Chêne Aubonne n’arrive pas à briser la malédiction

Chêne Aubonne n’arrive pas à briser la malédiction

« Ce soir, la meilleure équipe a perdu. » Giovanni Vavassori était très déçu, quelques secondes à peine après le coup de sifflet final de M. Ilco Jancevksi vendredi soir. Pas objectif, l’entraîneur de Chêne Aubonne? Pas à en croire Luc Lenoir, entraîneur d’un FCC qui venait pourtant de gagner 3-2: « Vava a 100% raison. Ce soir, je n’ai pas reconnu mon équipe. Après, c’est sûrement bon signe de gagner quand on n’est pas bons… » Tout est dit. Chêne Aubonne, dernier du groupe 1 de 2e ligue avec deux points, est reparti de Chavornay avec une défaite largement évitable. Mais le constat est là, cruel: les Aubonnois n’arrivent pas à gagner. Après 11 matches, pourtant, il serait temps.

Chavornay a manqué de tout, sauf de réalisme

Aubonne était donc la meilleure équipe sur le terrain, vendredi, et ce constat est surtout flagrant en comptant le nombre d’occasions nettes que se sont procurés les visiteurs. Avant le 1-0 d’Aleksandar Ristic, à la 25e, ils auraient pu marquer trois fois, au moins. Et avant le 2-0 de Sofian Djebara, à la 35e, encore une fois. Le résultat? Ils sont arrivés à la pause avec un score déficitaire de deux buts, alors que le même score aurait largement pu être en leur faveur. Car Chavornay, c’est le moins que l’on puisse dire, était bon à prendre ce vendredi. Certes, il manquait du monde (Mamadou Cissé et Adrien Müller, notamment), mais cela n’explique pas tout, d’autant qu’Aubonne avait une équipe entière à l’infirmerie, ou presque. « De quoi on a manqué? D’un peu de tout », grinçait Luc Lenoir. Il y a une chose, cependant, dont n’a pas manqué le FC Chavornay: le réalisme. Car arriver à la pause avec ce score de 2-0 tenait du miracle, même si Giovanni Vavassori trouvait le terme un peu fort. « Non, ce n’est pas un miracle. C’est un cadeau! On a offert les buts à Chavornay. »

2-0 à la pause pour le FCC, très bien payé

Les deux réussites du FCC? La première doit surtout au talent d’Aleksandar Ristic, auteur d’un enchaînement magnifique, ponctué par une frappe précise. Sur ce coup-là, rien à dire, mais il est vrai que le deuxième est un peu plus rageant. Le coup-franc d’Aleksandar Bozic n’avait rien de dangereux, mais le portier aubonnois n’a pu que le repousser dans les pieds de Sofian Djebara, plus prompt à réagir que tous les défenseurs. Là, clairement, il y avait mieux à faire de la part de l’arrière-garde des visiteurs. Aubonne ne peut ainsi s’en vouloir qu’à lui-même de ne pas avoir mené à la pause, d’autant que ses attaquants auraient pu, auraient dû, faire trembler au moins une fois les filets de Johan Monnier. Les occasions? Un centre parfait de Sadri Tauber pour Vigan Rexhaj (10e, tir à côté), une belle frappe de Stéphane Hofer (18e, à côté), un centre de Rexhaj en direction de Julien Seiler, qui tachait au dessus (20e) et une frappe de Christophe Schär juste pas cadrée (30e). Chavornay était pilonné et pouvait s’estimer heureux de son sort à la pause.

Aubonne égalise en cinq minutes, mais se fait punir par Aleksandar Ristic juste derrière

Aubonne n’allait pourtant pas se décourager et continuer à jouer de manière offensive et audacieuse, revenant à 2-2 en cinq minutes. Le 2-1? Une passe splendide de David Tschan pour Rafael Da Silva, le capitaine aubonnois (60e). Le 2-2? Une percée d’Alain Durrer, côté gauche, qui a pu s’infiltrer dans la défense du FCC et fusiller Johan Monnier à bout portant (65e). Le retard était comblé et Luc Lenoir était persuadé, à ce moment-là, que la dynamique était en faveur des visiteurs: « Là, c’est clair, je me suis dit qu’on allait prendre le troisième. » Mais la malédiction planait sur les hommes de Giovanni Vavassori, qui pressaient pour remporter leur première victoire de la saison… et se sont fait planter en contre. Un centre parfait de Sofian Djebara trouvait Aleksandar Ristic pour le huitième but de la saison de l’attaquant du FCC.  Aubonne, après ce coup de poignard, aura une toute dernière chance d’égaliser, mais la frappe du défenseur Samuel Correia passait à quelques centimètres des buts de Monnier (93e). 3-2, score final et un sale sentiment de frustration chez les visiteurs.

Giovanni Vavassori: « Vous avez vu une équipe qui est dernière, vous? »

Luc Lenoir n’était pas surpris de la qualité des Aubonnois. « On sait très bien qu’ils ont de la qualité et ce genre de match est dur à appréhender. J’avais dit aux gars que cette partie serait difficile face à un adversaire qui est dernier, mais n’attend que de débloquer son compteur. Des matches comme ça, j’en ai coaché 80, et j’en ai bien perdu 10! » Le FCC n’a pas pris son adversaire de haut, pas du tout. Le problème n’était pas là, et il serait faux de minimiser la bonne performance des Aubonnois. Giovanni Vavassori était d’ailleurs satisfait du visage présenté: « Vous avez vu une équipe qui est dernière, vous? Chavornay joue les premières places et on était meilleurs qu’eux ce soir, cela veut dire quelque chose, non? » Oui, bien sûr. Mais aujourd’hui, la réalité est la suivante: le FCC compte 16 points d’avance sur son adversaire du jour et cela aussi, cela veut dire quelque chose.

