Champagne ne s’est pas amusé, mais assure l’essentiel

Champagne ne s’est pas amusé, mais assure l’essentiel

Le FC Champagne Sports est une équipe impressionnante, probablement de loin la meilleure, intrinsèquement, au sein de son groupe de 3e ligue. En trois passes, Dadie Mayila et ses coéquipiers sont capables de traverser le terrain et de marquer d’un coup d’éclat, ou, à l’inverse, ils peuvent monopoliser le ballon jusqu’à rendre totalement chèvres leurs adversaires avant de laisser parler la qualité technique de leurs joueurs offensifs pour faire la différence. Pourtant, il manque encore quelque chose, presque rien, pour faire de cette équipe une véritable machine à gagner. Ils n’ont pas fait dans la dentelle contre Veyron-Venoge et La Sarraz-Eclépens ces deux dernière semaines, certes, mais n’ont pas non plus affiché tous les signes de sérénités contre Grandson-Tuileries, juste avant ça, ni ce soir, d’ailleurs, face à La Vallée de Joux. Bien qu’impressionnants de maîtrise et de facilité technique, les hommes des entraîneurs Robert Djordjevic et Damir Omerovic (assistés par le directeur technique Admir Smajic) se sont faits peur jusqu’au bout mercredi soir, et on dû attendre le coup de sifflet final pour être totalement tranquilles.

On risque de se faire des ennemis, mais…

On sait que notre dernier article en date à propos du club nord-vaudois n’avait pas beaucoup plu au FCCS. Ce soir, comme à la suite de la rencontre face au FCGT, loin de nous l’idée d’écrire gratuitement du mal de cette équipe au potentiel incroyable. On a vu les mauvais matches de Champagne cette année? On n’en doute pas une seconde. Mais lorsqu’une équipe est aussi supérieure à son adversaire que l’a été Champagne Sports par rapport à La Vallée de Joux ce soir, que celle-ci s’apprête à jouer les finales, vise la promotion et ne s’impose «que» 2-1 en ayant commencé à regarder la montre 20 minutes avant la fin, on ne peut pas uniquement écrire trois pages sur la bonne forme du club, même si on se réjouit de le faire, en espérant pour eux que ce jour arrive le plus tôt possible.

Robert Djordjevic: «Ce qu’il nous manque? L’attention!»

Le problème de ce soir? Le coach Robert Djordjevic le résume vite, et bien: «On a été très bons en première mi-temps, vraiment, mais nettement moins après ça… Ce n’est pas qu’on s’est mis au niveau de l’adversaire, mais ils ont joué extrêmement défensif et on s’est retrouvé assez emprunté face à ça. Ce qu’il nous manque? Je ne dirais pas la finition, mais plutôt l’attention. On veut tous aller vers l’avant, mais sans trop y réfléchir, et on se disperse trop à cause de cela». On rendra hommage tout à l’heure à la performance défensive exceptionnelle des visiteurs, à laquelle Robert Djordjevic fait allusion. Toujours est-il que les locaux avaient les capacités et ont surtout eu les possibilités de faire exploser l’arrière-garde adverse, et alors on ne serait pas en train d’en parler. Après un quart d’heure de jeu, le score aurait pu être de 3-0 que cela n’aurait même pas vraiment fait débat.

Matias Chavarria avait pourtant inscrit son doublé… en quatre minutes!

La suite prouva que ce quart d’heure initial avait permis à Matias Chavarria de trouver ses marques sur le magnifique terrain de Bonvillars. Après un coup de tête à peine trop dévissé, l’ancien attaquant d’Yverdon Sport se réglait, retentait sa chance dans le même registre et trompait, cette fois-ci, Miguel Marques à la suite d’un très bon coup-franc de Grégory Cornu.

