Un championnat de 1re ligue Classic qui s’annonce indécis et passionnant

Un championnat de 1re ligue Classic qui s’annonce indécis et passionnant

Le championnat de 1re ligue Classic débute ce week-end! Sur les seize équipes invitées à y participer, cinq sont vaudoises. Que peuvent-elles espérer dans ce championnat? Tour d’horizon avant les premiers matches (Azzurri-Echallens et Bavois-Yverdon, samedi à 17h, et Terre Sainte-Monthey, samedi à 18h). Une chose est sûre, il n’y aura pas de « relégué d’office », comme a pu l’être Malley l’an dernier. La lutte sera disputée jusqu’au bout, tant en haut qu’en bas. Qui est le favori? Impossible à dire aujourd’hui. Et aucune équipe n’a le profil d’un relégué en puissance.

FC Bavois (néo-promu)

Jean-Michel Viquerat a retenu la leçon de sa dernière promotion en 1re ligue, laquelle s’était soldée par une relégation immédiate. Le président du FC Bavois et son entraîneur Bekim Uka ont réfléchi ensemble pour renforcer l’équipe et autant dire que le recrutement est réussi! En arrivant à faire venir Micael Martins, Ayoub Rachane (tous deux Le Mont), Omar Bellagra (Dardania), Esteban Rossé (Yverdon), Helder Amorim (Serrières) et en gardant tous son onze de base (à l’exception de Vidoje Ilic, son avant-centre de la saison dernière, de Toni Jankuloski et d’Ottman Zirek), le FC Bavois a doublé tous les postes.

Le coup d’oeil sur l’effectif

Le gardien titulaire sera Christopher Meylan, formé à Yverdon Sport et passé ensuite par Baulmes et La Sarraz. Auteur de bonnes prestations en amical, il sera numéro 1, devant Patrick Fernandez, ancien gardien du Mont et de Stade Lausanne.

Derrière, Bavois a tourné avec quatre défenseurs centraux la saison dernière: Johann Späni, William Luckhaupt et Hicham Bentayeb. Le premier est allé entraîner la II à la fin du premier tour, et Bekim Uka a alterné entre ses trois « grands », Frédéric Gilardi et Renatus venant dépanner au besoin. Cette année, avec l’arrivée d’Esteban Rossé, la concurrence sera vive. Sur les côtés, Nezir Kurtic (à droite) et Frédéric Gilardi (à gauche) partent avec une longueur d’avance, mais Raphaël Cottens peut également être un excellent latéral. Et Lianel Lauper et Adnan Alicajic ont eux aussi prouvé être des latéraux de bonne qualité lorsque Bekim Uka fait appel à eux à ce poste.

Au milieu, dans le 4-3-3 habituel du FC Bavois, les places seront chères, là aussi. Entre Marco Malgioglio, Renatus, Nicola Zari, Ayoub Rachane, Korab Limani et Adnan Alicajic, il faudra bien trouver trois titulaires… sans oublier Yannick Bovay, lequel sera cependant absent une bonne partie du premier tour pour un séjour à l’étranger.

Et devant? Omar Bellagra, Micael Martins, Kevin Hill, Muamer Zeneli, Lianel Lauper, Helder Amorim, le jeune Allan Eleouet… Bavois est armé de partout.

L’objectif raisonnable: Officiellement, se maintenir et se stabiliser en 1re ligue Classic. Mais sans vouloir s’enflammer exagérément, il y a sans doute mieux à faire. Bien mieux.

Le joueur à suivre: Christopher Meylan. Après une saison passée dans l’ombre de Fabien Humbert, il a l’occasion de donner une nouvelle impulsion à sa carrière, à 22 ans. Techniquement parfait, il est en train de retrouver une certaine explosivité. 2013 sera-t-elle son année?

La star: Nicola Zari. Tout a déjà été dit sur l’ancien joueur d’YS, de Baulmes et du Stade Nyonnais. Milieu de terrain très travailleur, il a été le meilleur buteur de Bavois l’an dernier, grâce à un deuxième tour de feu. Cette année encore, il sera le leader de l’équipe. Son entente avec Marco Malgioglio est un régal.

La question: Le FC Bavois devra-t-il revoir ses ambitions à la hausse après quelques journées ou luttera-t-il vraiment contre la relégation?