Chavornay a du potentiel, mais ne dégage pas encore un esprit de cohésion

Tiens, d’ailleurs, jusqu’où peut aller ce FC Chavornay, qui n’est pas si loin des places de finaliste? Tout dépend de ses deux derniers matches de l’automne. Au programme? Un déplacement à Epalinges et la réception d’Echichens. Avec trois ou quatre points, le FCC resterait quoi qu’il arrive au contact cet hiver et pourrait continuer à rêver. Disons que Chavornay ne fait pas partie des favoris pour les deux premières places, vraiment pas. Mais le fait d’avoir une chance est déjà un progrès par rapport à la saison dernière où la question ne se posait même pas. Cette équipe, c’est sûr, a du potentiel, mais ne dégage pas un esprit de cohésion qui puisse vraiment nous faire croire qu’elle soit prête à faire les efforts nécessaires pour y arriver. Mais on doit dire qu’on a confiance en Luc Lenoir pour arriver à fédérer ce groupe et à lui faire prendre conscience qu’il a de belles choses à faire cette saison, dans un groupe 1 indécis. La relégation n’est déjà plus un problème, tant les trois derniers sont largués. Alors, le FCC va-t-il se convaincre qu’il peut finir tout en haut? Va-t-il faire les efforts nécessaires? Seuls ses joueurs et son staff ont la réponse. Mais nous, de l’extérieur, on ne voit pas bien ce qui pourrait les en empêcher.

Heureusement pour Aubonne, le Stade Nyonnais II et Epalinges n’avancent pas non plus

Aubonne, c’est sûr, a malheureusement d’autres problèmes, et ceux-ci ne sont déjà plus les mêmes qu’en début de championnat. Cet été, le néo-promu ne marquait pas et ne pouvait donc pas gagner un match. Le problème était clairement identifié. Mais aujourd’hui, les Aubonnois marquent, mais encaissent trop de buts bêtes pour réussir à grappiller quelques points qui leur feraient énormément de bien. Ils ont une chance, dans leur misère: Epalinges et le Stade Nyonnais n’avancent pas très vite, devant eux. Ils ne sont donc pas largués et peuvent très bien espérer revenir. Ils n’en sont pas loin dans le jeu, mais doivent, ce n’est pas un secret, s’améliorer tant offensivement que défensivement. Là où tout se joue.

 

Les hommes du match

Sofian Djebara a été très bon du côté de Chavornay. Joueur de couloir dans le 3-5-2 de Luc Lenoir, il a commencé par défendre, un peu, mais c’est surtout offensivement qu’il a été bon. Il a marqué le 2-0 de manière très opportuniste et offert le 3-2 à Ristic, mais a surtout effectué un bon match dans la conservation et la transmission. Un bon footballeur, c’est sûr, qui peut apporter énormément à une équipe qui joue bien au ballon. On est un peu plus sceptique sur sa capacité à défendre, mais s’il continue à attaquer aussi bien, il peut devenir un titulaire régulier dans cette équipe. On a longtemps hésité pour le deuxième nommé. Marc-Antoine Minger aurait pu prétendre figurer dans cette rubrique pour sa première période, mais la deuxième le condamne. On optera donc pour Aleksandar Ristic. Il n’a pas été excellent dans le jeu et n’a pas eu une grande activité. Mais alors, pardon, quel réalisme! Il a reçu deux ballons et il les a mis les deux au fond, avec une certaine classe. C’est tout ce qu’on lui demande? C’est vrai. Mais il est frustrant, parce qu’il est tellement fort et qu’on le sait capable de tellement plus…

Du côté d’Aubonne, très bon match de Julien Seiler à mi-terrain. Il a beaucoup travaillé, s’est montré disponible et a fait énormément d’efforts. Mais, même après avoir beaucoup couru, il a gardé toute sa justesse technique. Il n’a que 21 ans, mais il joue déjà comme un briscard. Vraiment un joueur intéressant, non pas pour l’avenir, mais pour le présent. Peut-être devrait-il se montrer un peu plus décisif, et là est sûrement sa marge de progression. Mais il est sur la bonne voie. Quelle belle performance de Samuel Correia en défense centrale! Lui aussi est tout jeune (23 ans), mais il dirige sa défense comme un chef, gagne ses duels et montre une personnalité intéressante. Il aurait mérité l’égalisation en fin de match, pour l’ensemble de sa remarquable partie.

Les prochains rendez-vous

Le dimanche 2 novembre, Lutry accueillera Aubonne à 14h30. Epalinges recevra Chavornay à 15h.

FC Chavornay – FC Chêne Aubonne 3-2 (2-0)

Buts: 25e Ristic 1-0; 35e Djebara 2-0; 60e Rafael Da Silva 2-1; 65e Durrer 2-2; 75e Ristic 3-2.

Arbitres: M. Jancevski, assisté de M. Namoni et de M. Berar.

Chavornay: Monnier; Minger, Moret, Hajda; Djebara, El Deggouj (74e Pekic), Lavanchy, Gonçalves; Bozic (88e Palma); Ristic, Béguin (68e Besson).

Entraîneur: Luc Lenoir

Aubonne: Paquier; José Correia (44e Ferdinand), Matthey (55e Tschan), Samuel Correira, Durrer; Rafael Teixeira, Schär; Tauber, Seiler, Hofer; Rexhaj (61e Dylan Correia).

Entraîneur: Giovanni Vavassori

Terrain En Courte-Raies.

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