La machine Champagne Sports lancée? On y croyait vraiment, et même un peu plus lorsque ce même Matias Chavarria transformait, avec sang-froid, une merveille de passe en profondeur signée Michaël Biron, dont le contrôle orienté avait planté deux adversaires sur place. À 2-0, la messe semblait dite, et la seule question qui demeurait à La Cour était le nombre de  fois que les filets du portier Manuel Marques allaient encore trembler. Après 25 minutes, on est à peu près sûr que personne, au bord du terrain, ne nous aurait donné la bonne réponse.

Champagne s’est éteint avec la sortie de Mickaël Biron

La suite? Le match a continué sur les mêmes bases, pendant près d’une demi-heure, jusqu’à un événement, un coup du sort, en fait: la sortie de Mickaël Biron sur blessure, à la 49e. On n’a pas vraiment su ce qu’il s’était passé, sans doute un mauvais contact avec un défenseur, mais le numéro 10 est resté allongé au sol plusieurs minutes avoir de devoir être assisté par ses coéquipiers pour sortir de la surface de jeu. Rien de très compromettant? C’est ce qu’on aurait pu croire, avant de constater que le Français semblait réellement manquer au milieu du terrain. Son dynamisme, qui avait permis de déboucher sur le 2-0, parmi tant d’autres situations dangereuses qu’il a su créer, manquait cruellement à des locaux qui avaient l’air subitement moins inspiré, moins enclins à se créer de grosses occasions. «C’est vrai que sa sortie nous fait beaucoup de mal, c’est un bon jeune, vraiment un bon jeune», commentera même son coach après coup. Le début des problèmes pour Champagne? On ne peut pas les associer à la perte d’un seul élément dans une telle équipe, aussi important puisse-il être dans la composition, mais force est de constater que cela coïncide pas trop mal…

La réussite incroyable d’Oscar Jeunet

Recentrons un peu les choses avant d’en venir à l’exploit de la soirée. Les locaux ont dominé de la tête et des épaules les 65 premières minutes, avec beaucoup moins d’intensité, toutefois, depuis la reprise. La seule chose qui manquait au FCCS était deux ou trois buts supplémentaires, qui auraient, il faut le dire, beaucoup mieux reflété les débats jusqu’alors. La Vallée de Joux dans tout ça? Ils ont subi, et c’est peu dire, mais à cela, ils étaient préparés. Leur seule possibilité? Un tir passé un mètre au-dessus de la barre d’Aldin Muratovic de la part de Dylan Lamas en milieu de première période. C’est donc sur leur… premier tir cadré que les visiteurs sont revenus au score. Et de quelle manière! Oscar Jeunet prenait possession d’un ballon difficile à contrôler, passait un sombrero au dernier défenseur avant de lober, à son tour, Aldin Muratovic. Un enchaînement magnifique qui a laissé de marbre absolument tout le monde à 200 mètres à la ronde. Il faut dire que ce but avait de quoi surprendre, pas la moindre occasion nette pendant plus d’une heure, puis… ça! Si la situation était déjà un minimum préoccupante pour le FCCS avant cet épisode, elle en devenait carrément embarrassante à 20 minutes du terme.

Champagne a montré ce qu’il savait faire, ses limites aussi

On ne peut même pas dire que les Nord-vaudois se sont retrouvés véritablement en danger à 2-1, même si Aldin Muratovic était contraint à la parade pour la première fois du match, dans la foulée de la réduction du score. Ce qui vaudra, sans doute, une petite bosse sur la tête du bon Aldin, qui retombait en plein sur son poteau droit après avoir stoppé un coup-franc qui prenait la direction de ses buts. Ludovic Matthey, aussi, se retrouvait avec un ballon d’égalisation aux abords de la surface dans le temps additionnel, mais, là encore, son tir était bien trop dévissé pour espérer faire mouche. Bref, sans vraiment avoir été mis sous pression, Champagne s’est fait peur tout seul. En manquant des occasions à profusion, d’abord, en encaissant le 2-1, ensuite, puis en finissant par reculer jusqu’à en regarder sa montre plus d’un quart d’heure avant la fin. Le FCCS a montré l’étendue de son talent, ses limites, aussi, mais retiendra surtout trois points primordiaux avant les deux chocs qui l’attendent.

