Christian Constantin: «C’est à toi de t’adapter au monde, pas le contraire»

Christian Constantin: «C’est à toi de t’adapter au monde, pas le contraire»

« Ton club, il a combien de budget, toi? 250’000? Moi c’est un peu plus. On n’a pas exactement les mêmes problèmes, tu comprends? » Michel Monti, le président de la Confrérie du Prilly Sports, a posé une question assez directe à Christian Constantin, et a reçu une réponse toute aussi directe! Ce que Michel Monti voulait savoir? Simplement pourquoi « CC » se séparait aussi souvent de ses entraîneurs, alors que le FC Prilly est resté fidèle à Claude Vergères (à moins que ce ne soit l’inverse) depuis 12 ans. La réponse du président du FC Sion a été lapidaire, et basée sur des critères économiques. « Lorsqu’on joue le haut du classement ou le bas, la différence se compte en centaines de milliers de francs, voire même en millions, à la fin de l’année. Lorsque je discute avec un entraîneur en début de saison, je lui présente l’effectif. Il me dit qu’il peut faire septième ou huitième avec ce contingent, d’accord? Je lui demande comment l’améliorer, il me dit de prendre tel ou tel tel joueur. Je le fais. Là, il me dit qu’il peut faire troisième ou quatrième. Et trois mois après, quand il est 9e, on se met autour de la table et je peux te dire que ce n’est pas moi qui ai besoin de lui dire qu’il n’a pas atteint l’objectif, en général ça vient tout seul assez vite dans la discussion! »

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Christian Constantin, accompagné, sur sa droite, de Fabian Salvi (photo: Prilly Sports).

 

Si le très charismatique « CC » était à Prilly vendredi dernier, à La Treille, ce n’était pas pour parler seulement de ses entraîneurs, mais bien pour débattre de toute l’actualité sportive avec les membres de la Confrérie du club de La Fleur-de-Lys. Michel Monti aime frapper des grands coups pour ce qui est des orateurs invités à s’exprimer à l’issue de l’assemblée générale. Après avoir expédié les affaires courantes, il a ainsi pris son temps pour annoncer la venue du président du FC Sion, ne cachant pas son plaisir. Car, parmi la trentaine de personnes présentes, la grande majorité ignorait qui était « l’invité-mystère ». La surprise a donc été totale lorsque Fabian Salvi, assistant du président, est entré dans la salle, suivi de son « boss ». Michel Monti, très fier de sa surprise, a donc commencé par remercier l’ancien président du FC Baulmes, ami du FC Prilly, pour avoir rendu cette rencontre possible. « Pourquoi je suis venu? Fabian m’a dit de venir, et je fais toujours ce qu’il me dit », a souri « CC », qui n’a pas oublié de rappeler à tout le monde que le FC Sion était bien parti pour battre le record de convives à son repas de soutien du 7 février, mais qu’il restait encore des places dans tous les secteurs.

La Confrérie, principal soutien du FC Prilly

Christian Constantin face à eux, voilà qui avait de l’allure pour les membres de la Confrérie. Ceux-ci sont les principaux soutiens du FC Prilly, leur contribution financière servant à faire vivre ce club fort sympathique. « Combien on donne par année? Un peu moins de 20’000 francs », explique Michel Monti. Une participation de loin pas négligeable, et qui s’étale sur les années, puisque le père de Michel Monti a lui-même participé à sa fondation, en association avec une demi-douzaine d’autres amis du club. Tim Rothwell, le président du FC Prilly, sait donc qu’il peut compter chaque année sur une donation bienvenue à l’heure de boucler les comptes et de faire prospérer les équipes d’actifs, de seniors et de juniors.

Le soutien des pouvoirs publics, une problématique commune

Membre attentif de l’assemblée, le syndic de Prilly Alain Gillièron a pu constater, à son grand soulagement, que les pouvoirs publics n’étaient pas forcément plus actifs dans le soutien du football en Valais. Christian Constantin, invité à s’exprimer sur le sujet, a détaillé ce que la Ville de Sion mettait à disposition de son club, contre le paiement d’un loyer, bien sûr.  Clairement pas de quoi pouvoir clamer que le football est une priorité…

Barthélémy, son successeur? « S’il arrive à produire suffisamment d’argent… »

Sa personnalité, l’agitation médiatique autour de lui, le nombre de téléphones et de messages qu’il reçoit par jour, sa Ferrari, son avion, l’entraîneur qui l’a le plus marqué (« Alberto Bigon »), l’avenir du FC Sion, le sien: « CC » a répondu à toutes les questions, expliquant clairement qu’il se voyait président du FC Sion pour de longues années: « Est-ce que j’ai la passion? Oui. Est-ce que j’aime ce que je fais? Oui. Est-ce que je me vois partir à la retraite en ne faisant rien? Non ». Son fils Barthélémy, désormais « team-manager », va-t-il lui succéder? « Son problème, aujourd’hui, c’est qu’il n’a pas l’argent. S’il arrive à en produire suffisamment, il pourra prétendre à reprendre le club, mais pour l’heure, il en est au stade de l’apprentissage », a coupé Christian Constantin, avec un message clair: il ne va rien offrir à son fils, qui devra se montrer à la hauteur s’il entend, un jour, créer une « dynastie Constantin » au FC Sion.

« C’est à toi de t’adapter au monde, pas le contraire »

Les critiques qui s’abattent sur lui? « Tu crois franchement que ça m’émeut quand trois adolescents mettent une banderole dans les gradins quand je leur interdis les fumigènes? ». La perte d’identité « valaisanne » du FC Sion? « Bien sûr que j’aimerais un derby avec onze Valaisans contre onze Genevois, mais la réalité, c’est que le monde change. On a toujours une identité, mais ce n’est plus la même. Regarde l’équipe de Suisse, elle est internationale, et elle passionne les gens. » Le message est clair: oui, le Valais est encore un canton à part, mais de moins en moins. Christian Constantin répète son mot d’ordre: « C’est à toi de t’adapter au monde, pas le contraire. Les jeunes sont différents aujourd’hui d’il y a 40 ans. Si tu ne comprends pas ça, tu coules. »

Un gentil tacle pour le futur stade de la Tuilière

Le mot de la fin? Pour le président du FC Sion, bien sûr. Invité à donner son avis sur le Lausanne-Sport et les relations que le FC Sion pouvait avoir avec le plus grand club vaudois, il a simplement souri et lâché: « Lorsque je me regarde, ça me désole. Mais lorsque je me compare, je m’admire… » Une sortie volontairement provocatrice, qui a fait rire toute l’assemblée. Un mot sur le nouveau stade de La Tuilière? « Je m’étonne simplement qu’on fasse le constat que La Pontaise soit inadaptée, notamment en raison de son emplacement, et qu’on construise un nouveau stade… tout aussi haut, alors que le bord du lac serait l’endroit parfait. » Le bon sens de l’architecte autant que celui du président de club.

Michel Monti est déjà inquiet pour l’année prochaine

Michel Monti, ravi, pouvait clore le débat après une heure d’échanges passionnés. « J’ai un seul problème, maintenant! », a-t-il avoué. Lequel? « Pour l’année prochaine, il faut que je trouve une personnalité encore plus importante! Et ça s’annonce pas facile! »

 

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Les membres de la Confrérie du Prilly-Sports ont eu la surprise de voir arriver l’emblématique président du FC Sion (photo: Prilly-Sports).

Categories: Divers

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