Le défi de l’entraîneur: Limpide. Si Bekim Uka parvient à calmer la frustration de ses remplaçants et à les intégrer régulièrement, il aura réussi une partie de sa mission. Bavois a tellement de talents cette année…

Echallens FC (6e l’an dernier)

Le gros coup dur pour les hommes de Julien Marendaz? Le départ de Quentin Rushenguziminega, leur finisseur, à Stade Lausanne, accompagné de Dilhan Karac. Echallens perd un minimum assuré de 30 buts, soit quasiment la moitié du total de l’équipe l’an dernier. Mais les Challensois ont réalisé un des bons coups du mercato en attirant Yannick Nkufo. Arrivé de Meyrin, le petit frère de l’ancien international suisse (Blaise) est en progression constante et on prend le pari qu’il sera une des bonnes surprises cette année.

Le coup d’oeil sur l’effectif

Echallens a su conserver une certaine stabilité, mis à part le départ de Rushenguziminega. Si Mathieu Germanier sera absent durant le premier tour, ce qui est forcément une mauvaise nouvelle, le FC Echallens Région, son nouveau nom, a engagé deux très bons joueurs de Team Vaud M21, Halit Sabedini (milieu défensif) et Christophe Debluë (latéral). Steeve Samandjeu, le défenseur français, a fait forte impression en préparation, et pourrait être associé à Teddy Conesa dans l’axe de la défense. Quentin Roussey postulera pour une place au milieu de terrain.

Une autre bonne nouvelle réside dans la fidélité d’Adrian Alvarez. Le très rapide ailier va encore enflammer les Trois-Sapins cette saison, et tant mieux pour Julien Marendaz. Nicolas Bastardoz sera également un des hommes de base du dispositif challensois. Cette année encore, une des forces de l’équipe sera son milieu de terrain, qui n’a absolument aucun égal en 1re ligue Classic.

L’objectif raisonnable: Faire mieux que l’an dernier et progresser à tous les niveaux. Une participation aux finales serait parfaite.

Le joueur à suivre: Léo Richard. Arrivé en cours de saison dernière, le jeune gardien de Team Vaud (21 ans) s’est tout de suite imposé. Echallens n’a pas hésité une seule seconde à le conserver et à en faire son gardien titulaire. Fort.

La star: David Jimenez. Discret, mais infatigable à mi-terrain, il joue toujours juste, et vite. Il oriente le jeu à merveille, et fait briller ses milieux de terrain. Il sera encore indispensable cette saison, même si la concurrence sera plus vive que jamais avec l’arrivée d’Halit Sabedini notamment.

La question: Yannick Nkufo fera-t-il oublier Quentin Rushenguziminega aux Trois-Sapins?

Le défi de l’entraîneur: Les équipes de Julien Marendaz jouent en général plutôt bien, mais il manque toujours un tout petit peu de réussite et d’efficacité pour aller tout en haut. Jouer les finales et, pourquoi pas, sortir Thoune en Coupe Suisse, montrerait à tous que le groupe a progressé sous sa direction.

US Terre Sainte (3e l’an dernier)

Après la saison incroyable réussie par les hommes de Patrick Duval (victoire dans le match de barrages face à Baden, après les finales), il va falloir digérer la déception liée à la décision de la Ligue de ne pas les faire monter. On l’a dit et redit, la décision du comité de la 1re ligue n’est pas forcément scandaleuse sur le fond, car ce match de barrage avait bien été organisé pour pallier une éventuelle faillite de Bellinzone, qui n’est pas encore arrivée, mais sur la forme, quel désastre monumental! Les Copétans sont partis en vacances après tout le monde (même après les promus…) et ont appris le 30 juin qu’ils ne monteraient finalement pas. Résultat: un recrutement difficile à effectuer, l’incertitude liée à la promotion ou non… Terre Sainte est le grand perdant de l’intersaison, mais le club a les capacités de faire face à cette situation. Ce n’est de toute façon pas le genre de la maison de tout chambouler et l’immense majorité des joueurs aurait assumé une éventuelle promotion sans rechigner. Aujourd’hui, Terre Sainte doit préparer sa saison, et on espère qu’il a pu, finalement, le faire plus ou moins sereinement.

Le coup d’oeil sur l’effectif

Stabilité est le maître-mot, comme d’habitude. Guillaume Golay est de retour de Meyrin, tandis que Yorick Guekam arrive de Lancy, et Blerim Arifi de Vernier. Les deux seuls départs concernent Daryl Burgi et Gary Pardo, partis à Gland. Terre Sainte semble ainsi prêt à rééditer sa très belle saison passée.

L’objectif raisonnable: Une place dans les cinq premiers. Participer à nouveau aux finales serait un exploit monumental, encore plus fort que celui réalisé il y a quelques semaines.