Deux chocs au sommet pour composter son billet

Alors, Champagne a assuré sa place en finale? Si cette équipe ne devait pas encore croiser Iliria Payerne (3e) ainsi que Venoge (1er) sur son passage, on n’en douterait pas une seconde. Malgré tout, on n’imagine pas vraiment des finales sans Robert Djordjevic et ses hommes, capables à tout moment, d’ici à leur prochain match, par exemple, de devenir une formation prête à rivaliser à l’échelon supérieur. «Les finales? J’y crois, car je constate que mes joueurs ont réussi à se mettre dans la tête qu’ils y participeront. De toute façon, on veut monter, ce n’est un secret pour personne». L’un des hommes forts du FCCS a une confiance absolue en son équipe. Si celle-ci parvient à se sublimer et à jouer son meilleur football contre les plus grosses écuries de 3e ligue, alors il ne fait que peu de doutes qu’elle parviendra à ses fins. Si, en revanche, elle balbutie son jeu comme elle l’a fait en seconde période mercredi soir, on voit mal comment le sort pourrait, tout de même, lui être favorable. Ce qui est certain, c’est que sa fin de championnat promet d’être passionnante!

La Vallée a été admirable

Le premier réflexe de Ricardo Rodrigues, entraîneur de La Vallée de Joux, à la suite du match? Appeler son sympathique président, Bill Muirhead, qui n’avait pas pu se rendre à Bonvillars pour le mettre à la page. Ses premiers mots? «On a fait un super match! J’ai été surpris, très agréablement surpris». Le coach avait de quoi être fier de ses joueurs. Ceux-ci, et tout le monde le savait, s’apprêtaient à vivre un match qui ne s’annonçait pas forcément très plaisant à jouer, à être privés de ballon, à devoir courir aux quatre coins du terrain pour suivre les pérégrinations de leurs adversaires. Ce match-ci a bien eu lieu, et ils ont tenu avec un courage exemplaire face à un Champagne Sports d’abord mort de faim, puis, peu à peu, plus timide. Bien sûr, le score aurait pu être de 4-0 à la pause et s’aggraver encore par la suite. Mais La Vallée, en plus d’un cœur énorme, a aussi eu un peu de réussite, ainsi qu’un excellent Miguel Marques dans les buts, pour rester au contact pendant les 95 minutes de cette partie et, au final, ne pas passer si loin d’un exploit retentissant. Celui de venir prendre un point au talentueux FCCS, sur ses terres.

Maintenant, il reste trois matches, soit un de plus que tous ses concurrents, à La Vallée de Joux, qui ne compte, malgré tout, que quatre points d’avance sur la barre, pour se sauver. Ou, dans le cas où le club est déjà sauvé car quatre adversaires sont encore intercalés entre lui et la barre, pour essayer de ravir la 5e place à l’US Portugaise, qui serait une belle récompense pour tous les efforts fourni par le club depuis une année.

Un article rédigé par Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Dimanche, à 16h, Iliria reçoit Champagne pour le choc au sommet, au Stade Municipal de Payerne. Le même jour, à la même heure, la Vallée de Joux accueille l’ES Malley au Sentier.

FC Champagne – FC Vallée de Joux 2-1 (2-0)

Buts: 21e et 25e Chavarria 2-0; 68e Jeunet 2-1.

Arbitre: Luca D’Angelo.

Champagne: Muratovic; Plo, Mayila, Ebangue, Salkanovic; Sisis, G. Cornu (68e K. Dyens), Biron (49e Kadrolli); Stanojevic, Chavarria, Felipe Rezende.

Entraîneurs: Robert Djordjevic et Damir Omerovic.

Vallée: Marques, Matos, Meylan, Ferreux, Condeca; Magnin, Lamas, Badosa, Hajdari (64e Antunes), Matthey; Jeunet.

Entraîneur: Ricardo Rodrigues.

Terrain de La Cour, Bonvillars.

FCCS-VDJ2

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