que derrière celui du coach adverse.

Un ultime dérapage mardi face à Prilly en amical

Il y a eu un nouvel épisode, d’ailleurs, qui a été le déclencheur de sa démission. Mardi, Forward jouait face à Prilly en match amical et il n’a pas apprécié l’arbitrage effectué en première mi-temps. Il a tenu des propos à l’encontre de l’arbitre, lesquels ont été jugés outranciers par l’ACVF. Président de la commission de discipline, Christophe Chaillet confirme: « Il a eu des propos déplacés, qui ont été notifiés dans le rapport de l’arbitre. Nous nous sommes parlés mardi après-midi et c’est là qu’il m’a dit qu’il allait démissionner. J’en prends note. En ce qui concerne l’ACVF, nous avons envoyé un courrier mardi à Forward indiquant que cela faisait deux fois déjà que M. Ohrel dépassait les bornes en match amical et que la prochaine fois, nous allions sévir. C’est tout. Il n’y aura pas d’enquête ouverte. L’affaire est close en ce qui nous concerne. » Christophe Ohrel ne risque donc aucun suspension supplémentaire. Il a d’ailleurs reconnu les faits devant Christophe Chaillet, lui répétant mot pour mot ce qu’il avait dit à l’arbitre de la rencontre. Des mots qui étaient, disons, fort peu élégants.

Il n’a pas souhaité s’exprimer pour l’instant

Christophe Ohrel, même en ne risquant aucune suspension supplémentaire, a décidé de se retirer et on aurait aimé en savoir plus en le contactant, évidemment, mais il n’avait pas envie de parler ce mercredi, ce qui est son droit le plus strict. Pourquoi démissionner à ce moment-là, alors qu’il a traversé tant de tempêtes ces dernières années sans lâcher la barre? Forward évoque des « raisons privées » dans son communiqué, ce qui est sans doute un bonne partie de la vérité, toujours d’après ses joueurs. Donnera-t-il la théorie pour le match de ce week-end à Montreux? Pas impossible, mais il ne devrait pas être sur le banc. Mercredi, c’est un de ses joueurs qui a donné l’entraînement, en attendant la nomination de son successeur.

Categories: 2e ligue

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*