Charly Serex, un grand monsieur du football nous a quittés

Charly Serex, un grand monsieur du football nous a quittés

« J’ai commencé le foot au LS. J’arrivais d’ex-Yougoslavie, c’était en 1988. J’avais 8 ou 9 ans, c’était avant la guerre.  Le foot est arrivé tout de suite, c’était un excellent moyen d’intégration pour moi, dans ce nouveau pays que je découvrais. C’était formidable ce Lausanne-Sport… La première chose qui me vient à l’esprit? Je me rappelle d’un très grand monsieur. Charly Serex, notre père à tous. Son nom ne vous dit peut-être rien, à vous. Mais si vous parlez à n’importe quel joueur du LS, il vous dira tout le bien qu’il pense de cet homme. » Lorsque nous étions allé à la rencontre d’Admir Bilibani, celui-ci avait spontanément cité le nom de Charly Serex (lire l’entretien complet ici). Un hommage qui prend toute sa dimension aujourd’hui que ce « grand monsieur » du football n’est plus de ce monde.

« Notre grand-père à tous », pour Alexandre Pasche

Charly Serex s’en est effet allé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 76 ans et c’est peu de dire que les hommages se multiplient depuis hier. Alexandre Pasche, Thibault Corbaz… On pourrait tous les citer, tant les footballeurs vaudois dans leur ensemble ont tenu à manifester leur reconnaissance. Alexandre Pasche a notamment été très élogieux sur son profil Facebook: « Tu as consacré ta vie, loin du foot business, aux jeunes footballeurs de la région lausannoise. Attentionné et avisé, tu étais notre grand-père à tous, tant nos rapports dépassaient le simple cadre du football. Tu nous as transmis l’esprit, celui du jeu, celui du vrai foot. Un passionné, dévoué, comme il en reste peu. Tu nous a inculqué le respect, et enseigné les valeurs essentielles, sur et hors du terrain. Tu m’as donné l’opportunité de croire à mon rêve et des raisons de m’y accrocher. Chacune de nos rencontre était une bouffée d’oxygène. Nous garderons en mémoire le formateur a l’œil vif, recruteur de talents. La belle personne que tu es restera à jamais dans nos cœurs. »

Pablo Iglesias: « Vous ne trouverez personne qui pourrait dire un mot de travers sur lui »

Charly Serex est l’homme qui a repéré Nassim Ben Khalifa, Migjen Basha, Nicolas Marazzi, Sébastien Meoli, Vagner Gomes, Adilson Cabral et tellement d’autres… Il était le père et le grand-père de chaque joueur du LS. Pablo Iglesias, actuel directeur technique de l’ACVF, gardera lui aussi un excellent souvenir d’un homme qu’il a eu la chance de côtoyer durant sa formation: « Charly était un homme magnifique, un formateur qui avait l’oeil pour repérer des jeunes et les accompagner. Il était une sorte de Guy Roux, pour la longévité et la passion, mais dans le domaine de la formation, ou plutôt de la préformation. Il s’occupait surtout des jeunes de 10 à 15 ans et savait concilier l’exigence du haut niveau avec une gentillesse incroyable. Il était vraiment bon et attentionné et vous ne trouverez personne qui pourrait dire un mot de travers sur lui. Il avait de saines colères, toujours pour faire progresser les jeunes, et ne critiquait jamais ses collègues entraîneurs. Ca ne m’étonne absolument pas que les footballeurs lui rendent hommage en masse, il les aimait vraiment beaucoup et ils le lui rendent bien. Charly était un homme dévoué au football, il y consacrait tout son temps.

Un oeil sur le terrain, toujours

Une anecdote qui a frappé Pablo Iglesias? « Jusqu’à ses 70 ans environ, il avait l’habitude de courir pour entretenir son physique autour des terrains de La Blécherette. Il faisait ainsi d’une pierre deux coups: il courait et en même temps, il surveillait du coin de l’oeil si un talent se faisait remarquer sur le terrain! » La passion, toujours.

« Il donnait envie de s’engager à ses côtés »

Un homme remarquable, donc, qui manquera beaucoup au football vaudois. Pablo Iglesias, toujours: « Il est l’homme qui aurait pu incarner le LS. A côté de ses grandes compétences footballistiques, il donnait envie de s’engager à ses côtés. N’importe qui aurait pu le suivre, il était un rassembleur. Il était connu de tous à Lausanne, bien sûr, mais aussi dans le reste du canton, je crois. » Charly Serex s’en est donc allé et aujourd’hui, ce sont tous les footballeurs vaudois qui pleurent leur ami.

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