Cheseaux II punit un FC Le Talent pas assez réaliste

Cheseaux II punit un FC Le Talent pas assez réaliste

95e minute, Cheseaux II mène 2-1 face au FC Le Talent. Sur le dernier coup de pied arrêté pour les visiteurs, Lionel Rudaz, leur gardien, monte. La balle lui parvient, il la glisse intelligemment à Timothée Bornick, seul au point de penalty. Tous les joueurs et visiteurs s’arrêtent de respirer, le silence intégral se fait en Sorécot. Le numéro 17 est seul à onze mètres face à Nicolas Wuilleret, qui n’a plus d’autre choix que de prier et de choisir un côté, tant l’expression « à bout portant » prend tout son sens dans ce cas précis. La frappe de Tim Bornick est partie, mais elle s’envole, malheureusement pour les visiteurs, au dessus des buts de Wuilleret. Le numéro 17 tombe à genoux, Lionel Rudaz n’en croit pas ses yeux, lui qui se voyait déjà fêter cet assist avec ses coéquipiers tout l’après-midi. Quelques secondes plus tard, M. Nazmi Dragusha siffle la fin de la partie, à la plus grande joie des joueurs de la II du FCC.

La deuxième moins bonne attaque du groupe…

L’analyse de ce match est simple et l’action de cette 95e minute en est un symbole: Le Talent n’est pas assez percutant offensivement. C’est tout? Oui, c’est tout. En 4e ligue, lorsqu’une équipe prétend jouer les finales, elle ne peut pas marquer 10 buts en 7 matches et avoir la.. deuxième moins bonne attaque du groupe, derrière la lanterne rouge Villars-le-Terroir (1 point, mais 12 buts inscrits)! Les joueurs de Sébastien Salvi ont toutes les qualités pour aller au bout, et il est évidemment hors de question de pointer du doigt leur très bon attaquant Lionel Romanens. Leur manque de réalisme est évidemment plus général et leur coûte des points, c’est une évidence. Dimanche matin à Cheseaux, il leur en a coûté trois.

Le Talent pouvait revenir à la hauteur de son adversaire du jour, mais se retrouve six points derrière

Car Cheseaux II, pardon, n’avait rien de génial ce jour-là. Troisièmes du championnat, Loïc Wursch et ses coéquipiers sont une bonne équipe de 4e ligue, aucun doute là-dessus. Finalistes l’an dernier, ce qui était un peu inattendu, ils sont toujours en course pour rééditer la performance, malgré quelques départs. L’équipe a été rajeunie, avec une bonne moitié d’éléments provenant des juniors, notamment en défense. Ce FC Cheseaux II 2014-2015 est une formation solide, disciplinée, qui aura sans doute son mot à dire jusqu’au bout pour les finales. Mais dimanche, Le Talent, qui se trouvait trois points derrière au coup d’envoi, a raté une occasion en or de revenir à la hauteur de son adversaire du jour. On connaît la règle de ces confrontations directes: au lieu de se retrouver à égalité, Cheseaux II a six points d’avance. Bam.

Nicolas Wuilleret garde son équipe dans le match

Car oui, Le Talent, qui menait 0-1 à la 70e, aurait dû plier l’affaire au cours d’une première période parfaitement maîtrisée. Le ballon circulait vite et bien et c’est tout à fait logiquement que Mathias Favre a pu ouvrir la marque peu avant la mi-temps. Avant cela? Beaucoup d’occasions nettes, mais peu d’arrêts spectaculaires de la part de Nicolas Wuilleret, le très bon gardien de Cheseaux II. Il a certes surtout vu les ballons passer à côté ou au dessus de ses buts, mais a réalisé les arrêts et les sorties qu’il fallait et a clairement gardé son équipe dans le match… surtout qu’il aurait très bien pu partir se doucher dès la 8e minute.

La clémence de M. Dragusha

Pourquoi? Tout simplement parce qu’il a séché un attaquant l’ayant dribblé, hors de ses 16 mètres, que M. Dragusha, à la clémence digne d’un empereur romain de bonne humeur, a décidé qu’un carton jaune était suffisant. Comme souvent, le cas est limite et il est impossible de donner tort ou raison à l’arbitre, puisque la défense revenait à toute allure. M. Dragusha a estimé qu’il ne s’agissait pas de dernier recours et le fait qu’il n’ait pas hésité un seul instant est évidemment un bon point pour lui. Le profil du match aurait bien sûr changé si Le Talent avait joué à 11 contre 10 pendant 82 minutes, et les joueurs de Sébastien Salvi n’ont pas manqué de le signaler à l’arbitre après la partie. De nouveau, c’était du 50/50 à notre avis.