Le joueur à suivre: Elio Barbezat. Arrivé de Team Vaud à la II de Terre Sainte lors de la saison dernière, il a convaincu Patrick Duval de l’intégrer à la première équipe. A lui de jouer, maintenant, pour avoir un impact en 1re ligue et continuer sa progression, tout en gardant la tête froide.

La star: Difficile de sortir une individualité, tant le collectif de Terre Sainte est solide. Mais on optera pour Jonathan Atkinson. Ce formidable buteur ne reste pas forcément sur une grande saison, pour diverses raisons, mais son sens du but est plus qu’intact. Ce championnat pourrait être le sien.

La question: Comment sera digérée l’incroyable fin de saison dernière, tellement inattendue?

Le défi de l’entraîneur: Cela rejoint un peu de la question précédente. Patrick Duval va devoir remotiver son groupe et faire en sorte que celui-ci ait toujours faim. Pas forcément évident, mais Terre Sainte est capable de répéter les efforts faits la saison dernière.

Azzurri LS 90 (néo-promu)

Après sa saison parfaite en 2e inter, le club du président Antonio D’Attoli est prêt à enflammer Chavannes-près-Renens. L’objectif est clair: les finales. Et personne ne va en finale pour perdre… Le premier match face à Echallens, samedi 10 août à 17h, sera déjà un sacré révélateur contre une des places fortes et historiques de 1re ligue. Ce choc promet d’être savoureux, avec une sacrée opposition de style.

Le coup d’oeil sur l’effectif

Dans les buts, Marco Grosso et Damien Djuric ont été confirmés. Les deux gardiens de la saison dernière se disputeront à nouveau la place de titulaire. Grosso avait commencé la saison dernière, et Djuric l’avait finie. Derrière, Jérôme Barrier est parti à Yverdon, mais Fabien Lacroix est arrivé de Renens. L’ancien joueur du LS devrait être en concurrence avec Mervan Hoxha et l’indéboulonnable Luca Scalisi dans l’axe.

Avec les arrivées de Toni Jankuloski et de Nicolas Marazzi, le milieu de terrain lausannois a encore plus fière allure cette saison. Charles Traoré a été énorme depuis son arrivée, et Junior Montano, dans un autre style, a également livré de belles performances. Et Piero Arena est toujours là, et bien là. Dans ce secteur de jeu en particulier, Patrick Isabella risque de devoir effectuer quelques choix douloureux.

Au milieu de terrain, les ailes sont renforcées avec les arrivées de Dereck Isabella et de Dren Basha, deux joueurs à l’aise sur les couloirs. Mais Thierry Ebe a fini la saison en trombe et ne laissera pas sa place sans combattre, c’est une certitude. Et il est encore tellement fort… Lyazid Brahimi n’a, lui, pas encore montré toute l’étendue de son potentiel en meneur de jeu depuis son arrivée de Stade Lausanne l’hiver dernier. 2013-2014 pourrait être son année, s’il arrive se débarrasser des petits soucis physiques qui lui ont empoisonné la vie.

Devant, Valon Hysenaj, Renato Rocha et Nicolas Hélin se battront pour une place de titulaire, chacun d’eux ayant l’avantage de pouvoir occuper la place de numéro 10 le cas échéant.

L’objectif raisonnable: Participer aux finales. Il y a l’effectif pour, sans aucun doute.

Le joueur à suivre: Dren Basha. Cet ailier très provocateur et très rapide est un régal pour les spectateurs. Sa carrière n’a pas encore décollé, après des passages encourageants à Malley et à Yverdon, deux clubs où il n’a pas vraiment pu se mettre en valeur comme il l’aurait voulu. A Azzurri cette saison, il doit exploser. Et on est sûr que Patrick Isabella n’a rien contre les ailiers « à l’ancienne », bien au contraire.

La star: Nicolas Marazzi. Le gros coup du mercato, bien sûr. Arrivé du LS, où il n’a pas été prolongé, il fera la différence en 1re ligue, c’est une certitude.

La question: Les Azzurri réussiront-ils une quatrième ascension consécutive?

Le défi de l’entraîneur: L’effectif des Azzurri gagne à peu près tous ses matches depuis deux ans. Cette année, inévitablement, il y aura des défaites, car les Lausannois ne vont pas gagner tous leurs matches. Patrick Isabella devra apprendre à son équipe à perdre, si l’on ose s’exprimer ainsi, et surtout, à rebondir.

Yverdon Sport (relégué)

L’intersaison a été mouvementée, comme d’habitude ces derniers temps. Mais sportivement, l’effectif construit est de qualité suffisante pour la 1re ligue Classic, dans la limite du budget du club. Yverdon a des soucis financiers, tout le monde le sait, et, à ce titre, le contingent a fière allure.

