Chile n’a pas fini de faire parler de lui

Chile n’a pas fini de faire parler de lui

Parmi toutes les équipes jouant sur les multiples terrains de Chavannes-près-Renens, l’une d’elle intrigue, peut-être encore plus que d’autres: le FC Chile. On a connu cette équipe en 2e ligue, on l’a un peu perdu de vue… et on entend parler que d’elle depuis le début de l’année. « Ah bon, on vous intrigue? Mais il faut venir voir les matches, ça ira mieux, vous aurez toutes les réponses à vos questions », rigole Erkan Yildiz. Si le club de Chile est au centre de beaucoup de conversations cette saison, il le doit à la bonne tenue de ses équipes en 4e ligue. La IA est finaliste, assurée de terminer en tête de son groupe, et la IB peut encore espérer y arriver, étant 3e avant la dernière journée (lire ici). Parmi les particularités, Chile dispose d’un partenariat avec Turc… qui est également en tête de son groupe de 4e ligue. Potentiellement, ces trois équipes pourraient se retrouver en finales, ne pourraient pas jouer l’une contre l’autre, mais devraient, bien sûr, jouer à Chavannes. Un casse-tête pour l’ACVF. « Mais ça, ce n’est pas notre souci », sourit Erkan Yildiz, un homme qui connaît remarquablement le football des ligues inférieures.

Chile IA, une équipe… sans Chiliens

L’entraîneur de Chile IA fait partie de ces figures que l’on retrouve avec plaisir semaine après semaine autour des terrains de Lausanne ou des environs. Un fou de football, un passionné, un de ceux qui est au courant des dernières rumeurs, des transferts, des coulisses… Un vrai personnage, sympathique et affable, mais que l’on imagine volontiers sévère à l’entraînement. Son capitaine Edy Nzita sourit: « Erkan? Il sait nous tenir, oui! » Le principal intéressé le sait, il a un certain charisme auprès de ses joueurs: « Je les connaissais avant de venir, je savais qu’il n’y aurait pas de souci. » Le groupe vit bien, dans une IA composée de joueurs… tout sauf chiliens! Edy Nzita explique: « Nous sommes une équipe de potes, venus d’Ecublens pour la plupart. A Chile, il y avait la place et la volonté de nous accueillir, donc nous sommes venus. » Pas d’obligation de parler espagnol? « Non, non (rires)! L’équipe de Chiliens, c’est la IB. On s’entend bien, mais nos effectifs sont clairement séparés. Il arrive qu’on se passe des joueurs, mais de toute façon en fin de championnat et en finales, on ne pourra pas. »

L’identité chilienne est donc toute relative, mais est quand même une réalité. « Attention, Chile est un club chilien, il ne faut pas tout confondre. Le président du club l’est, l’entraîneur de la IB aussi, tout comme au moins 10 joueurs de cette équipe », continue Edy Nzita. « On va les voir quand ils jouent, on se tient au courant. Pour nous, jouer à Chile, ça veut quand même dire quelque chose, même si nous ne sommes pas du tout chiliens », termine le capitaine.

Le partenariat avec Turc, un souci?

Les entraînements ont lieu deux fois par semaine, à des jours différents et les équipes sont donc clairement séparées… tout comme Turc, qui fait partie du partenariat. Pour rappel, des clubs de 4e ligue peuvent se prêter autant de joueurs qu’ils le veulent, pour autant qu’ils aient conclu une entente. Cette pratique a été mise en place pour conserver le football dans les petits villages, qui peuvent ainsi « compléter » leur effectif en cas de coup dur en piochant dans le club voisin. Les clubs de Chavannes ont donc « surfé sur la vague » et ont vite compris quel avantage tirer de cette union. Comment Erkan Yildiz, cousin de l’entraîneur de Turc, vit-il cette relation? « Bon, il faut arrêter un peu avec les fantasmes. Quand j’entends certains commentaires autour des terrains, on a l’impression que c’est la même équipe qui joue tous les matches, parce que je suis Turc. Mais allez voir les effectifs et les feuilles de match, vous verrez qu’on s’est passé des joueurs quand on avait besoin, mais dans des proportions plus qu’acceptables. Et un partenariat, c’est fait pour ça, non? Quand je n’ai pas de gardien, je vais faire quoi? Aller chercher celui d’une autre équipe ou je mets personne dans les buts? Pour moi, c’est une non-affaire. Je suis d’accord d’en parler, on joue cartes sur tables, mais en faire des tonnes, pour moi, c’est une erreur. Parce que nous, on n’y pense qu’une fois de temps en temps. En tout cas, on en parle moins que ce que les autres disent »

Les clubs des autres régions? « On ne les connaît pas bien, mais eux non plus »

Le « problème » sera de toute façon vite résolu si une, deux ou trois équipes montent en 3e ligue. Edy Nzita le sait bien: « Ah là, ce sera différent, oui. Déjà, il faudra beaucoup plus se battre pour sa place, dans chaque équipe. Comme je vous l’ai dit, à la IA, on est des potes d’enfance. On joue 20 ou 30 minutes, on sort, on entre, ça ne pose pas de problème. En 3e ligue, si on monte et j’espère bien qu’on va le faire, il faudra s’adapter un peu. » Mais avant cela, il faudra penser aux finales, qui se profilent dans quelques jours. Erkan Yildiz: « On s’en réjouit beaucoup, on espère une vraie fête du football à Chavannes ». Il n’aura pas besoin d’aller beaucoup visionner ses futurs adversaires: les Lausannois, il les connaît tous. Et ceux des autres régions? « On ne les connaît pas bien, mais eux non plus. Enfin, ceux qui attendent de jouer contre des Chiliens vont être surpris. A part ceux qui auront lu votre article avant! », termine le coach en rigolant.

« Chile a une tradition en 2e ligue »

Son équipe, de toute façon, a déjà le niveau de 3e ligue, sans souci. « On est plusieurs à avoir joué à ce niveau ou plus haut. Sincèrement, je pense qu’on peut viser la 2e ligue avec quelques renforts et dans quelques années, mais chose en son temps. Chile a une tradition en 2e ligue et est tombé pour des raisons qui ne me regardent pas. Ce serait sympa de ramener le club à ce niveau, un peu comme un cadeau pour nous avoir accueilli », conclut Nzita. Chile n’a pas fini de faire parler de lui.

Categories: 4e ligue

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