Cheseaux II s’est réveillé après la pause

Reste que ce n’est pas M. Dragusha qui a tiré trois fois à côté en situation idéale entre la 25e et la 30e minute, mais bien les attaquants du Talent. On l’a dit, le score de 0-1 à la mi-temps était flatteur pour une équipe de Cheseaux pas trop dans le coup. Mais tout a changé dès la reprise, le FC Cheseaux II montant clairement d’un cran, se rappelant que pour espérer disputer les finales, mieux vaut ne pas perdre trop de points à domicile. De la 45 à la 70e, le match a été équilibré et Lionel Rudaz a enfin pu montrer pourquoi il était un très bon gardien, mais Le Talent, qui avait perdu sa jouerie de la première période, tenait bon. Le match était un peu haché, sans vrai rythme, et allait tourner en faveur du FCC en sept minutes.

La différence en sept minutes

Comment? Sur un coup de pied arrêté à la 70e, tout d’abord. Guillaume Laville se trouvait au bon endroit et finissait proprement. Le 2-1 allait intervenir à la 77e lorsque Samuel Favre s’échappait côté gauche et s’en allait tromper Lionel Rudaz avec beaucoup de sang-froid. 2-1, score final, malgré une immense réaction d’orgueil des visiteurs… qui ont poussé, mais n’ont pas réussi à marquer, on l’a déjà dit et redit.

Le Talent a encore une chance, c’est sûr

 

Alors, Cheseaux II peut-il espérer disputer les finales encore cette année, alors qu’il se trouve troisième, à trois points du leader Vignoble et à un de Lutry III, autre prétendant sérieux? Oui, bien sûr, mais il faudra montrer autre chose, car ce groupe, très relevé, ne pardonnera pas la moindre défaillance. Puidoux-Chexbres (4e, finaliste l’an dernier) fait également office de prétendant sérieux et il serait faux d’oublier Cossonay, Poliez-Pittet et Le Talent. Les sept points de retard des joueurs de Sébastien Salvi ne sont pas rédhibitoires. Le prochain match sera déjà ultra-important. Pourquoi? Parce que Le Talent recevra Lutry III (2e) et on le dit clairement: un match nul serait un mauvais résultat. Il faudra gagner pour revenir dans la course, c’est sûr. Mais pour gagner, il faudra marquer…

Les hommes du match

Du côté de Cheseaux, très bon match de Guillaume Laville en défense. Il est impassable, pas mauvais à la relance et a de la personnalité. C’est d’ailleurs lui qui égalise en s’imposant dans les seize mètres. Solide. Sinon, on a bien aimé l’attaquant Sébastien Rossier. Il est volontaire, déterminé et il fonce dans le tas, comme on dit. Sa marge de progression? Un peu plus de lucidité, peut-être. Le jour où il arrivera lever la tête au bon moment et profiter des espaces qu’il se crée par sa vitesse et sa percussion, il sera un très bon attaquant de 4e ligue. De grosses qualités individuelles qu’il doit mieux exploiter, en résumé.

Au Talent, gros match de Robin Grossenbacher au milieu de terrain. Il a énormément de personnalité, une grosse activité et a sonné la révolte lorsque le match échappait aux visiteurs en fin de match. Un caractériel, dans le bon sens du terme. Sinon? On a aimé la première période de Mathias Favre, très bon sur son côté et auteur d’un joli but.

Les prochains rendez-vous

Le Talent accueillera Lutry III, le samedi 25 octobre, à 18h à Saint-Barthélémy. Le lendemain, dimanche 26, Cheseaux se déplacera à Poliez-Pittet. Coup d’envoi  à 13h.

FC Cheseaux II – FC Le Talent 2-1 (0-1)

Buts: 37e M. Favre 0-1; 70e Laville 1-1; 77e S. Favre 2-1.

Arbitre: M. Nazmi Dragusha.

Cheseaux: Wuilleret; Würsch, Dorthe, Laville, Moret; Campo, Maillard, S. Favre, J. Favre; Bolay; Rossier.

Sont entrés en jeu: Mbazoa, Capt, Aviolat et Castelli.

Entraîneur: Jérémy Mallétroit.

Le Talent: Rudaz; Vuilliomenet, Jaquier, Vonlanthen, Devaud; C. Favre, Grossenbacher, M. Favre, Veljanoski; Lai, Romanens.

Sont entrés en jeu: Cretegny, Pierrehumbert, Schmid, Faillétaz, Bornick et Soldat.

Entraîneur: Sébastien Salvi.

Terrain En Sorécot.