Le coup d’oeil sur l’effectif

Dans les buts, Davide Sugar sera titulaire. Remplaçant de Dany da Silva (parti au Mont) l’an dernier, Sugar est un gardien de caractère et de tempérament, qu’il faut parfois canaliser. Mais le jeune homme a du talent, beaucoup de talent. A lui de faire une belle saison, il a toutes les qualités pour. Il sera suppléé par Enrico Robin, venu de Xamax. En défense, le départ du capitaine Esteban Rossé (Bavois) laisse un énorme vide. Daniel Nida-Nida (Lutry, auparavant à Baulmes et à Naters) sera bel et bien là, et devrait être rejoint par Dadie Mayila. Une défense centrale solide, complétée par Jocelyn Tavares, un latéral gauche intéressant et ultra-offensif. Murphy Dimonekene (Serrières), Hasib Ferhatovic (Xamax) et Hidajet Kastrati (Team Vaud) se battront pour une place de titulaire.

Au milieu, la bonne affaire est sans doute le recrutement de Jean-Yves Momo (Lutry, auparavant à Orbe), un jeune joueur à haut potentiel, qui pourrait être une des bonnes surprises de la saison. Juan Rodriguez a été décisif l’an dernier avec Le Mont, ne disputant pas tous les matches, mais se montrant utile dans un rôle de joker. A YS, il aura plus de temps de jeu, tout comme Aziz Demiri, un très bon milieu de terrain, trop peu utilisé au Châtaignier, en raison de la concurrence qui y sévissait. Jérôme Barrier (Azzurri) amènera sa hargne et sa combativité, deux qualités indispensables pour une équipe qui luttera pour le maintien. Titulaire toute la saison dernière avec les Azzurri, Barrier est une valeur sûre. Très bon transfert. Juan Parapar arrive de Serrières, et Andy Coendet de Fribourg. Armel Kazangba, dernièrement à Renens, devra revenir de blessure avant de postuler à une place dans le groupe. Toujours au milieu, Eros Pitronaci (Champvent) devra franchir un palier dans sa progression, lui qui a été aussi brillant en début de championnat que transparent en finales de 2e ligue. Shaban Bekteshi, auteur d’une saison solide avec Malley, revient à Yverdon avec plus de maturité. Lui aussi a un potentiel intéressant.

Et devant, YS a de sacrés arguments à faire valoir. Avec Abraham Keita, déjà. A 38 ans, « Ibou » est un avion de chasse, capable de dézinguer n’importe quelle défense de 1re ligue et de délivrer des caviars à Edin Becirovic (Prilly) et Dylan Charles (Serrières), lesquels ne demandent que cela. Dani Tavares revient gentiment en forme. A son niveau, il est un vrai attaquant de 1re ligue, ce qu’il a prouvé, notamment avec UGS. Et, bien sûr, Mehdi Benhaddouche fait figure de valeur sûre. Celui qui est fidèle à Yverdon Sport depuis plusieurs saisons aujourd’hui est un dribbleur imprévisible, capable de déstabiliser n’importe qui. Avec Keita sur un côté et lui sur l’autre, on connaît des latéraux de 1re ligue qui risquent la dépression!

L’objectif raisonnable: Se maintenir confortablement. Comme déjà dit, l’effectif a bonne allure. Mais la 1re ligue Classic sera très forte cette année. Pas d’ES Malley, qui était déjà condamné à la relégation avant même que le championnat commence…

Le joueur à suivre: Juan Parapar. Arrivé de Serrières, ce milieu de couloir espagnol avait fait forte impression avec le club neuchâtelois. Il sera sans doute la bonne surprise côté yverdonnois cette année. Mais le concurrence sera rude sur les côtés avec Abraham Keita, Juan Rodriguez et Mehdi Benhaddouche.

La star: Dadie Mayila. A 23 ans, le Congolais d’origine sera le leader d’YS. Il aurait dû commencer à mi-terrain, mais le départ d’Esteban Rossé le contraindra sans doute à jouer un cran plus bas. Cela lui est un peu égal: il est fort partout.

La question: YS arrivera-t-il à vivre une saison entière sans être perturbé par des considérations extra-sportives?

Le défi de l’entraîneur: Faire en sorte que son groupe se focalise entièrement sur le terrain. Alain Béguin aura du travail, mais a un assistant ultra-motivé en la personne de Vagner Gomes. Les joueurs sont conscients que la saison sera compliquée, mais ils ont une énorme envie de bien faire.

Categories: 1re ligue